Bazar partie 3

Bazar partie 3

12345
Loading...

Frederic Gabriel




Partie 3

La vie fait qu’on s’habitue finalement à tout. Avec une certaine dose d’égoïsme. L’existence continue à se dérouler, on prend un nouveau virage, une nouvelle direction. Au bout d’une semaine, j’avais déjà oublié Pierre et Nadine, même si dans mes fantasmes nocturnes, ceux que je n’aurais même pas osé reconvoquer dans la journée, des images, des paroles, remontaient. Je repensais, en me masturbant, à tous ces moments… Son corps, son sexe qu’elle avait gardé ouvert de ses doigts, offert, la pression de ses parois vaginales autour de ma verge…

Je me suis très vite habitué à Régis et Françoise. Ils avaient un autre profil. Effectivement très cultivés l’un et l’autre, à leur contact j’ai énormément appris sur le plan technologique. Pierre et son épouse avaient un savoir empirique, eux étaient beaucoup plus précis.

Françoise passait sa journée à T…, la capitale régionale, et revenait sur le coup de 17 heures pour aider son mari. Celui-ci assurait le reste de la journée.

Quand je rentrais l’après-midi après les cours, je passais souvent pour discuter avec lui, même si je n’achetais rien. Parler avec lui, c’était s’ouvrir de nouvelles perspectives. Et c’est certainement grâce à lui, à ses encouragements, que j’ai décidé de pousser plus loin que mon BTS pour aller vers une licence pro.

Le couple qu’ils formaient m’intriguait. Sans doute une curiosité mal placée, mais ils me semblaient être à l’opposé de Pierre et de son épouse. Même si je savais à présent qu’il y avait un monde entre les apparences et la réalité. On sentait entre eux une très forte entente, mais avec l’impression qu’il n’y avait rien de charnel. Après tout, ce n’était pas forcément surprenant. Je n’avais pas énormément d’expérience, mais je savais bien que dans certains couples, tout ce qui était sexuel passait au second plan, soit que cela n’ait jamais été présent, soit que cela l’ait été, mais que la routine ait tout fait disparaître.  Et cela ne me choquait pas particulièrement. Ma mère n’avait jamais vraiment cherché à remplacer mon père, elle vivait avec moi, et elle ne semblait pas ressentir de manque.

L’après-midi, le magasin ouvrait aux alentours de trois heures. En revenant du lycée, je me suis engagé comme à l’accoutumée dans la rue qui amenait à l’arrière de son magasin. Celle-ci n’était pas droite, mais incurvée en plusieurs endroits, et j’ai vu arriver, à l’autre bout de la rue, Régis avec un homme. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que je les voyais ensemble. Il était déjà passé plusieurs fois au magasin. Un ami à lui. Quoi de plus banal.

J’ai continué d’avancer, et l’espace d’un instant, leur image s’est effacée de mon champ visuel. Quand elle est revenue, j’étais près d’une grande demeure, dont la façade avançait légèrement sur la rue. C’est sans doute cela qui a fait qu’ils ne m’ont pas vu, et le fait aussi qu’ils étaient dans leur monde. Ils arrivaient devant le magasin. Régis s’est tourné vers lui, et en guise d’au revoir, il a plaqué sa main sur son bas-ventre, à travers son pantalon.

A tout à l’heure !

Je me suis glissé sur le parking qui longeait la demeure, un rien décalé par rapport à l’arrière du magasin, me demandant si j’avais bien vu ce que j’avais vu. Le type, un grand brun, a continué sa route sans même prêter attention à moi, plongé dans ses pensées. J’ai remarqué qu’il bandait. Sa queue déformait son pantalon.

Contrairement à ce que j’avais prévu, je n’ai pas pénétré dans le magasin. J’ai attendu. Je voulais voir sur quoi pouvait déboucher ce « à tout à l’heure »

Tout s’ajustait avec précision, même si je trouvais cela incroyable. Régis et Françoise vivaient ensemble, mais leurs amours se trouvaient ailleurs. Ça n’était d’ailleurs pas particulièrement surprenant. Malgré mon peu d’expérience de la vie, j’avais déjà vu des gens autour de nous qui s’étaient mis à deux parce que c’était plus facile, plus pratique… Pour ne pas être seuls, pour monter une affaire, par communauté d’intérêt ou d’argent… et qui ne partageaient pas tout, loin de là. Régis attiré par les hommes… Cela ne me surprenait pas… Et son épouse… J’ai repensé à ce qui s’était passé le samedi précédent. J’étais au magasin, et elle m’avait présenté une apprentie. — Elle fait son stage pour un BTS vente chez nous pendant deux ans.

Une jolie blonde dans mes âges, grande, une chevelure épaisse et bouclée qui cascadait sur ses épaules, qui ne savait pas vraiment se mettre en valeur, mais dont on devinait les charmes sous les tenues floues qu’elle portait, jeans et sweat-shirts. Je la regardais souvent en  rêvant à son potentiel. Je la voyais avec des tenues plus serrées… Je voyais bien aussi qu’elle ne m’accordait jamais un regard. Se pouvait-il que…

Je suis revenu au présent. Le grand brun était de retour. Il était bel homme. Il a monté la volée de marches qui permettaient d’accéder à l’arrière du magasin, a poussé la porte.

J’ai attendu quelques minutes. J’étais tenaillé par la curiosité. Deux hommes ensemble… Je n’étais pas choqué… Ma mère m’avait élevé dans la tolérance et on avait des amis gays qui venaient régulièrement à la maison. Non, ce qui me tracassait c’était que je me demandais comment ça allait se passer entre eux. Et aussi une évidence se posait à moi, quelque chose qui me rongeait de plus en plus. On parle souvent de lieux qui ont une ambiance, voire une âme, manipulant l’être humain qui s’y trouve et l’amenant vers tel ou tel comportement. Et je commençais à penser qu’il y avait quelque chose dans cette grande bâtisse qui poussait ceux qui y passaient à mettre à nu leurs passions…La configuration d’ailleurs favorisait cela, ces réserves comme autant d’alcôves où tout était possible…

J’ai pénétré à l’intérieur. J’avais tellement l’habitude du magasin, de la qualité de son silence, que je sentais qu’il n’y avait personne dans l’immense local… Ils étaient déjà dans l’une des deux réserves… Je me suis figé, et je me suis guidé à l’oreille. Assez ironiquement, ils s’étaient installés dans la réserve où j’avais surpris Pierre et son épouse quelques temps plus tôt. Mais tout avait changé.

Ils se tenaient face à face, se dévorant des yeux. Régis avait la queue de son copain dans la main, et il le masturbait, tandis que le jeune homme brun lui rendait la pareille. Ils gémissaient sous la caresse de l’autre, cette main qui frottait sans répit, faisant durcir, s’allonger le morceau de chair qui se remplissait de sang, prenait de la vigueur et de la longueur. Je ne me sentais pas porté aux mêmes jeux, mais je trouvais cela diablement excitant.

Ça l’a été encore plus quand ils ont repris leur propre queue en main pour la manier, et jouer avec celle de l’autre. Ils ont commencé par se frotter, gland contre gland, puis ils ont promené leur queue le long de celle de l’autre… Le brun a joui en faisant cela, crachant des jets de sperme qui se sont éparpillés en tous sens. Mais il n’a même pas débandé, et a continué sa balade sur la queue de son compagnon après. Ils ont joui, Régis pour la première fois, le brun une nouvelle fois, en projetant des jets de semence dans les airs.

Ce qui m’a le plus troublé pourtant, c’est que le garçon brun ne s’en est pas tenu là. Il a attrapé leurs queues mollissantes au cœur de sa main et il s’est mis à masturber avec énergie les deux morceaux de chair réunis. Qu’est-ce qui les excitait le plus ? Que leurs queues se frottent, ou la main autour qui allait et venait ? Ils ont joui à nouveau, en hurlant, balançant sans doute leurs dernières réserves de semence.

pensé qu’il était temps pour moi de partir.

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *