Cela faisait trois semaines que je n’avais plus eu de rapport avec un garçon, et je me sentais comme une cocotte-minute, sur le point d’exploser à chaque seconde.

J’ai fait la connaissance de Jean un mardi après-midi. On s’est connus à la sortie d’un grand magasin. Je venais de laisser tomber sur le sol un cabas chargé de provisions. Alors que personne ne m’aidait à ramasser son contenu éparpillé, il s’est approché de moi. Il faisait au moins dix ans de moins que moi, qui en avait quarante – je devais apprendre par la suite qu’il était en réalité mon cadet de plus de quinze ans.

Notre rapprochement s’est effectué très simplement, comme parfois ça arrive. Assez ironiquement, c’est moi qui l’ai dragué, alors qu’il ramassait mes boîtes de conserves et mes paquets de pâtes sans rien attendre de moi en retour. Il s’est redressé. Je lui ai fait un grand sourire et lui ai dit, saisissant le sac qu’il me tendait :

Et si vous me le portiez jusqu’à la voiture ? Ça éviterait qu’il tombe une seconde fois. Je suis encombrée…

À la voiture non plus, il ne s’est pas hasardé à demander plus. Il était extrêmement timide.

Je voudrais vous remercier. Je vous offre un café ?

Normalement, c’était à l’homme de dire ça. Il est devenu rouge comme une tomate. Je craignais qu’il dise non, mais il a accepté.

Nous nous sommes installés au self du centre commercial.

Ma situation est particulière. Je vis avec un homme qui a quinze ans de plus que moi ; je l’aime et lui dois tout. Hélas, un drame a gâché notre vie : il a été victime d’un accident tragique et absurde. Il a été renversé par un chauffard ivre en sortant du travail.

D’après les médecins, bien qu’étant paralysé jusqu’à la taille, il pourrait avoir des rapports sexuels. Mais sa queue reste désespérément molle quand je la prends dans ma main.

Difficile de vivre sans sexe. J’ai éprouvé pas mal de culpabilité avant de franchir le pas. Je l’aime plus que tout, et pour rien au monde ne voudrait le quitter, mais je m’autorise toutes les incartades que le m’offre le destin. Comme je suis plutôt attirante, j’ai eu pas mal de partenaires, pour ce que nous savions l’un comme l’autre être des coups d’un moment, qui nous satisfont quand même. Nous ne cherchons que le plaisir d’un instant, celui qui pour quelques secondes vous arrache à vos tourments et à votre culpabilité. Je pourrais sourire quand je repense à tous ces coups, aussi improbables que les lieux où ils ont été accomplis. J’ai souvent fait l’amour dans des lieux publics, dans des réserves, à l’extérieur, dans des parcs et sur des bancs, dans des couloirs…

Ce jour-là, c’est moi qui ai entrepris le galant qui avait porté mes sacs. Du regard d’abord. Ensuite j’ai posé ma main sur la sienne. Pour finir, j’ai fait glisser mon pied de ma chaussure, et je suis venue le frotter contre sa cheville.

C’est moi aussi qui ai fini par lui proposer, une fois nos cafés terminés.

Tu m’accompagnes aux toilettes ? J’ai toujours peur d’y aller seule dans ces grandes surfaces…

On s’est engagés dans un long couloir effectivement sinistre pour finir par arriver devant les deux portes habituelles.

Je t’attends, a-t-il dit.

J’ai poussé la porte des toilettes féminines et jeté un œil. Il n’y avait personne. Je l’ai attrapé par la main et l’ai fait entrer, avant de bloquer la porte à l’aide d’une poubelle.

Je n’avais pas vraiment envie de faire pipi, tu sais ? j’ai dit.

Je suis tombée à genoux devant lui et j’ai fait descendre la fermeture éclair de son pantalon. L’état de sa queue quand je l’ai sortie disait clairement ce que je lui inspirais. Il a poussé un gémissement quand je l’ai pris dans ma bouche. J’aurais pu en pousser un aussi, tellement j’étais en manque ces derniers temps, et heureuse. Sa queue a bientôt été tellement longue et dure que je n’ai pas pu le garder entièrement dans ma bouche.

J’étais comme folle, incapable de me maîtriser, dominée totalement par mon désir d’engloutir cette queue par tous les trous. Je l’ai léchée sur tous les angles, avant de faire aller et venir ma bouche dessus. J’attendais plus de lui, je voulais le prendre dans mon ventre, mais il n’a pas pu tenir, et l’amertume de son sperme m’a rempli la bouche… J’avais fiché ma main sous ma jupe contre mon collant que je portais sans culotte, et je me frottais maladroitement. J’ai joui aussi, tellement en manque que ça ne m’a pas pris longtemps. Cela faisait plusieurs semaines que, sans garçon, je me frottais frénétiquement, jouissant et cependant insatisfaite.

Je l’ai lapé jusqu’à la dernière goutte. Je me suis redressée.

Il faut qu’on se revoie. Tu ne peux pas me laisser comme ça !

Il me plaisait énormément sans doute pour que j’accepte de le revoir…

On se retrouve sur le parking samedi après-midi. On ira faire un tour.

Je suis rentrée à la maison avec persistant dans la bouche le goût de sa semence. Mon compagnon était là, occupé à cuisiner. Je l’ai embrassé, comme d’habitude. Je ne ressentais aucune culpabilité. J’ai même eu cette pensée, en montant dans la chambre que nous partagions, après lui avoir dit « je vais me reposer, je suis fatiguée », qu’il était normal que j’aille chercher ailleurs ce qu’il ne me donnait plus, et que je ne l’aimais pas moins pour autant.

J’avais des démangeaisons dans le bas-ventre, et une folle envie de me tripoter. Je me suis allongée sur le lit, j’ai descendu mon collant jusqu’à mi-cuisses et me suis frottée. J’étais à la fois tellement excitée et tellement en manque que j’ai eu mon premier orgasme quasiment immédiatement. Je me suis branlée et j’ai joui plusieurs fois, jusqu’à l’épuisement.

Il m’a trouvée comme ça, quand il est venu me chercher pour manger. Position qui ne laissait aucun doute sur ce que j’avais fait.

J’aimerais avoir une queue bien dure à t’offrir comme quand j’étais jeune, et avant l’accident, mais c’est fini. Tu peux aller en chercher ailleurs…

Paroles que j’ai pris comme un encouragement.

Le samedi après-midi, j’étais garée sur le parking et attendais mon amant. J’étais vêtue comme une catin et arrosée de parfum. Ma jupe, fendue, descendait quelques centimètres à peine sous mes fesses. Dessous je portais un string et des bas stay-up auxquels je n’étais pas habituée, qui me serraient, masqués en partie par des cuissardes. J’avais aussi choisi aussi un haut sexy. Sous ma veste de tailleur, un bustier me comprimait la taille, tellement décolleté que mes seins en sortaient à moitié et semblaient prêts à jaillir.

Les hommes fonctionnent toujours avec des réflexes. Il est arrivé deux minutes plus tard, et s’est glissé dans le véhicule. Il devait anticiper nos retrouvailles ou alors je lui ai tout de suite fait de l’effet parce que son sexe tendait son pantalon, ça faisait une grosse bosse. Je ne valais pas mieux que ça. Dès que je l’ai vu, j’ai été immédiatement submergée par le désir. Il s’est installé à côté de moi. Tout en lui criait son envie de moi. Et pas seulement le fait qu’il bandait. Son regard, son corps frémissant. Ce qui était curieux, c’était que moi aussi, d’un naturel plutôt calme, je me sentais habitée par un chavirement que j’avais du mal à m’expliquer. Contagion du désir ? J’en voyais la cause dans la frustration.

Sept ans que mon compagnon avait eu son accident, qu’il ne me regardait plus comme une femme.

Bien entendu, on n’avait jamais vraiment abordé la question. C’était resté en suspens, sans que nous n’ayons le courage d’aborder le sujet de manière frontale. Devant nous s’était dessiné une sorte de longue et morne plaine, un univers sans jamais de sexe. Mais, alors que mon compagnon semblait s’en accommoder, j’éprouvais pour ma part un manque cuisant. Au zénith de notre relation, nous avions jusqu’à dix rapports sexuels par semaine. Généralement il venait me chercher, mais je ne disais jamais non, et il me prenait là où je me trouvais. Je raffolais de ces moments insolites, la manière dont ils se déroulaient. Il remontait une jupe, baissait un pantalon et un slip et il s’enfonçait en moi, me faisant jouir en me fouillant avec sa queue. Une des particularités de notre relation, ce qui en faisait la signature, pour ainsi dire, c’était qu’on avait convenu, sans que mot soit dit, et c’était sans doute la preuve d’une grande complicité entre nous, que quand il allait jouir, il se présenterait à ma bouche. C’était une source d’infini plaisir pour moi que d’enserrer son sexe, et de sentir le sperme jaillir en jets puissants dans ma cavité buccale, puis couler dans mon œsophage et me remplir d’un goût amer et persistant. Difficile après ça d’accepter la cale sèche ! J’avais sombré dans une profonde neurasthénie dont j’avais été arrachée par une sorte d’auto-érotisme dévastateur qui m’avait conduit à chercher par moi-même le plaisir que personne d’autre ne pouvait me donner. J’avais pour ainsi dire régressé, redevenant une adolescente de 16 ans qui cherche toutes les occasions de s’isoler et passe son temps la main dans la culotte. J’étais constamment en feu, et ne faisais que me frotter. Tout devenait pour moi prétexte à un orgasme. Je me souviens m’être acheté des légumes sur le marché en songeant non pas à les cuisiner, mais que telle ou telle courgette serait parfaite pour me l’enfoncer dans la chatte. Je n’arrivais pas à me rassasier. Un orgasme en appelait un autre.

À vrai dire, je n’envisageais pas de passer à autre chose, mais j’ai fini par trouver des tas d’hommes sur ma route. Assez ironiquement le premier était l’un des collègues de travail de mon compagnon, qu’il invitait souvent pour dîner. Il y a toute une part de sous-entendu entre un homme et une femme, et des fois, un silence, une attitude sont lourdement évocateurs. Il ne cherchait pas vraiment à me faire comprendre que je lui plaisais, pourtant ça s’inscrivait comme une évidence. En d’autres temps, je n’aurais peut-être rien remarqué, et je n’aurais pas répondu, mais les fantasmes qui m’habitaient étaient tels que je n’ai pas résisté longtemps. Un soir, il est passé voir mon compagnon, mais ce dernier étant parti, je lui ai proposé de rester boire un verre avec moi. On s’est trouvés assis côte à côte sur le canapé. On s’est regardés. J’ai mis ma main sur son pantalon. Il commençait à bander. Il a eu un mouvement de recul, sans doute un ultime sursaut de regret, mais je lui ai dit :

Michel n’en saura jamais rien.

Deux secondes plus tard, je faisais glisser la fermeture Éclair de son pantalon et je sortais une queue dont les cavités spongieuses se remplissaient de sang. Je l’ai prise dans ma bouche pour l’aider à durcir. Il s’est tordu sur le canapé. J’éprouvais un sentiment de plénitude absolu.

J’avais sans doute prémédité qu’on en arriverait là car j’avais acheté le matin même des préservatifs. J’en ai utilisé un, déchirant l’emballage d’alu, et faisant glisser sur son membre le plastique huileux. Deux secondes plus tard, je me laissais tomber dessus, avec l’impression qu’il me remontait jusque dans la gorge.

Ça n’a été que le premier de mes nombreux amants. Les hommes sentent quand une fille est prête à se donner. J’étais en chaleur. Je voulais des queues.

Puis les choses se sont calmées.

Cette fois, avec ce jeune homme, les choses étaient différentes. C’était la première fois que je n’allais pas avec un partenaire de mon âge. C’était peut-être la raison de mon excitation.

J’ai démarré la voiture et quitté le parking du supermarché pour aller me garer sur un chemin de campagne désert et tout proche. Là, je me suis tournée vers lui.

Tu peux mettre les mains où tu veux, et après tu mettras ta queue où tu veux.

Il ne s’est pas fait prier. Il a plaqué ses mains contre mes cuisses, fermant les yeux pour se remplir de leur chaleur et de l’électricité du nylon.

Il est venu rapidement sur l’intérieur de mes cuisses et a remonté jusqu’à mon string, me massant de la pointe des doigts à travers le tissu. Je suis partie en arrière, en gémissant. C’était trop bon et je sentais mon ventre s’embraser. J’ai cru que j’allais jouir sur le champ, d’autant que je suis très sensible des seins, et que, dans un même temps, il est venu sur mon bustier, sortant un sein puis l’autre pour les masser.

Je l’ai soudain senti se dégager. Il est descendu de voiture avant que je puisse comprendre quoi que ce soit, et il a contourné la voiture, ouvrant la portière côté passager. Doucement, il m’a faite basculer en arrière, jusqu’à ce que je me retrouve adossée contre la portière de l’autre côté. Je pensais qu’il voulait venir sur moi, et bien sûr, j’étais d’accord, mais ça ne s’est pas passé comme ça. J’ai posé ma jambe droite sur le tableau de bord pour qu’il puisse accéder à mon sexe. Il a descendu mon slip qui est resté accroché à une de mes chevilles. Deux secondes plus tard, il posait sa langue sur mes lèvres.

Au début, ça n’a été qu’une simple chatouille, puis on est passé à plus sérieux. J’ai senti que je m’embrasais. Ça m’a pris le ventre. J’ai pensé que c’était bien d’avoir ainsi un amant plus jeune.

Sa langue s’est baladée sur la vulve, parcourant mes lèvres, les délaissant, y revenant. Elles gonflaient, et à chaque fois, il avait de plus en plus de surface à parcourir. Il est monté sur mon capuchon et a appuyé dessus de la pointe de la langue. J’ai senti mon clitoris glisser hors de sa gangue, jaillir. Il l’a délaissé, alors que j’avais envie qu’il continue à l’exciter, glissant à l’intérieur de mon ventre. Dès lors, il a effectué une sorte de mouvement tournant, qui m’a rendu folle. Je n’ai pas recherché à retenir la jouissance qui montait en moi, j’ai simplement contrôlé le cri qui montait, quelque chose de sauvage, parce que, même si nous étions dans une zone supposément déserte je ne voulais pas ameuter d’éventuels voisins.

Il ne demandait même pas une contrepartie. Il y avait en lui comme dans les partenaires que j’ai eu après une sorte de sens du sacrifice. Mais je voulais quand même faire quelque chose pour lui. C’est pour ça que j’ai tendu la main vers son pantalon et j’ai sorti un sexe courbe et dilaté à l’extrême. Je l’ai branlé jusqu’au moment où j’ai senti monter le sperme. J’avais envie de m’en remplir la bouche, et j’ai gainé ma bouche du sexe agité de soubresauts.

J’ai gardé longtemps cette saveur amère dans mon palais, Quand nous nous sommes quittés, je lui avais fait comprendre que nous ne nous reverrions pas, et cela a paru le blesser. Pour moi il ne s’agissait que d’un coup d’une fois.

Deux jours plus tard, j’étais à l’arrêt de bus quand je me suis faite accoster. Un coupé de sport s’est arrêté devant moi. Il devait avoir vingt-cinq ans au grand maximum, blond, taillé en athlète, les cheveux coupés en brosse, avec des verres de soleil, il m’a jeté :

Je vous raccompagne ?

Je me suis installée près de lui. Ce jour-là, je portais une robe très courte, noire, serrée et dessous, j’avais juste un collant transparent, sans culotte. J’ai remonté la robe des quelques centimètres qui étaient en haut de mes cuisses, et je me suis tournée vers lui :

Le paysage vous plaît ?

Il ne s’attendait pas à une attaque aussi directe. Il y a eu comme un écho quand j’ai ajouté :

J’ai envie d’une queue et tu pourras la mettre où tu veux.

Il y a cette pulsion en moi, plus forte que tout, et je ne peux pas y résister.

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