Mission sans retour

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Frederic Gabriel


adultèrescience-fiction



MISSION SANS RETOUR

J’ai fini de me maquiller, en me regardant dans le grand miroir de pied qui me faisait face. Je n’ai pu m’empêcher de sourire. Cette fois, j’avais sorti l’artillerie lourde, et si ça ne marchait pas, c’était à désespérer. Je me suis soigneusement examinée, en voulant encore m’améliorer. Je n’avais plus rien à vrai dire de la femme au foyer, et tout de la putain. J’avais opté pour un tailleur rouge cerise, avec une mini, je pourrais même dire micro-jupe, une veste sous laquelle je n’avais qu’un soutien-gorge assorti, veste qui laissait voir mon décolleté accentué par le sous-vêtement. J’arborais des cuissardes couleur fauve, et un collant, sous lequel je portais une culotte du même rouge que le reste de ma tenue. Maquillée et parfumée, je me sentais armée pour reconquérir mon mari. Enfin, je me sentais… J’avais pas mal d’angoisse au fond de moi. Je savais que c’était un peu la démarche de la dernière chance. Ça faisait six mois que mon mari était rentré de sa mission sur Archos, et il ne m’avait pas touchée une seule fois. Je n’en revenais pas. C’était tellement inhabituel de sa part. Notre relation était plus que largement basée sur la sexualité, et sur une sexualité épanouie. Certains couples se passaient de ça, nous, dès le départ, nous nous étions rejoints dans les rapports sexuels, et les années qui passaient (ça faisait dix ans que nous étions mariés) ne nous avaient pas calmé, contrairement à ce qu’auraient pu dire certains. On s’entendait très bien, mais il ne se passait pas une journée sans qu’on s’envoie en l’air. C’était notre langage à nous que de s’approcher de l’autre, et avec une caresse, lui faire comprendre qu’on avait envie…et l’autre disait rarement non. 

Je ne cessais de repenser, ça tournait en boucle dans mon esprit, à de délicieux moments, en allant même jusqu’à douter de leur existence, à présent qu’ils s’étaient dissous dans le néant et ne subsistaient plus que dans mes souvenirs. Quand je passais l’aspirateur ou que je faisais la vaisselle, et qu’il venait me caresser. Je faisais celle qui n’était pas intéressée, il insistait, et puis je m’essuyais les mains, ou je coupais le contact de l’aspirateur, et on se laissait aller à nos envies.

Dans les premiers temps, quand il était revenu de sa mission sur Archos, j’avais mis son absence d’appétit pour moi sur le compte de la fatigue. Une grosse mission de six mois, deux ans de préparation… On avait découvert Archos en 2043, suite à cette fabuleuse découverte d’un physicien de génie qui avait trouvé le moyen de passage entre notre monde et une autre dimension parallèle, identique mais différente, pourvue des planètes de notre système solaire, mais également d’autres. Des échanges s’étaient mis en place, et avec les Terriens du monde parallèle, on s’était rendus sur Archos, qui était une planète identique à la Terre, mais habitée par une population plus primitive. Je n’en savais pas plus, car la mission, première du genre, était trop secrète. On disait que la planète Archos avait été ‘aménagée’, mais je ne savais pas trop ce que cela voulait dire.

Je me suis assise. Il n’allait pas tarder à arriver. J’ai machinalement posé ma main sur mes cuisses, sentant l’électricité du nylon au bout de mes doigts. J’en étais arrivée à des substituts, pour ne pas devenir folle. J’avais moins honte de certains, plus d’autres. J’aurais voulu ne pas y avoir recours, mais j’avais en moi ce besoin, et cette énergie, alimentés par nos rapports de couple jusqu’alors, et c’était difficile de tourner à vide.

J’ai remonté ma main à l’intérieur de ma cuisse et je me suis mise à me frotter à travers le nylon et le collant. C’était une sensation agréable, autre que mes doigts nus contre ma chair. Je me suis dit avec amertume que j’aurais au moins ça. Je tentais une reconquête, mais je ne me faisais pas d’illusion sur l’issue. Alors que j’éprouvais déjà du plaisir à me caresser. Le slip s’enfonçait dans ma fente qui s’ouvrait, je sentais du liquide couler de moi, et j’aimais la sensation du nylon contre mes doigts. J’ai joui une première fois, et je me suis massée une deuxième fois plus lentement, pour finir par un orgasme plus puissant… Fallait-il que je sois dans une situation désespérée pour en être réduite à me masturber comme quand j’étais adolescente ? Pourtant, quand je le faisais, de plus en plus souvent, j’éprouvais du plaisir, et même un plaisir fort, et c’était au moins ça, puisque lui ne me donnait plus rien.

