Bazar partie 4

Bazar partie 4

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Frederic Gabriel




Partie 4

Une semaine avant Noël.

Ma mère avait toujours tenu à ce qu’on respecte les traditions. Une manière de nous rapprocher. Le soir de Noël il y avait des amis qui venaient à la maison, les quelques membres, éloignés, de la famille qui nous restaient, des amis, des canards boiteux comme nous… On mangeait ensemble et puis il y avait le sapin. Moi aussi, je tenais à cette tradition, même si je ne me l’avouais pas vraiment, et on essayait de faire quelque chose de beau et décoré, qu’on installait et qu’on laissait plus de temps que nécessaire.

Tu veux aller au bazar acheter quelques guirlandes et des décorations ?… J’ai donné les nôtres au Secours Populaire. Elles avaient bien vieilli. Je vais te donner de l’argent.

Je suis parti vers le bazar.

En quelques mois, les choses avaient pas mal changé. Régis et Françoise avaient su le moderniser, garder des produits très traditionnels qui plaisaient à une clientèle plus âgée, conserver les fondamentaux pour le bricolage et l’entretien, mais aussi s’ouvrir à de nouveaux produits, en particulier du high-tech qui avait attiré une clientèle plus jeune. Un renouveau.

J’avais encore surpris plusieurs fois Régis et son amant. Les réserves restaient ce qu’elles étaient, une alcôve qui permettait des rapprochements en toute discrétion, ils s’y retrouvaient en milieu d’après-midi.

Quant à son épouse… Ç’avait été un soir de mars que j’avais eu la confirmation de ce que je soupçonnais. Mais pas dans le sens où je le pensais. J’étais absolument convaincu que l’apprentie silencieuse était sa maîtresse.

Je me trompais.

Un peu plus haut que le bazar se trouvait une petite épicerie franchisée C… On y trouvait, même s’ils étaient un peu plus chers, des produits de qualité, et ma mère m’y envoyait souvent pour chercher ce qu’elle préférait prendre là qu’au supermarché où elle se rendait une fois par semaine. Je sortais avec un sac à provisions, et j’ai décidé de passer leur dire bonjour. Je m’entendais bien avec eux, on avait tissé des liens, certes différents de ceux qui m’unissaient à Pierre et son épouse, mais aussi forts…

Je me suis glissé à l’intérieur. Régis servait quelqu’un. Il m’a fait un petit signe de la main. Je m’y étais habitué à présent, mais dans les premiers temps, quand on était face à face, des images montaient, qui me troublaient. Je redoutais que Régis ne s’en rende compte. C’était d’ailleurs mon trouble qui a sans doute fait qu’il s’en rende compte…Mais il n’a jamais rien dit.

Il faut que j’aille faire une course. Je laisse le magasin sous ta garde. Normalement un client doit passer récupérer quelque chose. C’est tout prêt et il a payé. Là, a-t-il désigné un sac.

Nous étions tellement proches qu’il m’arrivait de tenir le magasin quand ils s’absentaient. Je savais comment fonctionnait la caisse, et je pouvais conseiller quasiment aussi bien qu’eux. La force de l’habitude.

Régis s’était rendu compte qu’il y avait du vol dans le magasin. Ce n’était d’ailleurs pas étonnant. Il était tellement grand et encombré de marchandise qu’il était facile de se glisser quelque chose dans la poche, d’autant qu’il n’y avait aucun antivol, ni portique. Il avait donc installé plusieurs caméras, intelligemment dissimulées, qui capturaient les zones qu’on ne voyait pas de la caisse, mais il avait également couvert les réserves. Les images tournaient sur un écran d’ordinateur. Il m’avait montré une fois le système.

Je me suis posé sur le siège, et, comme je l’avais déjà fait plusieurs fois, j’ai fait défiler machinalement les écrans.

Je suis passé trop vite sur une image. Incrédule, je suis revenu en arrière. En empêchant le déroulement.

L’image ne provenait pas d’une des réserves, mais de l’étage. C’était un vaste espace, d’un seul trait, qui n’avait jamais été aménagé. On y entreposait du matériel qui n’était pas encore répertorié, ou qui était trop volumineux pour être dans une réserve.

Et là, sur mon écran, je voyais Françoise se tenir devant une fille plus jeune qu’elle, blonde, les cheveux coupés très courts. Françoise était face à la caméra, la fille elle de trois quarts, mais cette silhouette me disait quelque chose. Elle portait un pantalon de treillis, une veste assortie. Je me suis souvenue de l’avoir croisée plusieurs fois dans le village, dont une fois avec une rousse qu’elle promenait à un moment avec elle. Je les avais surprises un jour entrain de s’embrasser sur un banc.

J’avais eu tout faux en pensant que l’apprentie pouvait être la créature de Françoise.

La punk la regardait, et elle, elle fixait la punk. Il y avait quelque chose de grave et d’inusité en elle.

Elle s’est mise à se déshabiller. Elle était peu féminine, souvent en sweat-shirt ou T-shirt et jean. Elle a commencé par faite passer son haut par-dessus ses épaules, dévoilant son torse, et un soutien-gorge noir. Elle avait plus de poitrine que je ne l’aurais imaginé. Mais il est vrai qu’il est difficile de savoir, d’imaginer, sous des vêtements flous. Ensuite, elle a descendu son jean. La culotte qu’elle avait dessous était assortie au soutien-gorge. Elle ne quittait pas la punk du regard. J’avais le sentiment que quelque chose de très fort passait entre elles. D’ailleurs la fille avait fourré la main sous son jean et elle se caressait en la regardant faire son strip.

Restant en petite tenue, elle s’est agenouillée devant la punkette, et elle a défait ce jean sous lequel la main bougeait. Dessous, il y avait un slip en coton, qu’elle a baissé. Je n’ai pas vu mais deviné ce qui se passait. C’était d’ailleurs facile. Françoise a accroché les hanches de la fille et elle a plongé sur elle la tête la première. La punkette s’est cambrée en deux. Son amante devait être vraiment efficace.

J’ai relevé la tête, sentant une présence. René, un gros type qui habitait juste à côté, bricoleur lui aussi, et qui venait souvent chercher du matériel. On se connaissait.

Salut Frank, je suis passé chercher des joints…Tiens ils sont là dans le sac, j’ai déjà payé, tu me les donnes ? Allez, bonne soirée.

Je lui ai tendu le petit sac en papier. Par chance, l’écran était tourné aux trois quarts vers moi. Il s’est éclipsé sans avoir rien remarqué.

Sur l’écran la situation avait évolué. Françoise, lâchant les parties intimes de la punkette, s’est campée devant elle. Cette dernière a passé ses mains dans son dos, dégrafant son soutien-gorge, puis recueillant celui-ci dans ses mains en coupe. Françoise avait des seins lourds mais fermes, haut perchés. Elle me surprenait un peu, parce que je n’avais pas imaginé un corps aussi appétissant sous des vêtements flous. De manière logique, elle a tiré bas sa culotte, dévoilant un sexe glabre… Françoise s’est laissée tomber dans le vieux fauteuil de bureau devant lequel elle s’était sciemment positionnée. J’ai souri un instant en pensant à ce qui se serait passé si le fauteuil s’était effondré. Mais ça n’a pas été le cas, et elle a posé ses jambes sur les accoudoirs, s’ouvrant et projetant son ventre vers l’avant. Cette fois, j’ai vu tout ou presque. La langue parcourant les lèvres sorties, la luisance des parties intimes, visibles sur l’écran, le doigt qui décapuchonnait le clitoris et le frottait…La punkette était habile, et Françoise semblait faire totalement confiance à cette habileté. Son corps était secoué de spasmes. Elle se caressait les seins en même temps pour compléter son plaisir.

Elle a joui au moment où j’ai entendu des pas. J’ai juste eu le temps de réenclencher le défilement et de repasser de l’autre côté du comptoir. Régis. Il n’a même pas regardé l’écran. Sans doute savait-il. On a discuté quelques minutes puis un client est arrivé et je suis parti, en me demandant si les deux filles avaient suffisamment joui.

Ce qui a changé aussi, au fil du temps, ça a été le comportement de l’apprentie. Elle s’est mise à me sourire, me parler. Elle a aussi radicalement changé de look. Elle a commencé par se maquiller, puis elle a délaissé ses tenues informes pour des tailleurs et des robes près du corps. Même en rêvant d’elle, je n’avais pas imaginé qu’elle puisse être aussi magnifique.

Je ne voyais sans doute pas l’évidence. Quand j’étais au magasin, elle se baladait devant moi, elle se plaçait à contre-jour…

Un jour, Régis m’a dit que des fois, on ne voit pas l’essentiel, il est là sous ses yeux. On a le bonheur à portée.

Et même ce message, clair, je ne l’ai pas compris sur le coup.

J’ai pénétré dans le magasin. Et je l’ai aperçue en train de ranger du matériel. Je me suis figé. Elle n’avait jamais été aussi belle. Approche de Noël ? Sa robe était magnifique, blanche, arrivant quasiment jusqu’au genou. Elle la portait avec des bottes de daim. Elle s’était maquillée, avait arrangé ses cheveux sur sa tête…

Je me suis approché. On s’est souri. Les lumières traversaient avec facilité sa robe, donnant à voir les contours d’un corps qui, s’il n’était pas parfait, était en tout cas diablement séduisant.

Ils sont partis tous les deux et ils m’ont laissé aux commandes du magasin. Je devrais pouvoir me débrouiller.

C’est à ce moment-là que ça a explosé.

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