HÔTEL DES FLEURS

     C’est un peu par hasard que je suis passé à M… et devant l’Hôtel des Fleurs…Ça m’a ramené en arrière…J’étais encore jeune à l’époque. Je ne le suis plus. Je venais d’arriver dans le département. J’étais et suis toujours fonctionnaire territorial. Je venais de passer un concours pour diriger les services techniques, et avais eu la chance d’être recruté par une mairie. J’avais donc quitté mon poste précédent, à 600 kilomètres de là, pour venir travailler ici.

     Je devais prendre mes fonctions le premier octobre, ce que j’ai fait. Le problème, c’était le logement. Comme mon recrutement avait été très rapide, dans un simple aller-retour, je n’avais pas eu le temps de me trouver un appartement, et avais pensé me débrouiller une fois sur place. J’avais la certitude, naïve, que la mairie avait un logement de fonction. Il se trouvait qu’elle disposait effectivement de trois d’entre eux, mais qu’ils étaient tous occupés. Le maire m’a orienté vers un hôtel dans le village voisin, dont, m’a-t-il dit, il connaissait les propriétaires. L’Hôtel des Fleurs.

     Je me souviens encore du chemin pour rejoindre l’hôtel et le village, et aussi de la beauté de cette journée, une des dernières à bénéficier de l’été indien, avant les premiers froids. C’était un département rural, comme celui que je venais de quitter. Je suis passé le long de champs cultivés, de forêts, et j’ai pénétré au cœur de ce petit village qui avait tout le charme des villages de France. Trois routes d’entrée, des maisons les unes contre les autres, une place centrale et un cœur de village avec des commerces, dont cet hôtel.

     Une grande bâtisse sur deux étages, dans une déclinaison d’ocres, aux formes modernes. Hôtel restaurant bar. Je me revois pénétrant par le bar, une grande salle qui puait l’anis et la cigarette. Il était semblable à tous les bistrots de France, retraités, chômeurs et alcooliques se partageant le terrain, qui sirotant un Pernod au comptoir en échangeant des considérations vaseuses avec un de ses semblables, qui jouant au 421, qui tapant une belote…Assis près du tiroir caisse, un homme au milieu de la trentaine, grand et brun, lisait, absorbé par sa lecture. J’ai pensé que c’était lui le patron, et j’ai été surpris par le contraste entre la patron traditionnel, obèse, rubicond, fort en gueule, aux idées courtes et extrémistes, et cet homme que j’ai découvert par la suite extrêmement cultivé, passant une bonne partie de son temps libre à lire, posant sur le monde un regard plein de bienveillance. J’ai raclé ma gorge, il a levé la tête, et m’a souri.

— Bonjour, je suis fonctionnaire territorial à la mairie de A…, je voudrais vous louer une chambre pour quelques jours, le temps pour moi de trouver un appartement. C’est possible ?

     Il m’a dit que oui, m’a proposé un tarif au mois plus que raisonnable, et m’a emmené vers les étages. C’était sobre, clair et lumineux, très propre, et la chambre était spacieuse. Elle donnait sur une cour intérieure et permettait de voir d’autres angles de la bâtisse.

     J’ai versé des arrhes, puis, après avoir pris une douche, je suis redescendu pour dîner.

     Rien ne m’avait préparé à ce qui m’attendait en bas.

     J’ai pénétré dans la salle à manger, et j’ai été m’asseoir près de la fenêtre. J’étais le premier.

     Je regardais par la fenêtre quand j’ai entendu des talons sur le sol. Je me suis retourné et j’ai posé, pour la première fois, mon regard sur elle.

     J’ai immédiatement eu la fièvre. Une montée de désir, quelque chose de fort, de violent, qui m’a traversé et déchiré. Je n’étais pas marié, je n’avais pas fréquenté de fille ces derniers temps, obnubilé comme je l’étais par mon travail, le concours que j’avais passé, mon éventuelle réussite, ma mutation…Et tout cela me revenait de plein fouet comme un boomerang.

     Elle était magnifique. La trentaine. J’ai compris qu’elle était la femme du patron. Elle avait un carnet à la main et venait prendre ma commande.

     Elle avait un visage très bien dessiné, bien qu’un rien trop anguleux, mais au final ça lui allait parfaitement. De magnifiques yeux bleus, et le léger maquillage qu’elle s’était appliquée rehaussait ses traits. Ce qui était déconcertant, mais troublant au final, c’était qu’elle avait le crâne rasé. Je me suis souvent demandé pourquoi, mais je n’ai jamais osé lui poser la question. C’est toujours resté un non-dit entre nous. Était-elle victime d’une alopécie précoce ? Ou bien se préférait-elle ainsi ? C’était une manière de casser les codes. Dans l’imaginaire collectif, une femme a toujours des cheveux, c’est un élément de séduction, et c’est une tragédie quand elle les perd. Elle semblait s’en accommoder très bien.

     Le plus paradoxal, c’était sans doute qu’ainsi sans cheveux, elle était extrêmement attirante. Avec, elle aurait peut-être été quelconque.

— Bonsoir, je viens prendre votre commande. Mon mari m’a expliqué votre situation. Vous serez bien ici, à l’Hôtel des Fleurs.

     J’étais déjà bien simplement à la regarder. Une multitude de détails se sont gravés en moi, qui ne s’effaceront jamais.

     Ce jour-là, elle portait un haut en mousseline, dont la partie supérieure était transparente, et la partie inférieure sombre. Ses seins étaient rehaussés, le sillon les séparant accentué. Elle portait un de ces soutiens-gorge sans bretelles, qui laissait ses épaules sans marque. Elle avait un corps fin et musclé. Par la suite, quand nous avons discuté, elle m’a révélé adorer le sport. Elle allait courir tous les jours, elle faisait de la gym…Ça se voyait.

     Accrochée à sa taille par une large ceinture de cuir marron, une mini-jupe descendait difficilement de quelques millimètres en dessous de son pubis. Le tissu élastiqué collait à ses hanches, et laissait voir des jambes magnifiques sans imperfection, que les talons de 8 ou 9 centimètres d’escarpins fuchsia cambraient, tout comme ses fesses que j’ai aperçues quand elle m’a tourné le dos et s’est éloignée, hautes perchées, pleines, qu’un homme ne pouvait que rêver d’empaumer.

     Elle était vraiment magnifique, et elle en était sans aucun doute consciente.

— Je vais prendre votre commande.

     Elle se tenait très près de moi. Trop près. Ça me donnait le vertige de respirer l’odeur enivrante d’un parfum fruité, mais aussi de la sentir si proche de moi. Il aurait suffi d’un geste même pas complet vers elle, de quelques centimètres seulement pour que je pose ma main sur elle, et, à cet instant, il n’y avait rien que je souhaitais plus au monde. J’aurais voulu aller où ? Partout. J’aurais sans doute commencé par poser mes mains sur ses jambes, car j’étais admiratif de leur galbe tout autant que de leur fermeté. J’imaginais sans mal la sensation électrique du nylon au bout de mes doigts, couplée à celle de la chaleur de sa chair, montant dans mes mains…Ensuite, je me serais sans doute aventuré sous la jupe…Je me demandais comment elle s’était arrangée dessous.

     J’ai passé ma commande d’une voix chevrotante, bénissant le fait que les plis de la nappe couvrent mon pantalon, le tissu déformé par une érection massive.

— Je vous souhaite un bon séjour chez nous.

     Je l’ai regardée s’éloigner dans un beau mouvement de hanches.

     Un homme venait de s’installer à une table à l’opposé de la mienne, près de l’entrée.

     Je m’attendais à tout sauf à ce dont j’ai été témoin.

     C’était un type dans la trentaine lui aussi, assez beau garçon.

     Sans un mot, elle s’est penchée sur lui et ils se sont embrassés. Mais pas sur les joues. À pleine bouche, en faisant durer leur baiser. J’étais déjà excité, ça a fait croître mon excitation d’un cran supplémentaire. J’imaginais leurs deux langues accrochées l’une à l’autre. Ça ne lui suffisait pas, et il est venu glisser sa main sous la mini-jupe. Comme elle était penchée vers lui, elle lui arrivait juste sous les fesses. Il l’a caressée. Je n’avais aucun mal à imaginer la main fouillant ses chairs intimes, c’était plus excitant encore que si j’avais pu voir quelque chose. Elle a fini par se redresser et elle est partie.

     D’autres clients sont arrivés. Elle s’est occupé d’eux, prenant les commandes, servant. Elle est restée discrète avec l’homme…Enfin, plus ou moins. Après lui avoir servi le plat principal, elle s’est penchée sur lui, et elle l’a massé au niveau du pantalon. Et son geste n’a pas été spécialement furtif. Mais je comprenais bien que c’était le genre de femme qui se moquait du regard que l’on pouvait porter sur elle, et du qu’en-dira-t-on.

     Il y a eu un moment où la salle s’est vidée. Il ne restait plus que lui et moi. Elle m’a amené le dessert. Un instant, elle s’est appuyée contre moi. À travers son débardeur, j’ai senti la chaleur de son corps. J’ai pensé qu’il s’agissait de tout sauf d’un hasard. Puis elle a été servir l’homme de la table, avant de s’asseoir face à lui.

     Ils ont discuté un moment, avant qu’elle ne se cale dans une position bizarre, en souriant. Je n’ai vraiment compris que lorsqu’il s’est reculé et a soulevé la nappe. J’ai observé la femme plus attentivement. Elle avait basculé son bassin en avant, ouvert ses cuisses, et glissé une main sous la table. Elle se masturbait devant lui, la main sous le collant. Il est resté un moment à la regarder, avant qu’elle ne se redresse, et ne vienne s’agenouiller devant lui. Elle a défait son pantalon, faisant jaillir à l’air libre un sexe bandé qu’elle s’est mise à masturber d’un geste vif.

     J’étais sidéré par la manière dont ils ne me prenaient pas en compte, alors que j’étais là, dans la même salle, témoin de leurs actes. S’ils avaient pu à un moment être plus discrets, là, je ne pouvais pas ne pas voir ce qui se passait. Aimaient-ils s’exhiber ainsi, y prenaient-ils du plaisir ou étaient-ils plus simplement totalement indifférents à ce qui se passait autour d’eux ?

     Elle a donné deux ou trois coups de langue sur la queue de l’homme. Ça a suffi pour le faire exploser. Il a craché des jets de semence qui ont atterri en partie sur le visage de la fille. Elle s’est redressée et s’est essuyé le visage avec une serviette posée sur la table avant de s’éclipser. L’homme est resté songeur un moment après s’être rhabillé, puis il s’est éclipsé lui aussi. Resté seul, j’ai décidé de regagner ma chambre.

     Ce n’est qu’en sortant de la salle à manger que je me suis rendu vraiment compte de la position du comptoir d’accueil où officiait le patron. Il était occupé à taper des factures. Il m’a fait un sourire et on a discuté deux minutes. Il avait un bouquin de James Ellroy posé sur le comptoir, j’étais un grand lecteur moi aussi. On a parlé de cet auteur pendant cinq minutes. Appuyé contre le comptoir, je me rendais bien compte qu’il avait forcément tout vu de ce qui s’était passé. Cela le blessait-il ? Le laissait indifférent ? Je me raccrochais à l’idée qu’il n’était pas là, en cuisine, pendant le flirt entre les deux amants.

     Je suis monté me coucher, la tête pleine de questions. Finissaient-ils la soirée ensemble dans une chambre, pendant que le mari, solitaire, faisait les comptes ?

     J’ai eu une partie des réponses dans les jours qui ont suivi, et sans doute plus particulièrement le lendemain. J’avais des horaires irréguliers, et je suis rentré ce jour-là à onze heures. Je devais partir en rendez-vous au début de l’après-midi, j’avais du temps pour moi.

     Dans le bar, quand je suis arrivé, il n’y avait que trois personnes, le mari, la femme et l’amant. Lui lisait, au comptoir, absorbé dans sa lecture. Elle était à une table avec lui, et ils flirtaient outrageusement. Il était impossible qu’il ne voie rien. Leurs mains s’accrochaient, cherchaient la chair de l’autre, d’une manière tout sauf discrète.

     Je me suis installé au comptoir, et j’ai commandé un café. On a discuté, le patron et moi de ses lectures. Cette fois, il avait commencé le premier tome de 19Q4

     Il y a eu un moment où j’ai senti quelque chose de chaud et d’intense sur moi. Dans la glace du comptoir j’ai vu que la femme me regardait. Elle ne m’avait pas encore prêté attention. J’étais devenu intéressant.

     J’en ai eu la confirmation dans les jours qui ont suivi. Elle venait me parler le soir, ou dans la journée quand je rentrais. Le soir ou le midi, pour le restaurant, elle se faisait superbe, dans la journée elle était en survêtement, qu’elle aille courir, faire du sport ou non.

     Son amant a disparu aussi mystérieusement qu’il était apparu. Séduisait-elle les hommes puis les jetait-elle à sa guise ?

     Sa première approche directe a eu lieu une semaine plus tard. Elle revenait de courir, et j’ai vu qu’elle boitait légèrement. J’aimais bien m’installer dans le couloir de l’étage, près d’une baie vitrée avec un livre, ça me permettait en même temps de regarder par la fenêtre et de lire. Je l’ai vue monter l’étage avec un tube de liniment. Elle m’a demandé :

— Vous pourriez me passer du Voltarène  sur la jambe ? Mon mari est parti chez le fournisseur…

     Impliquait-elle qu’il l’aurait fait s’il avait été là, ou qu’on était tranquilles, pour balayer mes derniers scrupules ?

     Elle aurait très bien pu se débrouiller toute seule, mais il était déjà trop tard pour que je dise non quand elle a baissé son pantalon de survêtement dévoilant ses jambes parfaites, et une culotte blanche qui s’enfonçait entre ses lèvres. C’est d’une main tremblante que j’ai appliqué le Voltarène sur sa jambe gauche, au niveau du mollet. Sa peau était douce et chaude, et j’avais conscience que je vivais un moment privilégié.

     Une fois que la crème a bien pénétré ses muscles, elle a simplement tiré sa culotte au milieu de ses genoux, d’un mouvement souple, et elle a dit :

— Je voudrais que tu me masses là aussi, ça me démange.

     Son sexe était glabre, ouvert, ses lèvres s’étaient gonflées, dépliées, et du liquide en coulait, qui poissait ses aines.

     J’aurais sans doute du refuser, lui dire que c’était mal de trahir ainsi son mari, mais je n’en ai rien fait. J’avais envie d’elle, j’en étais bien conscient, depuis la première minute où mon regard s’était posé sur elle. Alors, j’ai amené ma bouche sur ses lèvres, et je l’ai léchée. Je ne devais pas être mauvais pour ça parce qu’elle s’est très vite cambrée et elle s’est mise à gémir. Quand je suis venue sur son clitoris, ça a été encore plus fort. Elle a joui debout plusieurs fois.

     J’ai fini par la laisser. Elle a remonté son slip, son pantalon de survêtement, et elle s’est éloignée sans rien rajouter, le tube de Voltarène à la main.

     Ça aurait pu n’être qu’une parenthèse, ça n’a pas été le cas.

     Le soir même, au moment du dessert, elle a soulevé une autre de ses mini-jupes, me donnant à voir ce que son copain disparu pouvait admirer. Un ventre nu enveloppé du nylon d’un collant.

— Caresse-moi. J’ai fini le service, j’ai besoin de me faire du bien. Mets ta main dans mon collant.

     La raison aurait du m’en empêcher, le désir a fait que je suis venu à la lisière du collant et que je me suis glissé dessous, à la rencontre de sa chair brûlante. Je suis descendu sur la courbe naturelle de son mons Vénéris, jusqu’à la complexité de ses lèvres et à son clitoris saillant, et je l’ai caressée, avec la volonté de le faire le mieux possible et de lui faire avoir du plaisir. J’ai su que c’était le cas quand elle s’est cambrée, s’est mordu les lèvres pour ne pas gémir, et a craché du liquide qui a poissé mes doigts d’une substance visqueuse. Elle s’est éloignée sans un mot pendant que je me léchais les doigts, songeur.

     Les semaines qui ont suivi ont été intenses. Curieusement, je ne ressentais aucune culpabilité par rapport à son mari. C’était le genre d’expérience qui a tout pour vous rendre schizophrène. Je discutais dix minutes avec lui et je partais dans l’hôtel en sachant que sa femme allait sortir de je ne savais où et que quelque chose allait se produire. Qu’il voyait mais ne voulait pas voir.

     Il y avait parfois une pause d’une journée, mais ça repartait de plus belle.

     Il y a quelques souvenirs qui surnagent, des moments plus forts.

     À la fin de la première semaine, un moment surnage.

     Elle rentrait de courir, un samedi matin, et moi du travail. On s’est croisés dans le couloir de l’étage. Elle m’a regardé, puis, sans un mot elle s’est mise à genoux devant moi et elle a entrepris de sortir mon sexe de mon pantalon. Mon sexe se gorgeait de sang rapidement, mais elle a accéléré mon érection d’une main habile, avant de venir passer sa langue sur ma queue. Elle a tourné dessus. Ça m’a rappelé la fellation qu’elle avait fait à son copain disparu.

— Je suis une sale nympho a-t-elle soupiré. J’ai trop besoin de queues.

     Je pensais qu’elle me prendrait dans sa bouche. Au lieu de cela, elle est venue gober mes couilles, l’une après l’autre, baladant sa langue dessus. C’était tellement surprenant et tellement bon que je n’ai pas tenu très longtemps avant de jouir. Le premier trait de sperme est parti dans ses cheveux, mais elle a avalé précipitamment ma queue, et lapé ma semence jusqu’à la dernière goutte comme s’il s’agissait d’un nectar précieux. Repue, elle s’est éloignée.

     Ce qui a contribué sans doute aussi à faire évoluer notre relation, ce fut l’épisode des serviettes. Un soir, je me suis rendu compte qu’il n’y avait plus de serviettes dans la salle de bains de ma chambre, et après le dîner, j’ai demandé à  son mari s’il pouvait m’en donner quelques unes. Sa femme passait, elle a dit :

— Je m’en occupe, venez avec moi.

     On est parti pour l’étage, elle devant moi, moi derrière, suivant le balancement de ses hanches. Dans la 2ème partie de l’escalier, quand nous n’étions plus visibles, j’ai posé mes mains sur ses fesses, sa chaleur traversant le tissu.

     Je ne l’avais pas encore remarqué, mais la toute première pièce, sur la gauche, était réservée pour entreposer, sur des étagères métalliques, le linge.

     Elle m’a dit :

— Sers- toi

     J’ai pris une pile de serviettes, mais je les ai posées sur une table basse, quand j’ai vu qu’elle tirait d’entre ses seins un préservatif emballé. Elle l’a déchiré, en a tiré une rondelle de plastique luisante. J’avais déjà sorti ma queue, en pleine érection, et elle n’a eu qu’à poser  le plastique sur mon gland ,et à le faire coulisser d’une main habile jusqu’à la racine de mon sexe. Puis, elle s’est pliée en deux devant moi, se tenant d’une main au montant de l’étagère, de l’autre retroussant sa jupe, et descendant le collant vers le bas.

— Tu viens où tu veux, j’aime de toutes les façons…

     Il aurait fallu une catastrophe naturelle pour m’empêcher de venir en elle. J’ai posé mon gland sur ses lèvres et c’est rentré tout seul. Elle était ouverte, chaude et accueillante, et j’ai glissé jusqu’à son utérus avec facilité. Je me suis mis à la fouiller avec constance, perdant tout contrôle, me laissant emporter par la jouissance qui montait. Elle gémissait sans guère de retenue, et je n’étais même pas gêné par le fait que son mari puisse l’entendre du bas. Son corps frémissait, se tendait. Je me souviens particulièrement de ce moment, autant parce que ça a été la première fois qu’on a vraiment fait l’amour, le sexe d’un homme dans celui d’une femme que parce qu’on a joui à l’unisson.

     Dans les semaines qui ont suivi, on a été inséparables. J’arrivais à l’hôtel, elle surgissait de je ne savais ou et elle m’entraînait dans un recoin que je ne connaissais pas encore. Nous étions deux chiens en rut. Je la prenais sans un mot, nous jouissions, nous séparions un peu plus tard pour nous retrouver quand nous aurions de nouveau envie.

     Je ne vivais plus que pour une chose, avoir la gaine chaude et élastique de son sexe autour du mien.

     Il y a eu plusieurs facteurs qui ont précipité la fin. J’ai finalement trouvé un appartement dans un village voisin. Même avec un prix au mois, l’hôtel commençait à faire lourd dans mon budget.

     Un nouveau pensionnaire est arrivé à l’hôtel. Un enseignant remplaçant qui devait rester deux mois sur la zone et n’envisageait pas de louer un appartement pour une période aussi courte. Il était très grand et faisait apparemment du body-building. Du jour au lendemain, elle s’est détournée de moi. Un soir, en passant devant la lingerie, je l’ai vue, pliée en deux, le sexe de l’homme allant et venant en elle. Mon temps était fini.

     Ce qui m’a pourtant réellement décidé à partir, ça a été la scène que j’ai surprise le vendredi soir. J’étais parti au cinéma, et je suis rentré sur le coup de 23 heures. L’hôtel était sombre et silencieux, totalement désert. En arrivant au niveau du comptoir, j’ai entendu des sanglots. Intrigué, me collant au mur, j’ai avancé dans le couloir qui menait à leur appartement.

     La porte de la chambre qu’ils partageaient était ouverte. Ils étaient sur le lit, lui entièrement nu, sa queue molle entre ses jambes, elle avec encore son soutien-gorge ; Elle pleurait.

— Espèce d’impuissant ! Voyeur impuissant ! Tu n’arriveras donc jamais à me faire un enfant !

     Il avait une expression indifférente et lointaine.

     Le lendemain matin, j’ai réglé ma note. On a discuté littérature une dernière fois. Elle était je ne savais où. Je ne lui ai pas dit au revoir. Et je ne suis jamais revenu.

     Ce temps est aujourd’hui si lointain. J’étais jeune à l’époque. Je me suis garé un instant sur le parking en face et j’ai scruté les lieux. L’hôtel n’avait pas changé, le nom si. Apparemment, il appartenait maintenant à une chaîne. A travers la vitre j’ai aperçu les mêmes types de clients au bar, et au comptoir un homme jeune, qui avait aujourd’hui l’âge qu’avait le patron à l’époque. Une jeune femme blonde, petite, à traversé la route, un panier rempli de croissants à la main. Son épouse.

     Un homme est rentré avec un sac de voyage à la main.

     L’occasion de démarrer une autre histoire, à laquelle je n’appartenais pas.

     J’ai redémarré, laissant le passé derrière moi.

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