Je me fais séduisante créature de la nuit. Devant la glace, je me pare, élément après élément. Je me contemple et m’admire, grande, opulente et blonde. Je suis déjà excitée. À vrai dire, je le suis depuis que la journée a commencé. Je sais que le mercredi soir, je vais au parc. Mes doigts tâtent mes seins, les trouvent gonflés, les pointes dures, descendent jusqu’à ma fente, la trouvent ouverte et suintante.

Je finis de me maquiller. On ne va pas au parc comme ça, il faut s’apprêter, pour plaire. C’est un peu comme une pièce de théâtre, où chacun se présente, costumé et fardé. On est différent de la vie de tous les jours, on donne à voir ce qu’il y a de plus caché en soi.

Ce soir, je me gaine de cuir, après m’être totalement déshabillée. Une combinaison moulante, qui, une fois que je l’ai revêtue, souligne mes courbes, mes pleins et mes creux. Il y a plusieurs fermeture Éclair, et j’ouvre déjà celle qui met mon sexe à nu. Je viens frotter la protubérance rose, ouverte. Je glisse un doigt en moi et je le fais bouger, en rêvant aux queues qui me fouilleront d’ici quelques minutes. Je repense encore à mercredi dernier, et cette fin de soirée grandiose. Moi nue sur le gazon, les hommes se succédant, me pénétrant brièvement avant de répandre leur semence sur mon dos. J’ai joui mille fois.

Je tire sur mon clitoris. Il n’est jamais aussi long que lorsque je vais au parc. Sans honte, je me fais jouir. Je finis par refermer la fermeture Éclair, conservant mes sucs abondants à l’intérieur. Il est temps que j’y aille. J’aime bien être dans les premières à arriver, et les dernières à repartir.

Je complète ma tenue. J’ai choisi des talons hauts d’une dizaine de centimètres, escarpins bleu ciel achetés le matin même pour l’occasion. Je m’enveloppe dans un imper. Le parc est un monde à part, et je ne laisse rien deviner de ce que je suis avant d’y être. Les gens que je croise dans la rue ne doivent pas savoir. Une fois, un homme m’a suivi dans la rue. Il a fini par me dépasser, et il a pénétré dans le parc avant moi. Il m’y a attendu. « Je savais que tu venais ici. Je l’ai senti. » Je me suis mise à genoux, et j’ai sorti son sexe de son pantalon. Son sang affluait dans les corps caverneux, et la queue s’est gonflée, saccade après saccade, son érection se développant plus vite parce que je le masturbais. Je l’ai pris dans ma bouche, et j’ai baladé ma langue sur sa tige de chair jusqu’à ce qu’il me remplisse la bouche de sperme. Rencontre brève, comme toutes celles du parc, qui n’existent que dans l’assouvissement de nos envies. Nous nous sommes éloignés l’un de l’autre, redevenus des étrangers en l’espace d’un instant. Souvenirs, qui, comme bien d’autres liés au parc me remplissent, et me resteront quand je ne serai plus que le fantôme de moi-même.

Je suis enfin prête. Je sors de chez moi. La nuit est tombée depuis peu. Ce soir, la ville est baignée de brouillard, et cette atmosphère fantomatique me charme. On n’y voit pas à deux pas. Ça et là, la lueur des lampadaires déchire ce coton épais. J’avance dans la rue, ayant le sentiment d’être une mystérieuse créature de la nuit. Les talons de mes escarpins résonnent contre le pavé, et j’ai la sensation d’être seule au monde, créature de séduction qui va envoûter tous les hommes qu’elle croisera.

Je dois traverser une bonne partie de la ville pour aller jusqu’au parc. Je croise des silhouettes. Je sens des regards s’attacher à moi. Je suis enveloppée dans un imperméable, mais je suis quand même l’évocation du désir, parce que je suis plutôt séduisante, que j’ai le visage fardé, et que je suis sur des talons. Des hommes, tous en fait, me regardent avec envie, tandis que des femmes posent sur moi un regard teinté de jalousie, parce qu’elles ne pourront jamais être ce que je suis.

J’avance et je repense à la manière dont j’ai découvert le parc. Par le plus grand des hasards, c’est ça qui est drôle. Je rentrais d’un voyage d’une semaine, tard le soir, et j’ai pris cette entrée dans la ville que je ne prenais jamais. Un supermarché, des maisons, un parc, un rond-point, pour enfin arriver le long de ce parc-là sur ma gauche. Au moment où j’étais sur le rond-point, dans les phares j’ai vu une scène qui m’a tordu le ventre. Quelques secondes à peine, mais qui sont gravées dans ma mémoire avec une extraordinaire précision. Il n’y avait pourtant rien de bien exceptionnel, mais cette scène a agi comme un rappel de ce dont je n’avais pas conscience jusqu’à ce moment : j’étais frustrée, insatisfaite de la vie que je menais. Je sortais d’une relation de six mois avec un homme qui bandait mou, ne me touchait quasiment jamais, pensant me contenter avec de l’argent et des cadeaux, alors que j’aurais aimé simplement qu’il soit inventif et audacieux au lit. De dépit, je m’étais remise à me masturber, comme je le faisais, compulsivement, à l’adolescence.

La scène, je la revois encore… Une fille très grande, fine, blonde, pliée en deux, appuyée contre le tronc épais d’un arbre, symbole pour qui savait bien lire de cette queue qui était plantée en elle, allait et venait, queue de l’homme accroché à ses hanches.

Ce soir-là, en quelques secondes, au sortir d’un rond-point, ma vie a été bouleversée. Je me suis arrêtée, je suis descendue. Je voulais… Je crois bien que ce dont j’avais envie, c’était de me joindre à eux. Leur proposer un plan à trois. Cette scène avait réveillé mes envies, et même si je ne les rejoignis pas, au final, je voulais quand même voir de plus près. Quelques années plus tôt, j’avais eu le plaisir de regarder ma meilleure amie se faire baiser par un homme, et j’avais participé, en branlant ma copine pendant que la queue bougeait en elle, sortant celle-ci régulièrement pour la sucer, et partageant enfin la queue, comme un sucre d’orge, avec ma copine, d’une bouche à l’autre jusqu’à lui faire cracher ses liqueurs.

J’ai compris, en arrivant sur les lieux du crime, qu’il s’agissait d’un parc. J’étais passé mille fois par ici, sans jamais voir ce lieu. On passe à côté de l’essentiel. La scène que j’avais surprise se déroulait à l’intérieur, simplement la porte n’était pas fermée. Ils avaient déjà disparu quand j’en franchis le seuil. Je n’imaginais pas trouver ce que j’y trouvais. La caverne d’Ali Baba, le palais des Mille et une Nuits…

Le parc est enfin en vue. Mon cœur bat plus fort. Je sais que j’aurais beaucoup de mal à me passer de cet endroit. Je sais aussi que les plaisirs que j’y trouve, si intenses, donnent du sens à ma vie.

Je n’ai jamais compris par quel miracle pouvait s’y dérouler, soirée après soirée, ce qui s’y déroulait. Une tolérance municipale et étatique ? L’un de nos édiles couvrait-il cette démonstration clandestine dont il était l’un des participants ? Était-ce une tolérance qui permettait de maintenir l’ordre, comme une soupape de sécurité ? Difficile à dire. Mais cela fait cinq ans que je me rends au parc, et rien n’a jamais été entrepris pour éradiquer ce regroupement nocturne.

J’ai toujours ce moment d’émotion quand je pousse l’une des 8 portes qui permettent d’y accéder.

C’est un magnifique parc arboré, qui a été travaillé, élaboré, par des générations de jardiniers, pour arriver aujourd’hui à ce qui est un bijou, un écrin de verdure, où arbres centenaires et parterres magnifiques se partagent l’espace. Le jour, des passants de tout poil le traversent et s’y attardent. La nuit… Et qui sait, peut-être sont-ce les mêmes qui, dans la journée, reviennent sur les lieux de leurs ébats et se souviennent avec émotion de la nuit précédente, se disant que les personnes qu’ils côtoient ne savent pas, mais qu’eux savent.

On n’est encore qu’au début de la nuit, mais le parc est déjà bien rempli. Bon nombre de personnes y déambulent ou s’y accouplent déjà. Ce que je vois fait couler un frisson le long de mon dos.

Je me suis souvent demandée comment le parc était devenu ce lieu de rencontre ? Quelqu’un avait-il lancé un mot d’ordre sur le Net ? Était-ce une tradition ancrée dans le temps ? Toujours est-il que se retrouvaient ici, soir après soir, les amateurs de plaisirs d’un instant, sans contraintes, et qu’on laissait faire, peut-être pensait-on que c’était une sorte de soupape de sécurité.

J’avance entre les couples, les trios, et s’offrent à moi d’infinies possibilités. Les tableaux devant lesquels je passe me donnent le frisson. Une grande brune, que j’ai déjà aperçue, jupe roulée à la taille, se fait monter et descendre sur le membre volumineux d’un homme réduit à sa queue, ses jambes, et ses mains, qui enserrent la taille de la jeune femme, et l’aident à se faire aller et venir sur le pieu de chair.

Elle ne bouge pas quand je passe, pourtant, par son simple regard, elle me fait comprendre que, si je le souhaite, je peux aller vers eux sans aucun problème, et participer. L’espace d’un instant, je suis chavirée par l’ensemble des possibilités qui s’inscrivent en moi, une démultiplication de possibilités, un champ de possibles qui s’inscrivent l’un en parallèle de l’autre. Je me verrais bien venant sur ses seins de ma bouche… Prenant ses tétons entre mes lèvres et les suçant. Ou directement sur son sexe. J’aimerais poser ma langue sur le point de jonction entre leurs deux sexes, et aller, selon ma fantaisie, des lèvres ouvertes au membre dilaté. Ou peut-être sortir le membre, que j’imagine trempé de sécrétions, le prendre dans ma bouche, m’imprégner du goût déposé dessus, puis quand il ne sera plus humide que de salive, le remettre dans la béance du vagin.

Je continue pourtant. Tout m’est tentation. Même le plus classique. Une femme dont je ne vois rien que la croupe offerte et dénudée, charnue et pleine, masquée lorsque l’homme qui la pénètre rentre en elle, révélée lorsqu’il recule. Je me vois un instant me retrousser, me joindre à elle, m’offrant, permettant ainsi à l’homme d’aller d’un cul à l’autre.

Un peu plus loin, une jeune femme, elle aussi installée sur un banc, se fait offrir une demi-douzaine de queues roides. Elle va d’une queue à l’autre, en suçant une avidement pendant qu’elle en branle deux autres. Un des types, au bout de l’excitation, lui éjacule sur le visage, l’arrosant d’un foutre épais.

Je me décide finalement pour une fille qui dans son mélange de simplicité et de perversité, me trouble plus que les autres tableaux qui m’ont été offerts jusqu’à présent. Une blonde charnue. Elle a roulé sa robe à sa taille, dévoilant un sexe nu, pas rasé, d’un blond vénitien qui dit qu’elle ne se teint pas les cheveux. Les cuisses largement ouvertes, elle ne se masturbe pas à moitié. Ses doigts vont et viennent sur un sexe qui s’épanouit de minute en minute avec frénésie. Cette frénésie ne lui est d’ailleurs pas propre. Tous ceux qui viennent au parc se donnent à fond, dans le désir commun de profiter à fond de ces moments, un désir d’intensité, de jouissance et d’oubli.

Je me fige pour mieux la regarder. J’aime son attitude, la variété de ses caresses, elle frotte ses lèvres, se rentre un ou deux doigts dedans, remonte sur son clitoris pour le masser. On voit bien qu’elle ne triche pas, car du jus coule d’abondance d’elle.

Ce soir, c’est vers elle que j’ai envie de me porter. Elle me sourit quand je m’avance vers elle, et que je m’agenouille pour venir remplacer ses doigts par les miens. Je commence par le clitoris, qui sort du capuchon qui le gaine. J’appuie dessus, la faisant gémir. C’est bon avec ses propres doigts, c’est encore meilleur avec ceux de quelqu’un d’autre. Je fais doubler son clitoris de volume à force de le masser. Pendant que je la masse, elle a ce qui ressemble fort à une éjaculation, nous arrosant elle et moi d’un liquide translucide.

Je suis mon inspiration, sans doute comme chacune des personnes présentes dans le parc, transcendée par cette excitation ambiante, cette sensualité à fleur de peau qui remplit les lieux. Je fais rentrer un doigt en elle, puis un autre, ne comprenant que quand j’ai replié mon pouce pour franchir la barrière de l’os pubien où je voulais en arriver. Je me retrouve la main totalement en elle. Elle est aussi surprise de sentir ma présence en elle que moi de me sentir enveloppée par cette chair chaude et ruisselante. Je bouge en elle, prenant la mesure de son intérieur, des reliefs et des cavités, mesurant les replis que je sens au bout de mes doigts. Je suis bien là, j’y resterais une éternité. D’abord maladroite, je me mets à bouger, caressant les parois et les replis de son intérieur. Je n’aurais pas imaginé que cela puisse avoir autant d’effet sur elle. Elle se met à se tordre et gémir sur le banc, tout en coulant d’abondance.

Je sens une présence sur ma gauche. Je tourne légèrement la tête, pas vraiment surprise de l’intrusion d’une bite congestionnée dans mon champ de vision. Une queue bien longue et bien raide, avec un gros gland, surdimensionné par rapport au reste du membre, appelle irrésistiblement ma bouche. Je l’enveloppe de mes lèvres, et je fais tourner ma langue dessus. Ça doit être bon, car l’homme se met à gémir.

Ce que j’aime, en venant au parc, c’est quand on franchit un seuil au-delà duquel tout bascule, où l’on n’a plus aucun repère, où la jouissance succède à la jouissance, où on ne réfléchit plus, où les contours se dissolvent, où on est quelque part, ailleurs, mais plus dans la triste et morne réalité.

Je sens le corps de ma partenaire d’un instant se tendre, et elle jouit à nouveau. Il se produit un phénomène curieux, elle expulse une crème blanche et épaisse qui nous arrose tous les deux, quelque chose qui ressemble à du sperme. Est-ce parce que ma caresse linguale est efficace, parce qu’il a été excité par cette vision, ou les deux, toujours est-il que je sens le sperme couler dans ma gorge, et je le bois avidement.

Je ne cesse de fouiller ma partenaire, qui enchaîne les orgasmes, éjaculant à chaque fois. La bouche gluante de sperme, je vois la queue disparaître, remplacée par une autre, en même temps qu’une autre silhouette, fantomatique, vient proposer sa queue distendue à la bouche de la blonde. D’autres hommes attendent, aux contours imprécis, dont je ne distinguerai que leurs queues roides.

Ils se succèdent dans nos bouches, leurs spermes se rajoutant et se mêlant, jusqu’à ce que les derniers partent, nous laissant seules. Impossible de savoir combien de queues nous avons accueillies. Il nous reste ce goût âcre de leurs spermes mélangés dans la bouche.

Tout ce temps, j’ai gardé ma main en elle, comme un lien entre nous, même si je ne la bouge plus. Je la retire, couverte de sécrétions. Elle pose sa main sur ma tête, me fait me rapprocher de son vagin dilaté. Ça n’est que quand je vois l’urètre s’ouvrir que je comprends. La première rasade de pisse frappe à la commissure de mes lèvres, la deuxième me remplit la bouche d’une urine sucrée, que je bois, rasade après rasade, avec avidité.

Je ne me suis même pas souciée de jouir, tant ce que je fais et ce que je reçois me procure du plaisir. Je me redresse et remonte ma robe, pour offrir mon ventre à la blonde.

Elle m’attrape par les fesses et enfouit son visage dans mon sexe, le fouillant dessus puis dedans, enfonçant sa langue aussi loin qu’elle le peut. Elle finit par à son tour rentrer ses doigts en moi un par jusqu’à me remplir toute entière. Si j’avais déjà fait ça à des filles, on ne me l’avait jamais fait. Je perds le contrôle lorsqu’elle se met à me caresser à l’intérieur. C’était une caresse vraiment redoutable. J’ai en même temps la sensation d’imploser, et de me réunir autour de cette main qui me fouille. Quelque chose grandit en moi, une tension extrême, qui culmine en un orgasme, prélude à une cascade d’autres orgasmes. Je sens que j’éjacule, comme un homme, ce qui ne m’arrive que quand je jouis très fort. Je ne me contrôle plus, et je pisse aussi, mais je ne fais rien pour stopper le processus. Cela plaît à ma partenaire qui plaque sa bouche à mon urètre pour me boire.

Toute molle, je me laisse tomber sur le banc. Je ferme les yeux un instant. Quand je les rouvre, elle a disparu. Je reste là un long moment à regarder le parc vivre, avec un sentiment d’osmose entre les lieux, les gens et moi. C’est un monde en perpétuelle évolution. Toute la nuit, sa population est changeante, et les personnes croisées et aperçues quand je suis arrivée ont disparu, pour laisser la place à d’autres.

Je me lève. Il est temps que je rentre chez moi. C’est toujours le moment que je déteste le plus. Une espèce de décompression, le retour à une réalité que je voudrais fuir à tout jamais. C’est devenu une drogue, pour moi, que de venir au parc, et peut-être ma seule raison de vivre.

Je pars vers la sortie. Il y a pourtant une tentation à laquelle je ne peux résister. Un homme se masturbe, installé sur l’un des derniers bancs. Il est fluet, mais sa queue, elle, congestionnée, est énorme. Il attend une présence féminine autour de sa queue. Une chatte ? Je ne lui offre que ma main. J’ai toujours su branler, et bien branler. Je le masturbe, alternant mouvements rapides et plus lents. Quand il jouit enfin, j’ai l’impression qu’il crache du sperme accumulé pendant plusieurs semaines, c’est sans fin, et j’en prends sur mon visage, mes mains, mes vêtements.

Je marche jusqu’à la porte de bois, et je sors du parc en me léchant la main. C’est fini pour cette nuit.

Je reviendrai demain.

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *