La Chienne

12345
Loading...

Carlo Vivari


tabou



Il était très tard, bien trois heures du matin. J’avais tellement bu de mojitos au Coco de Mer que c’est à peine si je savais encore comment je m’appelais. Je revenais chez moi en avançant pieds nus dans le sable, en respirant l’air de la mer pour tâcher de remettre mes idées en place. Quand je les ai vus de loin, je me suis dit que le rhum me jouait des tours. Une longue femme nue et un grand chien plein de poils. Ils couraient le long de l’écume. La plage était située en contrebas : on ne pouvait pas les voir du boulevard Front-de-Mer. Un lampadaire isolé et une lune pleine comme un cadran éclairaient la scène. Tout dans leur attitude indiquait qu’ils se fichaient royalement du reste du monde. Comme ils se dirigeaient de mon côté, je me suis enfoncé dans la zone obscure qui longe le parapet du boulevard sur des kilomètres. La femme, une haute blonde, allure sportive, cheveux courts, sprintait en levant haut les genoux et balançant les bras, doigts raides écartés comme une championne. Ses petits seins, compacts comme des pelotes, sautaient à peine. Elle allait si vite que le chien, un lévrier afghan à longue fourrure, blond lui aussi, avait du mal à suivre. Pas très stable sur mes jambes, je me suis adossé à la muraille de béton. Vraiment, ils étaient beaux à voir. Avec ses poils qui bougeaient en tous sens au ralenti, le chien paraissait voler. Et la fille donnait l’impression de ne pas toucher terre.

En arrivant vers moi, elle s’est brusquement immobilisée sur le sable mouillé, au ras de la ligne de mousse blanche. Elle tournait le dos à la mer. Je me tenais à carreau, tassé dans mon coin noir. Le chien, emporté par son élan, l’a dépassée. Il revenait vers elle en bondissant, langue sortie. Elle reprenait souffle, tête baissée, mains aux hanches, jambes ouvertes en compas. Je la voyais de trois quarts face. Sur la peau bronzée, on devinait à peine le triangle blond du sexe. Le lévrier est passé derrière elle en pataugeant dans les premières vagues. D’un coup, il lui a enfoncé son long museau pointu entre les fesses. Il s’est figé, elle aussi. Elle avait les yeux fermés, la bouche entrouverte ; sa lèvre tremblait. Une tige rouge s’allongeait avec des soubresauts sous le ventre fourré de l’animal. Je suivais la scène, le souffle court, les omoplates plaquées contre la paroi de béton froid.

La langue du chien est passée entre les cuisses de la femme, s’est plaquée sur la fente bordée de poils courts, recouvrant le tout comme un string rose thé. Bientôt, la langue s’est mise à bouger sur la chatte. La blonde se crispait en fronçant les sourcils. Et du bout des doigts, elle se massait les ailes du nez. Il me semblait l’entendre gémir, mais c’était peut-être la rumeur du vent qui se levait sur la mer, creusant la houle.

Le museau toujours enfoncé dans le cul de la fille, le chien a exercé une forte poussée. La grande blonde a fait un pas en avant, sans rouvrir les yeux ni desserrer les mâchoires. Le lévrier, de la truffe entre les fesses, guidait sa maîtresse à sa guise. Il l’a obligée à se tourner vers le large. Elle a fait quelques pas dans les vagues. Le chien s’est dressé tout debout. Se servant de ses pattes avant, il lui a donné une puissante bourrade au milieu du dos. Elle est tombée à quatre pattes dans l’eau. Je l’avais de trois quarts dos, à présent. Des rouleaux écumeux passaient entre ses bras, effleuraient le bout des seins, avant de rejaillir entre les cuisses ouvertes.

Utilisant sa langue comme une pelle, le chien arrosait la raie et la fente de la fille. Le sel irritait-il ses muqueuses sexuelles ? En tout cas, elle tortillait le cul   pas si mince qu’il m’avait semblé au premier abord. Comme s’il répondait à un appel, le lévrier, d’un saut, s’est juché sur le dos de sa maîtresse. Déjà, il agitait l’arrière-train. Sa verge toute rouge, d’une longueur effrayante, cherchait à s’introduire. La main de la fille est sortie entre ses cuisses, a tâtonné. Du bout des doigts, elle a dirigé le gland de forme allongée ; il s’est englouti, vers le bas, dans le vagin. Là, je l’ai entendue pousser un râle ; le chien de berger, lui, a lancé un aboi de bonheur déchirant en direction de la pleine lune.

La sale bête y allait franchement à la besogne. On voyait qu’elle avait l’habitude de l’exercice, et la femelle aussi. La longue flèche effilée s’enfonçait d’une bonne moitié dans le con, avant de ressortir toujours plus mouillée, et ce n’était pas d’eau de mer. À chaque coup de queue, la fille répondait par un coup de cul en arrière, et par un cri perçant. Je n’en pouvais plus de les voir faire. De temps en temps, le chien mordillait la nuque de la fille, qui répondait en braillant plus fort.

À un moment, le lévrier a retiré toute la longueur de sa verge. La tige rouge brillait, en se relevant par à-coups comme un bras mécanique. Ça faisait peur. Passant une main dans son dos, la fille s’est emparée de la flèche pour la diriger un peu plus haut, entre ses fesses béantes. Le sexe de l’animal s’est enfoncé dans l’anus, où, à ma grande surprise, il a fini par disparaître jusqu’à la base. Le vent du large forcissait, soulevant les eaux noires. Les deux emmanchés s’égosillaient dans les lames qui s’agitaient tout autour. Au plus fort de sa jouissance, la fille a poussé un hurlement en montrant sa langue. Dans mon délire, je me suis figuré que le bout rouge qui sortait de la bouche était celui de la verge du clebs, tout entière passée à travers le corps de la femelle couverte par son mâle. Dégoûté, j’aurais voulu m’en aller, mais j’avais peur de me faire repérer par le cerbère aux dents pointues. Il enculait sa maîtresse vraiment comme une bête féroce : elle portait des marques de griffes rouges sur les flancs.

Ils ont fini par se séparer, puis par s’éloigner sur la plage, à petits pas, tant ils étaient vidés. Moi, j’étais dans un état nerveux indescriptible. Une fois sur le boulevard Front-de-Mer, où il n’y avait pas âme qui vive, je me suis dirigé à grands pas vers la vieille ville à la recherche d’une pute. La première que je rencontrerais ferait l’affaire…

*

À quelque temps de là, le hasard a voulu que je retrouve la femme en question à une soirée chez des relations intimes. Les amis en question possédaient un hôtel particulier où, de temps à autre, ils organisaient des partouzes. À ma demande, la maîtresse de maison, une vieille copine, m’a présenté la grande blonde. Le noir de truffe de sa petite robe de cocktail faisait ressortir les épaules et les jambes dorées de Julia, la femme au chien. Justement, mon amie lui a demandé pourquoi elle n’était pas venue avec son lévrier. (Devais-je comprendre que l’animal participait aux orgies, et que ma copine l’hôtesse avait recours aux services de la verge longue comme le bras ?) Après un rapide regard dans ma direction, Julia a répondu qu’Émir, le lévrier plein de poils, devenait tellement jaloux qu’il lui rendait la vie impossible. Elle a ajouté que ce n’était qu’un animal, après tout… et que ce soir, il gardait la maison, comme c’était son boulot… Elle s’est tue : des invités, impatients que la fête commence, nous enlevaient l’hôtesse.

Une soubrette court-vêtue passait par là avec un plateau de rafraîchissements. J’ai pris un mojito, Julia une coupe de champagne. Au bout de quelques verres, nous en étions aux confidences. Elle se plaignait de sa solitude : son mari, un fonctionnaire international, la délaissait… Elle n’avait que son chien pour lui tenir compagnie, plus quelques amis chez qui elle passait une soirée de temps en temps. Tout autour, la partouze se mettait en place. Des hommes ivres, à quatre pattes sur le tapis, tiraient Julia par le bord de la robe. Préférant continuer à parler avec moi, elle résistait aux invites. À un moment, elle s’est défendue à coups de pied. Je l’ai entraînée hors du salon. Comme la fête se déroulait aussi dans le couloir, pour être tranquilles, nous nous sommes enfermés dans l’une des innombrables salles de bains de la demeure.

Sa coupe à la main, Julia titubait. Je l’ai aidée à s’asseoir sur le large rebord capitonné de la baignoire. Elle s’est laissé embrasser sans résistance. Après m’avoir rendu mon baiser, elle m’a annoncé qu’elle désirait prendre un bain pour se rafraîchir les idées. J’ai ouvert les robinets. Elle m’a demandé de l’aider à se déshabiller. Ça n’a pas été long : elle n’avait sur elle que sa petite robe noire et ses escarpins. J’ai reconnu les petits seins pommés, les bonnes fesses de fausse maigre, le triangle de poils dorés sur la fente. Comme je l’aidais à se glisser dans l’eau tiède qui tapissait le fond de la baignoire, elle m’a annoncé qu’elle m’avait parfaitement vu et identifié, le fameux soir, au bord de la mer, sous la pleine lune. Et que ma présence n’avait pas peu contribué à l’intensité de sa jouissance, secouée par le chien, fouettée par les vagues…

À quatre pattes dans l’eau tourbillonnante, les reins creusés, la croupe relevée, elle m’a invité à la rejoindre dans la baignoire. Son timbre était devenu rauque, et de la même façon que l’autre fois, elle agitait l’arrière-train comme une chienne en chaleur. J’ai promptement obéi à l’injonction. Je me suis retrouvé nu derrière elle, dans l’eau que les sels de bain rendaient toute bleue. Sous mes yeux, son vagin et son anus béaient en chœur, rose cru, pressés de se faire remplir. Comme j’hésitais sur l’orifice à investir en premier, elle a passé la main entre ses cuisses pour diriger ma queue en bas, vers la chatte. Elle mouillait beaucoup, ses muqueuses se gonflaient d’impatience : la pénétration s’est faite d’une seule poussée jusqu’au fond. Merveilleusement implanté au cœur de sa chatte de velours, j’avais complètement oublié le clébard. Pas elle. D’une voix sourde, elle m’a indiqué qu’un « objet intéressant » se trouvait sur une étagère juste au-dessus de ma tête. Levant la main, j’ai rapporté un gode mince, violacé, long comme le bras. J’avais déjà vu ça quelque part. Elle m’a demandé d’enduire la verge postiche de savon liquide, puis de la lui enfourner en douceur dans l’anus. Ce que j’ai fait. Au fur et à mesure de la pénétration, elle s’animait, poussait des cris, agitait le bassin pour s’empaler sur les deux pénis à la fois. C’était si bon pour moi, au fond de son con, que j’avais de nouveau oublié le chien. Nous nous déchaînions dans les eaux bleues qui éclaboussaient tout autour. Au moment de l’éjaculation, comme si c’était tout naturel, je lui ai mordu la nuque. En hurlant de douleur et de bonheur, elle s’est mise à pisser sous elle comme une vraie chienne qui s’abandonne sous la lune…

Quand j’ai retiré les deux bites, épuisée, elle s’est effondrée dans la baignoire. J’ai coupé les robinets, l’ai aidée à sortir, à se sécher. Elle se laissait faire en reprenant des couleurs.

Avant que nous quittions la salle de bains, elle s’est refait une beauté, nue devant la glace du lavabo. Je me tenais à ses côtés. En s’aspergeant d’un puissant parfum, elle a adressé un sourire à mon reflet dans le miroir. Ses paupières étaient lourdes, ses yeux cernés.

Je suis vannée. Tu m’as bien baisée… presque aussi bien que mon chien, c’est dire… mais si jamais Émir trouve ton odeur sur moi, il est capable de me tuer. C’est affreux, j’ai l’impression d’avoir trompé mon mari. J’ai peur de lui : il pourrait me broyer la nuque pendant la saillie !

À coups redoublés, elle s’envoyait des giclées partout, sous les bras, entre les seins, les cuisses, les fesses…

Il me rend folle. Un jour, je le quitterai… Je romprai le Pacs ! Je veux vivre en femme, désormais, moi… pas en femelle ! Il n’a qu’à aller se chercher une chienne ! Une vraie ! Une levrette afghane…

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *