Échec à la reine

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Alvyane Kermoal


BDSMpunition



ÉCHEC À LA REINE

La lune ronde et majestueuse est haute. Elle m’offre une lumière suffisante pour galoper sans crainte vers mon destin. Je ne suis pas fille de nobles, mais une érudite qui fascine par sa façon d’être. Pas de contrainte. Pas d’entrave. Être veuve et riche offrent cette magnifique liberté, dont je profite autant que je le peux.

En notre siècle, on considère la femme comme un précieux bibelot qui permet de gagner terres, richesses, paix ainsi qu’héritier dans le lot. Comme beaucoup, je n’ai pas eu mon mot à dire dans le choix de mon époux, et à dix-sept ans, on m’envoya dans le lit d’un homme de quarante ans plus vieux que moi. Il était armateur et riche à foison, ce qui était une bien maigre consolation au vu des violences subies de sa part. Il n’est jamais bon, en tant que femme, de faire preuve d’intelligence et d’esprit de rébellion.

Mais qu’importe en ce jour, sa mort quelques mois plus tôt, a fait de moi une femme libre. Libre de réaliser toutes mes folies, toutes mes audaces, sans craindre le qu’en dira-t-on. Mon cheval sent l’excitation de vivre qui m’habite et il piaffe d’impatience. D’un mouvement doux, mais ferme de mes cuisses, je lui donne l’ordre de prendre plus vive allure encore. Un rayon de lune frappe le métal d’une lourde grille. Elle se dresse, soutenue par deux dragons de pierre. Elle a été laissée ouverte à mon intention.

Un frisson m’envahit, mon sourire s’élargit. Je devine l’aventure qui m’attend derrière cette grille. Je l’appelle de tout mon être. Ma part la plus sombre crie de la vivre, sans crainte et sans retenue. Ce n’est plus l’enfant qui va vers son lit de noce, c’est la maîtresse qui cherche l’ivresse. Mon ventre réclame son dû. Je veux gémir et souffrir de plaisir. Je veux que l’on m’écarte les cuisses et qu’on me pilonne comme il se doit, à me faire hurler ma foi. Ma monture passe la grille et je fonce droit devant, sur ce chemin de terre qui traverse les bois.

Les ombres des arbres semblent m’inviter à avancer toujours plus loin. Ils sont les gardiens de nos désirs les plus obscurs, les plus impurs. Mon rire brise le silence. Fièrement plantée se tient là, la demeure du duc d’Alendé, coureur de jupons invétéré, joueur décrié, amant de bien des dames de la haute-société. Ce soir, je le ferai descendre de son piédestal, le ferai chuter. Je suis celle qui le fera plier. La pièce maîtresse est déjà posée. Enfin, j’arrive devant les marches du perron. On peut voir les flammes des bougies qui ornent les candélabres dans le hall. Je descends prestement de mon cheval et mes bottes de cuir font crisser les gravillons.

D’un mouvement souple, j’époussette la poussière accrochée à mon pantalon de lin noir. Ma chemise ivoire est presque impeccable, protégée par ma redingote bordeaux. L’irrévérence va jusqu’à ma tenue. Avec ma chevelure, aux reflets roux, prisonnière d’un catogan, j’arbore avec fierté les effets d’un homme, avec toute mon animale féminité. Mon regard devient intense et je monte les marches rapidement, pour entrer dans la demeure. On m’attend.

Pas âme qui vive. Le silence est complet. J’entends juste le hennissement d’impatience de ma monture, dehors. Mes pas claquent sur le sol. Tout n’est que luxe et décadence. Cela devrait sans doute m’impressionner, mais voilà bien longtemps que ce n’est plus du tout le cas. Tout cela n’a aucune emprise sur moi. Je connais la dureté de la pauvreté et la corruption de l’argent. Cela n’a pas la moindre importance, mes valeurs sont ailleurs.

Je connais cet endroit par cœur. Mahé, le Duc d’Alendé, me l’a fait visiter suite à une partie de cartes dans un club pour messieurs où j’ai mes entrées. Oui, oui, je suis femme sans limite, sans interdit qui ne se prive pas de choquer la bonne société. Il avait entendu parler de cette intrigante à l’esprit acéré, indomptable et indomptée. Notre rencontre fut violente et sans concessions. L’un ne voulant pas céder devant l’autre, fiers tous deux de qui nous sommes. J’ouvre une porte qui me mène à un long couloir. Tous les regards réprobateurs des illustres ancêtres de mon hôte sont figés sur leur toile. Je traverse, tête haute et de mon petit sourire les nargue. Vous êtes morts et je suis vivante. La porte qui me fait face est celle qui m’intéresse. Déterminée, je la passe et me retrouve dans son bureau.

Il s’en dégage une impression de puissance masculine qui me fait frémir. Les meubles sont de qualité, créés par des artisans de renom. D’une démarche chaloupée, je m’avance, ôte mes gants et laisse mes doigts caresser l’acajou du bureau. Je respire avec délice le parfum du propriétaire de lieux. Il a beau ne pas être là, je le sens, je me nourris de lui. Je rejette ma tête en arrière en fermant les yeux et avance de quelques pas, mes doigts s’émerveillant de la douceur du bois chaud. Un sourire sensuel étire mes lèvres. Je dois avoir réussi à lui donner une leçon bien sentie.

Mon visage se tourne alors, vers ce qui m’intéresse, un guéridon sur lequel est posé un échiquier. Les pièces et le plateau sont en albâtre. Une partie est en cours, notre partie. Le sourire triomphant qui se dessine sur mon visage en dit long sur la certitude de l’avoir poussé à la faute. J’avance.

Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas possible ! J’avais tout anticipé. Tout ! Furieuse, je tourne autour du guéridon. Comment ai-je pu faire une telle erreur ? Ma dame blanche est couchée sur le plateau. Le roi noir en a fait sa proie et l’a terrassée. Que le Diable m’emporte ! J’ai laissé ma dame sans protection, certaine de lui donner le coup de grâce. Je tape du pied de colère. Je me suis laissé posséder, comme une vierge sur son autel.

Un souffle brûlant me fait sursauter. Résignée, je me tourne vers la porte du bureau. Le diable se tient là, fier, sombre, beau, insolent. Ses yeux bleus me tiennent sous sa coupe. Son sourire ironique et animal ne laisse aucun doute sur la joie que lui procure cette victoire. Mon regard se fait dur. Je refuse de perdre, me redresse et le provoque, menton levé. Je le vois alors, se détacher du chambranle de la porte. Il décroise ses bras pour le laisser tomber le long de son corps. Mon cœur manque un battement.

Comment ce coquin peut-il avoir un tel pouvoir sur moi ? Sa chemise et son gilet damassé dessinent son torse. Ses hanches sont prisonnières d’un pantalon de lin brun. Il sculpte avec arrogance l’arrondi de son fessier que je sais divin. Je secoue la tête de colère. Non ! Non ! C’est moi qui devais gagner la partie, pas lui.

Il me tourne autour, me jauge, me déshabille de son regard azur. Je reste droite. Mon ventre se contracte. Il veut se soumettre au désir infernal que le Duc fait naître en lui. Je vois d’Alendé du coin de l’œil prendre quelque chose sur le bureau. C’est une cravache. Je serre les dents. Je connais ses libertés. Bien des dames ont connu dans sa chambre la brûlure du cuir sur leurs postérieurs rebondis. S’il pense que je vais me laisser faire… C’est bien mal me connaître. Je grogne de colère. Il sourit. Ses cheveux blonds foncés lui tombent sur la nuque. Mon regard s’attarde sur elle. Je voudrai planter mes dents dans sa peau et le faire hurler. Son rire rauque montre qu’il connaît ma pensée de l’instant. J’ai chaud. Mes seins nus sous la toile de ma chemise se tendent. Le duc se penche à mon oreille, alors qu’il fait glisser le bout de sa cravache sur le bas de mon dos jusqu’au haut de mes cuisses.

« Le roi prend la reine. »

De fureur, je lève la main pour le gifler. Il anticipe mon coup et emprisonne mon poignet. Son regard d’un bleu sombre me fixe sans compassion, plein de luxure, de passion.

« Ma récompense ! »

Sa voix est rauque. Sans plus de discussion, il me dirige fermement dans les couloirs de sa demeure. Je le suis en renâclant. Je ne peux pas croire que j’ai perdu. Il prend ma liberté pour une nuit, pour faire de moi ce qu’il veut. C’est le contrat signé, devant notaire. Si l’un des deux partis vient à ne pas honorer ce contrat, il sera contraint de verser une coquette somme à l’autre. J’ai beau être une femme, j’ai le sens de l’honneur.

Mahé s’arrête devant une immense porte que je ne connais pas. Ainsi, il lui reste des mystères ? Il me regarde en souriant et ouvre les deux battants. Mon exclamation à la vue de la bibliothèque qui me fait face, traduit mon émerveillement. Trois étages de livres somptueux aux reliures merveilleusement travaillées. Je ne sais que dire. Je suis presque à tomber à genoux devant un tel trésor. Le duc me fait entrer et clôt l’antre qui renferme aventures grivoises, amours interdites, guerres sans fin, philosophie de vie. Je tourne sur moi-même sans pouvoir fermer la bouche, tant je suis ébahie.

Au milieu de cette pièce, je me sens reine de chaque mot porté sur les pages blanches. L’émotion est telle que des larmes montent à mes yeux. Mais, le Duc en a décidé autrement et se pose devant moi. De son pouce et index, il emprisonne mon menton pour soulever mon visage vers le sien. Je vois la plénitude de son désir.

« Tu vas hurler et pleurer ton plaisir devant tes pairs ! »

Droite, je ne sais plus ce que je dois faire. Des frissons naissent à la hauteur de mon pubis. Le comprend-il ? Je sens l’extrémité de la cravache se perdre entre mes cuisses. Inexorablement, elle remonte, me caresse, m’attise, m’enflamme. Ma vulve s’humidifie à ce simple contact. Je serre les dents et tiens son regard. Ne pas bouger. Rester stoïque. Il appuie alors plus précisément sur mon clitoris gorgé de sang. Un gémissement vient à ma bouche, mais je ne le laisse pas passer. Malgré cela, je me mords la lèvre, ce qui le fait sourire. Sans m’en rendre vraiment compte, je me frotte contre la tige de la cravache, caressant mon bourgeon avec discrétion. Mahé retire mon jouet.

« Non, c’est moi qui donne. »

Il se penche, mordille ma lèvre, l’aspire, la taquine et pour autant, le fourbe ne répond pas à ma fougue. Il s’échappe. Il revient. Il m’agace, mais ne va jamais bien loin. Je le sens qui se recule. À la lueur des candélabres, il est l’image du voyou qu’il laisse apparaître dans les cercles de la capitale. Le prédateur recommence à tourner autour de moi. Je l’observe. La cravache suit la courbe d’une de mes épaules, passe doucement sur ma nuque, pour finalement terminer sa course sur le col de ma redingote.

« Enlève ! »

L’ordre est sec, impérieux. Mon esprit rebelle s’y refuse. Ne pas plier. Oui, mais tu as perdu, tu dois honorer ton pari, me susurre une petite voix. Je ne peux pas, je ne peux pas ! Il redresse ma tête à l’aide de sa gaule.

« En-lè-ve ! »

Rageusement, j’écarte la cravache. Je fais descendre le vêtement avec paresse, qui s’écrase en vague à mes pieds. Le duc pose la pointe de la houssine sur mon sein gauche. La caresse est douce, il tourne avec adresse autour de mon mamelon tendu, puis effleure l’arrondi de ma poitrine. Son regard est de plus en plus sombre, il ne me lâche plus. Le désir se fait plus grand encore, et le feu prend de l’ampleur dans mes veines. La cravache se faufile dans la vallée que forment mes monts pour descendre sur mon ventre. Mon cerveau n’est plus capable de réfléchir. Le duc a les traits tendus, ses doigts sont crispés sur le manche.

« Continue ! »

C’est un son rauque, presque une supplication, plus qu’un ordre qui lui échappe, et mes mains obéissent. Un à un, avec une lenteur diabolique, je laisse apparaître le velouté de ma peau, la vallée de mes seins où j’aimerai insinuer sa hampe tendue. Je la vois sous le tissu de ses chausses. Elle a pris une magnifique ampleur. Ma langue passe sur mes lèvres, imaginant la saveur qu’elle pourrait avoir sous ma langue. Je la devine dure et douce. Je la veux dans ma bouche. Mais, je ne puis. Mon regard revient à celui de Mahé qui est troublé par le désir. Le démon qui me guide le fait languir, puis, je laisse glisser la chemise sur mes épaules. J’ai la chair de poule. Mes seins se dressent plus encore sous l’effet de la fraîcheur qui les enveloppe. Ma pelisse rejoint ma redingote à mes pieds. Le duc s’approche alors, et sa large main prend possession de ma poitrine. Il la soupèse, la malaxe, fait rouler le téton sous ses doigts.

Oh oui… J’aime cette chaleur. Il me pince un peu plus violemment, me fait sursauter et gémir de plaisir. Son rire me répond. Il éveille en moi des raz de marée de désir. Je le vois alors se mettre à genoux pour prendre entre ses dents le téton. Il ne me quitte pas des yeux et sa langue darde, lape, entoure le fruit qu’il convoitait.

Je rejette la tête en arrière, me retenant à la sienne que je maintiens contre moi. Mes doigts empoignent sa chevelure. Ne t’arrête pas ! Tu n’as pas le droit. Tout mon corps t’appelle.

Il me tète, il m’aspire, il me croque. Je m’évapore. Mes jambes me portent à peine. Le Duc prend mon autre sein dans la main et me caresse avec vigueur. Pas de tendresse, du désir à l’état brut. Soudain, il me lâche et se remet debout. Dépitée, je le regarde sans comprendre. Il semble prendre un instant pour retrouver un peu de contrôle sur lui-même. Mahé recommence à très lentement me contourner. La cravache caresse alors mes fesses.

« Je te veux nue ! »

« Jamais ! »

J’ai envie de lui. J’ai envie qu’il me prenne. J’ai envie de l’entendre gémir sous mes caresses et la morsure de mes dents. Pas de me soumettre.

« Aille ! »

Mon cri le fait rire. Sa cravache a claqué contre mon fessier. La douleur fait place à une étrange chaleur que je me mets à apprécier presque malgré moi. Mon regard furibond lui tient tête.

« Jamais ! »

Nouveau claquement de la gaule sur mes fesses, plus vigoureux cette fois-ci. Le Duc d’Alendé veut qu’on lui obéisse. Le feu prend de l’ampleur et la caresse du fouet sur la partie meurtrie me fait soupirer de bonheur. La cravache s’abat encore. Et je crie de douleur et de plaisir mêlés.

« Maintenant ! »

Furibonde, je n’ai d’autre choix que d’obéir. En quelques minutes, devant lui, j’ôte mes hautes bottes, mes bas et mon pantalon. Le tissu glisse le long de mes fesses et de dos, je lui offre l’arrondi de ma croupe. Il retient son souffle. Pas la moindre barrière, je n’ai pas de sous-vêtement. Me penchant en avant, il peut contempler ce qu’il convoite avec gourmandise. Le pantalon rejoint alors le reste de ses compagnons.

Je suis debout, entièrement nue, selon son bon vouloir au milieu de ses œuvres que j’aime, de ses auteurs que je vénère. Je suis femme qui se laisse guider par ses plus intimes folies. Le duc m’admire, me jauge, salive. Il fait glisser entre mes globes le manche de sa cravache. Elle est chaude comme doit l’être sa verge. Je me penche un peu pour qu’il puisse mieux s’y introduire. L’une de mes mains se glisse entre mes cuisses pour trouver mon bourgeon. Les doigts tournent avec délicatesse. Je mouille, là, au milieu de la bibliothèque. J’écarte mes jambes pour qu’il puisse mieux me voir. Il souffle de désir et accentue la pression du manche sur les lèvres gonflées de mon sexe. Oohhh oui… Oui… Encore… Là, juste là !

J’ondule. Je serre les dents pour ne pas le supplier de me pénétrer de ce sexe phallique improvisé. Mes doigts sont enduits de cyprine et s’activent sur mon clitoris. Mes jambes me lâchent et le Duc me retient pour m’accompagner au sol sans me blesser. Je tremble. Il me fait rouler sur le dos et me regarde me masturber alors qu’il répond à mon vœu silencieux. Le bleu de ses yeux m’hypnotise et il me prend avec le manche de sa cravache. Il est entre mes cuisses, fait aller et venir ce sexe qui n’en est pas un. Je me tends, me cambre pour l’accueillir plus profondément. Des cris s’échappent de ma gorge, ma tête dodeline, mes doigts tremblent. Le feu monte dans mon ventre. Je vais jouir, ici et maintenant.

« Non ! »

Il me retire mon amant imaginaire, soulève mes cuisses et me dévore le sexe comme jamais on ne me le fit avant lui. Sa langue me fouille, entre en moi, alors que ses mains pressent mes fesses avec dureté. Il me rend folle. Je gémis encore et encore. La tête me tourne. Oh !! Juliette, pauvre Juliette pardonne à ton auteur de ne pas t’avoir fait connaître si grande félicité. La bouche de Roméo te déclamait son amour alors, qu’elle aurait dû se trouver entre tes cuisses à te pourlécher avec délice.

Il grogne de plaisir, me mordille. Le Duc n’a plus de retenue. J’attrape sa chevelure pour le tirer en arrière, qu’il me laisse un instant de répit. Son regard est fou. Il se redresse et introduit deux doigts dans ma vulve inondée. Mes yeux s’agrandissent. Il sourit tel l’animal qui l’habite. Je sens le crochet qu’il maintient dans mon ventre, qu’il fait coulisser avec force et véhémence. Mon corps exulte. Il va de plus en plus vite, de plus en plus fort et là… Sous sa pression experte, je sens les flots de mes entrailles venir à lui. Mon sexe se crispe autour de ses doigts et il intensifie sa folie. Je me caresse les seins, les torture et dans un mouvement de jouissance extrême, je hurle mon plaisir. Des flots brûlants s’échappent de mon sexe et coulent abondamment sur la main de mon amant.

Mon souffle est coupé. Je ne comprends pas ce qui vient de m’arriver. Est-ce normal ? Le Duc ôte sa main. Il s’allonge sur moi, juste le temps de me murmurer à l’oreille.

« Le roi prend la reine ! »

Il reprend mes cuisses et m’ouvre largement, libère son sexe vaillant et puissant. D’une poussée, il plonge en moi jusqu’à la garde. Je crie.

« Oui ! Oui ! Prends-moi ! À fond ! »

Je ne me reconnais plus. Sa hampe me remplit, me laboure de plus en plus violemment. Il me regarde droit dans les yeux. Impossible d’échapper à ce lien qui nous lie. Il s’enfonce en moi comme s’il voulait que l’on ne fasse plus qu’un. Je l’accompagne, vais vers lui. Il me pilonne et j’adore ça ! Je suis l’esclave de son bon vouloir. Dans mon ventre resurgit cette force inconnue, qu’il a fait naître cette nuit.

« J’aiiimmmmeeeee ! Je jouuuiiiieeee ! »

Mahé souffle. Son visage est crispé. Ses coups de reins sont de plus en plus forts. Soudain, il se tend et sa semence se répand en jets chauds dans mon antre de perdition. Nous nous écroulons tous deux sur le sol de la bibliothèque. Pas un mot. Il pivote sur le côté et m’entraîne dans le creux de ses bras. Mes yeux se ferment, je suis repue. Je suis apaisée. Un petit sourire m’échappe en pensant à tous ses témoins silencieux qui nous entourent. Peut-être qu’un auteur couchera sur papier ce qui vient d’arriver ?

Ma main sur la poitrine de mon amant, je me redresse un court instant.

« Il va falloir que je me venge, Monsieur mon Amour ! »

Mahé ne prend pas la peine d’ouvrir les yeux. Son sourire gamin en dit long sur son bien être du moment. Il rit et me répond.

« Pour cela, il faut gagner, Madame ma Maîtresse ! »

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