FOOD TRUCK : INAUGURATION

Si je voulais attirer les gens, je devais marquer leurs esprits.

J’ai recruté Antonella et Luana.

Ce n’est pas leurs vrais prénoms. Autrefois elles se sont appelé Marie et Béatrice mais en ont changé depuis qu’elles se sont lancées dans le porno.

Elles ont le même âge que moi, vingt-cinq ans. On se connaît depuis l’école. Pour elles tout a commencé à la puberté. Elles sont parties en vacances et sont revenues deux mois et demi plus tard totalement métamorphosées… De corps et d’esprit. Vingt centimètres de plus et sans parler des courbes, autrefois inexistantes. Tout le monde a été impressionné, et la convoitise s’était allumée dans pas mal de regards, et pas que des regards masculins…

Jusqu’alors premières de classe, elles avaient basculé vers le fond du panier pour ne jamais remonter. Elles se fichaient de leurs études, même si elles étaient présentes à tous les cours. Ce qui les préoccupait, comme avait jeté un jour l’une d’entre elles à ses profs, c’était leur « vie sociale ». Ce qu’elles entendaient par là, on l’avait vite compris…

Maquillage outrancier, coiffures à la mode et vêtements sexy, leur nouveau style tranchait radicalement sur l’ancien et ne laissaient personne indifférent. Elles cherchaient à séduire le maximum de personnes, pour obtenir ce qu’elles voulaient, du fric pour financer cette nouvelle vie – car désormais elles sortaient régulièrement.

Toute leur vie tournait désormais autour du sexe, à la fois moyen d’avoir du plaisir, mais aussi plus simplement de vivre, sans faire le moindre effort.

Un soir, un sortant du bahut on les a repérées sur une partie du parking non loin. Elles étaient près d’une voiture, deux types en étaient sortis, ça aurait été surprenant qu’ils n’aient pas de casier judiciaire. Elles les suçaient au vu et au su de tout le monde. Quand je suis passé, l’un des types éjaculait dans la bouche de la brune.

Il y a eu mille autres scènes de ce genre. Le mercredi après-midi, en particulier, elles aimaient donner rendez-vous devant l’ancienne école primaire de C… Il y avait un vaste parc… Les garçons venaient s’agglutiner autour d’elle et, à deux, elles les masturbaient et les suçaient.

Mais elles restaient d’excellentes amies et on s’était toujours très bien entendu, sans jamais rien de sexuel entre nous.

Après des études sans intérêt elles avaient décidé de faire du porno. Un de leurs nombreux mecs tourna une première scène lesbienne. Ce qui semblait d’ailleurs leur procurer encore plus de plaisir que d’aller avec des garçons. Il existait en fait un lien fort entre elles, presque amoureux. Ou carrément amoureux, sans doute.

Elles avaient envoyé le film à plusieurs boîtes. Leur carrière commençait.

En peu de temps, elles avaient atteint un niveau de célébrité que peu de porn stars nationales avaient pu connaître. Leur plastique parfaite, leur plaisir sincère à baiser et se faire baiser, leur audace séduisaient le public. Elles ne rechignaient à rien. Clubs, shows, signatures et soirées avec les fans étaient devenus leur quotidien.

Je les avais revues au Papalumba, après un show électrisant. Spectateurs et spectatrices étaient surexcités… et moi aussi.

Alors qu’est ce que tu deviens ?

On avait discuté deux minutes. J’avais eu l’idée en parlant avec elles. Je leur avais demandé sans trop y croire si elles seraient prêtes à m’aider à lancer mon food-truck, mais à ma grande surprise, elles avaient accepté.

On avait conçu ensemble une affiche simple avec mon food-truck et elles.

Le poster sur les réseaux sociaux avait été rebalancé de manière spectaculaire… Je commençais à me demander si je n’allais pas être pris au piège.

***

Le 7 avril au matin je viens installer mon food-truck sur les coups de sept heures du mat.

Alors que je suis en pleine mise en place, les filles m’appellent sur mon portable.

On sera là aux alentours de  onze heures. Ça te convient ?

Vous êtes adorables. Je sais que je vous devrai quelque chose.

Les premiers clients sont là très tôt, ils ne veulent pas rater Antonella et Luana. À dix heures, deux hommes se font déposer. Je les reconnais immédiatement. Marc et David. Je ne les ai pas vus depuis une dizaine d’années. Ils n’ont d’ailleurs pas tellement changé que ça.

Alors, ce food-truck ?

Vous venez pour moi ou pour les filles ?

On a bien eu le tweet… On est convaincus que tu fais de la très bonne cuisine…

On éclate de rire tous les trois.

Quand les filles débarquent il y a déjà une soixantaine de personnes.

Elles ont soigné leur entrée. Je n’avais pas imaginé qu’elles feraient tout avec autant de classe. C’est une limousine qui les a amenées. Le silence s’est installé. Dans le public il y a des jeunes qui ont été leurs camarades de classe, mais aussi des fans et d’ex-amants. Le chauffeur, un grand type baraqué, descend pour leur ouvrir la porte. Elles sont plus sobres que dans leurs pornos, en tailleur, jupe courte, avec des talons de dix centimètres, mais vraiment resplendissantes.

Je sens ma queue se durcir. Comme tous les hommes présents.

Sous les applaudissements, elles avancent jusqu’au camion. Me sourient.

Alors, qu’est-ce qu’on mange ?

Ça enchaîne le processus. Les clients s’alignent sagement derrière elles et commandent à leur tour, puis les premiers admirateurs s’approchent d’elles pour se faire dédicacer posters et photos. D’autres clients arrivent entre-temps ; je ne chôme pas.

Ça ne pourrait pas mieux se passer. Je sers les derniers repas vers quinze heures, et je fais une pause avant de tout nettoyer.

Tu sais, on est très heureuses de te retrouver, me disent les filles mais en fait, on n’est pas si désintéressées que ça…

Je me demande où elles veulent en venir. Elles m’expliquent.

Qu’est-ce que tu en penses ?  

Ai-je le choix ? Et puis je me dis que ce sera une manière comme une autre d’assurer, non pas forcément de la publicité, mais une forme d’immortalité à mon humble commerce. Alors je dis oui. Les deux filles trépignent de joie. Luana attrape son portable et lance un appel.

Vous pouvez venir.

La limousine se gare de nouveau sur le parking. En descendent une dizaine de personnes. Je ne pensais pas qu’une voiture pouvait contenir autant de monde. Je reconnais les trois hommes, qui portent des costumes. Des porn stars…Les films pornos, j’en regarde pas mal. Le autres, ce sont des techniciens.

Tout se passe très vite. Ils ont l’habitude de ne pas traîner.

Le metteur en scène me briefe et le tournage commence. Je dois servir les deux filles et les trois hommes qui arrivent juste après. Les types matent les filles, et font des réflexions, mais les filles les ignorent. La camerawoman filme, se déplaçant. Un projo renforce la lumière naturelle.

Les filles ont juste pris une boisson, les hommes des glaces. Un des types a un banana split, il le tient ostensiblement devant lui, et il balade sa langue dessus, récoltant la crème chantilly. Ses deux copains éclatent de rire. Les deux filles discutent entre elles, puis elles remontent leurs jupes déjà courtes, et descendent leurs culottes. Les jambes grandes ouvertes, elles commencent à se caresser.

Même moi je suis troublé.

Les trois types se lèvent. Ils mettent leurs queues à nu et s’approchent des filles. Deux filles, trois queues, mais ça n’est pas un problème. Sans que cela soit vraiment surprenant, les gens passent en voiture sans même remarquer ce qui se passe.

Elles jouent avec les queues, les caressent de la main et de la bouche. Ça me rappelle pas mal de souvenirs. Elles ont évolué, mais restent les mêmes filles qui dix ans plus tôt suçaient tous les mecs qui se présentaient.

Le tournage avance. Les hommes se calent sur des chaises, leurs queues bien dures dressées. Les filles viennent s’empaler dessus. Ils les attrapent par la taille et les font monter et descendre. Deux filles, mais trois queues, elles tournent. Le tournage continue jusqu’à l’étape finale où elles les finissent à la main. C’est le moment de la célèbre éjaculation faciale, qui leur macule le visage et les cheveux de semence.

Ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés, emmenant les deux porn stars qui se sont rajustées. Elles me font un grand signe de la main :

A bientôt.

Je me dis qu’avec tout ce qui s’est passé aujourd’hui, la célébrité de mon commerce est assurée. Les clients vont venir.

C’est pourtant le lendemain que l’épilogue, provisoire, a lieu.

Je viens caler mon camion avec un souvenir nostalgique de ce qui s’est produit la veille, lorsque je sens une présence.

Je me retourne. Luana. Je ne l’ai pas vue ainsi depuis…. Non, jamais en fait. Une très belle jeune femme de vingt-cinq ans, sans maquillage, fraîche, simple, souriante, presque timide, vêtue simplement, un jean, un T-shirt, un blouson.

Je ne peux pas m’empêcher de lui dire :

Tu es dix mille fois plus jolie et désirable comme ça.

Je joue un personnage. On joue tous un personnage, d’ailleurs. Toi aussi, non ? Moi je suis une porn star, toi tu es Alex, le cuisinier.

C’est pas faux je reconnais.

Écoute, je tiens à m’excuser…

T’excuser… Je te sers un café ? A la noisette, ils sont excellents.

Oui, merci.

Tu ne me dois rien. Après ce que tu as fait pour moi…

C’est justement ça qui me gêne. Je crois qu’on s’est servis de toi hier… Sans te donner grand-chose en retour.

Si vous n’aviez pas été là, et si je n’avais pas fait les posts sur les réseaux sociaux avec vos photos, j’aurais eu trois personnes… Je sais ce que je vous dois, crois-moi.

On s’est servi de toi pour tourner un film…

Hé bien tant mieux pour vous… Et tant mieux pour moi si j’ai eu plus de cent couverts dans la journée… Je ne suis pas sûr que ça se reproduira tous les jours…

Je voudrais te payer ma dette… Et même plus que ça à vrai dire… Tu sais, on s’est tapé pas mal de garçons, je crois qu’on voulait se créer une image… Un plan à long terme… On y est d’ailleurs parvenues… Mais… J’en ai toujours pincé pour toi… Tu ne t’en es jamais rendu compte ?

Non, franchement non…

Je crois que je peux payer ma dette, mais aussi satisfaire mon envie de toi… Et peut-être que si ça te plaît, on pourra se revoir ? Personne ne le sait, mais entre deux tournages, je reviens souvent dans le coin…

Elle m’entraîne dans le camion… Sur la droite, près de la partie conducteur, il y a une sorte de cabine, isolée… Il n’y a vraiment pas beaucoup d’espace, mais ce sera largement suffisant pour nous deux… Mon désir gronde dans mes veines, furieux, qui coule en moi, inerte quelques instants plus tôt, tumultueux maintenant. Elle défait son jean, le descend, dévoilant dessous une sage culotte blanche tendue sur ses fesses rebondies, le sillon marqué au milieu. Ça me fait sourire de penser que le désir que j’éprouve pour elle est si fort, si intense, alors même qu’elle n’est pas dans son costume de porn star…

Elle me tend une capote que j’ajuste sur ma queue dilatée de désir. Je pose mes mains sur ses hanches. Sa chair est chaude et douce. Je me dis que ça serait bien de la revoir dans d’autres conditions, de faire l’amour avec elle plus longuement, d’avoir le temps.. Mais, comme elle m’a proposé qu’on se revoie… Une belle opportunité.

Je pose mon sexe contre ses lèvres, et je rentre. Sensation exquise que de me sentir, peu à peu, gainé par les muqueuses délicates. Je me rends compte que si je ne me le suis jamais vraiment avoué, c’était cela mon rêve depuis l’adolescence : avoir l’une de ces deux filles qui me semblaient tellement inaccessibles. Même si la Luana à laquelle je fais l’amour n’est sans doute pas celle que j’ai désirée toute ces années. Je n’ai convoité qu’une image, je m’en rends compte. Mais comment aurait-il pu en être autrement, puisque justement elle a joué uniquement sur cette image…

Je rentre jusqu’à ce que la tête de mon sexe tape contre son utérus. Elle pousse un petit soupir de plaisir. Je me mets à aller et venir en elle. C’est rapide, mais intense, et finalement je ne suis pas tant frustré que ça… Pendant que je vais et viens entre ses chairs délicates elle se caresse le clito. On jouit quasiment en même temps.

Je me rajuste rapidement, et elle aussi, on entend des clients approcher.

Avant de partir, elle me tend une clef.

C’est chez moi. 42 quai Saint Jacques… On va faire un tournage dans les environs, et on finira tard. Installe-toi et attends-moi.

Je la regarde s’éloigner et me dis que finalement, parfois, la vie peut être belle.

CETTE HISTOIRE VOUS A PLU ? LAISSEZ UN COMMENTAIRE ET PARTAGEZ-LÀ !

***

Retrouvez les autres histoires de Frédéric Gabriel :

http://www.meshistoiresporno.com/author/frederic-gabriel/

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *