L’Américaine partie 1

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Frederic Gabriel


lesbien



Partie 1

Tout a commencé un mois de novembre, voici quelques années. Je n’ai oublié aucun de ces cinq mois où elle a vécu avec nous.

Pas plus que je n’ai oublié son arrivée.

Ni la soirée où ma mère m’a annoncé qu’il y aurait une personne de plus, pour quelques mois, à la maison.

Je rentrais de la Fac, il ne faisait pas très beau, j’étais toute trempée, j’avais chopé la pluie entre le bus et ce quartier pavillonnaire où je vivais encore avec mes parents à l’âge de 19 ans. Je n’avais pas pris d’appartement, parce que la fac était à un quart d’heure de chez nous en bus, et qu’à la maison on ne roulait pas sur l’or. Ma mère faisait des ménages, mon père était plombier, mais contrairement à la légende, sans doute à cause du plombier polonais, il ne gagnait pas spécialement bien sa vie. Heureusement, ils n’avaient que leur fille unique à charge. Moi.

Je travaillais comme une malade pour réussir mes études, passer le plus vite possible un concours, et ne plus être à leur charge. Je culpabilisais terriblement de leur coûter quelque chose et je faisais tout pour diminuer ce coût. Je travaillais aux vacances, et j’avais un petit boulot à mi-temps, dans un magasin de chaussures, où je me rendais le week-end. Ça me permettait de me payer les livres dont j’avais besoin et de ramener un peu d’argent à la maison. Mon objectif c’était de devenir prof. Ce n’est pas extraordinairement bien payé, mais au-delà du fait que c’était un métier qui m’attirait énormément, ça me permettrait d’avoir un salaire tous les mois, et peut-être même aussi de les aider un peu.

Ma mère cuisinait quand je suis arrivée. Il y avait une bonne odeur de soupe dans la cuisine. Elle m’a souri.

Je me suis inscrite pour accueillir une Américaine au printemps auprès d’une association qui cherchait des volontaires. J’ai vu l’annonce au supermarché, sur le mur prévu à cet effet. Ça nous rapportera une somme coquette, ça te permettra de parler Anglais, et ça te changera un peu. Tu es toujours toute seule, et tu passes ton temps à travailler.

C’était malheureusement vrai qu’obnubilée par mes soucis et ma volonté de travailler, je ne fréquentais personne. J’avais eu quelques amies au lycée, mais le passage en fac nous avait éloigné. Quant à un éventuel petit ami… La misère se sent, et elle fait fuir les gens… Le seul moment de détente dans ma vie, mon seul plaisir, c’était quand le soir, en rentrant ou plus tard, je me caressais, avec mes doigts ou avec les godes que je m’étais achetés dans un sex-shop qu’il y avait à quelques rues de la fac… Me faire jouir me calmait et apaisait mes angoisses. Je ne rêvais à rien de plus en matière de sexualité.

Je suis montée dans ma chambre. En enlevant mon manteau, je me suis examinée dans le miroir au mur. Certains hommes, certaines femmes, certains garçons mais aussi certaines filles m’avaient dit que j’étais jolie, et que si je m’arrangeais mieux, je pourrais être irrésistible. J’ai considéré ce que j’étais devenue. Je voyais une grande fille d’un mètre quatre-vingt-huit, à la chevelure châtain épaisse et bouclée, aux yeux bleus tristes, fine, mais avec des formes marquées là où les hommes, et pas qu’eux, appréciaient qu’une fille soit ronde. J’avais eu une amie, il y avait trois ans de cela, mon année de terminale, avec qui j’avais noué des relations étranges. C’était la troisième année que nous étions camarades, mais curieusement, cette année-là avait été différente. On s’était mises à passer de plus en plus de temps ensemble, au lycée, chez elle, chez moi. Elle était aussi grande que moi, mais brune, et sans doute un rien plus charnue. On faisait nos devoirs ensemble et on flirtait ensemble. J’avais des souvenirs…Terribles… de cette période. Sa bouche sur la mienne, sa langue contre la mienne, mes mains sur elle, ses mains sur moi… Ça avait été crescendo jusqu’à la fin de l’année. Je me revoyais encore, les mains tremblantes, défaisant son jean, le tirant bas, faisant suivre le même chemin à une culotte trempée, et fouillant son sexe de ma bouche et de mes doigts, buvant ses sécrétions sans parvenir à tarir la source. A force je connaissais son corps par cœur tout comme elle le mien, parce que souvent, elle me rendait la pareille, même si elle avait une prédilection pour mes seins. Elle aimait tirer haut un pull ou un tee-shirt, venir sur ma poitrine très volumineuse en la gardant prisonnière de mon soutien-gorge, se partageant entre zones de chair nue, et zones couvertes par le tissu, les mettant enfin à nu, et les gobant, venant agacer mes tétons durcis jusqu’à me faire jouir, tout en se caressant.

Cette période de ma vie avait pris fin d’une manière qui m’avait surprise et qui pourtant était logique. On avait fini les cours, je l’avais revue lorsque nous avions passé nos examens, mais notre réussite avait signifié une séparation totale, sans plus un coup de fil ou un mail. Je ne lui avais servi que pendant une année, une sorte d’exutoire pour avoir du plaisir et soulager ses tensions.

Me restaient des souvenirs, ces souvenirs qui remontaient en moi et me faisaient chaud au ventre, comme à ce moment, me donnant envie de déboucler ma ceinture, défaire le bouton qui tenait mon jean, tirer la fermeture-éclair bas et glisser ma main sous le tissu de ma culotte, à la rencontre de mon sexe qui s’ouvrait. J’aurais préféré que ce soit sa main à elle, dont j’avais encore le souvenir. Une fois, on s’était caressées ainsi, dans un bus vide, la main de l’une glissée dans le pantalon de l’autre, frottant son clitoris jusqu’à l’orgasme.

Je me suis caressée debout, mes doigts frottant les lèvres de mon sexe qui se dilataient et qui d’abord sèches, se couvraient de mes jus intimes, coulant d’abondance et trempant ma culotte, puis en remontant jusqu’à mon clitoris, sorti de sous son capuchon, zone ultra sensible de ma personne, mais c’était le cas pour des milliers de femmes…

Je sentais la jouissance monter dans mon ventre, c’était toujours délicieux, tout comme ce moment où j’étais sur le fil du rasoir, où je pouvais basculer d’un côté ou de l’autre, et puis un ultime mouvement de doigt m’arrachait un orgasme, et j’insistais, il y en avait encore un autre. Je jouissais, perdant tout contrôle, me poussant, voulant jouir, jouir, autant que je le pouvais.

Après le premier orgasme, et le deuxième, je me suis laissée tomber sur le lit, continuant à me frotter d’une main, alors que de l’autre, je descendais mon jean, et ma culotte. J’ai eu plusieurs orgasmes ce soir-là, crachant des sucs de plus en plus épais, et de plus en plus abondants. J’ai eu un dernier orgasme avant de m’arrêter, épuisée. J’ai amené ma main à ma bouche et je l’ai léchée. J’adorais le goût de mes sécrétions, et les laper jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que de la salive sur ma main. J’étais sale, je le savais, et j’aimais ça.

Je n’avais pas vraiment assimilé ce que ma mère m’avait dit. Ça n’a vraiment été le cas que six mois plus tard quand j’ai ouvert la porte, et que j’ai vu Leanna devant moi. Je me souviens de ce moment, et je ne risque pas de l’oublier. Il pleuvait à verses, et elle était trempée, certainement parce qu’elle avait fait tout le trajet de l’aéroport jusqu’à chez nous à pied, sous des trompes d’eau. Elle était enveloppée dans un imperméable trempé, et sa tête était couverte par une sorte de béret.

Bonjour, je suis Leanna, l’Américaine que vous attendez, a-t-elle déclaré. Désolée, je suis arrivée plus tôt, et je n’ai pas pu vous prévenir. Comme j’avais le plan, je suis venue à pied. J’espère que je ne vous dérange pas.

Ma mère était arrivée entre temps, derrière moi.

Oh bonjour Leanna, on est vraiment désolés…

On a reculé pour la laisser rentrer dans la pièce. Elle avait sur le dos un énorme sac de sport apparemment rempli jusqu’à la gueule, le tissu tendu à craquer par ses affaires. Elle l’a posé sur le sol, et elle a entrepris de défaire son imper, que ma mère a récupéré, se sentant coupable, ainsi que le béret.

C’est peu de dire que j’ai été éblouie. Leanna était une fille magnifique et hors normes à la fois. Le genre de fille comme on a peu d’exemplaires chez nous. Avec les talons de ses cuissardes, elle devait atteindre les deux mètres. Je suis grande, mais elle me dépassait allégrement. On m’avait dit un jour que dans son pays d’origine, où 62 pour cent des gens étaient en surpoids, les tailles moyennes étaient ce que nous nous classions en Europe comme grandes tailles. Elle était massive, sans pour autant paraître grosse. Elle avait certainement des kilos en trop par rapport à une Européenne…Mais ça lui allait parfaitement, et au contraire, dès la première seconde où mon regard s’est posé sur ses formes pleines, j’en ai eu envie.

Quand elle a enlevé son béret, elle a révélé une chevelure rousse, magnifique, épaisse, pleine de santé, qui a capté la lumière. Elle était maquillée, ni trop, ni trop peu, suffisamment pour mettre en valeur un visage plein. Ses lèvres, en particulier, étaient magnifiques, charnues et pleines.

Outre ses cuissardes, de velours, noires, qui, comme leur nom l’indiquait, montaient au-delà de ses genoux, pour manger en partie ses cuisses (en anglais, on dit, je le savais déjà overknees, au-delà du genou, ce qui les définit parfaitement.) elle portait un de ces jeans comme on en fait aujourd’hui, en ajoutant de l’élasthanne, le résultat est que le pantalon devient extrêmement collant, et en effet, il collait à son corps suffisamment pour mettre en valeur les courbes de ses hanches et des cuisses pleines. Là où c’était le plus fascinant, c’était sur son pubis. Il dessinait le relief de celui-ci, et les détails de son sexe sans doute mieux que si elle avait été nue. J’ai eu du mal à détacher mon regard du double bourrelet de son sexe, et de la fente au milieu. J’ai eu une pensée curieuse, je me suis demandé si l’intérieur de sa chatte était aussi disproportionné que l’extérieur, et je me suis vue rentrant ma main en elle, avec une facilité que je n’aurais pas eu avec un vagin européen. Il y avait quelques années de cela, j’avais eu, assez longtemps, une copine avec qui on était parti très vite sur des jeux particuliers, différents. Elle était punk. C’était d’ailleurs ce qui m’avait séduit en elle. Qu’elle soit hors normes. On s’était éprises l’une de l’autre, et on passait des heures ensemble. Elle m’avait dit « Je vais mettre ma main en toi… »

Je n’avais pas eu peur, j’avais une totale confiance en elle… Et ça avait été bon au-delà de ce que j’avais pu imaginer, de sentir cette main pénétrer en moi, s’emparer de moi, puis me caresser à l’intérieur. J’avais eu je ne sais combien d’orgasmes, en jouissant comme j’avais rarement joui, coulant puis crachant des sécrétions comme je n’en avais jamais craché.

Et voilà que je m’imaginais la fouillant de la main. J’ai même pensé y mettre deux mains, tant je l’imaginais vaste. Ça a été le début d’un processus d’obsession érotique, qui a duré cinq mois. Jamais aucune fille ne m’avait inspiré une telle envie, ni même des pensées aussi audacieuses. J’imaginais…Le meilleure ou le pire. Des choses auxquelles je n’avais jamais pensées auparavant ou que je n’avais jamais faites.

J’ai également été impressionnée par sa poitrine. Le corset comprimait une taille qui était la seule partie de son corps à être mince, et s’efforçait, sans vraiment y parvenir, de maintenir en place une poitrine qui semblait à chaque instant susceptible de s’échapper de son décolleté, déjà aux trois quarts dévoilée. Je voyais deux seins aussi ronds que volumineux, et je ne pouvais m’empêcher d’imaginer, j’ai vite su que j’avais raison, des aréoles très larges, avec des tétons épais, durs et longs, par contre je n’avais pas pris la juste mesure de leur volume. Ils étaient si longs et si épais que par la suite, elle s’est amusée à me pénétrer avec, et j’avais l’impression d’avoir une queue en moi, certes pas une queue de méga-dimensions, mais une bonne queue quand même, l’imagination prolongeant la réalité.

Mariana va te montrer sa chambre, et ensuite on pourra manger, si cela te convient. Mon mari arrivera tard ce soir.

Ça me va très bien.

Elle s’est retournée, et s’est pliée en deux, au lieu de s’accroupir, pour prendre le sac. Ce faisant, le jean sans ceinture a glissé, dévoilant un string rouge vif qui entourait ses hanches grasses avant de venir se perdre dans une raie profonde. J’ai pu profiter du premier tiers de la fente sombre qui fendait une croupe charnue en deux.

J’avais le feu au ventre, et la culotte inondée.

Elle est passée la première dans l’escalier. J’ai suivi le mouvement naturel de ses hanches, caressé du regard sa croupe pleine. On percevait bien que c’était une jeune femme décidée, très volontaire, à qui pas grand-chose ne résistait.

A un moment, quand elle croyait que je ne la regardais pas, son regard avait glissé sur moi, s’y était maintenu. Je m’étais demandé quelle était la teneur de regard.

Je n’ai pas tardé à avoir la réponse.

Je l’ai amenée jusqu’à la chambre d’amis. Je lui ai donné quelques indications, sur la douche jouxtant sa chambre, où étaient les serviettes, comment ouvrir et fermer les volets. Sans grand complexe, elle s’est mise à poil tout en m’écoutant. J’avais du mal à continuer mon discours, à lui donner de la cohérence, tellement elle me troublait. Elle a commencé par les cuissardes, tirant sur un zip d’une dizaine de centimètres avant de les faire glisser. Ensuite, ça a été le jean qui y est passé, puis le string. Nue à partir de la taille, elle a encore gardé le corset. J’ai aperçu son sexe, conforme à ce que le pantalon moulant en disait.

Je suis finalement parvenue à balbutier :

On t’attend en bas pour manger, quand tu as pris ta douche…

Et je suis sortie, le regrettant immédiatement. Elle m’aurait sans doute proposé de partager sa douche.

Le meilleur m’attendait, et il m’attendait pour cinq mois, mais je ne le savais pas.

 

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