Partie 1

Je sors de la douche et m’enveloppe dans le drap de bain pour me sécher. J’ai encore suffisamment de temps pour me préparer avant de partir au travail. Cela fait deux ans maintenant que je travaille dans un magasin de fleurs de la ville, après avoir obtenu un CAP d’horticulture. La patronne a trois employées, moi, Déborah, et une grande blonde Marie, une fille superbe qui me fait des avances depuis plusieurs semaines. Avances contre lesquelles je n’ai pas vraiment envie de lutter, car elle m’attire énormément elle aussi. Depuis l’adolescence, je vais autant vers les filles que vers les garçons, et mes critères sont sans doute moins la catégorie, masculin ou féminin, que la promesse d’une belle entente. Ce qui m’a d’ailleurs poussé à ne pas céder toute de suite à Marie, car même si elle me plaît, je veux avoir la certitude que ça colle un minimum.

Une fois sèche et parfumée, je me glisse dans ma chambre pour m’habiller. Gardant une habitude de l’enfance, j’ai déjà préparé mes vêtements du jour. Je commence par une simple culotte noire. J’investis moins pour la partie inférieure de mes sous-vêtements que pour la partie supérieure, qui de plus est rarement assortie. Je suis en effet pourvue d’une poitrine très généreuse, qui m’oblige à acheter dans des boutiques de lingerie des soutien-gorge que je ne trouve pas dans les rayons les plus communs des supermarchés. Si chers soient-ils, et ils le sont indubitablement, les soutien-gorge dans lesquels j’investis, on peut le dire, sont faits pour soutenir les poitrines très développées comme la mienne. Ils sont très confortables. Faits main, dans des matières raffinées, soie, dentelle, et dans des teintes vives ils sont aussi très beaux. Je choisis souvent de les afficher, plutôt que de les cacher, avec des chemises ouvertes. Je sais bien pourtant, que les hommes ou les femmes qui posent leur regard sur mes seins voient moins le contenant que le contenu.

Je passe enfin un jean noir, une chemise rouge, dont je défais les premiers boutons, en laissant apparaître le haut de mes seins, le sillon qui s’amorce entre eux, et un tiers du balconnet du soutien-gorge. Ça plaira au moins à une personne, Marie.

Je reviens dans la salle de bains pour me maquiller rapidement. Je préfère rester naturelle, je ne me maquille pas trop. Un peu de rouge sur les joues, une trace sur les lèvres. Je jette finalement un regard critique dans le miroir. Je suis moins grande que je le souhaiterais, mais plus que je ne craindrais de ne pas l’être. J’ai une magnifique crinière châtain, de jolis yeux noisette, et un visage aux traits harmonieux. Je sais que je suis ronde, hanches, fesses, seins, évidemment. A l’adolescence, ça me complexait. J’ai vite compris que ce que les hommes, mais aussi les filles aimaient, c’étaient des filles comme moi charnues…Les formes féminines ne sont jamais assez pleines…Avec mes seins, je donne le maximum…

Je peux enfin partir. L’arrêt de bus est un peu plus loin. J’habite dans la banlieue. Il me faut une bonne vingtaine de minutes pour atteindre le centre ville.

A cette heure-ci, il n’y a pas grand monde dans le bus. Lui par contre est là. Cela fait quasiment un mois qu’on s’aperçoit et qu’on se jauge. Il me regarde en douce, et je le regarde en douce. Chaque matin, je me dis qu’il va falloir sauter le pas. Mais j’attends d’avoir le bon feeling. Et aujourd’hui, je le sens bien.

J’avance jusqu’à lui, dépassant une vieille femme qui contemple un monde qu’elle seule connaît, et un homme d’âge mûr qui lit le journal. Il est toujours installé dans les dernières rangées.

Il ne m’a pas encore remarquée, sans doute parce que, casque collé aux oreilles, il écoute de la musique. Je me laisse tomber sur le siège près de lui. Il sursaute, et me jette un regard surpris.

Je crois qu’il est temps qu’on fasse connaissance, toi et moi, tu ne crois pas ? (J’empoigne mes seins) Tu as envie de les caresser, non ?

J’ai depuis longtemps renoncé à me faire des illusions. Si avenant soit le reste de mon corps, la partie de mon corps qui fixe l’attention c’est bien mes seins. D’ailleurs, comme pour le confirmer une fois encore, lorsque je lui donne mon feu vert, il plonge immédiatement la main dans mon décolleté, pour venir effleurer la chair ronde et ferme. Dès qu’il pose les doigts sur mes doudounes, j’ai un long frisson. Il n’en sait bien sûr rien, mais je suis ultra-sensible de la poitrine. Je ne suis pas la seule dans ce cas. Beaucoup de femmes sont très sensibles des seins. Alors que d’autres sont insensibles. Ma théorie c’est que chacun, comme chacune a une partie de son corps qui est un déclencheur. Moi, au moins, je sais où il se trouve.

Comme toujours, je réagis à une vitesse surprenante. La chaleur passe de mes seins à mon ventre, et montent dans mon vagin des liquides qui débordent et viennent souiller le tissu, jusqu’alors sec, de ma culotte. Il touche la chair à l’air libre, puis vient pétrir ma poitrine à travers le double tissu de la chemise et du soutien-gorge. Il n’est pas aussi habile sans doute que j’aimerais qu’il soit, dépassé par ses émotions, mais c’est quand même pas mal. Et puis le temps nous est compté, on en a tous  les deux conscience.

Je serre les cuisses, comme si je voulais retarder l’orgasme qui monte en moi. Je peux toucher mon clitoris pendant une demi-heure sans avoir un orgasme, je n’en dirai pas autant de mes seins. Il suffit parfois d’une minute de caresses pour que je jouisse. J’ai un peu honte. Je ne veux pas qu’il me voie jouir, si tôt. Je tourne la tête, et je laisse l’onde passer sur moi, en fermant les yeux. Il ne perçoit rien. Je le repousse. Un orgasme, c’est suffisant. S’il continue, je vais les enchaîner, et je me sens toujours un peu honteuse, surtout devant des inconnus, de jouir ainsi.

Ils sont vraiment magnifiques, admet-il.

Je vais m’occuper de toi.

Je tends la main vers son pantalon, gonflé par une bosse qui ne laisse aucun doute sur son désir. Je tire la fermeture-éclair, et je vais chercher le membre dans les replis de son caleçon. Il est déjà tout dur. Je le caresse. Il gémit.

Maîtrise-toi. Ne jouis pas tout de suite. On a encore un peu de temps.

Je le masturbe, alternant gestes vifs et plus lents, et m’interrompant quand je sens qu’il est au bord de la jouissance. Je connais le trajet par cœur et on a effectivement encore un peu de temps. J’aime bien donner du plaisir à mon partenaire, plus que d’en avoir. Il est vrai que j’ai une manière de jouir particulière et que certains ne comprennent pas toujours. Je préfère aussi, souvent, m’effacer.

C’est quand l’arrêt de bus est tout proche que je le pousse jusqu’à l’orgasme. La semence arrose ma main, resserrée autour de lui. Le bus ralentit. J’attrape un mouchoir en papier dans ma poche, j’essuie ma main. Une expression d’extase se lit sur son visage. Je me lève, et je lui dis :

A demain peut-être !

J’avance vers la porte de sortie, débloquée par le chauffeur, me disant qu’on pourrait s’amuser ensemble tous les matins.

 

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  1. lucile le à
    lucile

    c’est tres agréable !

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