NEVER BE THE SAME Sexcape games chapitre 1

12345
Loading...

Stephen Nilsen


polar



CHAPITRE 1

Le tic-tac de l’horloge s’est arrêté.

Du temps, il lui en aurait fallu, un peu plus. Si seulement il avait su. Ce temps qui s’écoule inexorablement et qui ne peut se remonter comme de simples aiguilles sur le cadran d’une montre. Ce temps qui jalonne notre vie tandis que s’ouvre une multitude de chemins que l’on emprunte et qui édifie la construction d’une personnalité.

Stan Kilers, 24 ans, vient de se pendre dans la cellule qu’il occupait depuis peu.

Cet acte a été mûrement réfléchi. Incarcéré depuis une semaine, l’idée de finir ses jours en prison lui était insupportable.

La sentence était tombée : condamnation pour meurtres avec préméditation, assortie d’une période de sûreté de 22 ans.

Une ceinture, des barreaux, c’en est fini.

PREMIERE PARTIE

Sheffield, nord de l’Angleterre.

Le capitaine Stark jubilait. Ses exploits faisaient la une des quotidiens nationaux « le tueur du campus enfin arrêté ! Fin d’une traque interminable ».

Un an et demi qu’il était sur cette satanée affaire. Il l’a tenait enfin sa promotion !

Le procureur de la république l’avait annoncé la veille, aux alentours de 22 heures « Nous pouvons nous féliciter du travail de nos équipes sur le terrain, et je voudrais remercier plus particulièrement le capitaine de police Niels Stark… mènera lui-même l’interrogatoire… simple formalité… preuves accablantes ».

Il se rappelait – deux jours auparavant- le commissaire, au téléphone.

Stark ! Ici le commissaire Angus. Alors, vous en êtes où ? J’ai le divisionnaire sur le dos en permanence, il me faut des résultats ! Et arrêtez votre baratin. Ça fait des semaines que j’entends la même rengaine. Je vous préviens, je vous laisse quinze jours de plus !  Et je fais ça par rapport à vos états de service ! Je pense avoir fait preuve de beaucoup de mansuétude à votre égard, mais là je ne vous ferai pas de cadeau !

Stark, le looser, comme l’appelaient les jeunes lieutenants de la brigade. Toujours à le railler, lui faire des remarques sur son humeur maussade, ses tenues vestimentaires – alors Stark t’as piqué la chemise de Magnum ! (en référence à une série des années 80).

Les anciens se rappelaient qu’il fût un capitaine respecté. Mais c’était avant. Avant qu’un camion ne vienne percuter le véhicule de sa femme. Avant qu’on lui annonce que tout était fini. Que sa femme fût morte sur le coup, et que sa fille de deux ans – son petit ange – conserverait des séquelles irréversibles. Les lésions cérébrales trop importantes avaient entraînées une perturbation des réflexes moteurs et des fonctions neurologiques. Un vrai légume !

Stark avait encaissé le choc de l’annonce – qui ne serait pas devenu fou ? – et avait sombré lentement. Il avait du mal à rester sobre plus d’une journée, sauf certains week-ends – il retrouvait son petit ange (aux ailes cassées) dans un centre pour handicapés moteurs – et aux dates anniversaires de sa femme – il se rendait sur sa tombe. Il s’agenouillait sur le gravier de l’allée et nettoyait le marbre pour y déposer son bouquet de fleurs. Puis il se recueillait. Dans ces moments de lucidité il culpabilisait de son addiction.

Mais aujourd’hui Stark pouvait être fier de lui.

Il décrocha son téléphone et appela le brigadier de garde.

Qu’on m’amène le suspect.

Il l’entendit dans le couloir se gargariser auprès de ses collègues – j’emmène notre star chez Stark ! – puis frapper et entrer dans le bureau.

Avant que vous ne sortiez Macken, sachez qu’ici il n’y a aucune star. Des détraqués, des pervers, des gens en souffrance sûrement, mais pas de stars. Le brigadier piqua un fard et ressortit tout penaud.

Un jeune homme d’une vingtaine d’années se tenait debout face à Stark.

Asseyez-vous monsieur Kilers dit-il d’un ton autoritaire.

Le capitaine observa son coupable. Celui-ci semblait effrayé, les mains torturées – il se les tordait instinctivement comme s’il voulait s’en débarrasser.

Vous êtes ici dans le cadre d’une inculpation pour meurtres. Cinq meurtres nom de dieu ! Vous encourez la réclusion criminelle à perpétuité. Nous avons trouvé suffisamment de preuves chez vous, alors épargnons-nous une perte de temps. Vous avouez et toutes ces familles qui attendent dehors pourront rentrer chez elles.

C’était… juste … un jeu balbutia le jeune homme.

Juste un jeu !  Le capitaine l’empoigna – leva la tête pour le regarder dans les yeux – et lui cria : Tu te fous de moi ! T’avais besoin de tuer toutes ces filles pour t’amuser ! Mais quelle espèce de taré es-tu !

Je n’ai tué personne monsieur. Nous avions rendez-vous quelques jours plus tôt. Je l’aimais. Ça ne devait pas se passer comme ça. Pas comme ça …

Stan ignorait que la fille n’était pas morte. Dans le coma certes, mais son cœur battait encore.

Alors ! – le capitaine se pencha sur son bureau – dis-moi pour cette dernière fille, comment tu t’y aies pris.

Stan chercha… réfléchit à ce qu’il devait dire ou ne pas dire.  C’était la première fois qu’il se retrouvait confronté aux forces de l’ordre. Il se sentait mal à l’aise. Finalement il se livra.

Célia

Ils s’étaient rencontrés lorsqu’ils étaient étudiants. Ils avaient pris l’habitude de déjeuner aux mêmes horaires près de Weston Park. Le rituel était immuable. Elle s’installait à une table près d’une baie vitrée donnant sur un petit parc boisé, y déposait son plateau repas et sortait un bouquin. Tout en picorant dans son assiette elle relevait de temps à autre la tête pour s’imprégner de l’ambiance du lieu. Parfois, lorsque le temps était maussade, elle se plongeait dans la lecture d’un livre et n’en sortait que pour retourner en cours.

Stan lui, se posait à une table de l’autre côté de l’allée, juste en face, à proximité d’une cabine téléphonique. Cette place, il l’affectionnait particulièrement, car lorsque la météo était clémente, ce qui pouvait être rare selon les saisons, elle pouvait lui offrir bien des surprises. Régulièrement des étudiantes stationnaient dans cette zone en attendant leur tour pour passer un appel.  Au printemps, à contre-jour, leurs tenues légères colorées formaient un kaléidoscope dont il se délectait.

Stan aimait ces moments de tête à tête, à distance certes, mais c’était son moment de détente, il pouvait rester de longues minutes à l’observer, elle portait souvent des tenues classiques, trop strict à son goût mais ça lui allait bien. Elle savait coordonner des hauts fluides ou des chemisiers qu’elle dégrafait juste ce qu’il faut, sans être vulgaire, avec des jupes droites ou des mini-jupes. Sa chevelure brune, qu’elle portait en carré mi long, avait des reflets roux auburn au soleil. Son visage était fin avec des pommettes saillantes. Sa bouche charnue, semblable à un fruit rouge gorgée d’arômes ne demandait qu’à être dégustée. Tout en elle dégageait une impression de douceur, de fermeté et de sensualité.

Un jour qu’il l’observait, elle se mit à sourire légèrement comme si une pensée agréable lui traversait l’esprit. Tout en tournant une page de son livre elle desserra machinalement un peu ses jambes qu’elle avait croisées pour se mettre plus à son aise. Il entrevit furtivement l’intérieur de ses cuisses, galbées certainement par des années de pratique de danse ou de sport.  Il fut surpris de n’apercevoir aucune dentelle, aucun coton ou synthétique blanc, ou de couleur, mais une zone quasiment vierge de toute pilosité. Il resta comme hypnotisé par ce qu’il vît, il lui semblait apercevoir parfois un léger reflet argenté et avait du mal à assimiler ce que ça pouvait être. Les grands yeux verts émeraude de la fille – qu’une paire de lunettes design avaient du mal à dissimuler – se posèrent sur lui, cela ne dura que quelques secondes mais Stan commença à virer au rouge et à avoir les mains moites. Il faut dire que cette fille, sans être d’une beauté tout à fait exceptionnelle, avait un charme fou, on pouvait sentir en elle un côté animal, une invitation à des actes sauvages.  

Il se leva précipitamment et quitta le réfectoire oubliant au passage les bonnes manières en laissant son plateau et les restes de son repas sur la table.  Ne sachant comment interpréter ce qu’il avait vu ou cru voir il préférait s’extirper au plus vite de cette situation qui l’embarrassait.

Quel crétin ! Comment allait-il pouvoir retourner le lendemain à son poste d’observation favori ? Était-ce de la provocation ou l’avait elle fait tout simplement sans s’en rendre compte ? Il avait du mal à le croire.

Stan passa l’après-midi préoccupé par cette vision au lieu d’écouter le cours de physique auquel il assistait.

Ce jour allait être le début d’une frénésie enivrante, une porte d’entrée sur un monde nouveau dans lequel son esprit allait enfin vivre pleinement et se nourrir. Il allait sortir de ce carcan dans lequel il avait vécu jusqu’à présent et ouvrir son esprit afin de modifier sa perception sur les possibilités offertes à chacun.

Il allait découvrir le plaisir, la volupté, le désir de l’autre.

********

Retrouvez les autres épisodes de Never be the same et les autres textes de Stephen Nilsen :

http://www.meshistoiresporno.com/author/stephen-nilsen/

Du même auteur sur Amazon.fr :

NEVER BE THE SAME

CENT CIBLES ET TOUJOURS SENSUELLE

A paraître :

LES ÂMES FROISSÉES

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *