LA MERE NOEL N’EST PAS UNE ORDURE partie 1

LA MERE NOEL N’EST PAS UNE ORDURE partie 1

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Frederic Gabriel




 

Début décembre, Denis et moi on est au Vertigo, comme d’habitude. Dix ans qu’on le fréquente, ce troquet.

On a fait nos études ensemble dans cette petite ville, école de commerce faute de mieux, et puis on a fait notre vie, quoi. Lui il a repris une agence immobilière, moi je gère un petit restaurant. J’ai toujours aimé cuisiner.
Au bout de dix piges, on a évolué, c’est sûr. Mais notre amitié demeure indéfectible, et aussi ce petit jeu auquel on joue deux fois par an. Chaque année à la même époque, on se lance mutuellement un défi.
Un défi qui concerne généralement les femmes.
Il faut dire que l’un comme l’autre, on est des queutards, et si vous croyez que nous nous sommes calmés avec le temps qui passe et toutes ces conneries, laissez-moi vous dire que c’est plutôt le contraire.
Notre dernier défi remonte au mois de juin. On devait avoir un rapport sexuel avec une touriste. Et en donner la preuve. Plutôt facile, d’accord, mais la difficulté n’est pas de le réaliser, mais d’y arriver en premier ! De la saine compétition sportive, en somme.
Le restaurant attirait pas mal de touristes, donc j’avais plutôt la partie belle. J’étais fasciné par une jolie espagnole, la vingtaine, un corps souple, une croupe bien pleine où je rêvais de m’enfoncer. Elle était aussi souriante que chaleureuse, et venait manger matin et soir. Elle m’avait expliqué qu’elle ne devait pas venir seule en France, mais son banquier de mari, avait malheureusement été retenu par du travail et qu’il l’avait laissée partir seule. J’avais eu envie de lui répondre que, s’il perdait beaucoup de choses, d’autres sauraient en profiter.
Je l’avais draguée de façon légère ; tandis que partaient les derniers clients, elle m’avait jeté :
— Tu es très gentil !
Elle parlait plutôt bien Français, mais avec un accent épouvantable, ce qui m’amusait. Elle s’était levée, était venu jusqu’à moi et, m’attrapant par le col de ma chemise, m’avait fait me pencher vers elle, et m’avait embrassé à pleine bouche, sa langue fouillant ma cavité buccale avec avidité.
Ça n’avait été qu’une formalité de l’emmener dans l’une des chambre de l’étage. On avait passé les deux heures suivantes à s’envoyer en l’air dans à peu près toutes les positions possibles. J’avais rarement vu une fille aussi frustrée. Son mari devait passer beaucoup de temps au bureau et très peu à la maison.
Elle repartait à la fin de la semaine. Il nous restait trois jours. Ça avait été une sorte de révélation pour elle comme pour moi. Elle venait manger, et ensuite on montait dans une chambre. Elle restait jusqu’à 16 heures, je redescendais préparer le dîner. Sur le coup de 23 heures, quand le dernier client était parti, je laissais tout en plan, et on s’envoyait en l’air jusqu’à deux heures du matin.
J’avais pris des clichés subrepticement, avec mon téléphone portable, pendant qu’on baisait. Aujourd’hui, plus aucune fille n’accepte de faire des photos ou des vidéos, parce qu’elles savent que ça se retrouve tôt ou tard aux yeux de tous sur la toile. Donc j’ai œuvré dans la discrétion.
Une des photos me plaisait particulièrement : on nous voyait sur le lit, moi derrière elle, à quatre pattes, et le soleil nimbait nos corps d’une espèce de grâce et dessinait à a perfection nos silhouettes, la sienne particulièrement. Sa cambrure était exceptionnelle.

J’aurais aimé que cela dure plus longtemps.
Le dernier jour, j’avais photographié une page de son passeport pour prouver qu’elle était bien une touriste, et que je n’avais pas démérité.
Denis lui, avait emmené en promenade romantique une jeune femme qui avait loué avec une copine un appartement pour un mois. Ils avaient très rapidement fait l’amour dans la voiture, et lui aussi avait pris des clichés – plus réussis que les miens, il fallait bien l’admettre. J’avais été sidéré par la qualité des images, leur netteté. Elles avaient été prises d’ailleurs à une distance respectable. Il avait pour cela un secret : il avait dans son coffre un drone qu’il manœuvrait à distance. On n’a pas encore en Europe l’habitude de lever la tête. Il avait pris la fille en levrette, elle appuyée contre le capot, lui derrière, et enchaîne une série de clichés en utilisant une télécommande, sans que la fille ait même l’idée qu’ils étaient filmés. Elle était superbe, brune grande et fine, avec de longs cheveux.
On commande. Lui prend un café glacé, moi un Irish coffee. On parle de tout et de rien, la vie, le passé, nos commerces.
C’est moi qui prends l’initiative.
— Je te propose un nouveau défi. Réalisable en un mois. On se retrouve ici le deux janvier.
— Je t’écoute, propose, me lance-t-il.
— J’ai un rêve, chaque année, en cette période, que je ne suis pas encore arrivé à réaliser. Je voudrais me faire une Mère Noël…
À voir son expression, je comprends que j’ai touché dans le mille.
Tous les jours que Dieu fait, l’esprit d’un homme est traversé par mille sollicitations féminines, qui le troublent et le font fantasmer. Ça peut être une jolie silhouette moulée par un jean serré dans la rue, une fille à la jupe courte qui croise les jambes, les dévoilant dans le bus ou à la table d’un bistrot, un beau décolleté aperçu à la poste quand l’employée vous vend un carnet de timbres… Ce peut être aussi une de ces Mères Noël que l’on croise dans les commerces, dans les rues, dans des animations diverses tout le mois de Décembre… Au départ, il y avait majoritairement des Pères Noël, mais au fil du temps, les décideurs ont pensé que son équivalent féminin ajouterait une touche sexy qui relancerait le commerce, et ils n’ont pas eu tort.
Cela fait des années que j’en croise. L’an dernier. J’avais accompagné mon petit neveu au Noël de la Mairie. La cérémonie, morne au possible, avait soudain pris une autre couleur lorsque une ravissante Mère Noël blonde, souriante, avait fait son apparition, enveloppée dans un superbe manteau rouge qui moulait ses charmes à la perfection. Belle occasion de se rincer l’œil ! La ravissante blonde n’était pas frileuse, même en hiver. Elle ne portait rien d’autre, sous son manteau qui avait le bon goût de s’entrouvrir assez souvent pour rendre l’événement intéressant, des sous-vêtements rouge cerise du meilleur goût. Les enfants présents, innocents n’y avaient pas fait attention, contrairement à tous les obsédés qui les accompagnaient !
Le Père Noël fait rêver. La Mère Noël aussi. Mais les rêves ne sont pas les mêmes.
J’en avais croisé d’autres depuis. Et je m’étais dit que ce serait un bon défi.
— Ah oui, je suis intéressé, m’a répondu mon copain, l’œil allumé.
À vrai dire, je n’aurais sans doute pas donné corps à ce défi, s’il n’y avait eu, il y avait un an de cela, une sorte d’incident. La fille était restée longtemps avec nous, remplissant parfaitement sa tâche. Ça avait été parfait. L’après-midi touchant à sa fin, les parents avaient commencé à partir. La fille s’était éclipsée. C’était du moins ce que j’avais pensé.
La fête avait lieu dans les locaux de la mairie, un ancien manoir occupant le centre d’un parc, autrefois isolé de la ville. Pris d’une envie de pisser, je me suis mis en quête des toilettes. Mon besoin naturel satisfait, alors que je regagnais la fête, j’avais entendu des gémissements, et des commentaires qui s’intercalaient entre. « Oh continue, c’est bon… Oui, c’est parfait comme ça. » Et la voix du jeune type, un ami, son copain, lui disant « Ça me fait trop fantasmer de te voir habillée comme ça… Je te voulais dans cette tenue, et pas autrement… »
J’avais avancé doucement dans le long couloir, et j’avais pu en voir plus. Certaines pièces, on disait qu’il y en avait plus d’une cinquantaine en tout, n’avaient jamais été aménagées, et avaient gardé des traces du passé. C’était parce que la porte était entrouverte et qu’on n’avait jamais enlevé l’immense miroir accroché au dessus de l’âtre que j’avais pu tout voir. L’image qu’il reflétait était d’ailleurs toute proche puisque la mère Noël blonde était accrochée au manteau de la cheminée pendant que le garçon la fouillait. Sa culotte rouge, que j’avais aperçue entre les pans de son manteau tout au long de l’après-midi était au niveau de ses genoux et elle avait soulevé sa pelisse, me donnant à voir une croupe pleine et rebondie et les lèvres dilatées d’un sexe qu’un type avec le froc aux chevilles fouillait avec ardeur. Je pouvais parfaitement voir le visage de la jolie blonde dans le miroir, le détail de ses yeux brillants de plaisir, sa bouche ouverte. Elle avait crié sans trop de retenue quand elle a joui ; pour ma part je m’étais éclipsé, dans tous mes états.
Alors, forcément, vous comprenez que depuis, je crois davantage à la Mère Noël qu’à son mari – qu’au reste je n’ai jamais vu quand j’étais gamin, et pas davantage depuis !
Denis pose sa tasse de café glacé sur la table avant de me répondre avec un petit sourire :
— Excellente idée. Bon, dans un mois et un jour, à la même heure.
En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. On a l’habitude de se donner des régulièrement des nouvelles, de différentes façons, par amitié, mais on s’envoie aussi ce que l’on appellerait aujourd’hui des teasers, qui peuvent laisser penser, dans un sens ou dans l’autre, que le but a été atteint ou pas.
C’est bien de poser un pari, mais encore faut-il se mettre en position de le gagner. Et ça, ça n’est pas évident.
Le Destin a joué en ma faveur, trois jours plus tard.
Je viens de finir la vaisselle et je vais quitter mon restaurant pour rentrer faire une petite sieste chez moi avant de revenir préparer la soirée quand elle fait irruption.
Je suis immédiatement ébloui. Elle doit avoir 22, 23 ans. Elle est ravissante, une fille dans toute la splendeur de son âge, et elle sait se mettre en valeur. Ce jour-là, elle porte un jean ultra moulant, qui colle à ses hanches et son pubis, sous des cuissardes de daim marron et un top rouge léger, tendu par sa poitrine sous un blouson. Elle a de longs cheveux couleur miel qui luisent à la lumière, et un visage harmonieux, aux traits fins, avec de grands yeux noirs dans lesquels se lit à ce moment une lueur d’inquiétude. À vrai dire, elle semble tendue, et au bord des larmes.
— Bonjour, vous avez deux minutes ? me demande-t-elle.
Je n’ai pas spécialement envie de l’écouter. Je suis fatigué, et j’ai envie de rentrer chez moi. Mais il y a quelque chose qui me retient. Le fait qu’elle soit au bord des larmes, peut-être, ou plus simplement sa beauté ? Je me dis que je peux après tout me poser deux minutes.
— Je suis étudiante en commerce et je dois rédiger un mémoire pour fin février, qui a pour sujet les Père Noël, et de leur impact sur le commerce. J’ai fait une enquête et interrogé pas mal de personnes… Le problème c’est que je voudrais faire une expérience moi-même, me faire engager dans un commerce et je n’arrive pas à trouver. Personne ne veut de moi.
J’ai envie de lui répondre que les gens sont aveugles. Je me suis appuyé sur un coin de table et je la dévore du regard. Elle est vraiment ravissante, et elle l’est d’autant plus qu’elle ne semble pas vraiment consciente de ses charmes, qui me sautent aux yeux.
— J’ai fait quasiment tous les commerçants de la ville. Personne ne veut me prendre pour un mois. Je ne demande pas à être payée, tout ce que je veux, c’est faire le Père Noël.
— La Mère Noël, plutôt, je lui fais remarquer.
C’est à ce moment-là qu’elle se met à pleurer. Un torrent de larmes qui ruisselle sur ses joues. Je ne supporte pas de voir les gens pleurer et c’est sans doute pour cela que je lui dis :
— Écoutez, moi je suis d’accord. Ça mettra un peu d’animation.
Elle relève la tête et me regarde, incrédule.
— C’est vrai ? Vous me donnez ma chance ?
— Je vous verserai même une petite somme, et je vous laisserai tous les pourboires. Ça vous va ?
Éperdue de joie, elle se précipite vers moi et me saute au cou. Je sens son corps chaud contre le mien, ses formes, une poitrine plus volumineuse que je ne l’aurais imaginé. Je recule instinctivement mon bassin pour qu’elle ne sente pas que mon érection, qui avait commencé à se matérialiser à son arrivée, prend soudain du volume.
— Écoutez, je vais vous faire une démonstration tout de suite. Vous verrez que je suis bien en mère Noël…
Et sans être le moins du monde gênée, elle se met à se déshabiller devant moi. Je reste bouche bée, interdit, incapable d’aller dans un sens ou un autre, de prononcer la parole qui peut-être l’empêchera de se foutre à poil. Je ne comprends pas à ce moment que sa principale caractéristique est une ingénuité à toute épreuve, mais je le comprendrai dans les semaines qui viennent.
Je n’y avais pas fait vraiment attention, mais elle est rentrée dans le magasin, avec, outre un sac sur le dos, un grand cabas dans la main gauche. Elle en tire une pelisse rouge et blanche qu’elle pose sur une table. Elle commence par enlever ses cuissardes, en dézippant celles-ci et en les ôtant dans une pose acrobatique, puis elle enlève son jean, le faisant glisser le long de ses jambes après l’avoir défait, et ensuite c’est le tour du blouson, et du top. Elle reste devant moi dans un ensemble noir, culotte et soutien-gorge. Un type qui passait devant le restaurant s’est arrêté pour profiter du spectacle, et bientôt un deuxième et un troisième ont pris le même chemin. La promesse de ses vêtements serrés est largement tenue. Elle a un très joli corps. Suffisamment joli en tout cas pour que je sois tout raide.
Elle passe la pelisse. En quelques secondes, elle devient une ravissante mère Noël, dont les charmes sont plus dévoilés que masqués. Elle est vraiment magnifique ainsi.
Elle tourne sur elle-même. Les trois hommes dehors applaudissent.
— Je commence quand ?
— Demain matin.
J’ai trouvé la Mère Noël de mon pari, et que celui-ci est gagné.
Mais je ne me doute pas de ce qui m’attend !…

 

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