Cuissardes partie 1

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Frederic Gabriel


fétichisme



Partie 1

1 – Juillet

Chaque année, je participe au vide-greniers de ma commune. C’est l’occasion pour moi de liquider une partie de ma garde-robe. Je conserverais bien tout, mais je n’ai pas une place illimitée, même si j’ai la chance de bénéficier d’un dressing immense. Les choses seraient sans doute différentes, si je n’étais pas une accro du shopping, et si je n’éprouvais pas l’envie, quasi quotidienne, de m’acheter de nouvelles pièces, neuves ou d’occasion dans des friperies. Je conserve ce qui est hors du commun. Le banal part au vide-greniers au bout de quelques mois. C’est une sorte de cycle. Je profite des friperies pour m’acheter souvent de très beaux vêtements à bas prix mais je donne aussi la chance à d’autres femmes de s’offrir des fringues de qualité pour des petites sommes.

Et puis il y a mes bottes.

Généralement je les ressors de leurs boites début juillet. Quand il fait beau, à partir du printemps, sauf période de froid, ou de pluie, ou les deux, je bascule sur des escarpins. Les bottes, c’est pour une période qui va de septembre à mars.

Les souvenirs, qui s’étaient estompés, reviennent quand j’ouvre boite après boite. Bien sûr, je les cire soigneusement, c’est un plaisir pour moi, quelque chose de sensuel, avec le désir d’en prendre soin, et de les préserver, mais on voit qu’elles ont vécu. Marquées par le contact avec les éléments naturels, la pluie, le vent, l’humidité, par mes mouvements, les chocs contre le macadam ou les sols divers, le contact avec les obstacles les plus variés, les meubles, la végétation.

Elles ont une histoire. Histoire que moi seule connaît.

Les souvenirs remontent. Je sens mon sexe s’ouvrir, et couler, humidifier le tissu de ma culotte, je sens mon clitoris se gonfler et darder. Chaque botte a deux ou trois histoires à me raconter, ou plus. Certaines me semblent très lointaines, même si elles sont proches dans le temps, qui m’ont moins marqué. D’autres au contraire, sont ancrées en moi.

Je caresse la matière des bottes, cuir, daim, velours, laissant remonter le passé. Des images s’imposent, alors que je revis des sensations. Un sexe masculin qui glisse dans ma bouche, ou que je prends des lèvres, un autre sexe, qui glisse dans ma fente. Un troisième qui force mon anus, me remplit et m’envahit. Une moule, offerte, que j’explore de la langue, et qui m’envahit de son goût amer. Tout cela arriverait-il s’il n’y avait pas eu ces bottes, et ces cuissardes ? Pas sûr.

Je ne renonce pourtant pas à les céder. Il faut faire de la place dans sa garde-robe comme dans ses souvenirs pour s’en créer des nouveaux. Et puis le meilleur est toujours à venir.

Une jeune femme passe sur le vide-greniers. Il est dix heures. Elle est différente de moi, aussi blonde que je suis brune, nous n’avons en commun que la taille, qui justifie qu’elle ait la même pointure que moi. J’ai immédiatement remarqué qu’elle était attirée par mes bottes. Elle m’a demandé ma pointure avec, je l’ai bien senti, une sorte de prière intérieure pour que nous ayons la même. Ma réponse a été une confirmation qui l’a plongée dans une sorte de ravissement.

Je les prends toutes.

Un moment, bref, mais intense de complicité. Elle a compris et moi aussi que nous étions semblables. Elle les porterait pour les mêmes raisons que moi, pour séduire, et y parviendrait sans mal. Éprouvait-elle les mêmes sensations que moi ? Je pensais être unique. Je me trompais peut-être. Mais il est difficile de parler de ces choses-là. Et c’est peut-être bien qu’il y ait du mystère. Elle est repartie, après m’avoir donné une poignée de billets, avec toutes les boites posées sur ses avant-bras. Ça faisait une sorte de tour, et elle devait regarder sur le côté pour savoir où se diriger. Je l’ai vue arriver à sa voiture sans encombres et jeter les boites à l’intérieur. Je lui souhaitais la même chose qu’à moi.

2 – Automne

J’aime cette période pour une multitude de raisons. La nature est moins agressive que pendant les vacances. L’été indien est une période incroyablement douce. Je suis charmée par les merveilleuses couleurs des arbres. Et j’aime cette idée qu’il faut profiter des derniers jours, avant que l’hiver n’emporte tout, comme l’être humain devrait savoir profiter de son existence, avant que, si vite, elle ne bascule dans le néant.

Je fais mes emplettes dès que les premiers modèles apparaissent dans les rayons. Je passe de supermarchés en chaînes de chaussures, sans oublier les magasins les plus classiques. Je suis difficile. Il me faut les modèles les plus beaux, les plus originaux, mais surtout les plus troublants, les plus sensuels. C’est ceux-là que je traque, et que je trouve. Je tourne toujours autour d’une dizaine de paires, mais j’en prends parfois plus si j’ai un coup de foudre.

J’attends quelques jours. L’attente est un plaisir. Penser que je vais enfin les porter, après une coupure met mon corps et mon sexe en émoi.

Et enfin je me décide. Souvent ce n’est pas un matin avant de partir travailler. L’émotion serait trop forte, me coupant les jambes, et je n’aurais pas le temps d’en profiter. C’est plutôt un samedi et un dimanche, quand j’ai le temps de profiter, mais aussi de m’accoutumer.

Cette année, j’ai eu le coup de foudre, entre autres, pour une magnifique paire de cuissardes en velours, couleur nuit. Je les ai trouvées dans un supermarché, et il y en avait par chance à ma taille.

J’ai acheté ma première paire de cuissardes à l’âge de 17 ans. Il y a dix ans de cela.  Je trouvais ça sexy. À l’époque, comme aujourd’hui, j’étais à fond dans la séduction. Je ne m’en lassais pas. Ça faisait partie de moi. Un psy parlerait d’un besoin effréné d’être aimé et c’est certainement le cas. Je m’étais offert des cuissardes en cuir, un cuir fauve, elles étaient magnifiques, et c’est la seule paire que je regrette de ne pas  avoir gardé. Je n’en ai jamais trouvées d’ aussi belles, même s’il est fort probable que la nostalgie les rende plus belles encore. Je les avais d’ailleurs payées fort cher, avec de l’argent gagné pendant mes jobs d’été. Je les ai essayées entre midi et deux un jeudi, avant de repartir au lycée, et tout a commencé…

J’ouvre la boite. Elles sont là, encore intactes. Elles n’ont pas vécu. Mes mains caressent le velours, soyeux. Je sens les réactions s’amorcer dans mon ventre. La chaleur le remplir.

C’est toujours un cérémonial la première fois. Je les sors de la boite, je les déplie. Je les examine. Je tâte leur matière. Elles sont encore intactes.

Le moment est venu. Toujours un moment d’émotion. Je me bascule sur le lit, et je glisse mon pied dans la première. Je suis juste en culotte et en soutien-gorge, car je me change souvent entre midi et deux. J’attacherai une jupe à ma taille après, et je passerai un chemisier, ou un débardeur.

Mon pied est dans la cuissarde. Je le glisse lentement. Je voudrais que ça dure éternellement. C’est bon chaque fois, mais ça l’est encore plus la première fois. Mon sexe s’ouvre et les sécrétions inondent le tissu de ma culotte.
La première cuissarde me gaine enfin. C’est comme un shoot. Je ferme les yeux. Je suis au bord de l’orgasme. Ce que je ressens à ce moment, c’est sans doute ce que ressent un homme quand une vulve gaine sa queue. La cuissarde me prend et me caresse, et cette caresse, je la ressens tout le temps que je la porte.

Je passe à l’autre. Même cause, même effet. Je suis basculée sur le lit, totalement prise par les sensations qui m’assaillent. Mes sécrétions sont abondantes et débordent du tissu pour couler dans mes aines et à l’intérieur de mes cuisses.

Je ne peux pas résister. À chaque fois, je me dis que je ne le ferai pas, mais c’est plus fort que moi. Mes doigts trouvent mon ventre. Je me caresse à travers le tissu, puis je glisse mes doigts dessous. Je trouve mon sexe dilaté, mes lèvres gonflées et sorties, ma fente ouverte, et mon clitoris qui pointe. Je suis  dans un tel état que le premier orgasme vient au bout de seulement quelques secondes. Je ne me lâche pas, et je jouis encore et encore jusqu’à ne plus être qu’un pantin désarticulé, abandonné sur le lit.

 

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