La Beauté est dans l’oeil de celui qui regarde

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Frederic Gabriel


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LA BEAUTÉ EST DANS L’ŒIL DE CELUI QUI REGARDE

J’ai fait pas mal de boulots différents dans ma vie, et à chacun a été lié des aventures amoureuses uniques. J’ai toujours aimé les femmes, et celles-ci le sentent. Maintenant que je suis plus vieux, j’aime bien y repenser. Ça me tient chaud l’hiver.

A l’époque, je travaillais pour un organisme chargé des prêts aux membres de l’Éducation Nationale. L’une des sorties de la ville était une grande avenue qui partait vers la montagne. En trois ou quatre ans, pléthore de buildings modernes, en acier et en verre s’étaient rangés les uns à côté des autres, immeubles d’habitation ou de commerce. Je trônais au rez-de-chaussée d’un splendide immeuble de trois étages dont le 1er était occupé par un atelier d’architectes, et le second par une agence pour l’environnement. On se voyait souvent pour discuter tout en buvant des cafés ensemble. Heureusement, d’ailleurs car je ne peux pas dire que les clients affluaient. Je passais la journée à lire, avec de rares visites.

C’est comme ça que j’ai pris l’habitude de les voir passer le matin. Cent mètres plus haut, bâtisse moderne parmi les bâtisses modernes se trouvait une superbe construction qui abritait la formation décentralisée de BTS tourisme. Elle était sise là parce qu’on était dans une région rurale dont le tourisme était plus que la mamelle nourricière, l’élément indispensable pour la survie après l’effondrement de la structure industrielle.

J’apercevais souvent des étudiants, qui étalés à partir de leur structure mère s’éparpillaient pour, seuls ou en groupe, se livrer à maintes activités. Ça allait du plus simple, manger, boire ou fumer, du légal ou de l’illégal, jusqu’à des activités à deux ou plusieurs. Je gardais un souvenir ému d’une étreinte que je n’aurais pas crue imaginable dans la vie réelle, surprise un matin sur le coup de dix heures, en redescendant de chez les architectes. Le trio s’était abrité derrière le mur qui longeait la descente vers le garage d’une petite propriété. Ils étaient certes invisibles de leur établissement, mais, dans la fougue de leur jeunesse, ils n’avaient pas pensé qu’on pouvait les apercevoir sous un autre angle. Posé près de la vitrine de mon bureau, j’avais pu en profiter avec un mélange de plaisir et de surprise. La fille, une jolie rousse mini-jupée et hissée sur des hauts talons avait roulé sa jupette à sa taille et s’était pliée en deux pour prendre le sexe du garçon qui s’était posé devant elle dans sa bouche, pendant que l’autre venait derrière elle, qui, après s’être enveloppé d’un préservatif, s’était glissé en elle. Les deux garçons avaient échangé leurs positions au bout d’un moment, puis avaient tourné encore. J’avais aimé cet accouplement spontané, le plaisir visible qu’ils avaient pris. Ils étaient repartis vers leurs cours, la fille entre les garçons. Il y avait eu bien d’autres scènes qui m’avaient réjoui, pas mal de filles flirtaient ensemble, et les fellations mal dissimulées, à l’abri d’une voiture, d’un buisson, dans une impasse, une ruelle étaient monnaie courante. Je n’étais d’ailleurs pas jaloux, juste troublé. J’avais mon lot de relations, sans doute aussi éphémères que celles-ci.

Ce qui changea mon regard sur les choses ce fut, en novembre, une année, l’arrivée de ce couple étrange. Je ne le remarquai d’ailleurs pas immédiatement, mais à force… Sa singularité détonnait. Je me rendis d’ailleurs compte que je n’étais pas le seul à les remarquer, une fois où un groupe qui était positionné un peu plus loin, discutant et fumant, les interpella :

Hé, les connasses !

Les dites connasses passèrent sans répondre, et le groupe éclata de rire.

Ce fut à ce moment là que je commençai à les étudier plus en détail. Le matin, j’avais tout mon temps pour observer, et je ne m’en privais pas. Les premiers clients, quand j’en avais, n’arrivaient jamais avant neuf heures. Impossible de ne pas comprendre la moquerie, l’insulte, quand on les voyait. Elles n’avaient rien pour elles.

Il me fallut un certain temps avant d’élucider leur degré de parenté, tellement elles étaient identiques. J’ai d’abord pensé qu’elles étaient sœurs jumelles avant de comprendre qu’il y avait plus de chances qu’elles soient mère et fille. L’une était légèrement plus âgée que l’autre. La mère avait du avoir la fille très jeune. J’imaginais sans mal le scénario d’une fille peu attirante, en recherche désespérée d’affection, qui trouvait enfin un garçon qu’elle pensait aimer, mais qui souhaitait juste soulager ses pulsions. Une nuit passée ensemble, aucune protection, le garçon ne revenait jamais, et elle se retrouvait avec un enfant qui poussait dans son ventre, et qu’elle décidait de garder.

Il y avait bien sûr une roulette génétique, mais celle-ci était tombée sur le bon chiffre : la fille était le portait craché de la mère, qui devait avoir la satisfaction que son enfant n’ait pas les marques du salaud qui l’avait engrossée. Pour la fille, par contre ce n’était pas le jackpot.

La mère avait modelé l’enfant à son image. Elles étaient des clones parfaits. Leurs visages ingrats étaient marqués des mêmes attributs : une chevelure dont le volume qui aurait pu être signe de charme, était étouffée dans des arrangements divers censés aplatir les cheveux, d’épaisses montures pour myopes…Aucune trace de maquillage. Des vêtements informes, robes floues, jeans larges et pull-overs ultra-larges, accompagnés de gros godillots. On aurait dit qu’elles souhaitaient sciemment gommer toute marque de féminité. Ou plutôt c’était le cas de la mère, et la fille avait suivi le même chemin.

Un matin, je fumais devant la porte et je les vis monter vers moi. Plus haut, des étudiants commençaient à les insulter. Comment ne pas se moquer de cet attelage ? La mère amenait sa fille qui devait avoir 19, 20 ans, et revenait la chercher le soir. Elle aurait eu huit ans…

Elles arrivaient très tôt, restaient près du rocher posé devant une zone de végétation juste à côté du bureau, fumant ensemble, puis se séparaient. Je me posais beaucoup de questions, la mère travaillait certainement, mais où ? Et où vivaient les deux femmes ?

On est toujours intrigué par la vie des autres.

Ce qui m’amena vraiment à m’intéresser à elles, ce fut ce rituel qu’elles accomplissaient. J’ai toujours, et je ne suis pas le seul, associé l’acte de fumer, chez une femme, à une profonde sensualité. Quand elles se posaient près du rocher, la fille attendant pour monter plus haut que ce soit l’heure des premiers cours, elles fumaient. C’était généralement un rituel codifié, avec des gestes précis, un peu comme une cérémonie du thé. La mère ou la fille sortait un paquet de cigarettes de leur sac, et glissait une cigarette entre ses lèvres. Elle l’allumait, tirait une bouffée et exhalait la fumée avant de la tendre à sa parente. Celle-ci tirait à son tour deux ou trois bouffées, puis lui rendait, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la cigarette. Il n’y en avait jamais une autre. Toujours une cigarette unique.

Certains fument d’une manière machinale. Elles étaient au contraire dans ce qu’elles faisaient, absorbées, dans un état quasi hypnotique. Elles fermaient à demi les yeux, et on voyait bien que leur regard était ailleurs. Elles inspiraient profondément la fumée, la gardaient en elle puis la recrachaient, la nicotine dopant leur organisme, mais aussi leur causant un profond plaisir. Il y avait là une jouissance qui se rapprochait du sexuel, sans doute la seule chose qu’elles avaient, hormis des plaisirs solitaires.

Leurs gestes me troublaient, lents et sensuels, tout comme la complicité de se passer la cigarette, mais aussi l’expression du plaisir sur leur visage. J’en vins à les considérer différemment.

Ce fut pourtant par le plus grand des hasards que j’allai vers elles. Un matin, quelques semaines plus tard, je sortis pour aller porter les feuilles à recycler dans la poubelle jaune prévue à cet effet, de l’autre côté de la rue. Je ne les avais pas vues arriver. Quand je suis revenu, elles étaient là, près du rocher, et la plus jeune essayait d’allumer sa cigarette. Le briquet ne fonctionnait pas. Ça a été sans préméditation que je me suis porté près d’elle, et que j’ai allumé la cigarette. Elle m’a regardé avec la même surprise que j’ai lu quelques secondes plus tard sur le visage de sa mère. Comment pouvait-on s’intéresser à elles, voilà ce qu’elles pensaient l’une et l’autre.

J’ai tenté d’engager la conversation. Je réussissais ça plutôt bien dans mon métier. Des banalités, certes.

La journée va être belle…Vous étudiez ici ? Un BTS…

Mais l’une comme l’autre, elles ont semblé surprises. Je me suis d’abord demandé pourquoi, puis j’ai compris. Pas grand monde ne devait leur adresser la parole, et elles prenaient ça pour une forme d’attention qui les surprenait et les touchait. Ça les changeait des quolibets qui fusaient sur leur passage.

Elles m’ont répondu et on a parlé deux minutes. Je m’en suis voulu d’avoir eu des préjugés sur elles, une opinion aussi négative, car elles étaient loin d’être sottes. Et même plutôt fines. J’étais comme tout le monde. Je jugeais sur les apparences…

Je m’en suis encore plus rendu compte dans les jours qui ont suivi. Ce qui s’est passé m’a fait réfléchir et j’en suis arrivé à une conclusion. Nous les hommes nous n’avons pas de quoi être fiers, qui jugeons avec des réflexes pavloviens sans trop bien voir qu’une femme peut être belle sans avoir recours à des artifices qui nous font saliver.

Je n’ai plus engagé de discussion avec elles jusqu’à la fin de la semaine. Une fois j’étais ailleurs, une autre fois un client était passé plus tôt. Ça a été le vendredi, où j’étais là, au bureau, à nouveau seul, occupé à taper des rapports que ma mâchoire s’est décrochée.

J’ai vu passer deux filles sensuelles à l’extrême, et il m’a fallu une bonne poignée de secondes pour me rendre compte que c’étaient elles. La métamorphose était…Sidérante…Et je n’ai pas été le seul à m’en rendre compte. J’ai senti de la chaleur et de la tension dans l’air, une certaine douceur des choses, qu’elles étaient plus belles, mais aussi que tout se figeait quelques instants.

Une infinité de détails m’a assailli. L’une comme l’autre s’étaient apprêtées…Elles étaient devenues autres, un travail sur elles-mêmes que je n’aurais pas imaginé, et elles étaient… Belles… Comment de laiderons avaient-elles pu basculer dans le désirable ? Elles s’étaient mises en valeur… Mais je devais surtout m’en vouloir pour n’avoir pas su aller au-delà et les regarder telles qu’elles étaient vraiment…

L’une et l’autre s’étaient maquillées et cela faisait ressortir leur visage. Elles avaient sorti le grand jeu, sur la bouche, les joues, les paupières…Ce qui était aussi impressionnant c’était qu’elles avaient défait leurs cheveux qui coulaient libres, sur leurs épaules, luisants…

Le plus troublant c’étaient leurs tenues…Moulant, gainant des corps que je n’avais pas imaginé désirables… Sans doute que tous les corps l’étaient au final, simplement cela dépendait comment ils étaient présentés… La mère avait opté pour un pantalon en vinyle collant, avec un petit pull en haut que tendait sa poitrine (je n’avais même pas osé imaginer qu’elle puisse en avoir !), et elle était perchée sur des talons qui affinaient sa silhouette et la galbaient. Sa fille elle avait une robe noire extrêmement collante, mettant en valeur une silhouette que je voyais aujourd’hui bien pourvue de courbes, qui m’avaient paru inexistantes durant des mois…La robe s’arrêtait juste au dessous du pubis, dévoilant de jolies jambes gainées d’un collant, serrées jusqu’au genou par des bottes en velours à talon aiguille.

Les étudiants changèrent d’attitude. Quant à moi je m’en voulus de mes préjugés.

Je les retrouvai le lundi, sur la même pente ascendante, à l’image de leur progression quotidienne. Leur budget fringue et maquillage avait du exploser car elles arrivaient en beauté, la tenue du jour différente de celle de la veille, mais toujours aussi sexy. J’avais la queue dure en les regardant, et envie de l’une comme de l’autre.

Il fallut encore quelques jours que je comprenne que j’étais à l’origine de ce changement. Un regard trop appuyé sur moi, que je n’étais pas supposé surprendre, alors qu’elles fumaient comme à leur habitude, appuyées contre le rocher.

Ainsi donc, j’étais celui qui avait tout déclenché.

J’étais très hésitant par rapport à elles, mais le surlendemain, je sortis tôt pour aller chercher des cartouches pour mon imprimante chez un commerçant que je savais présent au magasin avant qu’il n’ouvre, et quand je revins, les apercevant, je décidai d’aller leur parler. La mère avait un tailleur avec une jupe fendue, la fille était serrée dans un jean en stretch qui la moulait de manière obscène, avec un top tellement décolleté que ses seins semblaient vouloir en jaillir. On se sourit et je dis, regrettant aussitôt ma franchise, mais incapable de me retenir :

Vous êtes… Métamorphosées…

On a voulu plaire, a répondu la fille…

En sous-entendant : à vous.

Il y a eu ce moment de convergence, après une pause, où tous les trois, nous avons été dans la même direction… Plus tard, en y repensant, je me suis dit que nous n’étions pas si différents, elles et moi. Je me croyais au dessus d’elle, mais, allant d’aventure en aventure, j’avais ce même besoin inné d’affection, qu’il prenne la forme du sexe ou une autre. La mère a eu un double mouvement, relevant sa jupe pour exhiber son pubis enveloppé d’un collant transparent sous lequel elle ne portait rien d’autre. Son sexe était rasé, et j’ai remarqué tous les détails, la manière dont il était ouvert sur les replis dégagés, et aussi la brillance des sécrétions contre le nylon du collant. La fille n’a pas été en reste, et elle a défait le pantalon moulant pour le baisser, dévoilant un ventre qui était à peu près dans le même état. La mère a tendu la main pour me défaire, dans un geste souple, faisant jaillir mon sexe à l’air libre, très dur, une manifestation d’un désir brusque et violent, semblable au leur.

On a fait quelque chose de fou, parce que, même si on se croyait isolés par le rocher, on était en fait à la vue de tout le monde, mais on s’en foutait. Je me suis déplacé de quelques centimètres supplémentaires vers la mère et j’ai posé mon gland contre son sexe, à travers le collant. Je l’ai frottée, me retenant pour ne pas jouir instantanément. J’avais la sensation extraordinaire du nylon qui me brûlait, et du relief du sexe qui continuait de s’ouvrir contre mon gland. Elle s’est mordue les lèvres pour ne pas gémir, son corps se tordant comme celui d’une marionnette. Nous regardant la fille se masturbait frénétiquement, le doigt de la main gauche sur le clitoris, trois de la main droite fouillant son sexe. Je me suis porté vers sa mère, elle s’est dégagée, et m’a laissé appuyer ma queue sur elle, cette fois sans la barrière du collant. Elle s’est mise à gémir doucement. Les deux filles se sont rapprochées et j’ai été de l’une à l’autre. Elles se raccrochaient au rocher, et je les ai senties avoir des spasmes et jouir plusieurs fois. Je m’étais encore plus dilaté, et j’avais l’impression que je resterais comme ça, mais la mère m’a pris dans sa main et m’a masturbé me faisant éjaculer sur son collant de multiples traits blanchâtres. Elles se sont rajustées et éclipsées. Vidé, appuyé contre le rocher, je les ai regardées partir chacune dans une direction contraire, la mère descendant, la fille montant. Elles avaient le même galbe de croupe, fesses haut perchées, rebondies, qu’elles agitaient dans un même mouvement de hanches, mais tout cela n’était pas visible avant. Avant la métamorphose.

J’ai passé la journée à penser à ce qui s’était passé entre nous, aux promesses de leurs deux corps. J’avais envie autant de l’une que de l’autre.

Je me disais que le lendemain matin, rien ne se passerait, qu’elles seraient honteuses, regretteraient, mais relevant les yeux de mon ordinateur, le lendemain, j’ai eu la surprise de les trouver à l’entrée du bureau, avec un regard quasi implorant. Ce n’était que le début, et non pas la fin…La fille avait des cuissardes et une micro-jupe, sous un imper ouvert sur un débardeur qui flottait sur une poitrine nue, la mère une robe en laine moulante, et j’ai su que j’étais incapable de résister à mon désir de l’une comme de l’autre.

Il y avait une pièce adjacente au bureau, dont je me servais d’une réserve et où j’entreposais un peu tout, y compris un lit de camp. Il m’arrivait parfois de dormir ici si je devais travailler tard. Ça a été pourtant contre un entassement de cartons de ramettes de papier que j’ai pris la fille, après avoir retroussé sa jupette et baissé une petite culotte blanche. Pliée en deux sur les cartons elle était irrésistible.

En analysant plus tard, je me suis rendu compte que c’étaient elles deux qui prenaient toutes les initiatives, et pas moi. Mais ça ne me gênait pas outre mesure. Ça avait été la fille qui, rentrant dans la pièce, s’était approchée du carton et pliée en deux, ce fut sa mère, qui robe retroussée et se caressant, se pencha finalement sur moi, sortit ma queue du ventre de sa fille et la prit dans sa bouche pour me sucer avec une habileté que je n’aurais pas suspectée quelques jours plus tôt, et qui tenait autant à l’instinct qu’à la frustration, avant de me refourrer dans le vagin de sa fille.

Tout le temps que dura notre attelage bizarre, je fus sidéré par la complicité qui existait entre mère et fille et leur capacité à partager de tels moments d’intimité. Avaient-elles déjà partagé des hommes ? A vrai dire, je pensais même au-delà et je me demandais à quel point leur relation était trouble… Devant moi, elles échangeaient des baisers à pleine bouche, se caressaient… Il aurait été logique de penser qu’elles avaient été auto-suffisantes lorsqu’elles n’avaient pas eu de mâle à leur portée…

Ce matin-là, la mère vint remplacer la fille, puis elles s’accroupirent devant moi et me prirent successivement dans leur bouche. Je tenais, mais elles me firent jouir immanquablement.

Ma vie prit un tour nouveau durant les quelques mois que dura notre liaison. Je les retrouvai tous les matins, mais ensuite, dans la journée, elles prirent l’habitude de venir me rendre visite, séparément. Je ne sus jamais si l’une savait que l’autre m’avait rendu visite. La fille descendait entre deux cours, la mère passait (elle m’avait dit travailler comme infirmière, et elle venait probablement après son service.)et immédiatement, on donnait libre cours à nos envies. On prenait d’ailleurs des risques énormes. Mon bureau était une cage ouverte sur la ville, et je ne suis pas sûr que le principe que je posais, que personne ne nous verrait parce que personne ne regardait vraiment autour de lui tenait vraiment, plus quand elles me faisaient une fellation et que j’étais derrière mon bureau, moins quand, dans la même position, installé sur le siège, elles se retroussaient et s’emmanchaient sur moi.

Ce qui me frappait surtout, et m’émouvait, c’était la manière dont à tout moment, elles se lançaient dans un babillage incessant, à me raconter leur vie, dans une infinité de détails. C’était dans la manière qu’elles avaient de faire l’amour, mais aussi de parler ainsi que je percevais à quel point elles étaient seules, mais aussi à quel point j’étais seul aussi. Nos solitudes s’étaient trouvées.

Et puis un jour, il n’y a plus eu personne. Je repensai longtemps à notre dernière rencontre, un matin, cherchant vainement un signe. Il n’y en avait pas. Elles n’ont pas été là ce matin là, pas plus que le suivant, et j’ai compris que c’était fini.

C’était d’ailleurs logique. L’année de BTS venait de se terminer, début mai. La mère avait-elle trouvé un autre poste ailleurs, eu une promotion après avoir passé un concours ? Je n’en ai jamais rien su.

Je ne risquais pas de me rendre devant chez elles pour vérifier. Elles ne m’avaient jamais invité . Je m’étais toujours demandé pourquoi elles avaient voulu garder cette part de mystère, mais je l’avais accepté. Désir de ne pas se dévoiler entièrement, honte de leur chez soi ?

Je me retrouvai tout seul et je me rendis compte à quel point ces moments avaient été bons. Parfois, je voyais des fantômes passer devant le magasin, mais ils venaient du passé, et je ne les revis jamais. Je m’étais pris à rêver de durée dans quelque chose qui ne devait être qu’éphémère.

Je suis juré de ne plus jamais juger aux apparences.

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