Et puis il y avait tout le reste. Dont je n’avais pas spécialement honte. Sans ça, je serais sans doute devenue folle. J’étais visiteur médicale, comme on dit. Je passais mes journées chez les médecins. Comme j’étais encore appétissante, même si j’avais 35 ans, et que je savais mettre en valeur ma féminité, pas mal de médecins m’avaient fait des avances, plus ou moins habiles, plus ou moins directes, que j’avais toutes déclinées, tout simplement parce que j’aimais mon mari, et qu’avant on avait des rapports suffisamment fréquents pour que je sois comblée. J’avais compris ces six derniers mois qu’il pouvait y avoir une faim  simplement physique, un besoin de faire l’amour, au-delà de tout sentiment. J’étais, très banalement, en manque, même si je n’avais sans doute pas à être fière de ça, et je m’étais laissée aller à des actes coupables. Le pire étant sans doute que j’avais éprouvé de moins en moins de culpabilité, à mesure que je m’enfonçais par la débauche. J’avais commencé par accepter un rendez-vous d’un médecin qui me couvait d’attentions depuis plus d’un an. On avait été manger ensemble au restaurant. Pendant le repas, c’était moi qui avais déclenché les hostilités, faisant glisser sur le sol l’escarpin que j’avais au pied, puis venant poser mon pied gainé de nylon sur sa cheville. J’étais remontée le long de sa jambe, jusqu’à arriver à l’endroit ou son pantalon était déformé par une énorme bosse. Je l’avais massé doucement, m’interrompant à plusieurs reprises pour éviter une extrémité à laquelle je ne voulais pas arriver tout de suite. Il m’avait rendu la pareille, lorsque je m’étais dégagée, en glissant sa main sous ma robe et me caressant, sa tâche rendue aisée par le fait que je ne portais pas de culotte.

La soirée avait fini sur un parking désert, dans une zone industrielle, où j’avais pu enfin réaliser un vieux fantasme : me faire prendre par un homme, pliée en deux sur le capot d’une voiture. Il m’avait fouillée de sa queue enveloppée de cellophane, me faisant jouir. On avait remis ça à plusieurs reprises, chaque fois que je passais dans la zone de clientèle à laquelle il appartenait, dans des lieux insolites.

Je m’étais aussi offerte à un collègue, travaillant pour une firme concurrente, qui lui aussi me tournait autour depuis un moment. L’histoire mérite d’être racontée. Nous nous trouvions lui et moi dans une salle d’attente déserte à discuter, quand j’avais eu ce geste fou de tendre la main vers son pantalon et de le masser à travers. Comme j’avais cru le comprendre du regard, je lui faisais de l’effet, de telle sorte qu’il bandait déjà à moitié. Je l’avais frotté un peu, avant de le dézipper, et de mettre sa queue à nu, pour le branler. Ce geste était de la pure folie, parce qu’un client risquait à tout moment de rentrer dans le salon d’attente. Et en même temps, ce n’était pas le cas, car on savait tous les deux, à force de s’y retrouver tous les vendredis après-midi qu’il y avait un moment où il n’y avait plus personne. Le médecin était là-haut avec une patiente, il prenait un temps fou pour chaque consultation. On avait quelques minutes.

Je l’ai caressé doucement, quelques minutes, avant de venir me positionner au-dessus de lui. J’avais une robe très courte, des bas, pas de sous-vêtement. J’ai attrapé sa queue, et je l’ai guidée en moi… Ce que j’ai ressenti en le faisant rentrer en moi… Une plénitude teintée d’une certitude absolue : ça me manquait de ne pas avoir la queue de mon mari en moi. Je me suis agitée sur lui avec frénésie, jouissant plusieurs fois avant qu’il ne se vide de tout son sperme dans la capote. Je m’étais arrachée de lui à l’instant où le médecin redescendait faisant retomber ma robe sur mes cuisses mouillées de l’humidité qui avait coulé de moi, pendant qu’il rengainait une queue encore épaisse et dont il n’avait pas arraché la capote.

Tous ces moments m’avaient apaisée et comblée, mais il n’en restait pas moins que je voulais reconquérir mon mari.

Je l’ai vu arriver par la fenêtre de la chambre, et je suis descendue. Je me disais en mon for intérieur que j’allais lui faire le grand jeu, et que, si ça ne marchait pas, alors je pourrais sans doute dire adieu à mon désir de le reconquérir.

