Ô Marianne

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Pierre Triarde


romance



Chaque soir, je rentrais chez moi après une dure journée de labeur. L’autobus longeait une barre d’immeubles aux façades couvertes de grandes plaques blanches ajourées. J’avais mal aux bras et aux jambes d’avoir eu à transbahuter, des heures durant, des tonnes de pavés d’une rue à une autre. Fourbu, mais d’une fatigue saine et émolliente. Le bus vivait de son flot perpétuel de passagers qui n’arrêtaient pas de descendre ou de monter. Une femme d’une quarantaine d’année vint s’asseoir sur le siège situé à côté du mien. Ses cheveux noirs et bouclés lui tombaient sur les épaules, elle portait un pantalon de flanelle blanc, une chemise rouge, un blouson de cuir marron, une écharpe grise constellée de paillettes assortie à ses ongles manucurés, gris assortis de paillettes… le genre de bourgeoise qui prenait les transports en commun après une journée passée à glander derrière un bureau. Au moment pile où je me l’imaginais à poil dans son plus simple appareil, elle se tourna vers moi en me montrant la bouteille qui se trouvait dans son sac.

Vous vous y connaissez en whisky ? me demanda-t-elle d’une voix que je jugeai un peu trop arrogante.

Elle me dévisagea avec un regard si insistant que je sentis mon visage rosir. Sa bouche s’avança en une moue dédaigneuse qui la fit ressembler à une gamine capricieuse. L’écarlate dessinait le contour de ses lèvres en une sorte d’anneau musculeux strié de profondes cannelures. Je ne savais pas où je mettais les pieds mais je décidai de me jeter à l’eau.

Pas du tout, répondis-je d’un ton cassant.

C’est vrai que vous n’avez le look d’un gars qui boit du bon whisky.

Ce qui signifie ? rétorquai-je piqué au vif.

Que vous pourriez parfaire votre éducation en savourant ce whisky avec moi.

Quel est votre prénom ?

Marianne.

Et vous ?

Paul.

Et bien Paul, ça vous dirait que nous dégustions cet alcool ensemble ?

Mes pensées tournaient à toute vitesse. Cette femme m’offrait à boire avec, très certainement, une idée bien précise derrière la tête. Un bon plan pour moi après tout car je n’avais pas touché de femme depuis au moins trois mois. Whisky et baise, une perspective que je n’avais pas vraiment imaginée ce matin en me levant ! L’autocar s’arrêta au bord de l’étang du Grec situé face à la commune de Palavas-les-Flots. Nous marchâmes sur la piste cyclable qui nous amena en un peu moins de dix minutes au centre de la station balnéaire. Un vol de flamands roses passa au dessus de nos têtes en trompetant. Il était agréable de constater qu’en cette soirée du mois de juin, les rues de la ville ne se trouvaient pas encore assaillies par les touristes. Nous longeâmes la rade pour regagner le cœur de Palavas par toute une succession de ruelles tortueuses. Marianne habitait un petit appartement situé dans un immeuble cossu coincé entre deux maisons anciennes. Elle créchait au deuxième étage. Aussitôt la porte ouverte, une puissante odeur d’encens me chatouilla les narines.

Installe-toi et sers-toi un verre en attendant que je me change. Il y a du gin dans le bar !

Je repérai le bar en question et vis effectivement une bouteille de gin au trois-quarts pleine. Je m’en servis une bonne rasade à la suite de quoi je partis à la recherche d’indices révélateurs de la personnalité de mon hôtesse. Je trouvai dispersés un peu partout sur les fauteuils et les meubles, des CD de country et de folk américains, des livres de science-fiction, des polars, des DVD dont trois classiques de la pornographie. Un des trois films attira mon attention car je me souvenais l’avoir déjà visionné avec des copains. « Le château des soupirs », une histoire porno du temps où le genre possédait encore ses lettres de noblesse. Je tournai fébrilement le boîtier entre mes doigts lorsque je sentis une présence dans mon dos. Marianne regardait par-dessus mon épaule l’objet qui accaparait autant mon attention. Pris dans le sac, je reposai le DVD sur le meuble de la télévision.

Tu veux que nous le regardions ? me demanda-t-elle tout en déboutonnant les boutons de ma chemise.

Pourquoi pas ! dis-je sur un ton faussement désinvolte. Un bon film si ma mémoire est bonne !

Un bon film en effet, du genre qui te fait de l’effet quand tu le regardes !

Marianne avait troqué sa tenue de citadine bien rangée par une insolite résille noire qui la recouvrait du cou jusqu’aux chevilles. Elle se cambra une fois en avant, une fois en arrière pour bien me montrer les multiples possibilités qu’offrait la nuisette ajourée.

Je ne m’attendais pas à autant d’exotisme ! lui révélai-je en reluquant ses deux seins lourds, comprimés par la résille.

Pendant que je m’occupe de mettre en marche le film, tu peux nous servir deux whiskies s’il te plaît. Tu veux des amuse-gueules ?

Ce n’est pas de refus, je commence à me tenir une de ces dalles !

