La Réserve partie 1

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Frederic Gabriel


adultèreau travail



 

Partie 1

Il est cinq heures trente lorsque je quitte mon appartement pour aller la rejoindre. J’habite depuis ma naissance la petite bourgade de V… 2700 habitants, tout le monde connaît tout le monde, les cancans vont bon train… Tout se sait. D’ailleurs je suis convaincu que, malgré mes efforts pour rester discret, une bonne partie du village sait déjà que je la rejoins tous les matins très tôt. Quant à elle… Dès les premières heures qu’elle a passé ici, vu comme elle s’habille, et parce qu’elle est jeune, belle, et qu’elle sait se mettre en valeur, on a dit qu’elle était une pute. Elle sait être chaleureuse avec les clients, mais aussi les remettre à leur place, j’en ai été témoin. Toutes les femmes du village, pour qui la séduction n’est plus qu’un lointain souvenir, si elle a jamais existé, ne peuvent que la haïr.
Le village est traversé par une grande avenue, mais je choisis plutôt la discrétion, et je pars par l’entrelacs de petites ruelles qui longent la rivière. Selon les zones, l’habitat est plus ou moins moderne, marqué d’une période, les années trente, cinquante, soixante… Heureusement il y a des possibilités de rénovation…
Tout le monde dort encore. Cinq heures trente c’est très tôt, mais c’est l’heure à laquelle le livreur vient amener les provisions commandées la veille, chaque jour, en provenance directe de la plate-forme de distribution.
C’est elle qui m’a suggéré que je la rejoigne à ce moment. Son mari dort encore à cette heure-ci et elle vient réceptionner les produits.
On parle souvent, pour les hommes, d’une érection matinale, pur réflexe. La mienne se prolonge dans le désir que j’ai d’elle.
J’arrive sur l’une des deux places de la ville. Une montée, une longue rue, et je me trouve à l’entrée de la ruelle étroite qui conduit jusqu’à leur magasin.
J’aperçois le camion, garé sur le trottoir, et le livreur qui descend les colis. Elle, je ne la vois pas encore, mais elle ne doit pas être loin. Généralement, elle contrôle tout, et elle signe les bordereaux, si la marchandise est en bonne état, et si les données sur papier correspondent à ce qu’elle a compté.
Elle et son mari disposent de deux espaces. Il y a d’un côté le petit magasin, la supérette, et de l’autre, juste en face, si l’on traverse la ruelle étroite à l’entrée de laquelle je me tiens, la réserve, avec de grands frigos, des congélateurs, et des étagères. Ce n’est pas forcément pratique de devoir traverser la ruelle ainsi mais ça ne fait, après tout, que quelques mètres.