Une fois la porte ouverte, il m’a trouvée devant lui, un rien surpris. Je lui ai laissé le temps de me regarder, avant de venir l’enlacer, appuyant mon corps contre le sien. J’ai pris sa bouche, et j’y ai enfoncé ma langue. Il n’a pas réagi, me laissant faire. J’ai reculé, lui demandant :

Tu me trouves belle ?

Il m’a répondu :

Oui, bien sûr,

Mais la manière qu’il a eu de répondre, lointaine, voulait déjà tout dire.

Viens, tu n’es pas souvent là, on va passer un moment ensemble, j’ai préparé des cocktails. Ça te dit ?

Il y avait dans son regard une expression qui disait qu’il était navré, qu’il aurait voulu me le faire comprendre, mais qu’il n’osait pas formuler en mots ce qu’il ressentait.

J’avais préparé des mojitos. Je savais qu’il aimait ça. Je me suis calée sur le divan, ma cuisse contre la sienne. Autrefois, un simple contact de nos deux corps produisait quelque chose d’électrique, entraînant forcément une réaction. Cette fois, il n’en était rien, et ça ne me surprenait pas.

On a dégusté nos mojitos. En mon for intérieur, j’ai pensé c’est déjà ça puis je me suis détestée de me contenter de si peu. C’est sans doute pour cela que j’ai plongé sur lui, et que je l’ai débraguetté, avec la ferme intention de lui faire une pipe.

Je n’ai pas été vraiment surprise de trouver une queue molle. Ça faisait six mois qu’il était comme ça, six mois aussi que je m’acharnais à vouloir le faire bander. J’avais essayé des techniques auxquelles sans doute aucune femme n’avait pensé. Une fois, j’avais même fait rentrer sa queue molle dans son vagin, en espérant qu’il allait enfin bander. Rien.

Le pire dans cette situation, c’était sans doute mon refus de me résigner. J’ai attrapé sa queue, et je me suis mise à le branler. Masturber une queue raccourcie et flasque, ce n’est pas une sinécure. Surtout quand elle n’évolue pas d’un millimètre. Pas le moindre soupçon d’une réaction, le début d’une érection. Je n’attendais pas de miracles. Déçue, j’ai relâché la queue flasque. Il m’a regardé avec sur son visage l’amorce d’un sourire narquois, une manière de me dire tu vois, tu croyais que quelque chose pouvait se passer… Hé bien non. Aussi sexy, aussi provocante que tu sois, quels que soient les efforts que tu puisses faire pour me séduire, je ne banderai pas en te regardant ou en te laissant me caresser.

A ce moment, j’ai senti que quelque chose se brisait en moi. C’était difficile à expliquer, mais je savais qu’il n’y aurait pas de retour en arrière. On continuerait à vivre ensemble. Je continuerais à éprouver de l’affection pour lui. Mais je me tournerais vers d’autres hommes, sans remords ni regret. J’avais ouvert les yeux, ces derniers temps, et j’avais vu que beaucoup d’hommes me regardaient avec envie.  Une main effleurant leur corps, leur queue…Ce serait suffisant pour qu’ils cèdent.

Je suis partie me changer. Je me ferais belle pour d’autres.

Le lendemain après-midi, je suis partie passer l’après-midi avec Nadya. On se connaissait depuis douze ans. Elle était venue s’installer dans le quartier à cette époque. Elle habitait un pâté de maisons plus loin. On était devenues amies dans l’instant, et ça n’avait jamais été brisé par quoi que ce soit, au contraire, notre complicité s’était renforcée au fil des ans. On se ressemblait, elle était grande et bien en chair comme moi, la seule différence, c’est qu’elle était blonde, alors que moi je suis brune. On se racontait tout, on parlait de tout.

On partageait en plus une expérience commune. Nos maris avaient fait partie de la même mission pour la Base Archos.

On était installées sur ce grand canapé bleu sur lequel on avait eu tant de discussions quand elle m’a dit, désabusée :

Alors, toi non plus, il ne te baise plus ?

Réflexion qui à la fois m’a surprise, puisqu’elle sortait ça de but en blanc, et pas du tout, puisque j’avais le sentiment depuis plusieurs semaines, à certaines attitudes, certaines réactions, qu’elle et moi nous étions dans la même situation.

Je l’ai regardée, et je n’ai pu qu’acquiescer. J’aurais été bien incapable, de toute façon, de lui cacher quoi que ce soit.

Et non, je ne le fais plus bander !

Moi non plus, si ça peut te rassurer. Depuis qu’il est rentré, il ne me touche plus. Je pensais que ça durerait quelques semaines, un temps de réadaptation, je sais maintenant qu’il n’en sera rien. Ce matin, j’ai été le rejoindre dans la douche.  Autrefois, on baisait sous l’eau. Aujourd’hui sa queue est désespérément molle. Tu veux savoir pourquoi ?

Je l’ai regardée. Encore une fois, Nadya était plus futée que moi. Elle, elle savait pourquoi .

Il a ramené des films… D’Archos. Tu veux les voir ?

Elle a disparu un instant, avant de revenir avec une vidéo-capsule qu’elle a engagé dans le vid-lecteur. Les scènes avaient été filmées d’évidence par son mari, mais en s’incluant lui, puisque les caméras que l’on utilisait depuis 2040 étaient des drones qui se positionnaient selon les souhaits de chacun. Il avait tenu à garder des souvenirs, et je comprenais pourquoi.

On voyait, à ses côtés, dans un premier temps, dans les locaux de la Base, une magnifique créature. Je n’avais jamais encore vu une fille aussi belle. Il y avait en elle quelque chose d’éthéré et de parfait, que je n’avais pas, c’était une évidence.

C’est un androïde, n’est-ce pas ?

Oui, une nouvelle génération. Ils les ont mis en place la-bas pour tenir compagnie aux hommes qui ont du mal six mois, puisque c’est la durée de leur mission, seuls.  Ils ont une compagne, ça rend leur travail plus efficace. L’androïde est programmée pour devancer leurs désirs.

J’ai compris à voir les scènes suivantes défiler que, s’il avait ramené ces films, ce n’était pas dans l’intention de les montrer à son épouse, et que celle-ci avait du mettre la main dessus au terme d’une fouille poussée. Les scènes de plus en plus chaudes, témoignaient de la soumission absolue de l’androïde. Elle était ce dont, sans aucun doute, rêve tout homme : une créature docile qui satisfait le moindre de ses désirs, en le devançant. On la voyait assise près de lui dans un restaurant, collée contre lui, discutant en souriant, d’accord avec lui. Les autres scènes étaient plus intimes, même si certaines avaient été capturées dans des lieux publics. On les voyait dans un ascenseur, elle à genoux devant lui, effectuant une fellation avec conviction. Elle y mettait le meilleur d’elle-même. Il y avait plein d’autres scènes, certaines romantiques, où le couple regardait un soleil violet se coucher sur Archos, alternant avec d’autres totalement crues, où ils s’envoyaient en l’air. J’étais fascinée par la beauté de la fille, mais aussi par son savoir-faire. Comment ne pas être attiré par une fille comme elle, jusqu’à l’obsession, puis ensuite la regretter, jusqu’à ne plus penser qu’à elle, et ne plus avoir envie d’aucune autre fille ? Même moi, j’étais troublée.

Archos est un gigantesque lupanar, a gémi mon amie. Là-bas, ils passent leur temps à baiser avec des filles parfaites. Comment veux-tu qu’une fois de retour, ils continuent à s’intéresser à nous, créatures si imparfaites ?  

Nous avons été plusieurs dizaines, le mois suivant, à venir assister, à la NASA, au nouveau départ pour Archos. Une mission d’un an. Le gouvernement parlait même, maintenant, de séjours de plusieurs années pour des astronautes. Nous savions que tous seraient volontaires, et que, si un jour le gouvernement parlait de séjour à vie, nous ne les reverrions jamais.

Toutes ensemble, dans l’assistance, nous partagions ce secret muet, jamais vraiment formulé, qui faisait de nous des femmes frustrées. J’avais renoncé à séduire mon mari, et il n’avait plus jamais rien réclamé. Son esprit était ailleurs, son corps allait rejoindre cet endroit. Il n’avait vécu son retour sur terre que dans l’espoir de retrouver l’exceptionnelle amante qui lui avait fait découvrir, sur Archos, le véritable passion. Ce qu’il avait vécu avec moi n’était que quelque chose de fade.

Alors que les membres de l’équipe passaient, les uns après les autres le portail qui permettait de glisser dans la dimension parallèle, je me suis mise à penser à l’homme que j’avais connu sur un site de rencontres, avec qui j’avais une liaison depuis plusieurs semaines, et que j’allais rejoindre dans une chambre d’hôtel, mais aussi à ceux qui suivraient.

J’avais pourtant une chance : j’avais épousé un héros.

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