Le Patio partie 3

Le Patio partie 3

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Frederic Gabriel




Partie 3

Je me suis souvent demandé si on pouvait avoir droit à une seconde chance. Il faut croire que oui, car, elle m’a finalement rejoint, et nous nous sommes trouvés face à face, à quelques centimètres l’un de l’autre.

Il y aurait pu y avoir de la rancœur en elle, mais son sourire et l’éclat de son regard disaient clairement le contraire.

Et nous avons remonté le temps. Nous nous sommes retrouvés dix ans en arrière, quand je passais dans les couloirs et qu’elle venait vers moi. Il y avait dans ses yeux un désir aussi intact qu’au premier jour, et en moi la même envie d’elle.

La seule différence, mais elle était de taille, c’était qu’il n’y avait plus en moi aucune rancœur et donc aucun obstacle.

Elle était tout près de moi, si près que la chaleur de son corps m’envahissait. Elle avait gagné en beauté, splendide, d’une beauté plus ferme et plus assurée.

On n’a pas échangé une seule parole. On s’est regardés et on a su que l’un comme l’autre on avait envie, maintenant, de consommer ce qui ne l’avait pas été de par le passé, par bêtise.

Et surtout OU on avait envie de le consommer.

Elle a attrapé ma main et on est partis presque en courant vers le patio.

C’était curieux. On avait changé, et pourtant on se retrouvait dans la peau des personnes que nous avions été dix ans plus tôt. Une métamorphose qui n’avait besoin de nulle machine à remonter le temps.

Certains lieux sont épargnés par le passage du temps. Le patio était à l’intact. Il n’avait pas bougé, ou seulement dans des détails. Les arbres avaient cru, grossi, et les bancs étaient un peu plus usés. Dans le plancher de la passerelle étaient fichés plusieurs spots LED qui éclairaient les lieux en leur donnant une épaisseur qu’ils n’avaient pas en plein jour.

Ce qui avait été retenu si longtemps en nous et n’avait jamais disparu, simplement endormi, a éclaté. Nous sommes allés l’un vers l’autre, son corps se plaquant au mien ou l’inverse, nos bouches s’accrochant, nos langues se cherchant, puis dansant ensemble. Quand nous nous sommes séparés, nous avons immédiatement replongé, pour un autre baiser, puis encore un autre.

Quand nous nous sommes détachés l’un de l’autre, son visage à quelques centimètres du mien, elle m’a dit :

C’est bien que les choses s’accomplissent enfin, tu ne trouves pas ?

Oui c’était bien. Aller enfin jusqu’au bout. Avoir enfin un sens d’accomplissement. Pouvoir se séparer, à la fin de la soirée, et partir heureux, en emportant de beaux souvenirs.

Je me suis laissé glisser sur le banc, elle encore debout et j’ai caressé ce corps que j’avais tant rêvé de caresser. Mes mains sont remontées le long de ses jambes, la chaleur de son corps m’envahissant, passant par mes mains, mes bras, et remontant en moi, de même que la sensation électrique du nylon au bout de mes doigts. Elle m’a laissée faire avec un sourire radieux qui disait sa joie de sentir enfin mes mains sur elle.

Tout le temps que j’ai été avec elle, ce soir-là, j’ai ressenti cette joie, intense, de l’avoir enfin. Chaque minute a été teintée de cette conscience et cette intensité.

Je suis remonté le long de ses cuisses pour arriver, aux trois-quarts de celle-ci, à la lisière de la robe courte. Elle l’a relevée, me dévoilant son ventre enveloppé de nylon. Elle n’avait pas de culotte sous le collant, et comme celui-ci n’avait aucun empiècement, j’ai eu la première vision de cette intimité que j’avais tant fantasmée, mais jamais vue. Deux gros bourrelets charnus, dont sortait un paquet de lèvres qui s’accumulaient les unes contre les autres, En plusieurs endroits, plus ou moins larges, le nylon était brillant des secrétions qui coulaient d’elle. Je me suis demandé, question qui resterait sans réponse, si elle avait commencé à suinter quand elle m’avait aperçu, ou durant les quelques minutes nécessaires pour quitter la grand salle pour arriver au patio.

Je veux que tu me prennes de la langue !

J’ai tiré le collant bas . L’odeur de ses sécrétions, complexe et enivrante est montée à mes narines. J’ai plongé sur elle au moment où son clitoris pointait le museau hors du capuchon de chair qui le couvrait habituellement, rond et s’allongeant sous mon regard.