Mon cœur se met à battre plus vite. En effet, Marie-Alice surgit de la réserve. Elle se fige un instant, juste en dessous du réverbère qui éclaire l’étroit passage d’une lueur orangée. À cette heure-ci de la journée, elle est déjà l’expression même de la féminité. Je ne l’ai jamais vue négligée, toujours parée, pomponnée. Elle me fait penser d’une certaine manière aux pin-up telles qu’elles existaient dans les années cinquante, et qui sont revenues à la mode incarnées par certaines personnes comme Dita Von Teese. La lumière dessine les courbes généreuses et idéalement réparties de son corps. J’aperçois des cuissardes rouges et une robe elle aussi rouge assortie, collante juste ce qu’il faut. Elle se retourne, et regarde un instant dans ma direction…Me distingue-t-elle dans l’obscurité ? Je jurerais que oui. C’est le genre de fille qui ne se laisse jamais prendre en traître.
Mais je reste où je suis et je la regarde avancer vers le livreur. Elle ondule des hanches, d’une manière naturelle, mais qui peut passer pour exagérée. Il est vrai qu’elle est toujours dans l’excès. Une féminité exacerbée. C’est d’ailleurs cela qui m’a séduit, et qui fait bander tous les hommes qui défilent dans le magasin pour acheter une bricole qu’ils auraient pu acheter ailleurs. Ils viennent simplement pour la mater. Je parierais que leur chiffre d’affaires a explosé depuis qu’ils ont repris le magasin, il y a un an de cela.
Le livreur la regarde avancer, et même d’ici, je vois bien qu’il est subjugué par elle. Il lui tend le bloc avec le bordereau imprimé. Imperturbable, elle l’ignore, et s’accroupissant, elle se met en demeure de vérifier la commande. Ça lui prend un petit moment. C’est seulement quand elle a enfin fini qu’elle se redresse, et qu’elle vérifie les bordereaux, puis les signe. Le type remonte dans son camion et démarre dans un brinquebalement de ferraille. Je sors de l’obscurité, et je vais la rejoindre. Dans un mouvement naturel, nos bouches se rejoignent et nos langues s’accrochent. On les frotte un moment avant qu’elle ne me propose :
—Tu m’aides ?
Comme tous les matins. Il y a pas mal de matériel à transporter et à ranger. Son mari, lui, dort du sommeil du juste pendant ce temps.
Je repense à la manière dont notre histoire s’est nouée. Ça s’est fait autour d’un pack d’eau gazeuse. Comme quasiment tout le monde le fait aujourd’hui, j’allais souvent chercher quelque chose pour compléter des courses faites au supermarché, pour moi ou ma mère. Je connaissais bien d’ailleurs les anciens gérants, pour la bonne et simple raison qu’ils habitaient tout près de chez ma mère. Ils m’avaient présenté, un soir, leurs remplaçants. L’homme, dans la cinquantaine, chaleureux, et la femme, bien plus jeune et somptueuse. Le genre de femme que l’on regarde en se disant : elle n’est pas pour moi. C’était comme une œuvre d’art sous une vitrine, qu’on ne touchait pas et qu’on ne toucherait jamais. J’avais d’ailleurs surtout perçu la fierté de son mari, qui semblait dire regardez ce que j’ai, à moi, et rien qu’à moi, cette magnifique poupée, parfaite en tous points.
Ma mère m’avait appelé sur mon portable :

Passe me prendre de l’eau gazeuse, je rentre du supermarché, je ne l’avais pas marqué sur la liste des courses.
Je finissais à quatre heures pile. Je m’étais rendu à la supérette. Je l’y avais trouvée seule. Debout à la caisse, elle encaissait l’argent d’un petit vieux dont les yeux sortaient des orbites à force de la regarder, qui prenait tout son temps pour payer alignant exprès des pièces jaunes pour un pack de bière. De dos, j’aperçus des bottes à talon aiguille, un jean ultra serré qui exacerbait la forme de ses hanches, et dont ses fesses semblaient vouloir s’échapper tellement il les comprimait, et un chemisier blanc transparent, sur lequel coulait une magnifique chevelure brune. Elle se retourna et me fit un sourire chaleureux qui contrasta avec la froideur avec laquelle elle considérait le vieil homme. Je pénétrai dans le magasin et partis vers le rayon des boissons. Le rayon était vide, même si l’étiquette indiquait clairement qu’il y avait eu ici, à un moment des packs de boisson gazeuse. Aussi je fis le tour et revins vers elle. En m’approchant d’elle, j’eus tout le temps de la mater. Nous les hommes, on est ainsi faits qu’on ne peut pas s’empêcher de porter les yeux à certains endroits. C’est l’un des rares plaisirs de la vie, comme ça l’est de se souvenir dans les moments difficiles, d’une femme, de son corps, de son sourire, de son parfum. Je doute que les femmes fonctionnent en sens inverse. Nous sommes trop faibles…
Mon regard accrocha la poitrine, pleine, magnifiée par le soutien-gorge noir, qui accentuait la fente entre ses deux seins, la faisait plus profonde, la chair, visible sous la chemise, et la manière dont le jean dessinait d’une manière très précise, qui ne laissait rien à l’imagination, le gros bourrelet de sa vulve et la fente profonde qui la coupait en deux. A ce moment, je bandais, je n’ai pas honte de le dire.
— Il ne vous reste plus d’eau gazeuse ? C’est pour ma mère.
— De l’eau gazeuse… Normalement si, mon mari a du oublier d’en remettre en rayon. Tenez, venez avec moi…
Je l’ai suivie jusqu’à cette fameuse réserve où nous nous retrouvions ce matin. Elle marchait juste devant moi et j’avais le regard posé sur cette croupe pleine, qui me semblait nue et libre sous le jean, hypnotisé par ce balancement de hanches, naturel chez une femme mais que sans doute elle accentuait. Je respirais l’odeur d’un parfum poivré qui me faisait tourner la tête. Quand je suis arrivé à la réserve, j’étais tout chamboulé. C’était sombre, ça l’a été moins quand elle a appuyé sur un interrupteur, très vaste, et rempli de nourriture et de biens divers.
Elle a désigné un coin où étaient entassés des packs d’eau, classés par catégorie, et elle m’a dit, passant au tutoiement :
— Prends ce dont tu as besoin… Mais avant je vais te donner ce dont toi tu as besoin. Et moi aussi, parce que mon mari ne me baise plus depuis belle lurette. Tu sais, il est impuissant.
Elle est venue poser sa main en coupe contre ma queue. Difficile de nier mon envie d’elle. Il y avait dans son regard une lueur qui disait clairement qu’elle aussi avait envie, envie de sexe, pas forcément avec moi, d’ailleurs, je l’ai bien compris. Mais quand une aussi belle femme s’offre à vous, on ne se pose pas vraiment de questions, ou plutôt, on cesse de s’en poser. Je n’ai rien fait pendant qu’elle s’accroupissait et descendait ma braguette, puis mettait ma queue à nu. Elle a fait tourner sa langue dessus, ce qui a envoyé des décharges électriques dans mon corps, avant de faire aller et venir sa bouche dessus. Elle était jeune, mais elle avait pas mal d’expérience. Sans aucun doute, elle avait du prendre des dizaines de queues dans sa bouche, et ailleurs. Était-ce comme cela qu’elle avait trouvé son mari ? Elle m’avait confié, plus tard, crûment, qu’elle venait d’une famille très pauvre, et qu’elle s’était mariée avec Henri, son mari, parce qu’il lui offrait la possibilité d’un emploi, mais aussi parce qu’il avait un compte en banque bien garni. D’une certaine manière, chacun avait fait une affaire, car Henri qui auparavant travaillait pour une autre marque, devait obligatoirement être avec quelqu’un d’autre, sans que ce soit forcément un couple, pour devenir gérant d’une supérette du groupe C… Il avait vécu avec une autre femme qui était malheureusement morte jeune.
— Aujourd’hui ce sera juste dans la bouche, il faut que je retourne servir, les clients vont trouver ça louche, mais après tu auras plus. Tu me donneras ton numéro de portable avant qu’on se sépare. Je t’enverrai une proposition de rendez-vous.
Elle avait défait son jean et glissé sa main entre sa chair et le jean, même si celui-ci était très serré et elle s’était caressée frénétiquement, pour jouir elle aussi. J’avais aperçu un bout de dentelle rouge. Était-ce cela qui avait déclenché ma jouissance, sa bouche sur moi ou les deux ? Je n’en savais rien.
Elle s’était rajustée et on était repassés dans le magasin. Par chance, il n’y avait personne. Elle avait pris mon numéro, précisant :
— J’ai deux portables, rassure-toi et mon mari ne sait rien de l’existence du second.
Je ne pensais pas qu’elle tiendrait parole, mais le soir même elle me proposait de la retrouver le lendemain matin très tôt, à la réserve. Pour la première fois, trac et désir mêlés, je m’étais déplacé à travers le village. Ça avait été plus que bon, et il y avait eu d’autres aubes depuis.

 

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