Partie 2

Nous laissons la musique derrière nous, en traversant la place.

Je remarque les occupants d’une voiture, un 308 rouge, garée sur le parking qui longe la place. Un couple qui a quitté le thé dansant il y a un quart d’heure. Un homme dans la cinquantaine, et une fille plus jeune, une grande blonde, très fine. Le pare-brise nous laisse tout voir, et nous nous arrêtons, voyeurs et fascinés. La blonde fait une fellation à l’homme, dont le sexe est enfoncé à moitié dans la bouche de la fille dilatant ses joues. Le type a l’air ravi, qui se tord sur son siège.

J’observe les deux femmes du coin de l’œil, dont les réactions sont quasiment identiques : elles ont le rouge aux joues.

Les voyeurs que nous sommes continuent de regarder alors que la blonde roule sa robe à sa taille, dévoilant la finesse de celle-ci et un string rouge. Elle vient s’installer sur l’homme, nous tournant le dos. On la voit attrapant la queue et la faisant rentrer en elle, puis, s’appuyant sur le dossier du siège, se faire monter et descend sur le sexe sur lequel elle est empalée.

On finit par s’éloigner tous les trois, gardant en nous la fascination trouble de ce spectacle qui a décuplé notre envie.

Elles me disent qu’elles sont venues à pied, mais qu’elles habitent juste à côté. Nous traversons la place du village et nous engageons dans une rue pavillonnaire, pour finalement nous arrêter, trois cent mètres plus loin devant une maison blanche et carrée, à deux étages. Elles débloquent le portail et nous pénétrons à l’intérieur. J’ai à peine le temps d’entrevoir, au-delà de l’entrée, un escalier qui s’enroule sur lui-même et un living confortable que les deux filles s’offrent déjà à moi. Elles se tournent ensemble vers moi, dans un mouvement aussi harmonieux que huilé qui me dit clairement que ce n’est sans doute pas la première fois qu’ensemble, elles ramènent un homme à la maison, et elles roulent leurs robes à leur taille avec un sourire qui est une invitation.

Elles ont un autre point commun : ni l’une ni l’autre ne porte de culotte sous son collant, et j’aperçois leurs chattes nues sous le lycra, vision étonnamment excitante, plus sans doute que si elles étaient cul nu. Celle de la fille est encore close, une simple déchirure dans sa chair, alors que celle de la mère est beaucoup plus ouverte. Un gros paquet de lèvres sort d’elle, qui, sous mes yeux, s’étend et s’allonge comme par magie. Du liquide coule d’elle, qui fait briller le lycra.

C’est avec la même harmonie qu’elles descendent leurs collants à mi-cuisse. Bénédicte me jette :

Viens nous bouffer la chatte !

Je ne me le fais pas dire, et je plonge sur le pubis de Bénédicte de la langue, en attrapant ses hanches chaudes, et glissant ensuite sur ses fesses qui le sont tout autant. Je balade la pointe de ma langue le long de sa fente, et la métamorphose ne tarde pas à avoir lieu. Son sexe se dilate et ses lèvres jaillissent, en même temps qu’un goût unique me remplit la bouche, celui de ses sécrétions qui commencent à couler. Je sens son corps se tendre, se cambrer sous mes caresses. Elle gémit. Ses fesses remplissent mes mains, je les malaxe. Je glisse à sa mère qui sans honte se masturbait en m’attendant. Son jus coule dans ma bouche, à la saveur différente. Je vais sur ses lèvres plus épaisses, plus gonflées, que je parcours de ma langue ou que je mordille doucement. Contrairement à sa fille, dont le clitoris est encore caché dans le capuchon de chair, le sien est déjà sorti et darde, tout à fait obscène. J’appuie dessus de la pointe de la langue, la faisant gémir.

Je vais de l’une à l’autre, perdant toute notion du temps, pris dans ce moment de plaisir, coupé de mes soucis, de mon existence si terre à terre. Mais on pourrait sans doute en dire autant d’elles. Elles qui vivent apparemment ensemble en sans homme. Pour un moment, elles oublient aussi leur solitude.

Quand je finis par les lâcher, la bouche pleine de leurs sécrétions les plus intimes, elles m’entraînent vers le living. Elles s’enlèvent mutuellement leur robe, dévoilant leur corps appétissants, si semblables. Elles gardent pour un moment encore leur soutien-gorge, enveloppant une poitrine pleine. Celui de la mère est rouge, celui de la fille fuchsia. Elles s’extirpent de leur collant, et se laissent glisser sur le canapé couleur crème. Bénédicte pose sa main sur la bosse qui tend le tissu de mon pantalon, et me caresse à travers. Je suis dur à en être douloureux. La main de sa mère la rejoint sur le tissu. À ce moment, plus qu’auparavant, je sens leur complicité. Elles sont très fusionnelles dans leur manière de faire l’amour à un homme. Ce n’est pas une plus une, mais un seul être, dans une harmonie totale. Nicole descend ma fermeture éclair, et c’est Bénédicte qui sort ma queue. Elles la massent, leurs doigts se mêlant. Assez curieusement, j’ai atteint un point où je serais incapable de jouir même si je le voulais. Je suis très dilaté, tout dur.

Nicole commence à donner des petits coups de langue sur ma queue, pendant que sa fille choisit de se consacrer à mes couilles, en prenant une dans sa bouche, et en la mordillant. C’est la première fois que deux filles s’occupent de moi, et c’est une expérience que je n’oublierai pas de sitôt. Je ressens un plaisir extrême, mêlé à un sentiment d’irréalité absolue. Je monte de plusieurs degrés dans un plaisir qui est déconnecté de mon corps et même de la jouissance. Elles tournent autour de moi, Bénédicte engloutit mon sexe et fait aller et venir sa bouche dessus, pendant que Nicole s’attaque à mon autre couille. Elles sourient, et pour la première fois depuis qu’elles ont fait irruption dans la salle de danse, il y a sur leur visage un réel bonheur, au-delà du factice et des apparences qu’on peut donner.

La suite vient tout naturellement, mais c’est si fort que je me dis que c’est à ce moment que j’aimerais penser avant de mourir. Quand elles lâchent ma queue roide, Nicole attrape un emballage d’argent dans son sac à main, et le déchire, révélant une capote huileuse dont elle me gaine. Les deux femmes se positionnent alors comme je n’aurais pas imaginé qu’elles puissent faire. Bénédicte se met à quatre pattes sur le divan, me présentant son dos et sa croupe. Je me dis que sa mère va se poser à côté d’elle. Au lieu de cela, elle monte sur le dos de sa fille. J’ai devant moi deux croupes charnues, offertes, ouvertes sur les plissements de leur anus, et plus bas sur deux vulves béantes, lèvres distendues à force de dilatation, et dont pendent des filets de mouille.

Cela fait trois ans que je fais les thés dansants et j’ai connu de bons moments. De très bons moments même. Mais certainement jamais d’aussi excitants, d’aussi puissants que celui-ci.

Je m’approche. Toutes deux ont le visage tourné vers moi. Elles ne parlent pas, mais leurs regards m’envoient clairement le même message. A cet instant, elles ne veulent plus qu’une chose : que je vienne en elles. Plus rien ne compte.

Je peux en dire tout autant pour moi. À cet instant, plus rien ne compte non plus pour moi que de venir en elles.

Je m’approche et je saisis les hanches pleines de Nicole, alors même que je rentre avec facilité, tant elle est ouverte, dans le sexe de sa fille en dessous. Ce que je ressens alors que la muqueuse me gaine, m’entoure, m’arrose de sucs… À cet instant, je ne suis plus que cette queue, prise ainsi, c’est un bonheur immense. Cette queue qui va et vient, lentement, vite, lentement à nouveau. Je ressens cette impression étrange, qui persistera tout au long de ce moment que je voudrais ne jamais finir : que, même si je ne suis que dans un seul vagin, je fais l’amour aux deux, qu’en fait, elles ne sont qu’une seule entité. Et c’est peut-être effectivement le cas.

Je sors de Bénédicte et je viens me loger dans le ventre de Nicole. Je vais de l’une à l’autre. Elles frémissent, gémissent, crient. Alors que je me croyais bloqué, quelque chose s’ouvre en moi, et je chemine sur le chemin de la jouissance. Si elles auront eu plusieurs orgasmes au fur et à mesure que je les aurai fouillées, obéissant à la demande qu’avait formulé Nicole, je n’en aurai eu qu’un, c’est notre malédiction à nous les hommes, mais il aura été d’une puissance que j’aurai rarement connue ces dimanches après-midi. J’ai cette sensation, si rare, de me dissoudre en elles, qu’à cet instant, elles et moi, nous brisons les limites de notre corps pour nous fondre dans une sorte de soleil nucléaire.

Après nous passons la soirée ensemble. Elles sont encore à poil quand elles me proposent de rester avec elles dîner. Je dis oui. Nous discutons pendant que rhabillées, même plus prosaïquement en jogging, elles sont malgré tout sexy ainsi, elles le seraient avec n’importe quoi, elles font la cuisine. Je contribue aussi, car, en bon célibataire endurci, je sais cuisiner. On dîne, puis on finit la soirée paisiblement.

Il est 22 heures quand elles me raccompagnent à ma voiture. Elles ont tenu à le faire. Je sens que pour elles le moment de la séparation est difficile, bizarrement, c’est aussi le cas pour moi. Ces rencontres d’un moment sont plus fortes, et cristallisent plus de sentiments, d’émotions, que des relations au long cours. C’est leur brièveté qui leur donne toute leur valeur.

Nous sommes à ma  voiture. Elles me regardent, et jamais autant qu’à ce moment sans doute, je n’ai perçu leur solitude, et la détresse qui en découle. Nicole me tend leurs numéros.

Si tu repasses…

Je revois souvent des femmes rencontrées lors de thés dansants. C’est curieux, une partie de moi a envie de les revoir, l’autre se dit qu’il n’y aura plus rien d’aussi fort et qu’il vaut mieux rester sur ce souvenir. C’est le temps qui tranchera. Je dépose un bref baiser sur leurs bouches avant de monter en voiture et de m’éloigner. Je les vois dans le rétroviseur, deux silhouettes qui s’estompent.

Et dimanche prochain, un autre thé dansant. Ailleurs.

 

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