DU BOUT DES LÈVRES, PARTIE 3

Dépêche-toi Max, on va être en retard !

Max boitait depuis sa sortie de l’hôpital et avait du mal à suivre le rythme que lui imposait son ami Harry.

Tu pourrais m’attendre, on n’est pas à cinq minutes près !

Toi non, mais peut-être que ces dames si.

Il faisait nuit. Ils se rendaient dans le quartier de Soho, à une adresse bien connue des initiés du monde de la nuit et du sexe. Le Stuff, un bar branché avec ses salons où tout était possible et envisageable. Ce n’était qu’une question d’ouverture d’esprit et d’imagination. Max fréquentait ce lieu depuis quelques son retour dans la police. Il avait entraîné avec lui son nouveau coéquipier. Ils étaient rapidement devenus amis. Il n’avait qu’une idée en tête. Retrouver la fille qui lui avait laissé ce goût en bouche. Un goût fruité salé qui le rendait fou. Il voulait éprouver à nouveau cette sensation de bien-être et d’apaisement. Il refusait la facilité consistant à se renseigner sur l’identité de la jeune fille. C’était une quête, pas un job de flic. Il cherchait sa Cendrillon. Il avait passé une annonce sur les réseaux sociaux, on lui avait suggėrė de fréquenter des clubs spécialisés et c’est ainsi qu’il était tombé sur le Stuff.

Ils se présentèrent devant une lourde porte de bois. Deux jolies quadra court vêtu discutaient avec un videur aux biceps surdimensionnés qui les reconnut immédiatement et leur ouvrit la porte en leur souhaitant une bonne soirée. Ils entrèrent dans un endroit guère mieux éclairé que la rue d’où ils venaient. Un long bar s’étendait sur la gauche, éclairé par des spots aux lumières vacillantes. Les tireuses à bière coulaient à flot et ravitaillaient les serveuses qui allaient et venaient comme des fourmis dans des tenues minimalistes. Il faisait chaud.

Ils commandèrent des Guiness pour se mettre dans l’ambiance. Accoudés au bar, ils regardaient des couples de tous âges se former ou se déformer. Les uns se présentaient aux autres, ils étaient venus à deux, à trois, à plusieurs, ils se susurraient des mots doux à l’oreille, ils étaient détendus, leurs yeux souriaient, leurs bouches se cherchaient, leurs mains osaient et s’aventuraient.

Un peu plus loin, une guichetière était assise dans un réduit. Grande blonde aux yeux bleus et d’une nature avenante, la générosité de son corsage en dentelle rouge attirait l’œil comme une balise en pleine mer. Pour quelques pièces elle fournissait aux clients des préservatifs, sésames nécessaires pour accéder aux salons dont elle gardait l’accès.

Max s’approcha d’elle et lui glissa un billet. Il poursuivit son chemin dans un couloir à la lumière tamisée. Les portes des différents salons restaient toujours ouvertes ainsi chacun pouvait profiter de ce qu’il s’y passait. Le premier salon sur la droite était encombré. Une queue s’était formée à l’entrée et accédait à plusieurs alcôves où se trouvaient des femmes dont on ne voyait que les jambes. Allongées sur le dos ou sur le ventre, les belles se donnaient à ceux qui avaient été suffisamment patients. Des hommes, le pantalon baissé sur les cuisses, attendaient en se masturbant de temps à autre pour ne pas perdre de leur vigueur. Des femmes s’étaient également glissées dans la fille d’attente pour honorer de leur bouche les plus sportifs. Ils régnait dans cette pièce une ambiance d’orgie romaine et une odeur de foutre et de latex.

Le salon suivant était semblable au premier, à la différence près que les alcôves étaient occupées par des membres masculins. Allongés eux aussi sur le dos ou sur le ventre, ils pouvaient aussi bien bénéficier de fellations que de chevauchages ou encore de sodomies. Là aussi, des hommes se glissaient dans la fille d’attente pour faire patienter ces dames.