Elle a gémi quand la pointe de ma langue est venue appuyer sur ses chairs les plus intimes. Le goût de ses sécrétions a rempli ma bouche. Pour soulager la tension quasi intolérable, j’ai défait de la main qui n’était pas accroché à elle mon pantalon, je me suis mis à nu et j’ai frotté ma queue dilatée comme elle ne l’avait été que quand je la matais. Il y avait dix ans de cela… C’était hier…

J’ai tourné sur elle, me gorgeant de ses sucs intimes en même temps que je m’efforçais de la caresser au mieux. Elle se cambrait et gémissait, preuve que je n’étais pas trop mauvais. J’ai tourné sur ses lèvres, je suis remonté sur son clitoris, appuyant dessus de la pointe de ma langue, puis comme il s’allongeait et s’épaississait encore, je l’ai mis en bouche et sucé comme j’aurais sucé un sexe minuscule. Elle a crié à ce moment-là.

Comme son sexe s’était dilaté, je suis revenu sur ses lèvres, et j’ai poussé ma langue a l’intérieur, aussi loin que je le pouvais, regrettant de ne pas avoir une langue assez longue pour caresser de manière plus poussée ses parois intimes, et remonter jusqu’à son utérus.

Ainsi sur elle, je pouvais sentir de manière nette et précise les tensions qui agitaient son corps, et j’ai perçu la manière dont la jouissance montait en elle jusqu’à exploser en une série d’orgasmes qui l’ont faite crier d’une manière pas vraiment discrète et éjaculer dans ma bouche des liquides dont je voulais boire jusqu’à la moindre goutte.

Elle s’est laissé tomber sur le banc. Elle m’a souri, et, fixant ma queue raide alors que je me posais à côté d’elle, elle m’a pris dans sa main, dans ce geste, qui plus que tout autre, nous ramenait réellement dans le passé. Comme elle l’avait fait des centaines de fois à d’autres, elle s’est mise à me masturber.

Elle n’avait pas perdu son savoir-faire, on ne perd jamais ce genre de choses. J’étais déjà tout raide, et cependant elle est parvenue à me faire encore dilater. Je n’avais sans doute jamais  été aussi gorgé de sang, ni aussi excité. Dix ans, il avait fallu dix ans pour arriver à ce simple geste, en grande partie par ma stupidité. Sans doute jamais personne ne me branlerait aussi bien. Elle savait alterner les caresses, être rapide puis plus lente, mais surtout s’arrêter quand elle sentait que j’allais jouir.

Elle comme moi nous savions que nous n’allions pas nous arrêter là. Tous ces mois où je l’avais admirée dans le patio, j’avais rêvé d’autre chose, sans jamais vraiment me l’avouer, tout comme elle aussi avait pensé qu’elle me donnerait autre chose, qu’elle me donnerait plus. J’étais passé à côté d’une chance extraordinaire. J’aurais sans doute été le premier dans son ventre. Il y avait eu d’autres hommes depuis. Mais ce serait quand même, parce que nous avions remonté le temps, une première fois pour elle comme pour moi.

Elle a glissé sa main dans son réticule et elle en a tiré un préservatif dont elle a déchiré l’emballage avec ce mélange d’habileté et de rapidité qui étaient les siens pour l’ajuster sur ma queue dilatée.

Elle m’a regardé, m’a souri, s’est redressée, et a roulé sa robe à sa taille. Le collant était resté accroché à mi-cuisses.

Elle est venue se poser sur moi et elle a attrapé mon sexe. Elle l’a amené contre ses lèvres pour le faire rentrer. La première fois ça a ripé, et ma queue a heurté son aine, et la matière électrique du collant. La deuxième, ça s’est fait tout naturellement, mon gland s’est ajusté contre ses lèvres, et elle s’est laissé descendre sur moi. Sa chaleur et son humidité m’ont gainé, son vagin a pris ma queue comme un gant prend une main. On s’est accrochés l’un à l’autre, et plus rien n’a vraiment eu de sens. Nous n’étions à cet instant plus qu’un, et, dix ans plus tôt, quand elle branlait des garçons en me regardant du coin de l’œil, et quand je matais le spectacle, à quelques mètres d’eux, je n’avais pas imaginé que, si un jour nous nous nous accouplions ce serait aussi bon.

Un rêve enfin accompli, dix ans après. C’est ce que j’ai pensé quand la jouissance nous a emportés.

Quand nous sommes enfin revenus à plus de conscience, elle rajustant sa robe pour masquer le collant déchiré qui laissait son sexe à nu,  moi arrachant de ma queue qui ramollissait le préservatif et allant le jeter dans la poubelle du patio —on penserait que deux lycéens avaient fait l’amour là, on a fait le choix de rester là quelques minutes, pris dans un étrange moment, avec le sentiment que quelque chose était enfin accompli, et une étrange félicité.

Ce pouvait être un commencement…Ou une fin.

Je me suis demandé ce que cela serait. J’ai eu la réponse quand, se tournant vers moi, elle m’a dit :

Si on quittait la soirée et qu’on allait chez moi ? On pourra finir la nuit ensemble, et profiter de quelques journées à deux. Je vis seule.

Moi aussi, ça tombe bien.

On s’est levés, elle a attrapé ma main, et on est partis ensemble.

 

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