J’attrapai la bouteille dans le sac de Marianne puis nous servis deux verres bien tassés. Le gin commençant à faire son effet, il était souhaitable que je ne me siffle pas plus d’un verre ou deux supplémentaires. Il aurait été dommage en effet que je ne puisse point honorer ma charmante hôtesse ! Marianne  revenait de la cuisine avec un bol de cacahuètes et un autre rempli d’olives noires. Elle inséra le DVD dans le lecteur puis brancha le téléviseur. Je la regardais s’affairer avec une sorte de ravissement non dissimulé. Si j’avais été un gros matou des gouttières, je crois bien que je me serais mis à ronronner ! Il faut dire que ce soir, la nuit était chaude avec des senteurs pénétrantes qui venaient des étangs. Dans la rue, les étourneaux piaillaient à tue-tête dans la ramure des tilleuls. Ces oiseaux là passaient leur temps à se chamailler et à chier sur tout ce qui se trouvait au dessous de leur perchoir. Le salon s’emplit de la musique du film, de quelques dialogues brefs vite remplacés par des scènes de baises torrides ou des braquemarts énormes pourfendaient des fentes ruisselantes de désir. Je buvais mon alcool, les yeux rivés sur l’écran plat de la télévision.

Mazette, tu dévores cette télé comme si c’était ta queue qui entrait dans le con de cette nana !

L’écran montrait une soubrette se faire prendre en levrette dans le boudoir du château.

Je pense que nous devrions passer à des choses plus sérieuses ! fis-je remarquer en avalant une cacahuète.

Marianne ne se le fit pas dire deux fois. Elle alla chercher une chaise dans la cuisine puis la posa face à la télé. Elle s’attaqua ensuite aux quelques boutons de ma chemise qu’elle n’avait pas encore défaits. La ceinture de mon pantalon ne lui résista pas longtemps. Je me retrouvais vite à poil au milieu du salon, ma chemise et mon fute gisant à mes pieds.

Assieds-toi ici ! me somma Marianne en me désignant la chaise.

Je posai mon cul sur le cuir couleur crème. Le film montrait maintenant un homme et une femme qui se baladaient à cheval dans le parc du château. Marianne se plaça face à moi entre mes jambes, s’agenouilla puis laissa glisser l’anneau de ses lèvres sur ma queue, plusieurs fois de suite, du gland jusqu’à la racine et de la racine jusqu’au gland. Ma hampe n’en finissait pas se déployer sous l’effet de l’insistante et puissante pression. Marianne avala une olive puis but son whisky d’un trait. Je pris moi-même mon verre et en avala tout le contenu. Marianne nous resservit une nouvelle rasade très généreuse.

Je ne sais pas si je devrais boire autant ! lui dis-je d’une voix que je trouvais déjà un peu traînante.

Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir ! déclara-t-elle en se redressant sur ses jambes.

Son petit nez retroussé humait l’air à la recherche d’odeurs corporelles. Je me levai à mon tour pour l’embrasser longuement sur la bouche, nos langues se mêlant en une lente rotation lubrifiée par nos salives épaisses. Je lui demandai de se défaire de cette résille inutile, ce qu’elle fit sur le champ. Contre ma poitrine se pressaient ses seins opulents aux mamelons de braise. Je m’installai de nouveau sur la chaise en entraînant Marianne de dos contre moi. La femme se retrouva assise sur mes cuisses, tremblante d’excitation.

Ne bouge pas ! dis-je en me délectant du parfum de ses cheveux.

J’humectai mon doigt de salive pour lui caresser le clitoris. Ainsi calé contre mon ventre, je la masturbais de la main droite tandis que de la gauche, je lui caressais les tétons. Marianne soupira en se blottissant plus étroitement contre moi. Ma pine trouva seule l’entrée de sa caverne engluée de cyprine. Ce fut un véritable délice que de me sentir glisser jusqu’au fond de son ventre.

Ta queue est un vrai miracle ! gronda-t-elle en se balançant d’avant en arrière.

Dans la chaleur moite de cette nuit de juin, ma cavalière exsudait une transpiration huileuse qui facilitait beaucoup le glissement de sa vulve contre les poils de mon pubis. Les fragrances du sel, de l’iode et des algues hachées par la mer se mêlaient aux nôtres, plus animales. J’avais lu dans un livre de sciences naturelles que les animaux s’attiraient en émettant des phéromones sécrétées par des glandes anales. Aux odeurs entêtantes qui flottaient autour de nous, je me demandais si la femme que je tringlais de ma queue irradiante n’émettait pas ce genre de substances. Je lui massais toujours le clitoris d’une pression insistante. Petit bourgeon deviendra grand, elle m’avertit d’une tape sur les cuisses de sa jouissance imminente. Je lui assénai sadique, un ultime et fatal coup de rein. Marianne râla en projetant son bassin en avant. Son orgasme fut si violent qu’elle dérapa de mes cuisses pour s’affaler lourdement sur la moquette.

Pas de bobos ? m’enquis-je en décollant de la chaise mon cul mouillé par la transpiration.