Un troisième salon s’adressait à ceux qui avaient des préférences sadomasochistes. Bondage, suspension, shibari… le fouet cinglait et marquait les corps. Une séance

venait de commencer. Une femme était allongée encordée au milieu du salon. Un homme, dans le même état, se tenait à ses côtés. Leurs dos reposaient inconfortablement sur une planche de bois. Leurs bouches étaient obturées par une boule de silicone. Une maîtresse, tout de cuir vêtue, organisait le bon déroulement de la séance. Sa fine lanière de cuir parcourait et écartait le vagin de la suppliciée. Les chairs luisantes de sécrétions, cette dernière gémissait et ondulait du bassin, avide de caresses supplémentaires. Le pommeau de la cravache remplaçait la lanière de cuir et fourrait comme il se doit la demoiselle. Son collègue allait profiter à son tour de l’objet lubrifié. Des coups de fouet sur les testicules le mirent en appétit. Le pommeau s’immisça ensuite entre ses fesses et alla saluer sa prostate. Hommes et femmes s’étaient approchés pour les toucher, les pincer, les mordiller. Un individu avait profité de ce que la maîtresse faisait subir à l’homme pour poser ses lèvres sur le sexe de la femme. Il léchait tous azimuts et allait et venait du vagin à l’anus. Les poils humides de la fille se collaient à sa peau et laissaient visible un sillon témoin du passage d’une langue. Pour le punir de cette audace, la maîtresse l’obligeait à se mettre à quatre pattes et à sucer son congénère. Sur Un signe de tête, un troisième larron entra en jeu et le sodomisa.

Max en avait assez vu. Il cherchait autre chose. Son salon préféré était le suivant. Celui-ci était un peu plus grand et plus calme. Il était surtout agencé comme un salon de thé. L’ambiance y était feutrée, les gens chuchotaient presque comme pour s’excuser de leur présence. Diverses ouvertures disposées çà et là proposaient à volonté des sexes d’hommes ou de femmes. Ici pas besoin de préservatif, les relations ne se faisaient qu’avec la bouche. Des tables rondes servaient à consommer des boissons ou infusions qui permettaient à chacun de se refaire un palais avant de déguster une nouvelle « pâtisserie ». Le client pouvait aussi devenir fournisseur en allant se placer derrière la cloison lorsqu’une place se libérait.

Max ne s’en privait pas. Il aimait cette montée d’excitation lorsqu’il attendait, la verge introduite dans un trou. Il ne savait pas qui viendrait de l’autre côté. Homme, femme, jeune ou vieille, canon ou boudin. Ce mystère exacerbait ses sens. Tel un aveugle, il n’avait plus qu’à se concentrer sur ce qu’il ressentait. Tout ce qu’Il se passait au niveau de son gland était amplifié comme si quelqu’un avait place une loupe ou bien encore un microscope sur son sexe pour en étudier les moindres caractéristiques.

Mais aujourd’hui, il était  encore venu pour essayer de trouver un dessert unique. Un dessert qu’il n’avait malheureusement eu l’occasion de goûter qu’une seule fois. Un dessert fait de saveurs exquises. Aujourd’hui il allait encore donner sa langue aux chattes. Il n’aurait peut-être pas la réponse à ce qu’il cherchait mais il savait qu’un jour viendrait où il la trouverait.

Il finit de boire sa verveine menthe et se dirigea vers une ouverture de brune. Il savait par expérience qu’il ne recherchait ni une rousse ni une blonde. La première avait trop de caractère, la seconde était trop douce. La brune avait un équilibre que les autres n’avaient pas, un peu comme une bière. Il lui était arrivé d’être berné lorsque la prétendante était lisse comme une boule de billard. Il ne s’en offusquait pas, au contraire ça l’amusait. Ça lui faisait penser aux pochettes surprises de son enfance. Mais là pas de contenant, que du contenu à découvrir et à explorer comme un archéologue à la recherche d’un trésor enfoui.

Il huma la toison. Elle sentait bon un parfum vanillé. Elle était vierge de toute introduction, il le savait. Elle venait tout juste d’être mise à disposition. Il la contempla un instant et y engouffra son nez. Il fit de légers mouvements de la tête, de droite à gauche comme s’il dégageait délicatement des feuilles sur un sol fertile. Petit à petit son nez devint gluant et s’enfonça encore un peu plus dans les chairs luisantes.

À suivre…

Vient de paraître du même auteur :

Les âmes froissées, sur Amazon.

CETTE HISTOIRE VOUS A PLU ? LAISSEZ UN COMMENTAIRE ET PARTAGEZ-LÀ !

***

Retrouvez les autres histoires de Stephen Nielsen :

http://www.meshistoiresporno.com/author/stephen-nilsen/

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *