Partie 1

J’ai obtenu un bac sciences et techniques de laboratoire à 18 ans et trois jours avec une mention très bien, ce dont je ne suis pas peu fière. Après ça a été un peu plus dur. Je m’étais tellement concentrée sur cet objectif que je n’avais pas pensé à l’après. Je n’avais fait que de vagues vœux sur APB et je n’ai rien obtenu. Je me suis retrouvée en septembre le bec dans l’eau. Ça a été le hasard d’une publicité qui m’a conduit vers un BTS QUIAB dans un établissement privé. C’est une filière dans laquelle on fait beaucoup de biotechnologie, de physique, de chimie, de maths, pour travailler dans les services qualité des entreprises. Ceux-ci sont chargés de vérifier que les entreprises fournissent des produits et des services de qualité.
Par chance j’avais quelques économies qui m’ont permis de me payer les frais d’inscription.
Je me suis retrouvée à 800 kilomètres de chez moi, en pleine nature, dans un établissement construit vingt ans plus tôt sur un plateau. Les bâtiments étaient tous au rez-de-chaussée. C’était, on le voyait bien sur la photo prise par un drone, comme une étoile avec de multiples branches qui se rejoignaient en un centre où se concentraient les salles de classe.
80% des personnes inscrites ici venaient de suffisamment loin pour être en internat. C’était mon cas. Il y avait plusieurs filières, et le fait que l’établissement soit en contact avec des entreprises garantissait de manière quasi sûre de l’embauche à la sortie.
Le rythme était éprouvant, et très vite il s’est avéré, que , à la fois comme soupape et parce que nous étions totalement isolés (certains restaient le week-end, car ils venaient de trop loin pour repartir chez eux, comme moi) le sexe a été le meilleur des baumes et la plus agréable des occupations. Il y avait, du fait des filières, une inégalité entre garçons et filles, de telle sorte qu’un appariement n’était pas possible. Donc rapidement, les filles se sont tournées vers d’autres filles. J’ai toujours pensé que les filles n’avaient que peu de complexes à aller vers l’une de leurs semblables, alors que les garçons n’avaient pas cet échappatoire.
Comme aucun garçon ne me plaisait, j’ai accepté les avances d’une grande brune bien en chair que je semblais avoir séduite. Je l’avoue, je n’avais pas eu de coup de foudre comme elle, mais j’avais aimé cette manière obstinée qu’elle avait eu de me faire des avances, et j’avais appris à regarder autrement ce corps aux formes généreuses. Elle avait des seins, des fesses, des cuisses, un pubis bombé, et surtout la ferme volonté de me donner autant que je lui donnerais. Notre relation s’était nouée un soir dans la pénombre d’un couloir désert, ce qui ne manquait pas dans l’établissement, je ne me souviens pas bien de qui avait eu le premier mouvement vers l’autre, moi ou elle, mais nous nous étions retrouvées bouche à bouche, langue à langue, ses formes contre mon corps, sa chaleur m’envahissant, et on avait concrétisé dans ma chambre. On partageait nos chambres, mais je ne voyais plus ma colocataire depuis belle lurette, car celle-ci était partie vivre sa vie avec une amante, tandis que dans une sorte de jeu de dominos, l’autre personne qui partageait la chambre de son amie était elle partie ailleurs…
On s’était déshabillées avec l‘ardente envie des premières fois… Deux mois et demi plus tard, nous avions toujours autant envie l’une de l’autre, sans être encore rassasiées, mais tout en se connaissant par cœur.

Les toilettes occupaient un vaste local séparé en deux parties, hommes et femmes. Côté fille, il y avait des lavabos, et deux cabines ; côté garçon, un lavabo deux urinoirs et une cabine… Si le local n’était pas fermé, les cabines, elles, étaient rudimentaires, des planches qui n’atteignaient pas le plancher, et une porte… Le matin, nous nous levions toutes en même temps ou presque, et après une douche nous allions prendre notre petit déjeuner à l’internat. Le problème, c’était qu’on avait ensuite besoin de nous laver les dents et de nous maquiller, mais l’internat était fermé. On avait voir les responsables, mais on n’avait pas eu de réponse ferme et rien n’avait été fait. On avait donc trouvé cette solution de nous rendre toutes dans ce local, qui était à l’écart, même s’il n’était pas vraiment intime. On occupait les deux cotés, et tous les matins, il y avait là une trentaine de filles qui se lavaient les dents, et se maquillaient.
Et puis, ça a très vite dérivé. On dit souvent que le matin, les hommes ont envie de sexe. Les filles aussi, et avec cette absence totale de pudeur qui caractérise les filles entre elles, la plupart de celles qui étaient présentes se sont mises à se livrer à des caresses intimes, sans se soucier du regard des autres, que cela laissait indifférents. Le coup d’envoi, pour ainsi dire, avait été donné par Paola et Mélanie. Paola était une superbe blonde aux formes sensuelles, Mélanie une petite brune sans guère de formes qui vouait une dévotion et un amour absolus à sa fuck friend. Prise d’une envie subite, elle avait retroussé la robe de Paola, sous laquelle celle-ci portait un collant sans aucune pièce pour masquer ses parties intimes, et elle avait glissé sa main sous le polyélasthanne pour la caresser. On se brossait les dents ou on se maquillait, et je me souviens encore de Paola, se tordant de jouissance sous la caresse de cette main experte, qui savait quoi et où caresser pour la faire jouir, et de la manière dont toutes, franchement ou hypocritement nous les avions matées. Tous les matins désormais, brossages de dents et maquillages étaient plus rapides, pour laisser vite à la place aux baisers et aux caresses… Si certaines étaient impudiques, d’autres choisissaient une des cabines pour s’isoler ou simplement adopter une position plus confortable. Il est toujours plus agréable de se faire lécher le sexe assise, les jambes largement écartées, que debout, jambes plus serrées, même si on peut très bien se débrouiller comme ça.
Nos fidélités étaient toutes relatives et on n’avait guère de scrupules à se trahir. En même temps, ce moment matinal était aussi l’occasion de se libérer et de basculer hors de ce qui était déjà la routine installée de couples. On aurait dit que ce moment était une parenthèse, et que, dans un tel moment, tout était possible, sans conséquence aucune pour ce qui se passait hors de cette demi-heure.

C’est ainsi que je suis allée vers Marjorie, qui faisait partie de ma promotion. Je la voyais jour après jour, qui me faisait mouiller la culotte mais que je n’avais jamais abordée. Non que je n’osais pas mais je me sentais tenue par une obligation de fidélité abolie en ce moment. Mon regard l’a cherchée, a accroché le sien alors qu’elle se brossait les dents ; difficile de s’auto-analyser, mais il y avait sans doute dans mes yeux un désir cru et sans équivoque, cent fois plus fort qu’à l’accoutumée. J’ai embrassé une fois encore tout ce qui me plaisait en elle, ses cheveux couleur miel, son visage aux traits fins, la manière dont ses fesses se cambraient. Elle était toute petite, j’aurais dit qu’elle approchait du mètre soixante sans le dépasser. Ce qui faisait son charme, c’était justement qu’elle était petite, mais que ses formes n’étaient pas inexistantes, mais au contraire marquées avec une précision extrême, plus peut-être que sur des filles plus grandes. Et comme elle portait des vêtements très moulants, il était difficile de l’ignorer. Ce que je me suis dit après, c’était qu’elle me donnait envie, comme on peut avoir envie de jouer à la poupée.
Un soir, en remontant dans ma chambre, et passant devant une chambre entrouverte, qui était la sienne, je l’avais surprise entrain de se caresser, avec simplement le pantalon et la culotte descendues, la main tournant sur un sexe aux lèvres délicates. Ça m’avait troublée, d’autant qu’au moment où je passais, elle approchait de l’orgasme, et elle avait joui. Et moi je m’étais précipitée dans la chambre pour me toucher en repensant à cette image. L’image qui tournait dans ma tête en boucle depuis était celle de Marjorie allongée, avec quelque chose de grave et de concentré dans l’expression, ses doigts tournant sur sa fente aux lèvres dépliées pour se faire jouir.
Elle s’est rincé la bouche et est venue vers moi, décidée et aussi grave que ce soir là. Elle m’a prise par la main et m’a entraînée dans la cabine vide. Je me suis assise sur la cuvette, alors qu’elle se tenait devant moi et que je la déshabillais. Ça n’était qu’une confirmation, bien sûr, car je connaissais déjà son corps par cœur, à force de l’avoir caressé du regard, mais mettre à nu sa chair, ses formes qui avaient un goût de perfection, les voir sans la barrière d’un vêtement, sentir sa chaleur me sauter au visage et au corps, tout cela m’a remué, tout autant que son sourire complice, qui me disait clairement « Tu peux me faire de moi ce que tu veux. » C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, venant sur ses seins à l’ovale parfait, sur sa fente ouverte, sur ce corps si différent de celui de mon amante habituelle. L’empoignant par ses fesses, qui, contrairement à celles de ma compagne nocturne ne débordaient pas de mes mains, je l’ai basculée sur le siège des toilettes. Elle a ouvert les cuisses autant qu’elle le pouvait, me présentant son ventre, et me précisant, au cas où je ne l’aurais pas compris :
— Viens sur moi, fais-moi tout ce que tu veux.
Et je suis venue sur elle, la faisant crier dès les premières secondes, en appliquant la pointe de ma langue sur son anus et fouillant ses replis. Elle a gémi, se cambrant en arrière, et frottant son clitoris, aussi menu que celui de ma coloc était développé, long, et épais, avec lequel elle pouvait me pénétrer. Son anus s’est distendu m’autorisant à laisser glisser en elle ma langue qui ne voulait pas lâcher sa chair. Sous mon regard, ses lèvres déjà excitées par mes premières caresses se distendaient et s’ouvraient pour laisser couler ses sécrétions qui, quant bien même je travaillais ses replis anaux, glissaient jusqu’à moi et venaient couler dans ma bouche.
Alors que je continuais de fouiller son anus de ma langue, j’ai glissé mes doigts plus haut et remplacé les siens sur son clitoris. La conjonction des deux, ma langue sur et dans son anus, et mes doigts sur ses lèvres lui ont arraché orgasme après orgasme, la crispant, la cambrant et la tordant et faisant jaillir ses jus intimes dont je voulais boire la plus infime goutte.
Après un temps de latence, elle s’est redressée. Je me tenais debout devant elle, je voulais me basculer à sa place, et qu’elle me rende la pareille, mais avec une lueur vicieuse et déterminée dans le regard, elle a choisi d’agir autrement. C’est à ce moment que j’ai vraiment fait l’expérience de la différence de taille entre nos deux corps. Elle a posé ses doigts sur mon sexe. Ils se sont mis à tourner sur moi avec une habileté que je ne soupçonnais pas chez elle et une détermination sans failles aussi forte que celle dont j’avais fait preuve quelques minutes plus tôt. Puis elle a commencé à glisser dans mon vagin doigt par doigt. Bientôt toute sa main a été en moi. Avec quelque chose de presque cruel dans le regard que je n’aurais pas soupçonné en elle, elle s’est mise à me caresser à l’intérieur. Ce n’était certainement pas la première fois qu’elle faisait ça, j’en ai eu rapidement la certitude, vu son habileté à virevolter le long de mes parois intimes, à aller dans mes creux et mes pleins, à s’attarder jusqu’à amener au bord de l’orgasme. Je la voyais bien, allant d’une fille à l’autre, et revenant à un moment ou à l’autre à sa pratique préférée, fouillant le sexe de son amante d’un moment jusqu’à faire jouir celle-ci avec le sentiment de supériorité que l’on peut avoir quand on maîtrise parfaitement une technique et qu’on le sait. Mais de sexe en sexe, elle s’était améliorée, plongeant sa petite main dans autant de muqueuses, jusqu’à devenir experte.
C’est sans doute pour cela que j’ai aussi bien joui, plusieurs fois, éclaboussant son visage et son corps de véritables éjaculations, et en étant la première surprise.
Nous avions trouvé notre paradis. Nous ne nous doutions pas que bientôt le serpent allait venir le souiller. Un serpent qui aurait la forme d’une queue gorgée de sang et prête à cracher sa semence.

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *