PARTIE 1

Alors, quand est ce que tu te décides à enfin t’arrêter chez moi sur le chemin du retour ?

Il était un peu plus de midi, et Cathy et moi on prenait notre déjeuner dans l’une des nombreuses salles libres de la sous-préfecture, que nous avions pris l’habitude de squatter pour manger. Nous n’étions pas les seuls : il n’y avait pas de cantine dans ce bâtiment, contrairement à certains établissements publics, et pour manger il fallait sortir et se rendre dans l’un des multiples snacks ou petits restaurants le long de l’avenue. Ce qui revenait vite assez cher, d’autant que la nourriture n’était pas forcément de bonne qualité. Alors autant se préparer un petit repas équilibré à la maison.

Le hasard avait fait que Cathy et moi on s’était retrouvés à manger ensemble dans cette salle, il y avait maintenant quatre mois de cela. Un jour, puis un autre jour. On ne se donnait pas rendez-vous, mais on savait qu’on allait se retrouver sur le coup de midi.

Cela faisait plusieurs fois qu’elle répétait cette proposition : la rejoindre une fois que j’aurais fini ma journée de travail. Elle finissait une heure plus tôt que moi et rentrait chez elle. L’ironie voulait que ni elle ni moi nous n’habitions à C… où nous travaillions, mais elle à R… et moi à G… Or R et G étaient situés sur la même ligne droite, qui, à l’est, quand on quittait C, amenait à ces deux villes de moyenne importance. D’une manière un rien schématique, pour aller jusqu’à R il fallait un quart d’heure, jusqu’à G une demi-heure. On traversait R pour arriver à G, et donc je ne passais pas loin de chez elle pour me rentrer chez moi.

On n’était pas à la même table, on gardait toujours une sorte de distance physique, qui ne nous empêchait pas de parler, mais surtout n’avait pas empêché, au fil des semaines que la distance cérébrale et affective qui aurait pu exister entre nous s’était abolie.

Elle était installée face à moi. Comme à l’accoutumée, elle portait une tenue courte et ajustée qui mettait en valeur son corps ferme, celui d’une femme qui, à l’âge de 53 ans, faisait un bon paquet d’heures de sport par semaine, et cela se voyait clairement.

Le tableau qu’elle m’offrait, était, clairement, à mon sens, l’argument pour me convaincre d’enfin répondre à la proposition plusieurs fois formulée. Ce jour-là, nimbée par les rayons du soleil qui passaient par la grande et haute fenêtre, elle était superbe, tout autant que désirable. Et elle s’exposait clairement.

Je garderai longtemps l’image qu’elle m’a offerte ce jour-là.

J’ai repensé aux derniers mois. Je venais me caler là entre midi et deux pour la pause. Parfois je restais seul, parfois une ou plusieurs personnes me rejoignaient. J’aimais bien cette salle, car on avait une vision de l’avenue et j’appréciais de suivre la vie urbaine, cocasse parfois. Puis elle était arrivée. Je me souvenais très bien de la première fois où elle avait franchi le seuil. La pièce était remplie de lumière, et à contre-jour, elle avait dessiné une silhouette que j’avais estimée sinon parfaite, du moins très bien dessinée. Quand j’avais vu son visage, je m’étais rendu compte qu’elle était plus vieille que je ne l’avais d’abord pensé.

On s’était apprivoisés petit à petit. Elle était chaleureuse et ouverte. On avait parlé du travail, puis de nos intérêts personnels. Elle aimait lire, et faire du sport, beaucoup de sport. Moi j’étais plus attiré par le cinéma, et j’aimais les arts martiaux. On avait un point commun, le goût pour la nature. C’était assez en tout cas pour entretenir une discussion. On avait établi un lien paisible et chaleureux. Dans lequel je pensais que toute attirance était exclue. Jusqu’à ce que je me rende compte ces derniers temps qu’elle me faisait de plus en plus fantasmer. Sans vraiment m’en rendre compte, j’avais passé un cap au-delà duquel je l’avais regardée comme une femme avec ce que cela impliquait. Au tout début, il y avait eu cette simple réflexion que je m’étais faite en m’attardant sur ses yeux, qu’ils étaient vraiment d’une belle nuance de bleu. Et c’était vrai… Ils étaient de la couleur de ces lagons dans lesquels elle avait plongé quand elle était en Polynésie. Et ensuite, je m’étais attardé longuement sur ce qui avant ne m’intéressait pas. La manière dont un débardeur donnait à voir une bonne partie d’une poitrine ferme… Une croupe qui tendait le tissu d’une robe ou qui était comprimée par un jean, le galbe impeccable d’une paire de jambes gainées par le nylon d’un collant, la manière dont ses hanches s’évasaient  au-delà d’une taille fine… J’étais également fasciné par sa chevelure, crinière épaisse et rebelle, qui coulait longuement sur ses épaules. Elle n’avait pas de racines noires, il fallait donc en conclure que c’était une vraie blonde, d’un blond comme je n’avais jamais vu avant, ni clair, ni foncé… Je me demandais si à 53 ans, elle se faisait une teinture, vu qu’elle ne semblait pas avoir le moindre cheveu blanc…Mais après tout, certains gardaient leur pigmentation très longtemps…

Elle aussi avait sans aucun doute évolué. On s’était immédiatement bien entendus quand on s’était parlés, raison pour laquelle elle continuait de venir manger ici, alors qu’elle aurait pu aller avec d’autres collègues, ailleurs. C’était aussi vrai pour moi. Mais, d’évidence, pour elle aussi, notre première relation, de simple camaraderie, avait laissé la place à quelque chose d’autre. Elle était très forte pour les phrases à double sens, et elle ne s’en était pas privée, pendant quelques temps.

Ce midi-là, elle m’a donc proposé de passer chez elle. Je n’ai pas répondu .Elle n’a pas insisté.

Elle était assise face à moi, et ça n’a été que progressivement que j’ai pu entrevoir le spectacle qu’elle m’offrait, tout simplement parce qu’elle a su faire durer la révélation. Elle avait les jambes croisées, jambes gainées d’un collant légèrement sombre, mais cependant totalement transparent. Comment souvent elle portait de hautes bottes couleur fauve qui lui arrivaient au genou. Et sa jupe était courte, de telle sorte que je pouvais déjà bien profiter du spectacle de ses jambes bien galbées, qui valaient celles de bien des filles de vingt ans. Pas de défaut, la moindre varice, le détail qui écœure. Il était vrai que comme elle l’avouait, elle faisait plus de vingt heures de sport par semaine, et que c’était une drogue pour elle.

J’aurais pu me contenter de ce spectacle, mais j’ai eu très vite bien plus. Elle a décroisé les jambes, et les a posées toutes les deux. Ensuite, tout en continuant de manger et de discuter avec moi, elle a ouvert les cuisses. La jupe, courte, déjà bien remontée, a remonté encore plus. Et elle a ouvert les jambes d’une manière que je ne pouvais penser être involontaire, pour m’offrir son ventre.

Et j’ai tout vu. Vision qui m’a brûlé et torturé. Vision qui devait tourner dans ma tête en boucle dans les jours et les heures qui sont suivi. Un ventre aussi parfait que l’était le reste de son anatomie.

Il y a différents types de collants, pour ce qui concerne la texture, la couleur, l’opacité… Mais aussi au niveau du sexe. Dans certains cas il y avait un empiècement, un morceau de tissu supposé cacher le sexe, même si, si on regardait bien, le morceau, à moins d’être parfaitement ajusté, pouvait difficilement couvrir l’intégralité de celui-ci.

Ici ce n’était même pas le cas. Le collant était d’une seule pièce, avec juste le trait blanc d’une couture au niveau du ventre, mais celle-ci ne gênait en rien la vision qui était intégrale. J’avais devant moi, sous le lycra son sexe, offert à mon regard, dont je pouvais me délecter, car elle n’a pas bougé, quant bien même elle mangeait et discutait avec moi. J’ai pu observer et me repaître de ce que j’avais sous les yeux. Le double gonflement de son sexe, l’ouverture au milieu dont sortait un petit bout de lèvre, le lisse de sa chair un peu en dessous qui laissait place à la fente plus profonde qui séparait sa croupe en deux… Si j’avais pu me poser des questions sur la réelle nature de sa couleur de cheveux, j’avais la réponse sous les yeux : c’était une vraie blonde. Ne subissant par les diktats de la mode, elle avait gardé l’intégralité de sa fourrure intime, et c’était la même teinte de blond que celle qui descendait de ses épaules.

Avec elle tout était à double tranchant. Avait-elle simplement une attitude négligente et l’habitude de ne pas mettre de petite culotte sous un collant ? Beaucoup de filles faisaient ainsi, j’avais une ex qui portait ses collants à même la peau, offrant souvent des visions excitantes… Ou bien voulait-elle me lancer un appel ?

Je me suis rappelé que ces derniers temps, elle avait eu pas mal d’accidents, et en les mettant en perspective, et les additionnant, sans doute qu’ils n’étaient pas arrivés par hasard. Encore pas plus tard que la semaine dernière, l’un de ses seins s’était échappé d’un léger débardeur qu’elle portait sous un blouson en simili-cuir. Je m’étais fait la réflexion que non elle ne portait pas de soutien-gorge, et que l’impression que j’avais pu avoir, que ses seins étaient nus et libres sous le débardeur était la bonne. J’avais été troublé de penser à ses tétons frottant le tissu du débardeur à chaque mouvement et s’érigeant, ce qui était apparemment le cas… Il y avait eu aussi la fois où elle s’était changée devant moi. ‘J’espère que ça ne te dérange pas. ‘ Elle arrivait parfois en moto, et ce jour-là, elle avait une combinaison et un casque. Elle arrivait très tôt, et moi je m’étais installé ici pour boire un café à emporter que j’avais acheté, comme tous les matins, au petit magasin du coin… Elle était arrivée… Était-ce parce que j’étais dans l’ombre qu’elle ne m’avait pas aperçu immédiatement ? Elle avait commencé par poser ses sacs, ôter son casque, faisant jaillir sa chevelure qu’elle avait étalé d’un coup de tête, dans un geste féminin. Elle avait ensuite tiré vers le bas la fermeture éclair qui tenait sa combinaison fermée. Elle s’était extirpée, faisant descendre la partie supérieure, puis après avoir défait ses bottes de motard qui tenaient par des scratch, tiré les jambes de la combinaison pour se retrouver devant moi en sous-vêtements. Elle avait un joli ensemble couleur saumon, soutien-gorge et culotte et des bas stay-up… Son corps était fin, et musclé, les muscles jouaient sur sa peau pendant qu’elle se changeait, se déplaçait… Elle s’était tournée vers le deuxième sac qu’elle avait posé sur une table, en avait extrait une robe noire en lainage ainsi qu’une paire d’escarpins noirs. Elle avait fait passer la robe par-dessus ses épaules et descendre celle-ci en la plaquant à sa chair. J’avais pensé qu’au final, voir une fille s’habiller était aussi sexy que la voir se déshabiller. C’était en tout cas ce que me disait ma queue, toute dure dans mon pantalon. Et le geste final, de se chausser d’escarpins l’était tout autant.

Je suis revenu au présent. Son regard bleu lagon planté dans le mien, elle m’a dit :

Ce soir tu pourrais enfin t’arrêter, mais en attendant VIENS prendre ton dessert.

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