Gaël à la nuit

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(Suite de Gaël)


GAËL À LA NUIT

2ème épisode

Je m’éveille en sursaut, déjà aux aguets, prête à mordre ! Qu’est-ce que je fous dans ce lit bordel ? Depuis que je suis sortie de mes années indignes, de mes années corps kleenex en libre-service, j’ai tendance à barrer fort dans l’autre sens et à regretter le moindre bout de confiance accordé. J’ai la détente coupable quoi. Mais là, en quelques secondes je me rassure. Dans les vapes du réveil j’ai le souvenir du poids de mon corps dans ses bras. De ses mains qui finissent de me déshabiller alors qu’à moitié endormie je m’enroule déjà dans la couette, et d’un baiser chaud sur mon front. Il est là, à côté, même pas collé à moi. Mon bond ne l’a même pas réveillé.

Je vois son visage et son torse dans la lumière de la pleine lune. Il est découvert jusqu’au nombril. Il respire paisiblement, profondément, et ça fait ressortir une expression presque enfantine sous ses traits d’adulte. Sa bouche, à la fois gourmande et fine est à peine entr’ouverte et je la contemple un long moment, cette bouche aimante, curieuse et joueuse, cette bouche qui a osé me prendre, m’accueillir et me savourer sans entraves. Et je craque doucement sur l’équilibre entre sa délicatesse et sa fougue. Je me rapproche de lui et pose, sans le réveiller, ma tête au creux de son épaule, me plaque tout contre son flanc, une main glissée sous la couette, posée sur l’intérieur de sa cuisse. Il est chaud et doux comme un pain. Je laisse l’odeur de son aisselle courtiser mon nez. Les arômes surfaits des savons et de l’eau de toilette sont oubliés, et seule flotte sa sueur douce. Son vrai parfum. Son alcool. Pour un peu mes sens pourraient me convaincre que j’ai un cœur. Je souris à cette private joke, partie intégrante du système de défense qui me permet de mettre à distance le trop plein d’enchantement, ce qui du coup m’autorise à me rendormir, sereine, dans ces effluves mâles et doux…

C’est d’abord son nez qui effleure le mien, ses doigts légers sur mon épaule. C’est ma langue qui s’aventure avant même que mes yeux soient ouverts, et trouve sa lèvre inférieure, puis la sienne qui vient à sa rencontre. C’est ma main sur sa hanche qui l’attire, tandis que sa bouche cherche mon lobe, explore ma nuque. Puis c’est le contact doux et chaud de nos verges avec nos ventres et un premier soupir irrépressible et commun qui lui fait oublier mon cou et me fait ouvrir les yeux. La veilleuse est allumée. Je souris en imaginant qu’il a peut-être enduré son érection en silence un long moment avant de se décider à me réveiller. Son regard fond sur mes lèvres et sa bouche le suit. Notre patin fait des rouleaux et de l’écume, joue à la marée, oscille, gonfle et s’apaise puis reprend, manque s’essouffler, gronde, feint l’accalmie, chuchote et suçote puis repart de plus belle en vagues trempes qui claquent leur sel sur nos bouches et nous étouffent presque. Les mains se perdent, évitent le décisif, jouent à tourner autour du pot : torse/seins, cuisses, reins, ventres (oh cette toison de mousse claire qui s’épaissit en descendant sur son abdomen !)… mais c’est compter sans les deux coquins, les frères complices, les bois bandés, les mats tendus par le même vent de sang dans leurs voiles de chair, qui nous hurlent leurs envies aux tempes.

Il se dégage et me saisit aux hanches. Derrière son regard qui reste tendre passe une ombre rouge, probablement pareille à celle qui pulse derrière ma propre cornée : celle du sang dont nos sexes crient le trop-plein et dont ils nous intiment de les délivrer. Agenouillé, il me retourne à plat ventre et m’intime de soulever mon cul. Je pose ma joue sur mes avants bras sur l’oreiller, fessier en l’air et je ferme les yeux. Il est des sens superflus dans ces moments-là. Et de son côté pas un mot ! Oh qu’on me parle entre deux moments de bonheur mais par pitié, qu’on fasse le silence quand parlent la peau, les muqueuses et les fluides, dans ce rare moment où notre hémisphère gauche n’a le choix que de suivre sans moufter !. Alors je remercie Gaël en pensée.

Mais si rien n’est plus trompeur qu’une bouche qui parle, rien n’est plus révélateur qu’une bouche qui se tait, surtout si c’est pour se consacrer au plaisir. Et la sienne ne trompe pas : j’ai affaire à un gourmet, aussi je m’abandonne totalement dès le premier contact. Il ne se jette pas sur mon fondement comme un goulu et n’a sans doute pas découvert la sexualité dans des pornos convenus et chiants comme la pluie. Il me découvre, me parcours. Des baisers chauds et trempes sur les fesses, avec des pouces qui les massent et tendrement les invitent à s’ouvrir. C’est ça : il m’ouvre. Après un court moment il pointe enfin sa langue sur mon coccyx, puis commence à effleurer le contour de mon œillet. Il s’attarde parfois sur une partie du pourtour, joue avec ma sensation sur cette corde précise, puis entame enfin une ronde sur l’ensemble de ma feuille. J’entends de faibles grondements, très bas, très graves. Je dirais même que je les sens résonner dans mon corps. Je réalise alors que pour ma part, après des soupirs bouche ouverte, je me suis mise à émettre des sons qui tiennent plus du miaulement, et dont je n’ai pas l’habitude. Je souffle longuement pour relâcher mon attention et laisser le bonheur s’exprimer comme il le veut, sans censure. Ses doigts me massent ensuite l’intérieur des fesses, toujours à proximité de sa langue exploratrice, puis je sens s’avancer, d’abord en surface, une première phalange.

Après je ne peux plus dire exactement. J’entends les bruits mouillés de sa bouche, je sens de temps à autre une coulée de salive descendre le sillon de ma bourse, si bien que peu à peu c’est par mon sexe qu’elle se met à perler. Mais vous dire ce qui se passe exactement sur le seuil de mon cul m’est impossible. Je ne peux pas tenir un compte précis de ce qui y entre et en sort. Je sais juste que c’est délicat, que le rythme est idéal, et que ma rondelle se détend dans un plaisir croissant. De temps à autre je contracte mes muscles pelviens, jeu qui d’une part attise l’appétit de Gaël que j’entends grogner quand l’alternance de contractions et de dilatations de ma rosette fait mine de retenir puis de libérer un doigt, et d’autre part plaque mon sexe, plus arqué que jamais, contre mon bas-ventre puis le relâche, ce qui ajoute de nouvelles décharges électriques à l’orage qui s’est installé entre mes fesses.

Dans la ouate de dopamine qui me submergeait à cet instant, je n’ai pas réalisé immédiatement qu’il avait cessé de me déguster. Je n’ai pas non plus identifié tout de suite la différence de contact entre les tissus de ses doigts et ceux de son gland dans le marécage qu’étaient devenu mon orifice et ses pourtours. Enfin ce n’est pas la dilatation, qui s’opérait maintenant uniformément sur tout mon anneau, qui m’a alertée. Non, c’est une main sur ma hanche et l’autre sur ma clavicule qui m’ont fait réaliser que les plaisirs de bouche étaient terminés.

Doucement. Il fait mine de rester dans l’entrée, comme ce gars timide qui hésite à passer franchement au salon la première fois qu’il vient chez toi. Mais ce n’est qu’un jeu. S’ensuivent quelques allées et venues faussement hésitantes qui ravissent encore ma rondelle.

Puis. Toujours aussi doucement

mais sans hésitation

millimètre

par

millimètre,

il m’entre

Le voilà… Les reins un peu dé-cambrés, je le laisse venir et il vient tout entier. Tous les tissus qu’il repousse en moi vibrent et j’ouvre les yeux tout grands : large et long, il va m’emplir ! Après un long moment de cette poussée tendre mais implacable, nous sommes arrimés. Je me redresse, me cambre, prenant appui au mur, et commence à onduler malgré la pression que son sexe délicieusement long et large exerce en moi. J’explore plusieurs rythmes : en phase avec lui d’abord, je trouve finalement la vague idéale : légèrement décalée par rapport à lui. Mes reins reculent pour le récupérer à la limite de la sortie, l’accompagnent le long du trajet en le laissant avancer plus vite que moi et stoppent net juste avant qu’il ne soit entièrement dedans.

Dès les trois premiers aller-retour sur ce tempo et sous cet angle, ses coups en moi résonnent près du point crucial, massant de l’intérieur mon bulbe de plaisir et propageant leurs ondes dans mes bourses et ma queue. Les échos de ces sourdes percussion charnelles participent grandement à la montée de mon plaisir. A cela s’ajoutent les coups que mon gland vient frapper contre mon bas-ventre, souvent à contretemps, sensation de perte de contrôle et sons plus mats. Je n’aime jamais autant mon petit serpent que dans ces moments où il subit par mon cul interposé, les assauts de son grand frère complice. Le mot de jouissance prend tout son sens : au-delà de la recherche de l’orgasme, je me sens simplement bien d’être là, maintenant, avec lui, prise comme je le suis !

Ma voix va de gémissements en plaintes qui s’allongent. Enfin, bouche ouverte au rythme effréné de mon souffle, elle se transforme en une succession de cris animaux. Le cerveau est débranché : les entrailles ont repris tous leurs droits. Derrière moi, les halètements et les râles de Gaël se modulent également. Il me tient  désormais par les deux épaules, je sens son souffle brûlant sur mon cou et je devine qu’il ne va plus tarder quand…

pétales et geyser

une floraison nuptiale

des feux de Bengale

…je commence de me répandre en longues saccades et il entame à son tour une longue plainte. Il poursuit en moi malgré sa jouissance que je devine presque douloureuse, me procure encore un vif plaisir en frappant sourdement dans mes entrailles ce qui finit d’extraire les dernières gouttes de suc de ma grappe. La saillie continue de longues secondes. Je sais qu’il est allé au-delà de sa jouissance pour prolonger la mienne car je sens déjà sa sève qui descend à l’intérieur de mes cuisses.

Enfin il se plaque à moi, toujours entier en moi. Nous tombons à plat ventre. Il reste ancré et à chaque expiration râle encore, de ce plaisir animal de l’immédiat après, charnel, brut et rouge…

« Reste un peu s’il te plaît ».  Il m’accorde cette grâce. Il me couvre, me caresse, sans un mot. Son souffle revient peu à peu à la normale. Puis, la nature ne lui accordant plus d’autre délai, je roule sur le dos, dans ma propre écume. Il s’allonge sur moi. Je fourre mon nez dans son cou, mes mains massant son dos. Il tire les draps sur nous. L’aube pointe son nez. Bientôt la place va s’animer. Nous allons repartir dans un somme.

C’est idiot mais avant de m’endormir je repense à sa proposition de profiter de son quartier ce week-end. Je vais peut-être accepter !

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