Monastère

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Frederic Gabriel




MONASTERE

C’est parce que l’un des moines le surprit le sexe à la main dans sa cellule qu’il fut convoqué devant le doyen de la communauté religieuse.

En devenant moine, tu le sais, tu devais renoncer à tout jamais aux plaisirs de la chair. J’ai cru comprendre que ce n’était pas le cas.

Il ne chercha même pas à plaider sa cause. Qu’aurait-il pu répondre ? Il faisait partie des moines, qui, tous les dimanches, descendaient à la ville, distante d’une dizaine de kilomètres, pour y vendre le fruit de leur production, et leur permettre de mieux vivre. Légumes, fromages, confitures…

Et puis il y avait cette jeune femme. Qui venait tous les dimanches avec son panier, faire des provisions. Elle était jeune, elle était belle. Une splendide chevelure blonde, épaisse et soyeuse, un visage aux traits délicats. Elle portait de grandes robes floues, qui n’en laissaient pas moins deviner qu’il y avait dessous un corps plein aux formes charnues.

Elle tournait sur la place du marché, allant d’un commerçant à l’autre, achetant ce qui lui convenait. Elle semblait radieuse.

Elle était venue sur leur stand, leur avait souri, parlé, elle avait acheté leurs produits.

Sous sa robe de bure rêche, Jean avait senti sa queue se durcir.

Il avait été surpris, avant tout, d’éprouver du désir pour elle. En effet, il croisait tous les dimanches bien des femmes, et durant la période d’été, quant le monastère était ouvert aux touristes, c’était également le cas, mais elles l’avaient toujours laissé indifférent. Quant bien même certaines étaient ravissantes- et peu vêtues en été.

Pourquoi elle ? Sans doute simplement parce que c’était elle, et pas une autre, et qu’elle lui plaisait.

Elle avait été de plus en plus présente dans son esprit, les images qu’il capturait tous les dimanches tournant dans son esprit, jusqu’à ce que sa main trouve le chemin de son sexe et qu’il se délivre des tensions qui l’habitaient.

Tu souhaites rester avec nous ?

Jean acquiesça.

Nous allons t’imposer une pénitence qui te purifiera. Quand tu seras revenu parmi nous, tu auras retrouvé le chemin de la foi.

Le monastère était vaste. En la compagnie du doyen, il descendit plusieurs volées de marches, jusqu’à se retrouver au bas d’un escalier qui donnait sur un long passage souterrain dont il n’avait jamais soupçonné l’existence. Derrière comme devant, sombre, mais partiellement éclairé par une lumière dont l’origine était inconnue, peut-être la lumière du jour, mais comment pénétrait-elle en ces lieux ? Une longue voie qui semblait ne jamais devoir finir.

Un moine que Jean ne connaissait pas, mais cela n’était pas surprenant, la communauté était aussi immense que fragmentée, avança vers lui, surgi de nulle part. Sous sa capuche, il avait un visage sombre et austère.

Stephen va te conduire à la cellule ou tu demeureras une semaine. Tu jeûneras et tu réfléchiras à la ligne de conduite que tu dois avoir.

Ils étaient partis côte à côte, sans un mot, vers la cellule qui l’attendait. Ici, on n’avait pas fait le vœu du silence, mais on parlait peu, et Stephen ne prononça pas un seul mot, pas plus que Jean ne chercha à lui parler.

Le chemin n’était pas droit, contrairement à ce qu’il avait pu penser. Il y eut plusieurs croisements, des bifurcations, de sorte que Jean comprit que, même s’il l’avait voulu, il aurait été bien incapable de revenir de lui-même à son point de départ. Il faudrait attendre que Stephen revienne le chercher.

Il le laissa devant une porte ouvrant sur une vaste pièce, bien plus grande qu’il ne l’aurait imaginé, installée au bout d’un passage initié quelques mètres plus tôt après un croisement qui ouvrait sur plusieurs voies. Stephen s’éloigna sans un mot, pendant que Jean prenait possession des lieux. Il n’y avait là qu’une simple couche, avec une couverture rugueuse, des sanitaires, et un lavabo. Un étroit espace laissait pénétrer la lumière, donnant sur un paysage qui ne lui rappelait rien, un relief de montagne.

Il se laissa glisser sur le bas-flanc.

Curieusement, il ne ressentait aucune culpabilité à penser à la femme, et à la désirer. Pire, cela ne lui semblait pas incompatible avec sa foi. Pourquoi n’aimer qu’une seule personne ? Ne pouvait-on pas aimer son Dieu et ce qu’il avait créé de mieux ?

Il savait d’ores et déjà qu’il lui faudrait, lorsqu’il sortirait d’ici, dans une semaine, quitter la communauté. Il était encore jeune, et il ne pouvait pas se couper du monde ainsi.

Dans le bureau du doyen, il avait cru qu’il pouvait rester. Il lui apparaissait maintenant que c’était impossible.

Il n’avait aucun repère que celui du jour et de la nuit, mais bientôt le temps se dilua. Il ne chercha même pas à savoir si c’était le matin ou l’après-midi, le début, le milieu ou la fin de la nuit.

Il pensait à elle.

Le manque de nourriture, même si les repas étaient spartiates, l’affaiblit bientôt. Il pouvait heureusement boire.

Ce fut le troisième ou le quatrième jour, il ne savait plus très bien, qu’elle lui rendit visite. Bien évidemment, ce n’était pas elle, mais son esprit dérivait vers des hallucinations. Elle fut d’abord une forme, une silhouette dans le couloir obscur, puis elle avança vers lui, belle  comme sur le marché. Elle lui souriait.

Tu es venue me rejoindre !

Il reconnut bien sa voix.

Te rejoindre pour t’aider à passer ces moments difficiles.

Elle se campa devant lui, au pied de la couche. Elle portait une longue robe blanche, bouffante. Elle passa ses mains dans son dos, pour défaire une fermeture éclair, et descendant celle-ci, elle put ensuite aisément faire couler le tissu le long de son corps, se dévoilant nue dessous, sauf pour une petite culotte blanche qui atterrit sur le sol, près de la robe. Elle avait un beau corps de femme, aux formes généreuses, seins lourds, hanches marquées, cuisses pleines. Son pubis n’était pas orné du moindre poil, laissant voir nettement le dessin de son sexe.

Elle se plia en deux, ramassa sa robe qu’elle posa sur le lit en même temps qu’elle s’asseyait près de lui.

Laisse-moi voir cette queue pour l’érection de laquelle tu as été puni.

Elle avait, d’un seul mouvement net et précis, remonté la robe de bure. Dessous, il y avait un sexe d’homme, dressé, dans tout son désir pour la très belle femme qui se tenait à quelques centimètres de lui, la chaleur de son corps perceptible par le moine, qui l’envahissait, et apaisait ses tourments.

Tu as une belle queue. Ce serait dommage de ne pas s’en servir.

Elle vint l’encercler et la caresser d’une main habile. Il avait trente-deux ans, cela faisait douze ans qu’il n’avait plus eu de rapports sexuels, depuis qu’il avait trouvé la foi, se rendant un jour dans une église en sortant d’un travail qui l’assommait, et avait postulé peu de temps après pour rentrer au monastère.  Il se souvenait que, quand il vivait une vie autre, une de ses petits amies  aimait le masturber ainsi, peut-être parce que cela lui évitait une pénétration qu’elle redoutait, ayant peur de tomber enceinte. Elle était aussi habile et caressante qu’elle, sachant varier ses gestes, utilisant ses doigts et ses ongles. Elle fit aller et venir ses doigts le long de son sexe tout dur, vint doucement caresser ses couilles, avant de se centrer sur son gland, qu’elle agaça de ses ongles.

Tu vois, entre nous, tout est bien et tout ira toujours bien. Tu veux que je te prenne dans mon ventre ?

Il poussa un grognement qui était un acquiescement.  La blonde vint se placer au dessus de son ventre, faisant en sorte que son sexe soit au dessus du sien. Elle lui sourit :

Dedans, c’est chaud et doux, et tu oublieras tous tes tourments.

Elle attrapa sa queue roide, et se laissa descendre doucement, de sorte que bientôt, ses lèvres, ce fut le premier contact, furent contre son gland. Contact chaud, doux, et huileux. Elle le tenait fermement, elle le guida vers le centre de ses lèvres, et se laissa très lentement tomber sur lui, l’absorbant petit à petit. Il ne sentit d’abord rien, puis les sensations l’envahirent, et il dut se retenir pour ne pas jouir.

Elle vint finalement se poser sur lui, ayant totalement englouti son sexe. Il la sentait autour de lui, chaude et humide.

Tu vois tout ce que tu perds… Si tu étais avec moi, ce serait tout le temps comme ça.

Elle se mit à se mouvoir sur lui, et il sentit le frottement de ses muqueuses contre sa tige roide. Elle bougea d’abord dans des mouvements très brefs, quasi imperceptibles, puis plus marqués, se hissant sur lui en appuyant sur le bas-flanc puis se laissant retomber. Ce qui déclencha sa jouissance, alors même qu’il voulait se retenir, ce fut de la voir se cambrer, et exploser dans un orgasme. Il y avait quelque chose de beau et de fragile dans son attitude. Il explosa, remplissant son vagin de semence.

Elle resta sur lui, immobile. Il ferma les yeux. Quand il les rouvrit, elle avait disparu.

Dès lors, elle revint régulièrement. Ce n’était pas elle, il le savait très bien, mais une vision. Une vision pourtant sacrément réelle. Mais il avait déjà eu des hallucinations, et il savait combien celles-ci pouvaient se parer des voiles de la réalité. Elle apparaissait, lui parlait, se dénudait partiellement ou entièrement et l’entraînait dans les joies du sexe. La deuxième fois, elle le dénuda, et le masturba simplement jusqu’à ce qu’il jouisse. Privé de nourriture, il se sentait de plus en plus faible, mais cependant quand elle était là, il retrouvait suffisamment d’énergie pour avoir une érection, envie d’elle, et l’honorer. Elle ne venait pas de manière régulière, parfois la nuit, parfois l’après-midi, mais elle se donnait à lui. Il savait qu’il devait mémoriser chaque moment. Il apprécia celui où elle glissa à quatre pattes sur la couche, et s’offrit à lui, dans la position la plus excitante qui soit pour un homme,  tendant  vers lui sa coupe charnue, ouverte en deux sur le plus intime de sa chair. Il vint sur elle, jouit, et la fit jouir.

Il fut très surpris quand des pas se firent entendre dans le couloir, pas bien réels ceux-là. La silhouette de Stephen s’encadra à l’entrée de la cellule. Il ne pensait pas que la semaine de pénitence soit déjà terminée.

Bien qu’affaibli, il refusa de s’appuyer sur Stephen pour remonter. Il retrouva le bureau du doyen. Celui-ci souriait, convaincu de sa victoire.

J’ai bien réfléchi pendant cette semaine.

J’en suis très heureux.

J’ai décidé de quitter la communauté.

Le visage du doyen se renfrogna.

Une heure plus tard, les lourdes portes du monastère s’ouvraient pour le laisser partir. Il avait remis ses habits civils, ceux qu’il portait douze ans plus tôt lorsqu’il les avait franchies en sens inverse, et éprouvait un réel sentiment de liberté.

On était dimanche, et il savait qu’il la trouverait sur le marché.

Ses deux camarades habituels étaient à leur étal. Il la chercha du regard et l’aperçut. Il marcha jusqu’à elle et lui sourit. Elle répondit à son sourire

Je ne suis plus moine depuis peu.

Et moi, je ne suis plus avec un homme depuis peu. Tu crois qu’on pourrait faire affaire ?

Alors qu’ils partaient ensemble vers chez elle, il lui demanda :

Dis-moi, tu sais qu’il y a sous le village de nombreux souterrains qui communiquent entre eux, et avec le monastère. Des résistants se sont cachés là pendant la Seconde Guerre Mondiale ou s’en sont servis pour s’échapper.

Hmmm, oui. Quand j’étais petite j’allais même y jouer.

Et tu y es revenue, récemment ?

Oh non.

Alors c’était bien le mirage d’un esprit halluciné qui lui avait tenu compagnie pendant une semaine.

Mais comment se faisait-il, et il avait sa main resserrée dessus, qu’il ait trouvé, et ramassé subrepticement, avant de quitter la cellule, cette petite culotte blanche ?

Ou alors il était parvenu à donner une réelle épaisseur à ses hallucinations…

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