Elle se retourne négligemment vers moi et me demande du feu à la sortie du cinéma. 
Déjà, dans la file d’attente pour aller voir Saint-Laurent de Bertrand Bonello au MK2 Quai de Loire, je l’avais remarquée. Grande, blonde, cheveux longs filasses, négligée, mais plutôt jolie avec des traits de mannequin, un petit nez et des pommettes marquées, juste ce qu’il faut, mais un peu banale, le genre de visage pouvant plaire au plus grand nombre. Elle était apparemment légèrement alcoolisée, parlait fort, ça sentait le dévergondage revendiqué, genre « je fais ce que je veux, je dis ce que je veux, et je tiens à que cela se sache », une gamine, la trentaine bien désabusée. Elle était accompagnée d’une belle rousse, grande elle aussi, un look années soixante de marchande de fleurs ou de styliste est-parisien, mode rétro-pop, au goût du jour. Elle avait beaucoup plus de retenue et de contrôle que sa copine. Là c’était du sérieux, du vrai, du lourd… Un visage étonnant, rare, racé, aristocratique, qui vous attaque la rétine et les neurones bien plus nettement que sa comparse. Entre la parisienne mutine et la fée celtique. Il n’y avait qu’un artiste pour imaginer des traits aussi précis, des reliefs aussi nets et doux à la fois. Elle avait de grands yeux bleus, d’un bleu foncé, profondément positionnés dans leurs orbites, qui donnaient une grande douceur et de l’intensité à son visage têtu. Elle avait cette beauté aiguë, exactement celle qui me transperce, exactement celle qui me fait plonger. Ce n’était pas un visage, c’était un tremplin pour l’imagination et le fantasme. J’étais franchement intrigué. Pendant que je sentais cette attirance monter, le mannequin blond continuait à abreuver son amie de sa gouaille et de sa désinvolture. 
Si je voulais, je pourrais te caresser les fesses, là ! lui avait-elle dit sans se soucier des autres dans la file.

J’avais une oreille qui traînait, je ne pouvais pas rater ça. Je me souviens, la jolie rousse lui avait attrapé le bras avant d’entrer dans le hall du cinéma, gentille façon de lui demander de se calmer. Bref, deux jolies femmes, complètement dissemblables, qui voulaient se la jouer bi, à moins qu’elles ne soient effectivement deux lesbiennes véritables. Pourquoi pas. Impossible de le savoir en cet instant. C’était très excitant en tout cas, ce petit doute. Je me suis dit sur le coup que ce « tout est possible, tout est permis », comme ça, devait être la marque de toute civilisation qui a atteint son apogée et sa maturité, qui n’avait plus grand chose à prouver, sauf à maintenir à tout prix son empire et sa supériorité. La blonde était comme une incarnation de cet aboutissement, un fer de lance de la civilisation occidentale parvenue à son sommet, juste avant la bascule.

Elle est maintenant là devant moi, et m’adresse la parole. Je lui passe mon briquet.

Tenez prenez, gardez-le, j’en ai un autre.

Elle me jette un coup d’œil rapide et tandis qu’elle allume sa clope, je me risque à une amorce de conversation.
Ce n’est pas vous dans la scène de shooting avec Helmut Newton la nuit dans Paris ? 
Non, j’aimerais bien, la classe !
Ah, j’ai cru en vous voyant. Vous avez aimé le film ?
Ouais, géniaaal, j’ai adoré. 
Ah bon, moi j’ai un avis un peu mitigé… 
Mais, qu’est-ce que je raconte ? Elle s’en fout de mon avis. Qu’est-ce que j’ai à me mettre à vouloir lui expliquer ma vision du film ? Elle s’en fout. Je ferais mieux de trouver quelque chose de marrant pour attirer son attention. 
La grande rousse arrive, elle a dû faire une halte aux toilettes.

Bonsoir ! dit-elle.

Elle me lance un regard qui signifie vaguement que j’empiète sur ses plates-bandes. Petit instant de flottement déstabilisant où je me sens clairement relégué au rang de gros plouc inopportun. Après Saint-Laurent, ça fait mal. 
La blonde dit qu’elle est fatiguée, veut rentrer se coucher pour retrouver son lit. (Avec sa jolie copine, sans doute, me dis-je…) Gêné par la situation et ces dernières paroles, je prends la tangente.

Alors, bonne nuit !

Je pars, les laissant derrière moi. 
Mauvaise décision, très mauvaise. Je leur proposerais bien de prendre un verre pour discuter un peu du film… Non c’est nul, elles s’en foutent de moi et de mon avis. Il faut absolument que je trouve quelque chose à dire, vite. Je me retourne. 
Bon, et si on rentrait ensemble. Mais attention, si je reste avec vous, vous allez tomber amoureuses de moi. Et je n’ai pas de temps à perdre. Mais si vous insistez, par charité, je peux faire un effort. 
La blonde se met à pouffer de rire, tandis que la rousse m’envoie un regard étonné, mais elle sourit quand même.
Ah ! Pourquoi, tu penses qu’on va tomber amoureuses de toi ? Quel toupet !
Je ne sais pas, comme ça, une intuition. 
Ah bon. Oui mais nous on a envie d’aller dormir. 
(Mon œil.) 
Ben on pourrait dormir ensemble. C’est vrai ça, c’est pas parce que vous êtes canons que vous devez être si égoïstes ? Mais, je ne voudrais surtout pas m’imposer… 
Je disais n’importe quoi.
Oui, mais là t’insistes quand même vachement. T’es un peu lourd toi.
— Écoutez, pour tout dire, je vous avais déjà remarquées dans la file d’attente et je vous trouve toutes les deux magnifiques, et je me suis trop longtemps empêché de dire ce que je pense avec les filles. Aujourd’hui, j’ai envie que ça change. Et… je dois avouer que je vous trouve toutes les deux…
Magnifiques, tu l’as déjà dit, me lance la blonde en se marrant.
Je fais mine de le prendre mal. Je regarde sur le côté, l’esplanade s’était vidée. 
Qu’est-ce que vous en pensez, vous ? 
Pas de réponse de la belle rousse. Bon, c’est râpé, allez je me tire. Je fais demi-tour, la partie est perdue, mais je suis fier d’avoir eu autant d’audace. Je me dirige vers la passerelle qui enjambe le canal. 
Tout en marchant, j’entends des pas derrière moi, ça chuchotait. 
Hey, te vexe pas. Tu vas par où ? On peut faire un petit brin de chemin ensemble, dit la blonde. 
Yeah ! Mon audace a payé. Nous voilà partis, elles bras dessus bras dessous, moi marchant à leur côté. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Ça, j’ai mis un certain temps à l’admettre. Et je vous avouerais franchement, je ne me sentais pas complètement à l’aise. Ne dis rien, sinon tu vas encore sortir une connerie d’une banalité à pleurer. Les rues étaient désertes, seules quelque ombres passaient au loin.
T’es notre body guard, dit la blonde en rigolant.
Oui, c’est toi qui le dis. Mais, ça ne me déplaît pas !
Si on se fait emmerder, tu nous défendras ?
Vous êtes super bien tombées, j’suis le plus chouette des body guards du quartier !
Soudain, la blonde lâche le bras de sa copine et se met en travers de son chemin.
Salut beauté ! Tu voudrais pas me sucer ?
Elle se met à lui tourner autour et au passage à lui caresser les fesses.
Hey ça va pas ! Fais gaffe, y a mon garde du corps qui va te casser la gueule ! lance sa flamboyante victime… Alors qu’est-ce que tu fous, t’es mon garde du corps oui ou non ? me dit-elle, se forçant un peu pour jouer le jeu.
Euh, oui, c’est vrai. « Hey vous là ! Veuillez ne pas importuner madame, c’est quoi ces façons ! » (Nullissime, ridicule) Au fait, comment t’appelles-tu ? 
Sophie, dit-elle en continuant à houspiller sa copine de plus belle.
Et vous, euh et toi ? 
Myriam, sur un ton doux et neutre, tandis que la blonde continuait avec sa main baladeuse.
Fous lui la paix ! Qu’est-ce que tu dirais si je t’emmerdais comme ça ? 
Subitement, je lui attrape le poignet et lui remonte dans le dos. La prise l’immobilise, elle se casse en deux, grimace et plie les genoux. Elle a le cul bien moulé dans son taille basse, les bretelles de son string dépassant largement au dessus du jean.
Et si moi aussi je te mettais la main au cul, qu’est-ce que tu dirais ? Hein ?
Je lui donne une bonne tape sur les fesses. 
Hey, tu crois que ça marcherait ça, si tu tombais sur une bande de cailleras ? dit la blonde à genou à la fois étonnée et légèrement vexée.
Non, je ne suis pas sûr !
Elles se mettent à rire toutes les deux.
Tu me fais un sacré garde du corps toi !
On fait ce qu’on peut, en attendant t’as arrêté d’embêter Myriam. 
Ouais. Et elle attrape le visage de la rouquine et lui colle ses lèvres fougueusement sur la bouche. 
D’accord, je vois…
La rousse répond à son baiser et saisit le visage de sa copine à pleine main. Je ne sais pas trop où me mettre. 
Mais, à ce moment précis, encouragé par le précédent succès de mon audace, je n’ai qu’une envie, c’est d’être invité à la fête et de caresser moi aussi les fesses de la belle Myriam sous sa robe, de sentir le tissu glisser sur ces prometteuses rotondités. Un fantasme absolu, si près de devenir réalité, si je ne foire pas trop. Ma main ne m’a pas obéi. Non, pas maintenant. Je ne me sens pas autorisé à un geste aussi hardi par celle à qui il était destiné. Elle m’intimide quand même superbement.
On arrive en bas de chez Sophie, avenue Simon Bolivar. 
Allez, t’as été sympa, on t’invite, on a de la vodka et du rhum. Viens body guard !
Je voulais être sûr. 
Allez, fais pas ton débile, viens !
Okay, je vous suis belles hétaïres ! dis-je totalement surpris et dépassé par cette sortie intempestive. Je ne sais pas si elles vont bien le prendre. Parti comme ça l’est, il va falloir tenir le rythme, mais tout compte fait, je ne m’en sors pas si mal : je suis invité à passer la soirée avec deux superbes femmes, moi le timide invétéré, moi qui ait toujours évité d’aborder les femmes que je trouve belles par peur de me trouver bête et de prendre un râteau.
T’as vu, wouaahouh, il nous a traité de putes ! Ah tu veux qu’on soit tes putains ? Tu vas être servi monsieur connard. De nouveau, gloussement de la blonde.
La montée de l’escalier est paraît-il le meilleur moment d’une rencontre galante. Je confirme. Elles arpentent les marches devant moi, me jetant de temps en temps un regard pour voir si je ne rate rien du spectacle de leur ascension vers un possible Olympe de luxure, Olympe inespéré autant qu’inattendu. Le jean de la blonde bombe magnifiquement de gauche à droite, comme deux vases communicants qui se remplissent alternativement au rythme de ses pas. À ses côté, les jambes de Myriam, telles deux fuseaux blancs et lisses, m’hypnotisent littéralement ; mon regard se perds dans ces courbes mouvantes s’entrecroisant, lignes de fuite s’élevant irrésistiblement dans la pénombre sous la robe jusqu’à atteindre de temps en temps, au gré des légères ondulations du tissu, la naissance majestueuse de ses fesses. C’était le pire émerveillement visuel que j’ai jamais connu. Je suis abasourdi, les lois de l’attraction universelle, les force gravitationnelles et atomiques, c’est de la gnognotte à côté.

Sitôt dans l’appartement, elles commencent à se tortiller et à se déshabiller l’une l’autre, tout en se servant des coups à boire et à se prendre la bouche. De l’index sur la télécommande la blonde lance une musique country qui les excite encore un peu plus. Leur corps se frôlent dans la lumière tamisée du salon. Je sens leur chaleur, leur attraction, leur excitation. Le spectacle est envoûtant, je perds totalement pied. 
C’est qui les connasses ? C’est nous ! Et qui c’est le connard ? C’est toi ! Ha ha ha !
Wouahh, la température monte de plusieurs cran, je n’en reviens pas, c’est violent, je me sens mal à l’aise. Je n’ai pas l’habitude que ça grimpe aussi vite, c’est un peu trop pour moi, peur au ventre de ne pas être à la hauteur de la situation.
Ouais, pas faux. Je me sens un peu con. Je crois que je vais partir.

Je me dirige vers la porte.
Non allez, reste, on rigole ! T’as des couilles ou pas ?
Bof, j’sais pas trop pour l’instant.
Attends, on va vérifier ça tout de suite. 
Hey, non, non, les filles, vous allez trop vite pour moi. J’aime bien prendre mon temps, profiter du spectacle aussi longtemps que possible.
Bah, mais t’es un p’tit mateur toi, c’est tout ? C’est ça, tu veux nous mater en train de baiser ?
Ben, euh… oui, pourquoi pas, je trouve ça excitant. 
Et nous, si ça nous excite de voir tes boules et ta queue ! On voudrait être sûre que t’en as. T’es sûr que t’es pas pédé ? Hein ? Oui montre nous ta queue, ta queue, ta queue ! Moi je veux la voir ta queue espèce de salaud, dit la blonde transformée en diablesse déchaînée.
La reine rousse me regarde avec un soupçon de compassion (ou de pitié ?). Son regard me rassure et me remplit d’une indescriptible joie. D’un côté, l’arrogance de la blonde me glace le sang, de l’autre cette discrète marque de complicité brûle comme une petite flamme qui me réchauffe délicieusement. Elle m’encourage.
Qui est-elle ? Que fait-elle en ce siècle ? Plus prosaïquement que fait-elle dans la vie ? Comment aime-t-elle ? Que fait-elle avec cette blondasse ? Quelles sont ses faiblesses, ses vices ? En a-t-elle, d’ailleurs ? Qui sont ses amis ? Dans quel monde vit-elle ? Comment dort-elle ? Pyjama, nuisette, nue ? Sur le ventre, le côté en chien de fusil, flanc droit ou le gauche ?… Comment fait-elle l’amour ? J’en ai le tournis, je veux tout savoir d’elle. La seule chose que je n’ignore pas, c’est que ce n’est pas une chieuse. La vérité doit toujours sortir de cette bouche et de ces yeux. C’en est presque intimidant. Un regard pareil, on n’a pas droit à l’erreur, disgrâce immédiate, mise à l’index, catégorie médiocres. C’est une reine descendue chez les humains.
Sophie s’approche de moi et m’attrape les couilles à travers le pantalon. 
– Humm, mais c’est qu’il en a ce p’tit coco là !
Vraiment, zéro inhibition la Sophie. Myriam, ayant tout deviné, vient à mon secours, lui prend la main et la pose sur sa hanche, détournant du coup son attention, et l’embrasse à pleine bouche. J’en profite pour me taper un verre de rhum afin de me remettre de ces émotions et de me donner du courage. 
Sa robe se soulève sous les mains insistantes de Sophie, laissant apparaître la blancheur de ses cuisses. D’un geste nonchalant elle s’empresse de dissuader sa copine d’aller plus loin. Tout en l’embrassant, pour ne pas laisser le mannequin éméché en reste, elle lui soulève et retire son t-shirt, puis fait sauter son soutien-gorge, laissant apparaître d’adorables petits seins blancs. Elle les caresse puis les porte à sa bouche. Je me ressers un deuxième rhum pour me donner une contenance, mais ne perds pas une miette de la scène. Je me sens salement durcir dans mon fut.
Sophie se met à rire, et à vouloir déshabiller Myriam qui continue à faire de la résistance.
Hey qu’est-ce qui te prends ? C’est ce crétin qui te dérange ? Tu veux que je le foute dehors ?
Après deux secondes interminables pour moi, elle répond :
Non, laisse-le, il est sympa, il aime regarder, on a tout le temps. Il veut te voir à poil. 
Ah ouais, tu veux mater mon cul salaud, dit-elle, mauvaise, en riant. 
Elle déboutonne son jean et se tortille pour le faire descendre à ses pieds. Puis elle fait rouler son string et se retrouve totalement nue. 
Ah tu veux voir mon cul ! Mais t’y auras pas droit, t’auras pas le droit de toucher, ordure.

Elle fait demi-tour, entame une ébauche de danse et vient coller ses fesses contre mon visage. 
Alors comment tu le trouves ? Il te plaît mon pétard ? 
Il est parfait, il est superbe. 
Deux globes magnifiquement moulés qui dansent sous mes yeux d’une belle manière, et une bonne petite chatte glabre bien dessinée au milieu, qui me nargue et me fait de l’œil. 
Et alors quoi, t’es pédé ? T’as pas envie de me la bouffer salaud ! Aller lèche-la, vas-y, lèche moi la chatte ordure ! dit-elle en minaudant et se tortillant comme une démente. 
À moitié ivre, j’attrape les deux globes, les embrasse tour à tour, je les écarte pour y enfouir ma tête et prends sa moule à pleine bouche. Elle a un léger goût de pisse, qui s’estompe au fur et à mesure que je la lui mange, laissant place à un jus délicieux et abondant. Putain, comme elle mouille, la garce ! Elle se met à gémir et prend ma tête d’une main pour se l’appuyer un peu plus contre sa chatte gluante. Des deux mains je sépare les fesses et lui lèche l’anus en passant mon pouce dessus, imprimant une pression à la limite de la pénétration. Elle gémit de plus belle. 
Ah salaud ! Putain, salaud !
J’entends bouger Myriam derrière moi et me demande ce quelle pense en me voyant m’affairer ainsi sur le cul de sa copine. Je suis gêné mais ne peux pas me dérober, au risque d’attirer les foudres et les insultes de cette chatte furieuse magnifiquement lubrique. 
Je ne sais pas si les femmes de ce monde ont toujours été de tout temps aussi libérées, ou si c’est un effet de notre époque permissive qui les a libéré de toute inhibition. Ça a toujours été chez moi, et c’est toujours, une source de grand étonnement. Mais j’adore. 
Je pencherais volontiers pour la deuxième proposition. Les hommes ont de quoi se faire du souci pour arriver à suivre le mouvement. Dans certaines régions du monde, ils ne supportent pas de perdre le contrôle de la situation, ainsi que leurs sales prérogatives de mâles. Ils n’ont pas trouvé d’autre solution que d’opprimer leurs sœurs, de les cacher sous un voile et de les soumettre à leur entière domination. Et maintenant que le monde est devenu totalement connecté et poreux, n’importe qui où qu’il soit peut voir des photos et vidéos salaces de toutes les femmes de la planète, je me demande quelle bombe atomique est en train d’exploser dans les cervelles de ces frustrés qui matent des images pornographiques sur leurs téléphones portables tout en s’appliquant les règles religieuses les plus rigides que l’on n’ait jamais connues depuis l’Inquisition en Europe. Oui, rien d’étonnant qu’ils nous haïssent, c’est une bombe atomique qu’ils ont dans la tête. 
Pour ma part, ayant été élevé en dehors de toute religion, dans les plus purs principes de la laïcité, je n’ai aucun problème moral particulier avec la débauche du moment. Les seuls problèmes que je connaisse ne sont qu’avec moi-même, avec mes propres inhibitions et insuffisances. Cela m’arrive chaque fois que je fais face à des personnes plus intelligentes ou plus délurées ; leur agilité et leur liberté d’esprit me submergent, et me font me sentir complètement nul. 
Alors que mon pouce continue lentement mais sûrement à déprimer son anus, Sophie, son magnifique cul toujours collé contre mon visage, me prends de nouveau à partie.
Alors là, petit con, t’as mis ton doigt là où il fallait, t’as plus qu’à m’enculer en plus de ça ! Non mais t’as vu ça Myriam, notre ami a osé me mettre un doigt dans le cul. Hou la la ! Mais faut surtout pas te gêner ! Elle était réellement enragée, prête à me sauter à la gorge.
Elle éclate soudain d’un rire totalement dément qui achève de me déstabiliser. J’imagine qu’elle est une habituée des soirées de la jeunesse jet-setteuse, cocaïnée et partouzeuse de Paris, où l’on doit prouver qu’on a de l’esprit en se payant de bonnes vannes bien tordues pour sélectionner avec qui s’envoyer en l’air. Je suis redevenu un plouc.
Je regarde Sophie, dont le rire me terrifie. Je me tourne vers Myriam, qui en guise de réponse ouvre ses bras en m’offrant ses deux paumes écartées, comme pour me dire « débrouille toi mon garçon, c’est ton problème ». Elle, elle mate et n’en perd pas une miette.
Je la désire comme c’est pas possible et en même temps j’ai la tête dans les fesses de sa copine, je bande comme un âne, mais pas pour celle que je voulais. Quel bazar ! Myriam m’intéresse mille fois plus que cette chienne lubrique enragée de Sophie. Myriam est une reine, elle est le sommet, la quintessence de tous mes espoirs de conquête féminine, elle est capable de faire fondre en moi toute velléité stratégique,… toute volonté tout court à vrai dire. Elle est là derrière moi, souriante, les mains écartées, me matant en train de lécher sa copine. Son geste est ambigu, il peut aussi vouloir dire « Et moi, tu ne t’occupes pas un peu de moi ? ». Et merde, qu’est-ce que je peux faire, empêtré que je suis entre mon désir d’absolu et d’extase avec Myriam et la réalité toute aussi absolue et terriblement excitante du cul de Sophie. Elle incline la tête, décroise et recroise les jambes, passa la main dans ses cheveux. Inextricables hiéroglyphes du désir féminin. Elle se lève, va se servir une vodka, boit la moitié du verre et le tend à Sophie, qui la mange des yeux et avale goulûment la vodka. Ça recommence, je n’existe plus. La grande blonde se redresse sur ses jambes et place un baiser dans le cou blanc de la reine rousse, le lèche et descend sur son décolleté tout en empaumant ses seins à travers sa robe fleurie. Myriam se laisse faire, puis reprend l’initiative en se penchant à son tour sur les petits seins de Sophie. Elle leur prodigue de jolis baisers sur leurs bouts dressés, et cela m’électrise jusqu’au bout du gland. 
Pour l’heure, je suis incapable de savoir comment les choses vont tourner !…
J’imagine déjà le corps sublime de cette Gilda en proie aux assauts de Messaline, leurs chairs entremêlées, se déchaînant comme dans cet affreux film de Kechiche, La vie d’Adèle… entre plaisir de mater et nausée.
Tout à mes pensées, je vois Myriam dégrafer sa robe et se mettre complètement nue, dévoilant son corps de déesse, incroyablement sensuel. Sa poitrine est magnifique, magique, elle a des seins généreux, impressionnants de leur beauté fragile, ils remplissent ma rétine et attirent ma bouche comme des fruits irrésistibles. Ses hanches amples surplombent un fessier à se damner. Elle avance vers un coin de la pièce où se trouve une douche donnant de plein pied sur le salon. Elle ouvre le robinet, se place sous le jet, se savonne lentement, faisant mousser sa toison châtaine. Elle se rince longuement, sortit de la douche, se sèche, se rhabille et prend le téléphone. Le temps s’est arrêté. Elle commande un taxi. Sophie et moi nous taisons, interloqués. 
Tu vas où ?
Je vous laisse, vous n’avez qu’à continuer sans moi, je rentre.
Sophie complètement ivre, ne trouve pas les mots pour la retenir, balbutie vaguement :

Mais qu’est-ce que tu fous, pourquoi tu t’en vas ?
Au moment où elle s’apprête à franchir la porte, je m’interpose et l’implore de rester. Il n’est pas possible qu’elle s’en aille, je ne peux pas rester seul avec sa copine ivre, tout ça n’a de sens que si elle reste, elle ne doit pas partir, je n’ai envie de Sophie que parce qu’elle est là, j’ai besoin qu’elle reste. Elle me regarde droit dans les yeux, cet instant est interminable. Elle ferma les siens lentement et vient poser ses lèvres sur les miennes. Je réponds à son baiser ; elle m’interrompt en plaçant son index sur ma bouche. Elle prend ma main et m’emmène à côté de Sophie, qui est dans un sale état. Elle lui caresse le visage, l’embrasse et guide ma main vers les fesses de son amie, les caressant par ma main interposée, puis vers son sexe, imprimant ses propres mouvements à mes doigts, ce qui réveille son amie affalée. Elle sort son sein gauche de sa robe et l’offre à ma bouche. Je trouve ça extrêmement osé. Je lèche ce sein. Je prends dans la bouche ce tendre bouton de chair. Elle gémit. Puis elle me prend doucement la tête, l’incline et la dirige vers Sophie, l’enfonce dans ses fesses obscènement offertes, afin que je termine ce que j’avais commencé. J’obéis à cette main magique, et lape cette chatte endormie, qui peu à peu se remet à vivre, à juter, à vouloir se faire mettre. Quand je relève la tête pour respirer, la reine rouge a disparu.

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *