PARTIE 2

Tiphaine m’a retrouvé installé au volant.
— Ça y est, tu as tout chargé, m’a-t-elle jeté froidement.
Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. J’ai eu envie de lui répondre :

Tu étais moins froide, il y a quelques minutes.

Mais je n’ai rien dit. Ce qui pourtant me donnait le plus envie de sourire, c’était ce long trait de sperme qui était resté accroché dans ses cheveux, et dont elle n’était pas consciente.
— On continue.
J’ai jeté un coup d’œil sur le plan. On ne visitait pas que des supermarchés, mais également des producteurs de légumes et de produits frais. Notre prochain détour nous a conduits jusque chez un maraîcher.
Pendant qu’on roulait, je lui ai jeté un coup d’œil en coin, pour me rendre compte que le trait de sperme dans ses cheveux avait disparu. Il fallait dire qu’elle s’était examinée dans le miroir du protège-soleil, certainement inquiète de ce genre d’incident, qui avait déjà du survenir.
On a fini par s’engager sur un long chemin goudronné, qui longeait terrains et serres.
— Ici, c’est que du bio, a commenté Tiphaine.
On s’est garés devant un immense entrepôt. Elle était attendue partout, elle téléphonait sans doute la veille ou le matin. Une femme est venue à notre rencontre, une belle blonde, dont le charme m’a troublé, avec quelque chose de très chaleureux. Au-delà des paroles de bienvenue, j’ai lu dans son regard qu’il y avait quelque chose entre elles. Leurs regards se sont accrochés, pour ne plus se lâcher. Dans celui de la blonde, on lisait un changement radical, quelque chose d’intense et de passionnel, comme si elle était amoureuse, passionnément, de Tiphaine. Et dans le regard de cette dernière, quelque chose qui m’a aussi surpris. L’iceberg avait totalement fondu, et, pour la première fois, j’y ai distingué une grande douceur.
L’entrepôt était plein à craquer de cagettes. La belle blonde a désigné une pile, à part.
— Tout ça c’est pour vous. Et je t’ai préparé un colis exprès pour toi.
Moi je n’existais pas vraiment. Elles ne me voyaient d’ailleurs pas, fascinées l’une par l’autre.
Cette fois, pourtant, Tiphaine m’a aidé à charger. La fourgonnette commençait à être bien pleine. La blonde nous aidait aussi. Tiphaine matait sa croupe pleine. Pour un peu, elle aurait posé ses mains dessus. Mais j’avais idée que ça n’allait pas tarder.
Ensuite, sans qu’un mot soit dit, elle nous a emmenées sur sa droite, dans un long couloir. On est arrivés dans une salle à manger typique de la France profonde. Un buffet, une grande table avec des chaises autour, un divan. Du café nous attendait sur la table, avec des croissants. Ce serait le deuxième petit déjeuner de la journée, mais il était dix heures du matin, et je me suis rendu compte qu’avec l’effort, j’avais faim.
Les deux femmes avaient une autre faim. Sans être le moins du monde gênées par ma présence, elles se sont embrassées à pleine bouche. La blonde est venue plaquer sa main contre le ventre de Tiphaine. Une fois qu’elle a détaché sa bouche de la sienne, elle lui a jeté :
— Oh, tu m’as trop manquée depuis lundi… Si tu savais le nombre de fois où je me branle en pensant à toi.
Elle a regardé dans ma direction un instant, se rappelant que j’étais là. Tiphaine a éclaté de rire.
— Rassure-toi, il aime bien mater. Il ne sera pas déçu.
Pauvre idiot que j’étais, j’avais cru être invisible quand je l’observais faire une fellation au directeur du supermarché. Ce n’était apparemment pas le cas…
Elles ont fait comme si je n’existais pas, et je les ai observées, en buvant mon café, la queue raide, d’abord pris par une certaine gêne que j’ai très vite dépassée, trop fasciné par le spectacle de ces deux femmes, avides l’une de l’autre. La blonde a rapidement défait le jean de Tiphaine et a descendu son string, me donnant à voir ce que je n’avais qu’entraperçu jusqu’à présent. Une croupe pleine et rebondie, fendue en deux par un sillon profond, et un ventre plat, avec une déclivité qui devenait un renflement marqué, celui de son pubis, et une fente que l’arrêt au supermarché avait laissée dilatée et suintante.
La blonde l’a basculée sur la partie de l’immense table qui n’était pas occupée par la collation offerte et s’est mise en devoir de la lécher d’une bouche avide, tandis que Tiphaine gémissait sans la moindre honte. Je n’avais qu’une vision imparfaite de la scène, parce que Tiphaine était de trois-quarts, et sa jambe me gênait pour bien voir, mais le peu que je pouvais distinguer m’a captivé. Je voyais cette langue tourner sur les lèvres dilatées et brillantes de sécrétions de Tiphaine, et je lisais sa satisfaction sur son visage.
Je n’étais pourtant pas au bout de mes surprises. La blonde a défait son pantalon. J’imaginais sans mal qu’elle voulait que Tiphaine lui rende la pareille, mais ça n’était pas ça. Dessous, elle avait un slip noir tendu d’une manière anormale. Je n’ai compris ce dont il s’agissait que quand elle l’a baissé et que s’est dévoilé un gode rouge sombre accroché à sa taille, dont la vision a semblé ravir Tiphaine.
— Suce-le comme tu sucerais une queue, a commandé la blonde d’un ton sans réplique.
Tiphaine ne demandait que ça. Elle s’est redressée et a avalé le gode avec avidité, faisant aller et venir sa bouche dessus. À cause de ce mouvement, elle a fait frotter la base de celui-ci contre les parties intimes de la blonde, qui a gémi de plaisir.
Tiphaine a fini par se basculer sur la table, totalement offerte, les jambes écartées. Je me suis levée pour changer d’angle parce que je voulais mieux voir. C’est à ce moment que Tiphaine a semblé s’apercevoir de ma présence et qu’elle a jeté :
— Il me faut deux queues dans le ventre, la tienne et la sienne.
Pour quelqu’un qui a faisait preuve d’une rare froideur à mon égard j’ai été on ne peut plus surpris.
La blonde a reculé jusqu’au buffet, elle a ouvert un tiroir dans lequel elle a été chercher une boite de préservatifs. Elle en a extrait deux capotes. Elle a ouvert un premier emballage, et a ajusté la première capote sur la bite de plastique. Ça a fait sourire Tiphaine. La blonde m’a fait signe de m’approcher, alors que je me tenais à l’écart. Elle a défait mon pantalon et en a sorti une queue roide, que les deux femmes ont regardé avec avidité.
— Il a tout ce qu’il faut, a complimenté la blonde.
Elle m’a attrapé et s’est mise à me caresser doucement. J’ai pris du volume. J’ai eu un spasme, et, un instant, j’ai craint de jouir.
— Maîtrise-toi, m’a jeté Tiphaine d’un ton sec.
La blonde a fini par m’envelopper de plastique. Elle s’est détournée de moi et s’est approchée du ventre offert de Tiphaine. J’étais tout près, maintenant, et je captais tous les détails. Le gland de plastique se posant sur les lèvres, qu’elle n’a enfoncé que de quelques millimètres, ce qui a pourtant été suffisant pour faire crier Tiphaine. Celle-ci a frotté son clitoris gonflé. Elle a craché un geyser de sécrétions qui ont éclaboussé ses chairs. La blonde s’est enfoncée plus profond. Elle a attrapé Tiphaine par les hanches et l’a tirée à elle, parce qu’elle était trop loin pour parvenir à rentrer complètement en elle.
J’avais envie de sortir du schéma qu’elles m’avaient imposé, être simplement un substitut à cette queue qui bougeait dans le ventre de Tiphaine. Je suis venu me placer derrière la blonde. Dans sa position, penchée ainsi en avant, elle m’offrait sa croupe pleine, les plissements de son anus, et sa chatte le long duquel passaient les deux lanières du harnachement qui maintenait le gode à sa taille. Les lanières appuyaient sur sa chair et accentuaient l’ouverture de son sexe, me laissant voir l’intérieur rose d’une vulve aussi baveuse que celle de sa maîtresse, dégoulinant sur le cuir et sur ses chairs.
Elle était tellement dans la pénétration de Tiphaine, et dans le plaisir qu’elle en ressentait qu’elle ne m’a pas vraiment perçue alors que je m’accrochais à elle, et que je rentrais dans son sexe. Elle a eu une sorte de sursaut alors que je frottais mon gland contre ses lèvres. Elle m’a donné son assentiment :
— Oui, comme ça c’est bien, remplis-moi.
Je ne me le suis pas fait dire deux fois, et je suis venu au fond d’elle, gainé par sa muqueuse.
C’était un étrange assemblage que celui qui nous réunissait, mais il s’est créé entre nous une sorte d’alchimie, alors qu’elle allait et venait dans le vagin de Tiphaine, et que moi je bougeais en elle. Nos sensations étaient exacerbées, et je percevais, à travers la blonde, la jouissance de Tiphaine.
La blonde m’a fait sortir d’elle, et s’est écartée. Elle m’a poussé vers Tiphaine, dont le regard manifestait un état second, quelque chose à mi-chemin entre la jouissance et la folie. Je suis venu en elle, et je l’ai fouillée.
Si j’avais pu imaginer que cette semaine au service d’une association se déroulerait ainsi. J’avais bien fait de signer. Et je n’étais pas au bout de mes surprises. J’ai senti la blonde se positionner derrière moi. Elle m’a soufflé :
— J’ai enduit le gode de crème… Tu vas aimer, tu vas voir…
Je me suis demandé ce qu’elle voulait dire par là, jusqu’au moment où j’ai senti le gode de plastique appuyer contre mon anus…Je me suis dit non, elle ne va pas oser ! Et pourtant, si ! Était-ce la crème, sans doute anesthésiante qu’elle avait utilisé, je n’ai pas vraiment souffert. Pourtant, je me suis vite senti rempli. Elle s’est mise à bouger en moi.
— Hein, mon cochon, on ne t’a jamais fait ça, m’a soufflé la blonde à l’oreille.
On a interverti nos rôles. Elle est revenue dans le ventre de Tiphaine. Je me suis dit que je pouvais bien lui rendre la monnaie de sa pièce, et je suis venu poser mon gland contre son anus. Je suis rentré en elle sans effort. Elle devait être habituée de la chose.
C’est comme ça qu’on a fini par jouir, accrochés l’un à l’autre, dans quelque chose de chaotique, où nous n’avions plus vraiment conscience de notre identité, masse de chair mêlée.
Le reste de la tournée a été plus calme. On ne s’est pas dit grand-chose, vidés de toute énergie. L’hostilité et la froideur de Tiphaine avaient définitivement disparu. Elle me couvait même de l’œil, du coin du regard. On a fait le tour de la ville. Des regards échangés avec des hommes ou des femmes que nous avons rencontré, dans sa quête, m’ont fait comprendre qu’il y avait AUSSI quelque chose entre eux. Elle m’a expliqué, pour satisfaire ma curiosité :
— Je me suis fait une sorte de planning.
On est revenus à la banque alimentaire sur le coup de treize heures. Geneviève semblait émerveillée par tout ce qu’on ramenait.
— Cette fille est une magicienne… Je ne sais pas comment elle fait !
J’ai eu envie de répondre :
—Moi, j’en ai une petite idée.
Mais je n’ai rien dit.
On s’est mis en devoir, Tiphaine et moi, de répertorier les entrées, et de tout ranger. Ensuite, il fallait répondre aux demandes des associations, et charger les camions. Pourtant, sur le coup de 14 heures, on avait fini.
— Tu as bien travaillé, m’a complimenté Tiphaine, avec un sourire chaleureux. Je crois que ça mérite une récompense.
On était dans une pièce à l’arrière, tranquilles en ce début d’après-midi. Elle s’est penchée sur moi, et a attrapé ma queue pour la prendre dans sa bouche.
Je suis parti une demi-heure plus tard. Avec du sperme autour de la bouche, Tiphaine m’a jeté un joyeux :
— À demain matin !
Geneviève était à sa voiture. Elle s’est tournée vers moi alors que je m’éloignais :
— Alors, cette première journée ?
— Ça s’est très bien passé.
— Chaque jour est différent ici.
— Il me tarde d’être à demain.
Je n’avais jamais sans doute exprimé aussi parfaitement ma pensée.
Et je suis rentré chez moi en imaginant les mille possibles de ce lendemain.

 

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