Parc des expositions, première partie

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Frederic Gabriel


au travaillesbientransgenre



 

Première partie

Cela fait dix ans, mais j’ai toujours gardé la photo qu’un journaliste et photographe du quotidien local avait prise de Prissy et de moi. Il venait tous les jours pour interviewer des gens et les prendre en photo, afin de garnir la page du quotidien était consacrée à cette foire expo qui rassemblait plus de cinq cent exposants, au mois de mars.

Il avait tenu à nous prendre en photo toutes les deux. On n’était pas les plus intéressantes, Prissy et moi, loin de là. Nous étions que deux modestes hôtesses d’accueil. Mais il avait insisté et on avait dit oui.

Ça nous fera un souvenir ensemble, on se rappellera de ces bons moments, m’avait soufflé Prissy. Et quand elle parlait de ces bons moments, ça n’évoquait pas pour moi ce qui s’était passé par la suite. On n’en était encore qu’au tout début.

Il nous a fait poser devant le stand. On était à côté l’une de l’autre, on se tenait par la taille, en souriant.

Vous êtes magnifiques. Je vous ramènerai un tirage couleur pour vous remercier et vous rendre hommage.

Il avait tenu parole et le surlendemain, on avait chacune un tirage, sous cadre, de la même photo format poster. Photo que j’ai toujours gardée et qui me rappelle un moment de mon existence que je ne risque pas d’oublier.

Je me revois telle que j’étais à l’époque. J’avais 19 ans, et je me trouvais peu gracieuse, alors que c’était tout le contraire. J’avais et j’ai toujours un visage parfaitement dessiné. Ce que je me reprochais surtout, c’était ma grande taille, un mètre quatre-vingt-huit, et mes formes trop pleines à mon goût. Avec le temps et davantage d’assurance, j’ai compris que ce que je pensais être des défauts étaient en réalité des atouts.

Et puis il y a Prissy à côté de moi, Prissy blonde comme moi, mais d’un blond plus clair, moins cendré ; Priscilla que je jugeais cent fois plus belle que moi, et je le pense encore aujourd’hui, avec ce visage parfait, cette sensualité dont elle irradiait et qui me faisait défaut, ce corps mieux dessiné que le mien. D’ailleurs je le constatais clairement, si nous nous faisions draguer autant l’une que l’autre, les regards se posaient d’abord sur elle, ensuite sur moi.

À l’époque, j’étais étudiante et cherchais désespérément à gagner de l’argent, pour payer mes études, mais aussi manger. Mon père était décédé deux ans plus tôt, ma mère travaillait comme femme de ménage dans un établissement scolaire… On tirait le diable par la queue. J’avais été une élève brillante, j’étais une étudiante brillante, mais être brillant ne vous met pas de la nourriture dans l’assiette, et on avait beau me répéter que j’étais exceptionnelle et que j’irais loin, personne ne m’aidait. J’étais obligée de cumuler les petits boulots pour gagner de quoi survivre.

Pas mal d’hommes, pourtant, connaissant ma situation, m’avaient proposé de l’argent, beaucoup d’argent même en échange de mes faveurs. J’avais toujours refusé. Depuis mes 14 ans (à l’époque, j’étais partie en vacances plate comme une limande et revenue avec des formes qui me surprenaient moi-même), tous les garçons me tournaient autour – mais je n’avais jamais cédé. C’était incroyable. Chaque jour, on me faisait des propositions claires et nettes, sans subtilité aucune, et je disais toujours non. Les hommes me dégoûtaient. J’avais bien sûr déjà eu quelques expériences de flirt poussé, mais aucun encore n’était venu dans ma chatte.

J’avais lu dans la presse locale cette petite annonce : « Cherche hôtesses pour la foire exposition dans la semaine du 24 au 30 mars » et avais répondu immédiatement, convaincue que je pouvais être prise. J’avais pour moi un CV déjà bien rempli. J’avais en particulier été élue reine de carnaval deux ans plus tôt, ce qui m’avait valu d’aller de maison de retraite en soirée tripoux, et j’avais aussi été hôtesse sur une étape locale du Tour de France. Je savais donc qu’il y avait de grandes chances que je sois prise. C’est effectivement ce qui s’est produit. L’organisatrice m’a dit :

Vous êtes belle et vous avez de l’expérience. Je vais vous mettre à l’accueil, c’est le poste le plus difficile. Vous serez avec quelqu’un d’expérimenté.

C’est ainsi que deux jours plus tard, dans les bureaux de Sara B., l’organisatrice, je faisais connaissance de Prissy. Elle tenait à ce qu’on voit avant, pour s’adapter l’une à l’autre, et caler nos tâches dans le détail. Ce jour-là elle était vêtue tout de bleu, pantalon bleu ciel qui collait à ses cuisses, ses hanches et ses fesses, débardeur outremer sous une veste de même teinte. Sa poitrine sans soutien-gorge s’agitait librement. Elle avait des longs cheveux blonds attachés en un chignon montant à l’assaut de son crane. Une paire de lunettes de soleil masquait ses yeux. Lorsqu’elles les a ôtées, elle a révélé un regard dont le bleu n’était pas vraiment assorti mais dont la beauté m’a saisie. J’ai été subjuguée. J’étais attirée par les filles, plus que par les garçons, dont les manières me mettaient très mal à l’aise. Mais jamais rien d’aussi fort de ce que j’ai éprouvé sur le moment. Je crois bien que je me suis tout simplement éprise d’elle. J’aurais voulu me jeter sur elle, ou qu’elle se jette sur moi, je ne sais pas trop. J’ai senti mon sexe s’ouvrir, et se mettre à couler. Mille scenarii s’écrivaient déjà dans ma tête, dans lesquels la ravissante blonde s’approchait de moi, nos bouches s’accrochaient, nos langues rentraient en contact, je mettais mes mains sur elle, et elle sur moi…

Je me suis efforcée de me reprendre et de ne pas trop montrer mon trouble, irritée parce que j’avais l’impression que tout se liguait pour l’exacerber. Sentir sa main au creux de la mienne, l’odeur fruitée de son parfum… Sara B. m’a expliqué que Prissy en était à son cinquième salon, et qu’elle en connaissait parfaitement la routine, donc que je n’aurais qu’à me laisser guider par elle.

Ce soir-là, en rentrant, j’ai défait ma jupe, baissé ma culotte, et me suis caressée en pleurant de frustration. J’ai joui plusieurs fois. J’aurais voulu qu’elle soit là, près de moi, et que je puisse lui faire tout ce dont j’avais envie. Je n’ai arrêté de me caresser qu’au bout de plusieurs orgasmes, épuisée.

Je voulais démissionner, mais je ne suis finalement pas revenue sur mon engagement. J’avais besoin de ce salaire.

Je suis passée chercher mes tenues au bureau. On devait toutes porter le même uniforme vert moche.

J’étais passée, comme on me l’avait demandé, à l’étage habillement. J’ai décidé de monter saluer Sara B. Peut-être avais-je senti ce qui couvait. Par chance j’ai à peine entrouvert la porte, et sans parler.

Elle se tenait debout devant son bureau, dénudée de la taille aux chevilles, sa jupe jetée sur la moquette, avec sa culotte posée par-dessus. Son ventre était nu et offert, mais je ne le voyais pas, car, à genoux devant elle, les mains accrochées à ses hanches, Prissy avait le visage enfoui dans son bas-ventre, et même si je ne voyais pas grand-chose, je n’avais que peu de doutes quand à ce qu’elle lui faisait. Sara était cambrée en arrière, et gémissait en lui prodiguant des encouragements :

Oh vas y continue, oui, bouffe-moi le clito, c’est bon…

J’ai refermé la porte et me suis éloignée sans faire de bruit, les joues et le ventre en feu. Était-ce son mérite ou ses talents linguaux qui valaient à Prissy d’être engagée année après année ? Une chose était sûre, j’aurais aimé qu’elle me fasse la même chose.

La foire ouvrait le samedi. La veille, nous étions, on était supposées nous rendre au parc des expos pour faire, dans la journée, une simulation avec de faux clients, afin de nous entraîner.

On disposait d’un vaste local à l’arrière, pour se changer. C’est là que je l’ai retrouvée, sirotant un café. La revoir a fait remonter en moi ce désir douloureux. J’allais passer quinze jours difficiles, je le savais bien. Le tailleur lui allait impeccablement bien. Sur une autre fille il était neutre, mais sur elle il paraissait sexy qu’une robe du soir. Elle avait su rajouter une touche érotique en se gainant de bottines à hauts talons, alors que j’avais opté pour de simples escarpins. Je me suis dit que sans doute, et cela s’est confirmé par la suite, aucune autre fille sur la foire ne serait aussi sexy qu’elle. Et j’avais la chance ou le malheur qu’elle soit mon binôme.

Les personnes qui ont joué les clients étaient envoyés par l’agence. On s’est débrouillées tant bien que mal, conscientes qu’ils poussaient les situations à l’extrême pour nous entraîner, et que ce ne serait pas forcément aussi chaotique à partir du lendemain.

À la fin de la journée, on était épuisées. Prissy m’a proposé :

On va aller boire un coup ensemble pour se remettre… Je connais un endroit tranquille.

Elle était garée un peu plus loin. Une Austin Cooper rouge sang. La voiture était plutôt étroite. J’étais montée la première. Quand elle s’est installée au volant, la jupe courte retroussée, j’ai pu apercevoir son entrejambes, moulé par un slip noir. Sur le moment, quelque chose, m’a intrigué, mais je n’aurais pas vraiment été capable de dire quoi. Mon attention a de toute façon été prise par autre chose, en l’occurrence le fait que sa jambe frôle la mienne. Le contact de sa chair, même à travers le nylon de nos collants, m’a suffisamment troublé pour me faire tourner la tête, et mouiller une fois de plus ma culotte.

Elle a démarré, me laissant à loisir loucher sur ses jambes, la bottine qui montait haut sur les chevilles, le mollet et la cuisse gainée pas un bas stay-up, l’attache de dentelle épaisse de la jarretelle. Si j’avais eu plus d’audace, j’aurais glissé la main là où la peau était nue et me serais mise à la caresser, mais, bien que nous ayons seulement cinq ans de différence, elle m’intimidait.

J’ai fantasmé le temps qu’on arrive à un établissement où elle avait ses habitudes. Il était situé sur le pourtour d’un rond-point. Une grande bâtisse de plusieurs étages, café et restaurant. Je l’ai suivie à l’intérieur. Elle était familière des lieux. La patronne, une femme dans la quarantaine, plutôt séduisante, a discuté avec elle quelques minutes.

On peut aller là-haut dans un salon ?

Si ça te fait plaisir… Je vous sers quoi ?

On a opté pour deux thés. La patronne a ajouté quelques biscuits et on est parties dans l’escalier, moi portant le plateau. À l’étage il y avait une grande salle vide, et plusieurs alcôves. Nous avons pénétré dans l’une d’entre elles. L’endroit était sombre mais confortable, avec des banquettes le long des murs et une table au milieu. On s’est installées et on a profité un moment du calme et du silence, après la cohue du parc des expos. Ce qui nous attendait pour les prochains jours.

Alors, le spectacle t’a plu l’autre jour ? Enfin c’est vrai que tu n’as pas regardé très longtemps…

Je l’ai fixée, saisie de surprise.

Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, il y a plusieurs miroirs dans le bureau de Sara… Je lui bouffais bien la chatte, mais même si la porte s’est à peine entrouverte, question d’instinct sans doute, ça a attiré mon attention… et je t’ai aperçue dans le miroir qui te faisait face…

Je me suis sentie devenir toute rouge…Heureusement que l’alcôve était sombre.

Sara est l’une de mes amantes depuis plusieurs années… Elle a vingt ans de plus que moi, mais c’est quelqu’un qui m’a immédiatement attiré et ça a été réciproque. C’est peut-être pour cela qu’elle m’emploie chaque fois qu’elle en a l’occasion, même si je pense que cela va au-delà, puisqu’on se voit même dans les périodes creuses. Les moments que je passe avec elle sont très intenses. Et j’aurais sans doute du mal à me passer d’elle, parce que je ressens une attirance très profonde pour elle. Comme celle que tu ressens pour moi.

Pas de doute, Prissy savait marquer des points.

Tu ne le nieras pas, ça se voit tellement, dans ton attitude, tes regards… Mais tu me fais très envie aussi…

Elle s’est glissée sous la table. J’avais les jambes à moitié entrouvertes, et les ai ouvertes encore plus, alors qu’elle venait poser ses mains sur mes cuisses, puis à l’intérieur de celles-ci, me caressant doucement. Elle a pris le temps pour me caresser, venant plus bas puis remontant. La chaleur de sa caresse m’a brûlé à travers le nylon. J’ai senti mon sexe s’ouvrir et couler, tremper le tissu de mon slip. Elle pourrait me faire n’importe quoi, je savais que je dirais oui.

Après tu me laisseras te rendre la pareille ? lui ai-je demandé

J’ai été surprise de la sécheresse de sa réaction. Il y avait quelque chose de dur dans son regard quand elle m’a dit :

Ça non, ça n’est pas possible.

J’ai du paraître totalement décontenancée, car elle s’est radoucie.

Je suis là pour te donner du plaisir. Il n’y a que cela qui compte.

J’ai été intriguée par son refus. J’avais déjà eu pas mal de relations avec des filles, et celles-ci avaient autant envie de recevoir que de donner. Et c’était vrai que je mourrais d’envie de m’aventurer au-delà des cuissardes, au contact de sa chair, sous la jupe… Même si elle me donnait du plaisir, je resterais quand même frustrée qu’elle ne m’ait pas accordé de lui en donner en retour. En même temps, avoir une relation c’est s’adapter à l’autre, avec ses particularités…

Cambre-toi, que je descendre ton collant…

Elle est remontée plus haut, passant de mes hanches à mon ventre, a attrapé le bord du collant et l’a tiré jusqu’à mes chevilles. Elle a reniflé avant de dire :

Ta culotte est détrempée et cette odeur, hmmm ! Tu ne peux pas dire que tu n’as pas envie, ma cochonne !

Non, effectivement, c’était le cas, et ses caresses, habiles, n’ont rien fait pour apaiser la situation. Elle m’a caressée à travers le tissu de la culotte, faisant rentrer le coton dans ma fente. Je crois bien que je n’avais jamais autant mouillé. Mes chairs étaient en feu. Elle m’a torturé un moment avant de se décider à tirer la culotte au même niveau que le collant et à venir sur moi de la langue.

Le premier contact m’a brûlé, le second m’a apaisé. Elle a tourné sur mes lèvres, est descendue jusqu’à mon anus, sur lequel elle a appuyé, est remontée pour gober mon clitoris érigé et tirer dessus.

J’ai perdu tout contrôle, toute notion du lieu, du temps. J’ai fini par exploser, me liquéfiant dans sa bouche, me retenant pour ne pas hurler. Chaque orgasme était bon, mais celui-là avait été un des meilleurs.

 

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