J’ai pénétré dans la ville en venant par le Nord. Elle m’avait dit, l’après-midi même, quand elle m’avait appelé : « Viens me voir.Il ne reste plus beaucoup de temps ». Ce que nombre d’entre nous pressentaient, même si le gouvernement, et les journalistes se voulaient rassurants, pour ne pas créer de mouvement de panique. Cela faisait maintenant plusieurs mois que les phénomènes de combustion se produisaient, de manière spontanée. Aucun scientifique n’était encore parvenu à l’expliquer, et, sans doute plus terrifiant, rien ne pouvait arrêter un feu qui se déclenchait. L’eau, des matières habituellement efficaces comme de la poudre n’y pouvaient rien. Le feu ne s’arrêtait qu’en limite de végétation.

En arrivant à G…dans le bus, j’avais vu les flammes dévorer ce qui autrefois avait été des vignobles. Les pompiers n’intervenaient même plus. À quoi bon ?

Certains scientifiques disaient que la raison de ces phénomènes de combustion spontanée était très simple : l’air était chargé en CO2, mais aussi en produits chimiques divers, et il s’était trouvé un moment où des mélanges s’étaient faits, qui créaient une atmosphère propice à ces combustions spontanées.

Je me souvenais bien de la première fois où j’avais été témoin de tels phénomènes. Je me promenais le long d’une départementale, un dimanche, et j’avais été témoin d’un départ de feu, en plein champ. Les flammes s’étaient propagées, et avaient gagné petit à petit tout le terrain, puis le terrain voisin, laissant la terre calcinée, noire. Que le feu ravage ainsi un terrain herbeux, ce n’était pas vraiment grave en soi, même si c’était évidemment un danger pour des habitations proches, mais toutes les cultures étaient vouées à disparaître, brûlées, et le spectre de la famine se dessinait au dessus de toutes les nations, les plus riches comme les plus pauvres.

Rien de bien beau ne se préparait pour l’avenir. D’ailleurs, comme un écho à cela, ou une confirmation, alors que je remontais l’avenue, un clochard hurlait en avançant : « La fin du monde est proche, je vous le dis ! L’apocalypse est pour bientôt ! Ils nous le cachent, mais moi je le sais ! »

Ils nous le cachaient certainement, mais sans doute suffisait-il de réfléchir un peu pour comprendre qu’effectivement, ça allait mal.

C’était sans doute pour cela qu’elle m’avait appelé cet après-midi.

Écoute, j’ai beaucoup réfléchi… J’ai envie qu’on se revoie… Je tiens à toi, et tu me manques…Viens me voir. Il ne reste plus beaucoup de temps.

Il y avait cinq mois de cela, elle m’avait congédié. Nous avions vécu une liaison qui avait duré six mois, mais j’avais reçu un matin un terrible mail : « Ça ne peut pas marcher entre nous. Nous sommes très différents ». Je n’avais jamais bien compris pourquoi elle avait voulu qu’on se sépare, alors qu’on s’entendait me semblait-il parfaitement. Je m’étais dit que j’avais vécu sur des illusions.

J’aurais du lui dire non, que tout était fini, mais je continuais de l’aimer. C’était pour cela que j’avais simplement répondu :

Ce soir, je passerai après le travail.

Partout, autour de nous, des signes disaient que la fin était proche, ou du moins que de plus en plus de personnes en étaient convaincues. La veille, l’un de mes collègues de bureau m’avait annoncé, en rangeant son bureau, et déposant des affaires personnelles dans un carton : « L’humanité est condamnée. Je ne sais pas combien de temps il nous reste, je vais profiter de mes dernières semaines. »

Je suis arrivé, au-delà de la longue zone commerciale, dans les quartiers résidentiels. Le plus ancien était fait de petites maisons. J’ai avancé, volant des bribes de vie en regardant par les fenêtres. Sur un lit, j’ai vu une belle blonde nue, avec au-dessus d’elle un homme qui la prenait, en levrette. Elle avait un corps plein, une magnifique poitrine en partie dissimulée par sa longue chevelure blonde. Le type la fouillait avec énergie. La blonde a lâché ce qui était dans l’air, et dans la tête de quasiment tout le monde : « Il faut profiter de chaque moment. Faire l’amour souvent. Bientôt, l’Apocalypse nous emportera ». Je me suis figé un instant, fasciné par leur beauté, mais aussi par l’étreinte de ce couple. Il y a toujours une perfection émouvante dans le rapprochement entre un homme et une femme.

La fille avait atteint le point où elle devait jouir. Elle s’est cambrée, et a lâché un long cri. J’ai emporté l’image et le cri avec le moi, pour déboucher sur une rue en pente. Il fallait passer un pont pour arriver à l’immeuble où habitait Magali.

Je me suis arrêté sur le pont. En dessous, il y avait autrefois des terrains cultivables. Aujourd’hui, il ne restait plus qu’un sol calciné, avec, comme souvenir du passé, une cabane en pierre.

J’avais lu dans la presse que sur les sols ainsi brûlés, plus rien ne repoussait. On disait généralement que les écobuages rendaient la terre fertile. Pas dans ce cas.

Magali habitait au troisième étage. Je ne lui avais jamais rendu la clef de l’entrée de l’immeuble. J’ai sonné à sa porte. Elle est venue m’ouvrir et elle s’est plaquée dans mes bras. Sa bouche a trouvé la mienne, et j’ai vu ces moments heureux que je n’espérais plus connaître revenir.

Je croyais que tu ne voulais plus de moi…

Il y a quelque chose qui a tout changé.

Elle avait sur le dos un simple jean et un chandail, ses cheveux blonds coulant sur ses épaules. Elle était magnifique ainsi, dans cette simplicité.

Magali travaillait à la mairie de la ville.

Le maire a reçu ça ce matin.

J’ai parcouru l’impression de mail qu’elle me tendait :

« NOUS VOUS DEMANDONS DE TOUT FAIRE POUR EVITER LA PANIQUE DANS LES SEMAINES QUI VIENNENT ET DE MASQUER LA TERRIBLE REALITE QUI S’ANNONCE. DES SCIENTIFIQUES ONT PREVENU QUE CE QUI SE PRODUIT AUJOURD’HUI CERTES TERRIBLE N’EST QUE L’ANNONCE DE BIEN PIRE. LES ELEMENTS QUI S’ACCUMULENT DANS L’ATMOSPHERE FONT QUE D’ICI PEU, ON NE SAIT PAS VRAIMENT QUAND , LA PLANETE VA LITTERALEMENT EXPLOSER. »

Je l’ai regardée. Assez curieusement, j’ai pris la chose avec calme. Sans doute que je n’ai pas été réellement surpris par ce qu’elle annonçait. Il fallait être aveugle pour ne pas comprendre que nous étions condamnés.

Maintenant que je sais, je veux profiter de toi jusqu’à ce que ça se produise. Qu’on fasse ensemble ce qu’on n’a pas fait, même s’il ne nous reste que deux ou trois semaines. Vivre chaque jour comme si c’était le dernier.

Elle est tombée à genoux devant moi et elle a entrepris de défaire mon pantalon pour en extraire ma queue. La chaleur de sa main sur moi a amorcé une érection qui a vite pris une belle dimension. Elle m’a masturbé doucement, avant de se mettre à donner de petits coups de langue sur ma queue.

Je veux qu’on s’envoie en l’air aussi souvent qu’on le pourra. C’est trop bon avec toi.

Et c’était vrai que le sexe avait été le ciment de notre relation. On s’était parfaitement trouvés sur ce plan, on avait les mêmes envies fréquentes, et la même imagination.

Elle a posé ses lèvres sur mon gland et elle a avalé la quasi intégralité de ma queue. La sentir autour de moi, chaude et humide m’a rappelé une phrase que m’avait dit un de mes amis : « C’est cent fois meilleur dans la bouche d’une fille que dans sa chatte ». Mais je n’étais pas d’accord. J’aimais autant être dans la chatte de Magali que dans sa bouche. La retrouver ainsi m’a fait réaliser à quel point elle avait pu me manquer. Cette fois, je ne la lâcherais pas. Jusqu’à cette fin annoncée.

Elle a fait des aller-retour de sa bouche sur ma queue avant de la relâcher, et de venir tourner sur la pointe de ma langue sur mon gland. Je coulais d’abondance, le liquide translucide de mes pré-sécrétions.

Viens, j’ai envie que tu me baises sur le toit.

Elle m’a pris par la main et entraîné vers les étages.

Dans ce vieil immeuble où elle habitait depuis plusieurs années, à l’origine une usine où on fabriquait des espadrilles, usine qui avait fermé au milieu des années 60 et avait été reconvertie en immeuble d’habitation, il y avait un immense toit plat, qui avait été aménagé. La femme du propriétaire avait installé sur le toit une serre, et elle y cultivait des plantes, plantes d’ornement, plantes rares, des légumes… On a grimpé les dernières marches, poussé une porte et on s’est retrouvés à l’extérieur. L’air de la nuit était rempli de cette odeur de brûlé qui persistait, même quand il n’y avait pas de feu. Elle faisait partie de notre vie quotidienne désormais, et on n’y prêtait plus vraiment attention. Mais ici, l’air était plus frais.

J’ai toujours aimé être en hauteur, voir la ville ainsi.

On s’est approchés du bord. Partout, les immeubles étaient marqués par un contraste entre les fenêtres mortes, et celles où subsistait de la lumière. Ceux qui voulaient profiter de leurs derniers jours, qui pressentaient ce qui allait se produire. Mais pouvaient-ils imaginer ce qui allait se produire, dans toute son horreur…J’avais moi-même du mal à le concevoir. Un monde qui allait disparaître. Il y n’y avait plus jamais ces soirées de détente, où l’on discute en buvant une bière, avant de se laisser glisser dans la nuit. Il n’y aurait plus ces moments que nous affectionnions elle et moi quand nous nous retrouvions. On montait ici, on prenait une bouteille, et on buvait deux ou trois verres, avant de succomber à l’autre.

J’ai envie que tu viennes sur ma chatte,  a dit Magali, mais la joie habituelle que je lisais dans sa voix quand elle me faisait cette proposition était aujourd’hui remplacée par une profonde tristesse. Fouille-moi bien. Fais-moi jouir et oublier ce qui nous attend.

Ce qui nous attendait. Et était maintenant inéluctable.

Tu vois ce monde va disparaître, a-t-elle ajouté en débouclant la ceinture qui tenait son jean à sa taille, puis défaisant le bouton qui le fermait. Quand elle a tiré la fermeture éclair vers le bas, j’ai aperçu le rouge vif du slip qu’elle avait dessous. Je me suis souvenu comme ces gestes autrefois me mettaient en transe. J’avais du désir pour elle, mais il avait quelque chose de désespéré. C’était sûr, ces derniers moments que nous aurions ensemble seraient forts, mais ils auraient un tel goût de désespoir…

Elle m’a laissé descendre le jean le long de ses jambes fines et musclées, puis faire suivre le même chemin à la culotte. J’ai retrouvé son sexe que je connaissais par cœur, et que je me désespérais de ne plus avoir à portée de ma langue, de mes doigts, et de ma queue. La fente délicate, close, mais qui, quand je l’effleurais de la pulpe de mon index, s’ouvrait, laissant sortir ses lèvres fines, et couler un filet sirupeux. Elle a gémi, accrochant mes cheveux, pendant que ma langue venait sur elle, et que je me promenais sur ses chairs les plus intimes.

Enfonce ta langue dans mon con, fais-là entrer aussi loin que possible, comme si c’était une bite…

J’ai obéi, et j’ai poussé ma langue en elle, me sentant entouré par la chaleur de sa muqueuse la plus intime, pendant que, du pouce, en même temps, comme je savais qu’elle aimait que je le fasse, je suis venu appuyer sur son clitoris. Il était encore gainé par le capuchon qui le masquait habituellement, et quand j’ai frotté dessus, j’ai senti la chair dessous se gonfler, s’étendre, jusqu’à émerger.

Oui c’est bon comme ça, baise-moi, baise-moi bien, c’est peut-être la dernière fois.

Je me suis défait de ma main libre, et j’ai mis ma queue à nu. Je me suis frotté, aussi érigé que l’était son clitoris. Son corps s’est tendu, et elle a joui, déversant un torrent de sécrétions dans ma gorge. Elle a lâché un long gémissement. Je l’ai bue, voulant l’absorber jusqu’à la dernière goutte. Je me suis dit qu’il faudrait que je pense à ça dans les dernières secondes. Si j’avais le temps de penser…Que j’aie au moins cette image avant de partir pour le grand néant… Son sexe ouvert, dilaté, intérieur visible, clitoris sorti… Et le goût de ses sécrétions, amer, dans ma bouche… Et ensuite, je me désintégrerais.

Mets-moi ta queue… Tu sais que c’est comme ça que j’aime, ta bouche d’abord, et ensuite ta queue.

Elle s’est retournée, et est venue prendre appui sur le rebord de la balustrade qui limitait le toit, m’offrant ses deux fesses hautes et rondes, ouvertes sur les plissements de son anus, et plus bas la vulve à laquelle s’accrochaient des filaments de sécrétions. J’ai l’espace d’un instant eu le réflexe de me gainer d’un préservatif, avant de rire intérieurement de ma stupidité. Non, ce n’était plus vraiment la peine… Alors c’est sexe nu que je suis venu en elle, glissant lentement entre ses muqueuses.

Oh comme c’est bon de sentir ta queue glisser en moi et me remplir lentement…Oui, fouille-moi…

J’ai bougé dans sa vulve, arrosé par ses sécrétions qui coulaient sur moi, et encouragé par ses paroles. Elle avait toujours aimé parler quand on faisait l’amour.

Je voudrais qu’on ne fasse que ça en attendant la Fin avec un grand F. Baiser, baiser et encore baiser… Il y a plein de positions qu’on n’a jamais essayé…

Je ne sais pas ce qui m’a mis les larmes aux yeux. Notre tragique destinée, ou de l’avoir enfin retrouvée. Elle avait la main entre ses lèvres, et elle frottait son clitoris. Elle a joui une fois, et encore une autre fois avant moi, se tendant et hoquetant, avant qu’enfin, je n’explose. Ma semence, jet après jet, est venue taper contre les parois de son vagin, la faisant crier et jouir. Je suis resté collé à elle, mes bras enserrant sa taille, alors que je sentais la semence ressortir d’elle, couler dans ses aines, et sur moi.

On aura enfin essayé d’avoir un gosse, a-t-elle plaisanté.

Mais c’est trop tard.

Ça s’est produit très rapidement. Je n’avais jamais envisagé que des plantes coupées du sol puissent aussi prendre feu, mais c’était logique, puisque c’était l’atmosphère qui jouait, et pas l’enracinement au sol. Les plantes se sont embrasées d’un seul coup, créant un brasier. Par chance, nous n’étions qu’à quelques mètres de la porte. Je l’ai tirée à moi, et nous avons trouvé refuge sur les dernières marches de l’escalier, regardant se consumer ce que la femme du propriétaire avait mis des années à construire. Rappel de l’apocalypse qui nous attendait.

Viens, m’a-t-elle proposé, en me tirant vers le bas, visiblement traumatisée par ce qui venait de se passer. On va aller finir la nuit dans mon lit pour ne plus penser à tout cela.

Je l’ai suivie, sachant que l’Apocalypse à venir serait même au plus fort d’un orgasme, toujours quelque part dans ma tête.

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