Je la soulevai du sol en glissant mes avants bras sous ses aisselles. Je lui proposai de poser les mains à plat sur la table basse du salon puis d’ouvrir les cuisses. D’un coup de rein aussi brutal que précis, j’entrais en elle jusqu’aux testicules. Je n’en pouvais plus, il fallait que je décharge au plus vite. La télé montrait la cavalière dans le sous-bois se faire prendre en levrette par son valeureux chevalier. De toute façon dans ce genre de film, toutes les actrices se faisaient prendre en levrette, histoire de bien filmer les sexes dans le feu de l’action.

Tu connais l’anecdote de cette scène ! me demanda Marianne dans un souffle.

Non, mais tu vas tout me raconter ! dis-je en lui assénant un violent coup de boutoir.

Aouchhh… t’es carrément au fond du fond ! hurla-t-elle en frappant des mains le verre de la table.

Alors ton anecdote ?

L’acteur avait parié avec ses collègues du film qu’il amènerait la donzelle à l’orgasme !

Le mec besognait en effet sa partenaire à une cadence tranquille mais régulière. Près du couple, les chevaux piaffaient d’impatience. Je quittai des yeux l’écran pour fixer mon propre pénis. Ce dernier entrait et sortait du vagin de Marianne, rythmiquement, aussi mécaniquement que celui qui pilonnait l’actrice porno. Marianne gémissait à petits coups ; son corps se nimbait d’une myriade de gouttes de transpiration qui la faisait ressembler à une statue incrustée de pierres précieuses. Je la pilonnais sans faiblir et pourtant je sentais mon orgasme se planquer derrière un mur infranchissable. Dans le film, le queutard laminait toujours sa bourgeoise. Dans le réel, je m’activais toujours aussi ardemment sans voir venir mon orgasme. Cet enculé se tapissait dans mon ventre comme une bête patiente, prête à se détendre à l’improviste.

Tu vas bientôt jouir ? s’écria Marianne.

Encore un peu de patience ! grondai-je en accélérant le rythme.

Marianne répondit à mes coups de reins en balançant son cul dans ma direction. Nos mouvements synchrones accentuèrent la violence de la pénétration, mon ventre tapant contre son cul et son cul cognant contre mon ventre. Dans le film, la bourgeoise hurla son orgasme en effrayant les oiseaux dans les arbres. Le chevalier jouit à son tour en grognant comme un ours des cavernes. Pari gagné ! Le bellâtre avait réussi à faire jouir sa partenaire avant de décharger lui-même la mitraille. Et moi pauvre con, je laminais toujours Marianne avec l’énergie du désespoir. A ses petits cris plaintifs, je devinais qu’elle se trouvait au bord du précipice. Je n’eus même pas le temps de compter jusqu’à trois qu’elle se tétanisa en enserrant ma bite dans un étau brûlant. Marianne gémit en se prenant les fesses à deux mains. Elle m’offrit la vision de sa fente rouge, luisante de sécrétions. La simple vue de cette lune visqueuse de foutre déclencha mon orgasme. Je tapai rudement mon bas-ventre contre la vulve de Marianne.

Ouaouh putain quelle giclée mes aïeux… t’as pas fais l’amour depuis combien de temps mon minet ?

Trois mois ! dis-je comme si j’avouai une faute grave.

Trois mois ! répéta Marianne sidérée. Nom d’une pipe, je ne pourrais jamais rester trois mois sans baiser !

Je me retirai du ventre de Marianne en regardant l’abondante rivière de sperme s’écouler de son vagin. Je me resservis un verre de Whisky que je bus d’un trait. Marianne s’en servit un nouveau elle aussi, qu’elle s’enfila cul sec. Je lui embrassai les deux fesses d’un baiser sonore.

Et si on prenait une bonne cuite maintenant ! lançai-je à moitié ivre.

Buvons et baisons toute la nuit !

Marianne tituba. Je plaquai mon ventre contre le sien et la serra fort contre moi. Je sentais son cœur battre contre ma poitrine.

Sur l’écran de la télévision défilait le générique de fin sur fond de gémissements orgasmiques. La nuit habillait la ville d’un linceul de velours noir. Je me disais en toute tranquillité que j’avais jusqu’à demain matin pour assouvir les désirs de ma pernicieuse inconnue.

Je me resservis un nouveau verre en entraînant Marianne sur le canapé.

Viens sur moi ! lui dis-je en me couchant sur le dos.

Marianne enjamba mes cuisses avec une aisance déconcertante. Elle s’empala sur mon membre de tout son poids.

Putain que c’est bon ! gronda-t-elle en fermant les yeux.

Je me promettais cette fois de faire jouir l’exubérante donzelle jusqu’à ce qu’elle me demande grâce. A la seule force des abdos, je me redressai sur mon fessier pour lui sucer les mamelons. Ils prirent une consistance dure et rugueuse dans ma bouche !

Prête pour un nouveau rodéo !

Marianne se renversa en arrière en m’exhibant son clitoris rouge et lustré comme un rubis.

Prête mon chou ! Je suis ta chose et tu peux faire ce que tu veux de mon corps !

 

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