Il est 17h15. Je suis arrivée en avance, comme toujours. J’ai demandé la clé, assez gênée face au grand sourire du réceptionniste. La chambre est banale, dans un style pseudo design épuré, sans intérêt, qu’on voie partout désormais. C’est propre, c’est déjà ça. L’espace libre entre le lit, la fenêtre, la chaise me semble étroit, par contre. Je me déshabille, tranquillement, prends soin de déposer mes vêtements dans la salle d’eau, de plier ma robe, tout accrocher sur le porte-manteau de la porte. Je ne veux pas qu’il voie mes vêtements, qu’il devine à la façon dont je m’habille de quel milieu je viens, le soin que je prends à assortir mes sous-vêtements. Je prends une douche. C’est ridicule, de vouloir être propre avant de se faire souiller. Mais je veux être nue, sentir le savon, me nettoyer de ce que je suis, revenir à l’état brut du corps.

Encore vingt minutes avant l’heure du rendez-vous. Je m’allonge sur le lit, bien droite. Scrute le plafond, la lampe Ikea, vérifie par la fenêtre qu’il n’y a pas de vis-à-vis. Ca pourrait ajouter une dimension, de savoir qu’on peut me voir, mais non, il faut que ce soit un moment clos. Je ferme les yeux, imagine ce qui va se passer. Je ne vais pas trop loin non plus, je veux rester vierge de toute attente, d’une projection quelconque.

Je m’installe. A quatre pattes, par terre, dans la mince bande disponible entre le lit et la fenêtre. J’ai pris soin de placer la chaise derrière moi, contre le mur, pas trop près, mais avec le meilleur angle possible sur mon cul. Je me cambre, écarte les jambes. Je jette la tête en arrière. J’attends.

Le bruit de la porte qui s’ouvre. Ca y est. Mon cœur se met à battre plus vite, je retiens mon souffle. J’entends les pas assourdis par la moquette épaisse. Vous êtes là. Je ferme les yeux.

Les manteaux qui s’enlèvent. Pas une parole échangée. Je sais que tu l’as prévenu, que tu as été ferme. Aucun mot ne devra être prononcé, rien. Il enlève sa ceinture, son pantalon. Je ne sais pas où tu te trouves, j’espère que tu vas comprendre que la chaise que j’ai minutieusement installée t’es destinée. Il est debout, derrière moi, tout près. Il commence à se branler. J’entends ce bruit caractéristique, sourd, de la main qui va et vient le long de la bite, doucement d’abord. Je me cambre un peu plus. Tu t’assoies, t’installes, je le sais. Ca y est, il se branle pour de bon. Je commence à mouiller. J’ouvre les yeux, fixe le mur. Il se met à genoux, commence à me caresser les fesses, toujours la queue dans l’autre main, que j’imagine bien dure maintenant. Il pousse de petits râles, ça me stresse un peu, je ne connais pas ce souffle, ne reconnais pas cette main. Ca me plaît aussi. Je sais que je ne verrai jamais son visage, que je ne saurai pas à quoi il ressemble. Que de toute façon ça n’a aucune importance puisque tu ne l’as pas choisi pour ça mais pour sa bite, après en avoir scruté des dizaines sur le site. Que tu l’as choisie comme je les aime, pas trop large, assez longue. Décalottée.

Il est de plus en plus excité, je le sens. Il commence enfin à passer sa main sur ma chatte, de plus en plus humide. Mon souffle s’accélère. Je veux qu’il me remplisse, me lubrifie bien, ouvre la voie de ses doigts. C’est ce qu’il fait, vite, sans chercher à me préparer trop longtemps, sans me titiller le clitoris indéfiniment, comme le fait un homme qui aime sa femme. Il met deux doigts, directs, bien profonds. Je lève le cul de plus en plus haut, me tortille. Il fait aller et venir ses doigts, fort, en met un troisième. Il ne se branle plus mais je sais qu’il a maintenant la queue bien dressée de me voir dégouliner de mouille.

Et toi, surtout, je t’imagine, assis, posément, te caresser à travers ton pantalon. J’imagine ta bite, de travers, dure, que je connais bien, elle.

Il enlève ses doigts. Je sais que c’est maintenant. Le bruit de l’emballage de la capote qui se déchire, une minute de rien, de latence. Cette minute que je déteste habituellement, cette pause stupide, incontournable, qui coupe tous les élans, rend mal à l’aise. Cette minute je la savoure, car ça y est, ça va venir.

Enfin, il prend mon cul à deux mains, le soulève, je suis quasiment sur la pointe des pieds. Il m’ouvre bien la chatte. Et m’enfonce sa queue, d’un coup sec. Je me cambre, encore. Je l’ai. Cette queue que je découvre, que je ne reverrai jamais, est bien au fond de moi, et tu es là, sans bruit, pour me voir me donner à elle.

Et il y va, il me pénètre, bien à fond, vite, de plus en plus vite. Putain c’est bon. Sa queue est parfaite, parfaite pour ma chatte, dont tu connais les dimensions exactes et sait comment la remplir. Il geint de plus en plus, va vient, sans un instant quitter mon vagin, que je contracte à chaque à-coup. Je mouille, encore. Je suis surexcitée. Est-ce que je vais jouir ? Ne pas y penser, me laisser aller, ne penser qu’au sexe, brutal, froid. Penser à toi, que tu es là à me regarder me livrer comme la chienne que je suis. Ta salope, celle qui est prête à tout pour satisfaire tes envies, celle qui s’est ralliée à ta soif de cul bestial.

Ca ne dure pas longtemps. Cinq minutes, pas plus. Il devait être fou, le mec. Se faire payer pour défoncer une petite bourge, devant son mec, cul offert. Je n’ai pas eu le temps d’atteindre l’orgasme, c’était couru d’avance. Il se retire, enlève la capote. Se relève, enfile son pantalon. Je t’entends te lever, sortir les billets de ta poche, lui ouvrir la porte.

Je suis toujours à quatre pattes, je ne bouge pas, la chatte détrempée. J’attends.

La porte se ferme. Tu te déshabilles, sans te presser. Pas un geste de ma part. Alors tu me dis de me lever, de m’allonger sur le lit. Je me mets à genoux. Me retourne, enfin. Tu es là, nu, la bite dressée. On se regarde dans les yeux, sans se sourire. Car ce n’est pas une farce, un tour, ce n’est pas vraiment un jeu non plus. C’est un défi qu’on s’est lancés. Tu ne m’en aurais jamais cru capable, je le sais. Je sais aussi que tu es fier de moi. Et surtout, surtout, je sais que maintenant tu vas me baiser.

Je me dirige vers le lit, m’allonge, te fixant toujours. Tu restes debout, devant le lit. J’écarte grand les cuisses, je me caresse les seins, tire sur mes tétons. Me passe la main sur la chatte, ouverte, mouillée. Me lèche les doigts. Alors tu viens, t’allonges sur moi. Me regarde, toujours sans le moindre sourire de satisfaction, toujours dans le défi. Tu ne m’embrasses pas. Tu relèves mes jambes sur tes épaules et m’enfonce à ton tour ta queue dans ma chatte, ma petite chatte serrée mais cette fois bien béante de s’être faite remplir par la queue de l’autre. Et tu me prends, doucement d’abord. Tu me dis que je suis vraiment la dernière des traînées à m’être laissée prendre par ce type dont je ne connais rien, qui passe peut-être sa vie à se défoncer et sauter ce qui passe. « Tu te rends compte de la salope que tu es ? »

Oui, je m’en rends compte, et j’adore ça. Et maintenant je sais que je vais enfin me faire baiser comme je l’aime, longtemps, fort, puis doucement encore. Je ferme les yeux, de nouveau. Me laisse aller à tes coups de bite, que tu fais bien tourner pour me fouiller. Je me tords, j’en veux plus, je veux que tu me sautes comme je le mérite. Je sens que ça vient. Je repense à ce type, à la façon dont il m’a prise, par derrière. A toi, matant la scène sur ta chaise. Je jette la tête en arrière, la jouissance est là, toute proche. Et je crie, je gueule, fort, je m’en fous. C’est terrible. Un orgasme comme j’en ai rarement eu. Tu sors ta queue, me caresse encore un peu, mais vite ça n’est plus tenable. Il faut que je reprenne mon souffle, que ça s’arrête, doucement. Je reste inerte, quelques minutes. Relève la tête. Te regarde.

Tu n’as pas joui. Je n’ai pas la force de te sucer, de te branler, d’attendre que ça vienne. Je ne veux penser qu’à moi, qu’à ce que je viens de vivre, ressentir. Mais ça te va, ça te suffit. Tu te souviendras longtemps de la fois où tu m’as soumise à la queue d’un autre, la fois où j’ai quitté pour de bon le « quant-à-soi » dont tout le monde m’affuble. Souvent tu y penseras en te masturbant.

Je me relève. Ne me douche pas, enfile mes vêtements. Je veux partir, marcher, te quitter, retrouver le monde extérieur. Prendre le métro aux côtés des gens, des autres qui ne se doutent pas un instant de la salope qui se tient auprès d’eux.

J’ouvre la porte, me retourne. Te souris, enfin.

« Merci. »

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