LE COÏT SELON ARMAGGUEDôN

AVERTISSEMENT

L’histoire que vous allez découvrir comporte des scènes de violence qui pourraient heurter la sensibilité de certains lecteurs. Âmes sensibles, passez votre chemin, la direction décline toutes responsabilités.

Armé d’une arbalète et de trois carreaux à pointes triangulaires, je prenais plaisir à chasser le long des quais crasseux de Porto Suevo. Sur les murs d’une maison en bois avait été collée une affiche vantant les mérites de l’alolébianca, une boisson aphrodisiaque à base d’huile de bois bandé. Je me postai au fond d’une ruelle pour y épier l’activité fébrile du bouge d’en face. Le néon planté au-dessus de la porte projetait une lumière fade sur le bitume crevassé. Une pluie venant de l’océan s’était mise à tomber. Ma tenue de chasse en latex enveloppait mon corps d’une seconde peau. J’étais le maître du port ce soir et quiconque ne se plierait pas à mes exigences le paierait de sa vie. Je repérais un homme et une femme qui se frottaient l’un contre l’autre. Elle, une noire maigre, vêtue d’un pantalon moulant et d’un tee-shirt déchiré. Lui, un rebelle à la solde du général Tamboré, treillis mal ajusté sur ses pectoraux saillants. Je m’extirpai de mon repère en cachant l’arbalète et les trois carreaux dans mon dos. Le rebelle ne mit pas longtemps à me repérer. Sa compagne me fixa d’un regard assassin.

Qu’est ce que tu branles ici ? gueula le mercenaire d’une voix rocailleuse.

Je me plantai face à eux, les jambes écartées.

J’ai du travail pour vous !

Du travail, cracha le rebelle. Celui-ci s’avança vers moi, l’œil allumé.

Ce sera mille solaris pour chacun de vous deux ! dis-je pour mieux ferrer mes proies.

Montre la tune! exigea la femme.

Parce que tu crois que je me trimballe avec tout ce fric sur moi ? Vous dites oui, on continue de causer les amis, vous refusez, je m’casse !

C’est quoi ton travail ? cracha la donzelle.

Du porno et bien payé avec ça !

Un sourire illumina leurs visages.

Un film de cul, c’est bon pour moi ! acquiesça l’homme excité.

Et toi ?

La catin parut minauder.

À ce prix-là, j’en trouverai des tas pour prendre ta place! fis-je agacé.

Non, y’ a pas de problème. Les histoires de cul c’est mon rayon !

Alors suivez-moi que je vous montre ce que j’attends de vous !

Mes deux artistes me suivirent comme deux bons toutous reniflant la pâtée. Je les amenai sur une plage léchée par les eaux poisseuses de la mangrove. Le scénario du film était d’une simplicité enfantine, je désirais que mes deux corniauds s’envoient en l’air jusqu’à ce qu’ils jouissent tous les deux en même temps. Pas d’orgasmes décalés, juste deux orgasmes bien synchrones, le mâle et la femelle unis dans la même crampe.

Tu t’appelles comment ? demandai-je à l’homme.

Oko !

Et toi ! fis-je en regardant la nana dégingandée se curer le nez .

Yasmine !

Et bien mes loulous, au travail ! J’attends de vous que vous jouissiez ensemble. Je ne tolérerai pas autre chose qu’un bel orgasme, bien visible et bien sonore !

J’extirpai de la poche intérieure de ma combinaison mon cube tri-D enregistreur.

Oko acquiesça d’un signe de tête connaisseur la qualité du matériel. Pendait entre ses jambes un organe qui promettait d’être à la hauteur de la prestation. Yasmine n’était pas mal gaulée non plus avec ses deux petits seins qui pointaient agressivement. Une femme qui aimait assurément le sport à en voir les muscles fins et puissants qui roulaient sous sa peau. Le spectacle allait être à la hauteur de mes attentes ! Je veillerai à ce que mes deux acteurs se démènent comme des bêtes. Je ne tolérerai pas de simulation, la plus petite entourloupe et le film se clôturerait par la mort des deux baiseurs.

À vos marques, prêts partez ! hurlai-je pour donner le signal du départ.

Yasmine se dévêtit, laissant choir sur l’herbe son tee-shirt blanc maculé de crasse. Son mignon petit cul m’apparut dans la lumière du lampadaire. Ses jambes, putain de merde, deux longues et belles jambes toutes deux gainées d’un bas résille noir à large mailles. Les mamelons durs de ses seins pointaient vers le cube tri-D. Une odeur pénétrante émanait d’elle, comme une fragrance tenace, épicée. Oko se débarrassa à son tour de la veste de son treillis en la faisant voler d’un ample mouvement de bras. Yasmine se jeta sur sa queue comme une chienne sur une saucisse. Ses petits coups de langue provoquèrent le déploiement majestueux de la noire colonne.

Fichtre ! m’exclamai-je en louchant sur le phallus colossal.

La nana passa ses lèvres sur la tige gorgée de sang. La pression insistante de sa bouche fit tressaillir le long serpent moiré de reflets huileux.

On n’a pas toute la nuit devant nous ! crachai-je, en m’approchant lentement des mes deux artistes.

Une bonne pipe, c’est tout de même bon pour la pellicule ! gueula Yasmine agacée par mon impatience.

Pipe ou pas, c’est moi qui mène la danse ma poule ! Va falloir que tu te rentres bien ça dans le crâne sinon tu risques de le payer très cher ! Tu saisis ?

Pendant que je caressais d’une main nerveuse l’arbalète planquée dans mon dos, la jeune femme s’adossa sur le capot d’une voiture bouffée par la rouille. Elle écarta les jambes et les tendit toutes droites au dessus des épaules du colosse noir. Oko la pénétra d’un coup de rein si violent que la tôle plia sous l’assaut. Le long phallus entrait et sortait rythmiquement du ventre de Yasmine. Je fus un instant fasciné par ce va-et-vient surréaliste qui me fit comprendre combien était fait l’un pour l’autre les corps de l’homme et de la femme. L’un entrait tandis que l’autre recevait, le poignard se frayant un chemin dans les chairs gonflées de plaisir.

Cela te convient ? me demanda l’homme sans rien modifier de sa cadence !

Ramone là plus fort ! dis-je la bouche pleine d’une salive épaisse.

Comme j’aurais aimé me trouver à la place de ce connard prétentieux. Je m’approchai plus près pour filmer plus en détail le ballet simple mais pourtant hypnotique de cette grosse queue qui entrait et sortait du ventre de Yasmine. Je sentais planer dans l’air humide le parfum entêtant de leurs sexes enflammés. Oko se raidit en plaquant sauvagement son bas-ventre contre la chatte de Yasmine. La jeune femme couina comme un animal blessé.

Presque en même temps ! déclarai-je contrarié. Un orgasme asynchrone de quelques secondes mais ce sont justement ces quelques secondes qui font toute la différence !

Vous avez eu ce que vous vouliez non ? rétorqua Oko.

Le pognon ! cracha la fille ivre d’excitation.

Je vous laisse une dernière chance pour vous rattraper mais cette fois pas de chichi, vous baisez et vous jouissez en même temps…sinon…

Sinon quoi ! gronda le rebelle en me surplombant de sa masse aussi bosselée qu’une tôle ondulée.

Sinon rien ! fis-je faussement goguenard ! Reprenez pour la beauté de l’acte et cette fois tu la besognes debout !

C’est une rude épreuve que tu nous demandes là, d’autant que j’ai déjà beaucoup donné de ma personne !

T’es pas capable de baiser à la seule force de tes bras. Un grand gaillard comme toi ?

J’avais piqué au vif sa fierté de mâle. Le genre d’homme qui n’admettait pas qu’on remette en doute sa virilité, même dans les positions les plus extravagantes. Oko se rengorgea en me montrant ses biceps proéminents sillonnés de veines énormes. Yasmine posa sa main droite sur le pénis de l’homme. Elle avait apparemment décidé d’en finir vite et de profiter des mille billets que je leur avais promis. D’un geste habile du poignet, elle introduisit le mat dans sa chatte. Le guerrier n’eut pas d’autre solution pour se maintenir en elle que de raidir ses deux jambes tout en glissant ses deux mains sous ses fesses. Les jambes de Yasmine reposaient sur les avant-bras de l’homme en même temps que ses bras à elle lui entouraient le cou.

Tu es légère comme une plume ! commenta-t-il en imprimant le premier mouvement de piston.

Des muscles et pas un gramme de graisse ! glapit-elle en plaquant ses seins contre le torse de l’homme. J’ai peut-être même les os creux comme les oiseaux ?

Peut-être !

Putain ta queue est plantée en moi que j’en ai le ventre dur comme la pierre !

Je laissais le Tri-D errer sur cette jonction mouvante des sexes qui se dévoraient l’un l’autre dans une débauche de sécrétions épaisses. Yasmine gémissait à chaque secousse qui lui perforait le ventre. L’homme balançait son bassin avec une régularité de métronome, pourfendant sa compagne de coups de queue dévastateurs. La femme se laissa choir en arrière, son seul point d’accroche au mâle ne se trouvant plus que dans ce long chibre qui la pilonnait à un rythme de plus en plus soutenu. Je voyais bien aux veines qui saillaient au cou d’Oko que celui-ci se trouvait à la limite de la rupture.

Yasmine râlait en étouffant des hoquets.

Le corps ruisselant de sueur, le rebelle ahanait sous l’effort.

Jouis ma belle que j’en ai plus pour longtemps !

Vas-y plus fort bordel ! hurla-t-elle avec désespoir.

Je désengageai l’arbalète de derrière mon dos pour la tenir à bout de bras. J’armai un carreau puis attendit, telle l’araignée au centre de sa toile, l’instant fatidique. Quand Oko et Yasmine s’aperçurent que je pointais l’arme dans leur direction, il y eut subitement un instant de flottaison. Je m’approchais encore un peu plus près de mes deux acteurs, histoire de mieux voir les corps noués dans l’effort.

Pourquoi tu pointes cette arme sur nous ? gueula Oko, la respiration sifflante.

Tu n’en as pas une petite idée ? rétorquai-je en désactivant le cran de sécurité.

Ne fais pas ça ! gémit Yasmine qui se redressa d’un coup contre le torse de son homme.

Oh que si je vais le faire ! Vous avez plutôt intérêt à jouir ensemble sinon je vous embroche tous les deux sur ce carreau.

Qu’est ce que tu veux que nous fassions de plus ! éructa Oko épuisé.

Vous voir tous les deux vous embraser dans un orgasme commun, ce n’est pourtant pas difficile à comprendre bordel !

Oko banda les muscles de ses jambes pour réajuster son centre de gravité. Yasmine répondit à l’appel en s’assurant une prise plus solide autour de son cou. Ainsi plaqué l’un contre l’autre, le mercenaire put empaler sa compagne jusqu’à la garde. Le va-et-vient qui s’ensuivit s’accompagnait de clapotements mouillés qui me firent saliver. La queue d’Oko drainait des entrailles de la donzelle des traînées blanches et visqueuses. Il en fallait de la cyprine pour que le grand chibre noir ne se retrouvât pas coincé dans le ventre de Yamine….

Décharge Oko, décharge… je n’en peux plus !

Je fais ce que j’peux Yasmine… ne jouis pas tout de suite s’il te plaît, ce fêlé va nous abattre comme des rats !

Facile à dire… je vais… je vais…

Pas maintenant…

Yasmine s’arc-bouta en émettant une longue plainte déchirante. La sonorité semblait avoir été émise du fond de son ventre malmené. Oko sentit les cuisses de la femme se resserrer autour de sa taille. Sa queue butta douloureusement contre le fond de son vagin mais cette souffrance ne fut rien comparée à la sensation d’arrachement qui lui vrilla le ventre. La pointe d’acier avait pénétré les reins de Yasmine pour resurgir rouge de sang au dessus de son nombril.

Je m’approchai de mes deux cibles puis d’un coup sec de la main, appuyais sur l’extrémité du carreau. La pointe d’acier disparut totalement dans les deux corps. Yasmine me regardait suppliante, ses grands yeux noyés de larmes. Lui, ouvrait et fermait la bouche pareille à un poisson qui s’asphyxie. Les deux ventres perforés ressemblaient à des corolles charnues d’où s’égouttait un nectar carmin.

Pourquoi ? me demanda la femme dans un râle.

Elle me regardait sans comprendre. De ses mains ensanglantées, elle essayait de retirer la tige d’acier fichée dans son ventre.

J’ai mal… chevrota-t-elle d’une petite voix.

Et bien maintenant grand chef Oko, tu vas me limer cette salope jusqu’à ce qu’elle expire son dernier souffle !

T’es dingue ! me cracha l’homme au visage.

Baise-la ! hurlai-je ivre de fureur. Je ne sais pas ce qui me retenait de lui planter une deuxième flèche dans les couilles. Baise là s’il te plaît ! dis-je plus tendrement.

Sans réfléchir, Oko plaqua Yasmine sur le capot de la voiture. La manœuvre eut pour effet de faire disparaître la flèche dans le dos de la femme et donc par effet de réciprocité, de l’enfoncer plus encore dans son propre ventre. Yasmine hurla à la mort. Oko éructa de douleur. Sa longue queue se trouvait toujours profondément enfoncée dans les moites profondeurs. Les trois petits coups de reins nerveux d’Oko me révélèrent qu’il jouissait. Yasmine accueillit l’abondant épanchement dans un tressaillement de cuisses…

Le syndrome du pendu ! pensa Georges, le réalisateur de « Le coït selon ArmaggedÔn ». Ce petit moment d’orgasme teinté de foutre et de sang apporterait une dimension mystique à la pellicule. Quel putain de bon film hard-krad était-il entrain de concocter bordel ! Le public en redemanderait pour sûr, il fallait faire confiance au public ; c’est lui plus que l’équipe du film qui appréciait véritablement les scènes les plus tordues !

Bellissimo ! hurla Georges à la cantonade. Oko, comme d’habitude tu as été magnifique et toi ma belle Yasmine, encore plus bandante que d’habitude !

Yasmine arracha la flèche en plastique qui paraissait lui entrer dans les reins. Oko essuya la peinture qui lui barbouillait le ventre.

Vous êtes prêts pour le film suivant ? gueula le réalisateur.

Qui consiste en quoi ? demanda Oko.

Une scène de baise à quatre des plus animée. Allez, sur les planches mes deux tourtereaux… le sexe, c’est de l’argent !

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