Partie 2

Tout a commencé quelques jours plus tard. Nous étions là, comme d’habitude, à nous brosser les dents, quand Éléonore, une blonde fine m’a soufflé :
— Nous ne nous sommes plus seules depuis plusieurs jours.
Je l’ai regardée, surprise.
— Tu fais référence à quoi ?
— Regarde vers l’extérieur.
C’était vrai que nous étions tellement centrées sur nous-mêmes qu’on ne pensait pas à regarder au-delà de la baie vitrée vers la partie de l’immense cour qui correspondait à cette partie du bâtiment. Le bitume était encadré par une végétation fournie, travaillée par le jardinier du lieu. Des arbres, des buissons.
C’est comme ça que j’ai vu ce qui avait été invisible pour moi avant. Ces silhouettes qui, si on regardait bien, étaient à peine masquées derrière un arbre et un buisson, et nous observaient. Il n’y avait rien de bien précis, mais d’évidence, des garçons étaient là. On a su par la suite que c’était à cause de l’un d’entre eux, qui le matin, après le petit déjeuner, avait l’habitude de se balader dans le parc. Il était venu dans cette zone et nous avait aperçues. Se rendant compte que si certaines se brossaient simplement les dents, d’autres se livraient à des activités plus intéressantes, il avait bien entendu alerté ses camarades et ils étaient venus s’exciter en matant.
La conscience de cela a très vite essaimé dans tout le groupe, et a modifié notre comportement. Avant, nous vivions dans une sorte de cocon, uniquement préoccupées de nous-mêmes. Après notre prise de conscience, nous nous sommes mises en scènes, comme si nous étions actrices, et c’était un peu le cas. Nous nous positionnions pour donner le maximum d’impact visuel à nos baisers, nos caresses… C’était une manière de les provoquer, tout autant que de se moquer d’eux. Et nous, ça décuplait notre excitation.
Ça a duré comme ça quelques temps, avant que les choses ne basculent, un matin. Sans doute souhaitaient-ils aller plus loin. Et nous aussi, même si nous n’en étions pas conscientes.
Un matin donc, nous étions là, avec nos brosses à dents, nos baisers et nos caresses impudiques, notre propension à nous dénuder, et notre incapacité à avoir des limites… Je me dis souvent que ce qui a changé les choses, c’est, je m’en rends compte avec du recul, l’initiative qu’ont eu Virginie et Laura, qui se sont mises bien en évidence, à l’endroit où les toilettes faisaient la jonction avec le grand hall. Virginie avait sa brosse à dents dans sa bouche pleine de dentifrice et de salive. Elle a retroussé la jupe de Laura après s’être agenouillée, et descendu une culotte fuchsia. Se servant de la seule force de ses mâchoires, après avoir resserré celles-ci autour de la brosse, elle est venue agacer les lèvres de son amie. C’est sans doute l’inédit de la caresse autant que le contact avec le bout de plastique qui a fait que très vite, ses lèvres sont sorties, ont gonflé, et qu’elle s’est mise à littéralement ruisseler, inondant ses aines, et l’intérieur de ses cuisses. Quand Virginie a fait s’enfoncer le manche entre les lèvres, centimètre par centimètre, Laura s’est mise à gémir longuement. On regardait toutes, fascinées par ce spectacle nouveau. Dire qu’on n’avait pas eu l’idée avant d’utiliser ainsi nos brosses à dents ! C’était extrêmement troublant, et certaines sans pudeur, c’était un concept auquel on avait renoncé depuis belle lurette, se touchaient les seins ou le sexe.
C’est sans doute pour cela qu’on ne s’est pas rendus compte que, certainement poussés à cela par le spectacle qu’ils percevaient comme une ultime provocation, des garçons étaient sortis de ce qui n’était plus une cachette depuis belle lurette et s’étaient positionnés tout près des vitres séparant l’intérieur de l’extérieur. Leurs queues étaient à nu, sur lesquelles ils tiraient sans doute depuis un bon moment, et sans plus de pudeur que nous en avions manifesté, ils se sont mis à se masturber aussi férocement que tous les matins nous soulagions nos pulsions en fouillant des bouches, en léchant des sexes ou en s’enfonçant dedans de nos doigts.
J’ai longtemps repensé, dans mes masturbations solitaires à ce moment, unique, revoyant la scène sous un autre angle que je ne l’avais vécue, comme si j’étais un drone, prenant de la hauteur. Virginie fouillant le sexe de Laura en faisant aller et venir le manche de la brosse à dents, Laura se cambrant, se tordant et gémissant, les filles autour en arc de cercle, se masturbant, certaines mutuellement, et les garçons frottant leurs queues.
Ça a duré jusqu’à ce qu’une première jouissance déclenche une réaction en chaîne. Laura s’est mise à jouir, gémissant puis criant, et les autres filles, qui étaient autour, se sont laissées aller à des orgasmes. Les garçons, eux aussi, ont joui, arrosant de semence les vitres, attirant ainsi notre attention. Leur présence, et les traces qu’ils ont laissé nous ont rappelé les semaines avant l’isolement en ce lieu d’études coupé de tout, et que si c’était bon d’avoir une langue de fille sur son clitoris, ça l’était aussi de sentir un sexe d’homme congestionné glisser en soi.
C’est ce jour-là que notre monde a basculé, mais le basculement n’a vraiment été effectif que le lendemain.
On était là, comme tous les matins, avec nos brosses à dents, nos dentifrices, nos baisers, nos caresses. Les garçons sont venus, cette fois sans plus se cacher, plus nombreux que la veille. Deux groupes face à face, finalement juste séparés par quelques mètres et une vitre. On aurait pu rester là, chacun de son côté, comme la veille. Mais Alexandra, la plus audacieuse d’entre nous a fait quelques mètres, après avoir reposé sa brosse à dents, et elle a été chercher un des garçons, sans doute celui qui lui plaisait le plus. Elle l’a attrapé par le poignet. Il n’a pas résisté, et s’est laissé guider. Elle l’a amené au milieu de nous. Il n’a pourtant pas eu peur. Elle est tombée à genoux, et elle a entrepris de le défaire, pour mettre sa queue à nu. Il bandait à moitié. Elle l’a branlé un peu puis elle s’est mise à donner des coups de langue sur la chair qui s’épaississait.
Ça a été une sorte de signal. Plusieurs filles sont sorties pour aller chercher les autres garçons, et cinq minutes plus tard, ils étaient assiégés, on était par groupe de deux ou trois, autour d’eux, se partageant leurs queues, moi y compris. L’un après l’autre, au bout d’un temps plus ou moins long, ils ont joui, et bien sûr chaque jouissance était différente. Parfois une fille l’avait prise dans sa bouche, et laissait couler le sperme dans sa gorge, un peu plus loin une des filles le masturbait jusqu’à l’éjaculation, et les filles tendaient leurs visages pour se faire éclabousser de sperme, ailleurs encore, les filles agaçaient un gland dilaté jusqu’à ce que le premier jet de sperme sorte, et elles se partageaient la semence, une rasade chacun.
Ce fut le début d’une nouvelle ère. Ils vinrent nous rejoindre quand nous nous brossions les dents tous les matins. Ce n’était pas plus mal. Nous gardions les plaisirs lesbiens pour le reste de la journée, et nous retrouvions avant d’aller en cours le plaisir, effacé en quelques mois d’internat quasi non-stop le plaisir de jouer avec une queue de garçon.
Je n’ai plus jamais regardé une brosse à dents de la même façon depuis.

 

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