La collecte partie 1

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Frederic Gabriel


voyeurisme



 

Partie 1

L’idée m’est venue alors que je parcourais le site de la radio locale. J’y suis branché du matin au soir, carrément accroc le mec, mais je m’éclate, j’adore ça la radio, j’ai toujours rêvé d’en faire et jamais osé, on est un peu con, parfois…

La station venait de s’associer, localement, à un mouvement national qui avait, lui, été lancé par une grande radio il y avait deux ans de cela. Ça s’appelait Rock Corps…Le principe était assez simple : on recevait des places gratuites pour aller à des concerts. En échange, il fallait donner de son temps à une association.
C’était un principe qui me plaisait bien. Quand on a vingt ans, on n’a pas forcément suffisamment d’argent pour se payer des places de concert, qui sont aujourd’hui plus chères que de par le passé pour compenser le manque à gagner des ventes diminuées. J’étais étudiant, je vivais seul avec ma mère, et je n’allais que très rarement assister à des concerts, je rêvais souvent d’y aller, mais le prix était prohibitif.
Ce qui me plaisait aussi, c’était l’idée de mériter ces places en faisant une action en faveur des autres.
J’ai donc rempli le formulaire électronique, indiqué mes préférences puisqu’on pouvait choisir les concerts auxquels on voulait assister, sans avoir forcément la certitude qu’on y serait, c’était une présélection.
À vrai dire je n’y ai plus pensé pendant trois semaines. On était au début février quand j’ai reçu un appel qui m’a ramené en arrière.
— Bonjour c’est la radio… Vous avez rempli un formulaire pour faire partie du Rock Corps… Vous êtes toujours volontaire ?
Il m’a fallu quelques secondes pour me resituer, avant que je ne réponde :
— Oui bien sûr.
— La Banque Alimentaire de C… a besoin d’aide. Ça vous dit de leur consacrer une semaine pendant les vacances de février ? En échange, on vous enverra une enveloppe garnie de places… Café Guitare au mois de juin, les concerts de Beautiful Dance, de Mérinos Déchaînés, de Dead But Alive… Le deal vous convient ?
S’il me convenait ? J’étais fou de joie. J’adorais aller à des concerts, et avoir autant d’opportunités en aidant les autres m’allait parfaitement. Je prenais déjà en charge une personne âgée trois fois par semaine pour une association locale.
— La journée démarre très tôt, m’a précisé la jeune femme. Cinq heures du matin.
La première vision que j’ai eue, en débarquant dans les locaux de la Banque Alimentaire, a été le cul de Tiphaine. Il faut sans doute considérer cela comme annonciateur. Elle était à l’entrée de l’immense entrepôt, occupée à ouvrir une palette au cutter. Et j’avais dans mon champ de vision ses charmes postérieurs. Une croupe haute, charnue, bien ronde, qui bénéficiait de la cambrure du bas de son dos. Elle portait un de ces jeans comme on en fait aujourd’hui, élastiques et particulièrement moulants, le genre à mettre en valeur les belles lignes. Elle avait des jambes parfaitement dessinées, très longues, des cuisses pleines. Entre le jean et le blouson, on apercevait quelques centimètres d’une peau blanche, et un string rouge, posé sur une chute de reins cambrée. Elle était perchée sur des chaussures lacées avec des talons hauts et fins qui renforçaient sa cambrure, la faisant irrésistible.
Je me suis demandé si la partie face était aussi alléchante. J’ai juste eu le temps de voir une chevelure de miel, longue, bien fournie, qui coulait quasiment jusqu’à cette partie de chair révélée, avant d’être apostrophé par une femme d’une cinquantaine d’années qui, elle, n’avait certainement pas le dixième de ces charmes de dos. Aussi large que haute, elle avait d’évidence renoncé depuis belle lurette à la séduction – si ça avait jamais été son souci. Elle compensait par un visage d’une grande chaleur.
— Alors voilà notre envoyé du Rock Corps ! Viens avec moi, tu t’appelles bien Mathieu ? Je te paye un café…
Elle m’a entraîné vers un local sur la gauche de l’immense entrepôt où deux hommes prenaient le café et se partageaient des croissants qui sortaient d’un sac papier déchiré et graisseux. Ils étaient tous les deux dans la soixantaine.
— Je te présente Antoine et Daniel. Ils sont retraités et présents tous les matins. La banque alimentaire, c’est un véritable travail, de cinq heures à quinze heures tous les jours, c’est pour ça que très peu d’actifs peuvent nous rejoindre. C’est bien qu’on ait du sang neuf. Tu sais qu’ici, nous stockons des réserves que nous redistribuons dans tout le département aux diverses associations.
Son regard est devenu sombre.
— Malheureusement, il y a toujours plus de monde qui va frapper à la porte des associations. La misère ne s’arrête pas. On pensait à un moment qu’un jour, tout le monde pourrait vivre décemment. C’est une utopie… Enfin, on est là, et on fait du mieux qu’on peut.
Elle a poussé un soupir avant de continuer.
— On commence par les tournées de tous les supermarchés, on va voir aussi des producteurs. Ensuite, on revient, on trie tout, on l’enregistre sur les bases de données. Et on livre les associations tous les jours pour le frais, et trois fois par semaines pour ce qui n’est pas frais.
J’ai mordu gaillardement dans un croissant.
— Je t’ai affecté avec Tiphaine. La jolie blonde qui ouvrait la palette de haricots verts dont on vient de nous faire cadeau. Ce sera bien que tu fasses la tournée avec quelqu’un de jeune comme toi. Enfin, elle a quelques années de plus que toi. Tiens, la voilà justement.
Ce qui a précédé la fameuse Tiphaine ce fut son parfum. Une fragrance fruitée qui m’était inconnue et qui m’a enchanté. Enfin il a fait plus que ça. Le parfum ça me faisait toujours de l’effet. Je me suis mis à bander. Je me suis maudit de ne porter qu’un blouson. Un des deux vieux a remarqué mon érection et a eu un petit ricanement.
Je me suis retourné vers la nouvelle venue. La voir n’allait pas faire diminuer mon érection, bien au contraire. Elle n’avait rien d’une beauté classique, elle était même atypique, mais justement sa beauté décalée était autrement plus troublante que des lignes plus conventionnelles.
Je l’ai détaillée attentivement, voulant enregistrer les moindres détails de ce qui la composait. D’abord cette magnifique crinière blonde, un rien ébouriffée par le vent du matin. Elle avait, pour ce que j’en voyais un très joli corps, plutôt fin, sauf pour les endroits où on s’attendait à ce qu’une fille soit charnue, et elle l’était indéniablement. Le blouson était entrouvert sur une chemise dont les premiers boutons étaient défaits, et qui laissait voir une poitrine généreuse, en harmonie avec ses fesses, poitrine prise par un joli soutien-gorge de dentelle rouge, et j’ai apprécié la manière dont le jean collait à ses hanches, à son pubis, au double bourrelet de son sexe…
Elle avait un très joli visage, allongé. Des yeux myosotis, un nez fin, une bouche fine.
Mais ce visage aurait sans doute eu plus de charme s’il n’avait pas été aussi froid. Elle ne souriait pas, et me jetait une expression sans aménité. Je me suis dit que le partenariat n’allait pas être facile.
— Tiphaine, je te présente Mathieu. Vous allez travailler ensemble pendant une semaine. Il fait partie du programme Rock Corps.
— Enchantée m’a-t-elle dit sans me regarder et sans me tendre la main.
Passant tout près de moi en m’ignorant, elle a pris un croissant. Elle m’a ignoré, mais cependant frôlé, sans doute pas intentionnellement. J’ai senti la rondeur d’une hanche, la plénitude d’une cuisse. Elle, elle avait forcément senti ce truc tout dur qui se dressait dans mon pantalon et qui n’obéissait pas quand je lui disais de se dégonfler.
Geneviève, la femme qui m’avait accueilli, m’a proposé de visiter les locaux.
— Autrefois, ici, il y avait un immense garage qui a déménagé ailleurs. La communauté de communes nous loue cet immense entrepôt à un prix réduit, heureusement, sinon on ne s’en sortirait pas !
J’ai été impressionné, autant par leur travail, leur efficacité, que par cette organisation sans faille, avec étagères, frigos, congélateurs, qui ne laissait rien au hasard.
On finissait la visite quand Tiphaine est venue jusqu’à nous, et m’a jeté :
— Il faut y aller.
Geneviève m’a soufflé :
— Tu verras, elle est un peu revêche, mais elle est très gentille. Surtout elle a un talent extraordinaire pour nous ramener des tonnes de nourriture et de produits divers, dont même les dates limites de vente sont lointaines… Je ne sais pas comment elle fait…
Je m’installais à ses côtés dans la fourgonnette réfrigérée quand elle m’a jeté, sèchement :
— Je vais mettre les choses au point… Pour ça (elle a désigné ma bite qui avait du mal à débander) ne compte pas sur moi pour te soulager. Tu te débrouilles tout seul !
Il y avait pourtant dans son regard une lueur étrange. J’aurais dit un mélange d’envie et de regret. J’ai été très surpris, qu’en contradiction totale avec ses paroles – avait-elle changé d’avis en une seconde ? – elle tende finalement la main et saisisse ma queue à travers mon pantalon. J’avais le sentiment qu’elle avait envie de me caresser, peut-être simplement à travers le tissu, mais Geneviève approchait avec une liasse de papiers qu’elle avait du oublier, et ça a tout coupé.
Une fois qu’elle a eu récupéré la liasse, on a démarré. L’ambiance était glaciale. Elle n’a pas dit un mot jusqu’à notre premier arrêt. C’était une grande surface de taille moyenne, pas encore ouverte, et elle a été se garer sur le côté du bâtiment.
Un type l’attendait, dans la cinquantaine, avec pas mal de bide. Il mâchouillait un cigare éteint. Quand il a vu la camionnette arriver, son regard s’est allumé. Il est rentré, à ma grande surprise, mais il est très vite revenu avec un chariot roulant, lequel était chargé de provisions de tout ordre. Un tas impressionnant, qui montait haut. Oui, sans aucun doute, Tiphaine se débrouillait bien.
Elle est descendue du véhicule. Le propriétaire du supermarché avait les yeux qui lui sortaient des orbites en la matant dans son intégralité. D’une voix sèche, elle m’a ordonné :
— Tu vas tout charger dans la fourgonnette pendant que je vais signer des papiers avec monsieur D…
Et ils ont disparu par la porte qui est cependant restée entrouverte.
Malgré la masse de produits, des pâtes, des produits d’hygiène, des fruits, je suis arrivé à charger rapidement. Et sans doute d’autant plus rapidement que j’avais envie d’aller voir ce que Tiphaine et l’homme faisaient ensemble. Est-ce qu’il lui donnait de la nourriture pour elle ?
J’ai écarté la porte et je me suis retrouvé dans une entrée sombre. Il m’a fallu quelques secondes pour m’accoutumer. J’avais un choix à effectuer, soit je m’engageais dans un couloir qui donnait sur une porte ouverte…J’apercevais une réserve… Sinon, je partais sur ma gauche, il y avait une volée de marches, et on arrivait à une sorte de plate-forme, une grande pièce où étaient installés des bureaux. J’ai opté pour cette option, escaladant la volée de marches avant d’avoir un aperçu de l’étage.
Je suis resté figé sur place, aussi surpris que fasciné. Je comprenais mieux pourquoi Tiphaine se voyait donner autant de nourriture. Installée sur un tabouret, elle s’occupait de manière active de la verge du patron. Ce dernier avait baissé son pantalon, remonté sa chemise, dévoilant un ventre dilaté par l’abus de nourriture et plus certainement de boisson. Remontée contre son ventre, ne pouvant aller sur un angle plus élevé parce que bloquée par celui-ci, se trouvait une queue qui m’impressionnait. Un énorme morceau de viande aussi long que large, avec un aspect pour moi répugnant, mais qui ne semblait pas dégoûter Tiphaine. La queue était tordue, avec des creux et des nodosités. Elle donnait des coups de langue dessus, tenant le membre d’une main et se caressant de l’autre, la main glissée sous le tissu de son jean dont elle avait défait le bouton et descendu la fermeture-éclair pour pouvoir accéder à son sexe.
Ce qui m’a frappé surtout, c’était son expression extatique, qui n’avait rien à voir avec la froideur qu’elle affichait depuis ce matin. Elle avait une espèce de sourire dessiné sur le visage, et un regard vitreux, comme si elle était shootée. On sentait bien que si elle faisait cela, ce n’était pas tant pour avoir un surplus de dons, mais parce qu’elle adorait cela. Le type aussi avait l’air ravi, on l’aurait été à moins, cambré en arrière, la bouche ouverte, le souffle court. On aurait dit un phoque échoué. Il lui a lâché un compliment :
— Ah putain, que tu suces bien ! Si seulement ma femme pouvait me faire des pipes pareil !
— Ta femme te fait pas de pipes du tout, mon gros lapin, lui a rétorqué Tiphaine avant de venir lui prendre les couilles dans la bouche. C’est une grosse baleine. Elle ne pense qu’à bouffer, et jamais au sexe.
Je ne savais pas ce qui m’excitait le plus. Si c’était l’ensemble de la scène ou simplement de voir Tiphaine ainsi, si différente de la fille hautaine que j’avais pu côtoyer jusqu’à présent. Elle était extrêmement troublante, et j’aurais donné cher pour être à la place du type à la queue monstrueuse. Beaucoup de filles font des fellations, mais peu d’entre elles respirent autant le sexe.
Non finalement, ce qui me fascinait le plus, c’était cette main qui bougeait sous son jean. L’invisible est toujours plus attirant que ce que l’on voit. J’imaginais les lèvres gonflées de son sexe ouvert, du liquide sortant d’elle, son clitoris émergeant de son capuchon, et ses doigts tournant sur elle.
Le type devait aimer qu’elle s’empare de ses testicules. Il a lâché de multiples jets de semence qui se sont éparpillés dans les airs, certains venant se perdre sur son ventre dilaté ou dans les cheveux de Tiphaine. Celle-ci a aussi atteint son point extrême, peut-être à cause d’une ultime poussée d’excitation, en voyant le type jouir. Elle a lâché un cri, s’est cambrée et figée. J’ai choisi de m’éclipser.

 

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