Bazar partie 5

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Frederic Gabriel


au travailromance



Partie 5

J’en ai été le premier surpris. De cet élan de l’un vers l’autre, quelque chose à quoi on aurait été bien incapables de résister. On s’est jetés l’un sur l’autre pour s’étreindre et joindre nos bouches. On avait trop envie, et c’était le bon moment… On a prolongé notre baiser en accrochant nos langues… On s’est détachés à bout de souffle…

Je ferme le magasin un instant….Viens, je veux te montrer quelque chose…

Elle m’a attrapé par la main et on s’est engagés ensemble dans l’escalier qui conduisait aux étages…Elle m’a fait monter plus haut que la réserve que je connaissais, jusqu’à un étage totalement vide, qui sentait la poussière. Elle m’a amené jusqu’aux fenêtres. De là on avait une vue magnifique de la vallée. Le village où j’habitais, et tout autour les hameaux comme autant de taches de lumière, qui disaient la fragilité de la vie humaine.

Regarde comme c’est beau… Beau mais si fragile… Et nous faisons partie de ce tout. Éphémères comme eux, et devant profiter de ce moment…

Elle se tenait devant moi. Elle s’est approchée de moi et elle a attrapé ma queue à travers mon pantalon.

Ici et maintenant. Pour la première fois. Je veux qu’on fasse partie de ce tout.

Elle m’a sorti. J’étais tout raide. Elle m’a caressé un moment. Elle avait la main douce et elle savait caresser. J’en ai fait de même, soulevant sa robe. Sa chair était douce et élastique. Elle a poussé un petit soupir, de contentement.

Ça faisait un moment que j’avais envie. Pas au début, mais après oui. Je ne pensais pas que cela soit possible. Tu vois, parfois, la vie fait bien les choses.

Elle s’est tournée, s’est pliée en deux, roulant sa robe à sa taille, et descendant sa culotte.

Allez, viens…

Je me suis approché, et je me suis glissé en elle. Au-delà de la fenêtre, il y avait l’univers et l’un comme l’autre nous éprouvions un étrange sentiment d’harmonie. Tout se mêlait, et je me sentais plus proche d’elle que je ne l’avais sans doute jamais été de personne. On avait attendu pendant des mois, mais ça en valait la peine au final, pour justement aboutir à ça. On a joui quasiment au même moment, et j’ai pensé que c’était un signe.

Après la vie a poursuivi son cours, avec le meilleur, le pire, son lot quotidien. On s’est vus régulièrement avec Elora en dehors du magasin. Elle a fini son apprentissage, et, comme le magasin marchait bien, Régis et Françoise ont créé un poste d’employée. Moi j’ai fait ma licence. J’aurais sans doute fait une école d’ingénieur, si Régis ne m’avait pas dit un jour :

Françoise et moi, on pense repartir. On lui a proposé un poste aux USA, et il y aurait aussi une place pour moi. Ça te dirait de reprendre le bazar avec Elora ?

Reprendre le bazar…Ce lieu était, pour moi, magique. Comment dire non ? J’y passais tout mon temps depuis des années… Cet univers était mon univers. Et puis  ça me permettrait de rester auprès d’Elora, et aussi de ma mère qui vieillissait.

On a signé les papiers chez le notaire un mois plus tard. Le mois suivant, Régis et Françoise partaient. On a fait un pot d’adieu. En les regardant, j’ai repensé aux scènes que j’avais pu surprendre dans les réserves. Eux, mais aussi avant Pierre et son épouse…

Les mois ont glissé… Le magasin marchait aussi bien qu’avant. Si bien d’ailleurs que nous aussi on a pris un jeune en apprentissage pour nous aider.

Un après-midi, je suis parti acheter du matériel à T… Je suis revenu sur le coup de quatre heures. Elora était partie régler des problèmes administratifs à la préfecture. On avait laissé le magasin au jeune, Didier, parce qu’on avait toute confiance en lui.

Je m’étais garé sur le parking quasiment en face de l’entrée arrière. Je me suis glissé à l’intérieur avec le premier carton.

Je n’ai aperçu personne. Ça m’a mis la puce à l’oreille.

Je me suis approché de la réserve entrouverte, et éclairée.

Je les ai vus tous les deux,

Elle était pliée en deux au dessus d’une table, le jean baissé, la culotte aux genoux. Je l’avais déjà aperçue deux ou trois fois dans le magasin, sans deviner que quelque chose se tramait entre eux. Une petite blonde dans le cul duquel Didier était fiché, la fouillant de sa queue qui allait et venait en elle, et la faisait gémir.

J’ai souri. Le bazar resterait ce qu’il avait toujours été.

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