Un ManÔir très spécial

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Pierre Triarde


candaulismehumiliation



Bercé par le ronronnement de la voiture, je contemplais les arbres en fleurs qui bordaient l’autoroute. Gladys, mon épouse ne prêtait par contre aucune attention à la profusion florale. Gladys lisait un de ces magazines insipides dont les recettes d’amaigrissements promettaient de perdre dix kilos en un mois. Je m’étais toujours demandé pourquoi Gladys tenait tant à maigrir, tout au plus avait-elle trois kilos à perdre, peut-être quatre ! L’alimentation de ma si parfaite épouse subissait, comme tout le reste d’ailleurs, les foudres stérilisatrices de son exécrable caractère. D’où le sens de ce voyage en automobile pour trouver un remède à son mal. Il m’était en effet venu à l’idée pour nos huit années de mariage de métamorphoser ma dragonne de femme en une douce créature de contes de fées. Pour initier l’improbable mutation, il existait déjà d’après les oui dires de voisins coquins, un Manoir très spécial capable de réaliser un tel exploit. Gladys ne savait pas où nous nous rendions pour fêter l’événement. « Je désire que cela reste une surprise » lui avais-je lâché laconiquement. Ce qui me surprit le plus dans l’histoire fut que mon épouse d’habitude si soupçonneuse ne souleva pas l’ombre d’une protestation. Elle accueillit même la nouvelle avec une sorte d’indifférence qui me laissa coi.

Partis de Marseille en début d’après-midi, nous arrivâmes à Carcassonne au moment où le soleil éclaboussait ses fortifications sous un déluge de drapures dorées. Nous prîmes ensuite une succession de départementales qui n’en finissaient pas de s’enfoncer sous le couvert de forêts. Les troncs des arbres couverts de mousses s’élevaient hauts dans le ciel. Je me sentais insignifiant face à autant de grandeur végétale. Comme à son habitude, Gladys ne partageait pas ma transe chlorophyllienne. Elle lisait toujours son insipide journal où trônait sur la double page intérieure de papier glacé, la photo d’un homme bodybuildé vantant les mérites d’une boisson protéinée. Le mâle tout bosselé de muscles et de ligaments souriait niaisement. Pour tuer le temps, je scannai la physionomie de Gladys pour mieux m’imaginer son comportement face au combat qu’elle aurait à mener. Résultat : une femme d’un mètre soixante dix pour soixante trois kilos, des yeux bleus d’acier, un nez arrogant, une abondante chevelure blonde, des seins lourds, un cul bien troussé… pas de doute que le lascar qui aurait pour mission de la dérider cramera quelques milliers de calories ! Quoi qu’il en soit, de routes étroites en sentiers à peine carrossables, nous arrivâmes à destination. Un portail en fer forgé coulissa sur son rail en nous démasquant une allée bordée de hauts platanes. Le Manoir situé au fond du jardin ondulait tel un mirage surgi d’une autre dimension. Des rhododendrons en fleurs égayaient le sous-bois de cette soirée d’avril d’une palette de blancs, de roses et de rouges lumineux.

Le cadre te plaît ? demandai-je à Gladys.

Un tantinet vieillot ! Peux-tu me dire ce que nous allons bien pouvoir fabriquer dans ce vieux château tout délabré ?

Sois patiente mon amour, tu vas bientôt le découvrir ! En fait, je m’imaginais mon épouse endurer dans sa chair les règles très particulières du Manoir. J’avais déboursé un peu plus de mille euros pour que cette garce égocentrique comprenne une bonne fois pour toute, que le monde ne gravitait pas autour de son trou du cul.

Un portier élégamment vêtu d’une livrée de velours noir s’en vint sortir nos bagages du coffre de la voiture. L’homme nous conduisit à la porte d’entrée derrière laquelle scintillait de mille éclats, une salle immense ornée de bougeoirs en bronze. Le sol était couvert de tapis, les murs de fourrures ; sur les tables reposaient des objets de cuir et de cuivre. Une véritable splendeur d’époque Renaissance incrustée de bois précieux.

Bienvenue au Manoir ! finit par lâcher le portier d’une voix râpeuse.

L’homme nous conduisit à notre chambre puis disparût aussi vite qu’il était apparu. Un simple lit à une place occupait les lieux. Sur les draps blancs se trouvaient deux vestes à manches courtes ; l’une, façon treillis de camouflage et l’autre, rousse à poils rêches. Je me demandai pendant un moment si le chauffeur ne s’était tout simplement pas trompé de chambre. Je m’attendais à mieux c’est vrai, mais peut-être que ce manque de confort était-il nécessaire à l’apprentissage de ma tendre moitié.

C’est quoi ce délire ? me cracha Gladys au visage. Tu vas dormir dans le couloir mon coco, moi je réquisitionne le lit !

Je ne pense pas que nous dormirons beaucoup dans ce lit ! répondis-je narquois.

Gladys me dévisagea avec des yeux pétillants de colère. A ses narines frémissantes de frustration, je devinais une grande tension l’envahir. Je l’avais emmené au Manoir pour que justement, elle ne maîtrisât rien des événements à venir.

Je n’aurais jamais dû te laisser organiser cet anniversaire de mariage ! Tu foires tout comme d’habitude et…

D’habitude n’est pas un mot que nous employons beaucoup au Manoir ! roucoula une voix flûtée.

Une femme noire se tenait dans l’encadrement de la porte, jambes écartées et poings posés sur les hanches. La robe blanche qui lui cascadait le long du corps dégageait quelque chose d’indéfinissable qui ravissait l’œil. Peut-être était-ce le décolleté asymétrique qui plongeait vertigineusement entre ses seins.

Vous êtes ? cracha Gladys ivre de fureur.

Iréna, pour vous servir et vous conduire à la suite princière du Manoir où vous attend une collation Madame !

Collation ! répéta mécaniquement Gladys.

Je vous prierai de vous défaire de vos chemises et d’enfiler les tenues qui se trouvent sur le lit. La votre Monsieur est la tenue verte et brune et vous Madame, le bustier roux. Je vous demanderai aussi d’enlever votre soutien-gorge Madame de manière à ce que la pelisse rousse vous colle à la peau !

Cela tombe sous le sens ! lâcha Gladys en haussant les épaules. Toi mon vieux, tu me paieras cet affront !

Je ne doutais pas une seconde qu’elle userait de toute son imagination pour m’humilier. Or ce qu’elle ignorait cette salope, c’est que cette soirée avait été organisée spécialement pour elle. Durant les deux heures à venir, je ne serai moi-même qu’un spectateur se repaissant d’un corps à corps digne d’un combat de gladiateurs. Notre l’hôtesse ouvrit la marche et nous gravîmes tous les trois un large escalier de marbre qui menait à un vestibule décorée de meubles finement ouvragés. Je contemplai toutes ces merveilles de bois et de verre comme un enfant qui déambule dans le palais des mille et une nuits. Nous franchîmes une nouvelle porte qui nous conduisit cette fois dans une salle à manger drapée de tentures bordeaux. Après deux portes et un escalier de bois dont les marches grincèrent à chacun de nos pas, nous arrivâmes à destination. Il s’agissait d’une chambre spacieuse, sans lit, sans fauteuil, sans armoire, équipée seulement d’une petite table en plastique, de deux chaises en métal et d’une estrade en bois. Un homme entra dans la pièce en poussant devant lui un chariot sur le plateau duquel reposait un assortiment de fruits et de boissons exotiques. Le serveur portait un gilet de fourrure blanche, largement ouvert sur son torse puissant. Le contraste entre les poils blancs de l’habit et l’abondante pilosité noire de l’homme me montrait combien la nature s’était montrée ingrate à mon égard. Je n’avais jamais été très musclé et qui plus est, je ne resplendissais pas non plus par mes performances sexuelles. Dix petits coups puis s’invitait, traîtreusement, le grand coup de semonce qui laissait à chaque fois Gladys tétanisée de frustration ! Ce soir allait être une grande et nouvelle expérience pour elle dans la mesure où mon cadeau de mariage consistait à lui offrir ce j’étais moi-même incapable de lui donner. Le contrat n’en disait pas plus, il stipulait toutefois qu’une surprise de taille soumettrait l’intéressée à une épreuve difficile.

Perdu dans mes pensées, je ne m’étais même pas aperçu que ma femme dialoguait avec le serveur. Ce dernier lui servait une tranche d’ananas et un verre de jus de goyave. Le visage de Gladys avait pris une teinte rose que je ne lui connaissais pas. Ses gestes d’habitude nerveux paraissaient plus lents, elle riait beaucoup et parlait fort. Notre hôtesse me glissa à l’oreille que les jus de fruits agrémentés des épices spéciales du Manoir commençaient à faire leurs effets.

Je pense que le spectacle peut commencer ! s’exclama la noire carnation.

Quel spectacle ? rétorqua Gladys la voix pâteuse.

Une pièce de théâtre dont vous allez être l’héroïne ma chère ! Vladimir mon grand, à toi de nous montrer ce que tu caches sous ton pagne !

Le serveur conduisit Gladys sur l’estrade. Iréna de son côté plaça les deux chaises face au spectacle. Elle me proposa de m’asseoir à ses côtés. L’homme dépouilla Gladys de sa jupe de flanelle puis fit tomber tout aussi rapidement sa petite culotte. Ne restait plus sur le corps de ma femme que cet étrange gilet de fourrure rousse. Son mignon petit cul m’apparut doré dans la lumière tamisée. Les tétons durs de ses seins pointaient agressivement. Une odeur bizarre émanait de la veste aux poils rêches, une fragrance à la fois tenace et animale. La seconde qui suivit, Vladimir se retrouva à son tour aussi nu qu’un ver.

Tudieu, il est monté comme un âne ! confiai-je à Iréna.

Vingt trois centimètres pour être exact !

Gladys fixait l’appendice d’un regard interloqué. Je ne reconnais pas ma femme. Elle qui d’habitude ouvrait sa grande gueule pour protester contre tout semblait littéralement hypnotisée.

Vous voulez bien que Vladimir poursuive ? demanda l’hôtesse à Gladys.

Un instant d’hésitation, un tremblement de lèvres puis Gladys acquiesça d’un mouvement de tête timide.

Et bien que le spectacle commence ! gronda Iréna en se dépouillant à son tour de sa robe blanche.

Mazette, comment allai-je résister à autant de chairs odorantes. La diablesse en ébène s’adossa confortablement contre le dossier de son siège. Sur l’estrade, Gladys se positionna à quatre pattes en bombant la croupe. Vladimir agrippa les fesses de ma femme pour les plaquer contre son ventre. La pénétration fut dans un premier temps longue et précise puis subitement plus problématique. Le gigantisme du membre ne pouvait tout simplement plus se frayer un chemin dans les entrailles de ma femme. Vladimir donna alors trois petits coups de rein rapides, trois fois de suite puis enfonça son autre moitié de queue jusqu’à la garde. Transpercée jusqu’au cœur, Gladys se cambra en poussant un long cri déchirant. Soudés l’un à l’autre par le fil de l’épée, l’homme et la femme ne bougeaient plus ; ils étaient à l’écoute du flux et du reflux de leurs corps accouplés. A ses pommettes rubicondes et ses lèvres gonflées, il n’était pas difficile de voir que Gladys affrontait des sensations nouvelles pour elle.

C’est maintenant que le ballet va devenir intéressant ! gloussa ma voisine en se caressant l’entrejambe.

C’est que… je ne désire pas en voir plus ! protestai-je, jaloux.

Comme pour enfoncer le couteau dans la plaie, Vladimir commença son va-et-vient, d’abord lentement afin que nous puissions bien voir Iréna et moi, le long sabre luisant de cyprine entrer et sortir du ventre de Gladys. Mon épouse soumise à son bourreau ouvrait la bouche quand le membre massif la poinçonnait puis la refermait lorsqu’il ressortait avec un bruit mouillé. Je sentais planer dans l’air, le parfum lourd de leurs sexes. Le va-et-vient s’accéléra, d’abord doucement puis de plus en plus vite. Gladys râlait à chaque fois que l’imposant organe la pénétrait. Vladimir s’activa ainsi pendant quatre…cinq … six minutes sans faiblir une seconde. Les cheveux blonds de Gladys battaient l’air à un rythme de métronome.

Pendant combien de temps cet homme va-t-il besogner ma femme avant de jouir ?

Le contrôle de Vladimir est total ! me rétorqua mécaniquement Iréna. Cet homme va tringler votre femme jusqu’à ce qu’elle succombe à l’orgasme ! Ici au Manoir point n’est besoin de chaînes et de fouet pour soumettre un esprit rebelle au bon vouloir du Maître. Le sauvage pétri de toute son agressivité primale va dompter la petite femelle prétentieuse !

Et bien je lui souhaite bien du plaisir ! répondis-je sardoniquement. Gladys est aussi insensible qu’un morceau de viande !

Ce n’est pourtant pas l’effet que cela me fait ! Votre épouse est peut-être longue à jouir mais notre gaillard là-bas sur l’estrade va rectifier cette petite erreur de la nature ! La rousse belette va se faire bouffer tout cru par notre cruel et insatiable loup blanc ! Vous comprenez maintenant la symbolique de vos gilets respectifs ?

Et en quoi ma tenue de camouflage participe-t-elle à l’action ?

Le camouflage du mari voyeur qui se délecte de voir sa femme se faire baiser par un autre homme !

En fait de me délecter, je souffrais le martyre. Cette espèce de brute prodiguait à Gladys tout ce dont j’avais été incapable de lui donner pendant nos huit années de mariage. Vladimir projeta son bassin en grognant de satisfaction. L’impact fut si violent que la croupe de Gladys resta suspendue dans les airs pendant une bonne dizaine de secondes. Le film de cette époustouflante saillie me parvenait comme filtré à travers un écran où le temps s’écoulait plus lentement. Je regardai de nouveau ma montre et m’aperçus que Gladys subissait les foudres de son compagnons depuis douze minutes. Puis sonnèrent le glas des quinze minutes… une éternité où mon regard se trouvait rivé sur cette intersection des corps où les chairs congestionnées s’enrobaient de sucs poisseux. Gladys atteignait un état d’excitation si violent qu’il lui devenait difficile de contrôler les mécanismes physiologiques de son corps. Sueur odorante, sécrétions abondantes, tremblements convulsifs, gémissements rauques… autant de signes qui annonçaient l’éminence de sa jouissance. Cette dernière la terrassa à la seizième minute d’un coït, ma foi, aussi délirant que déchirant. Gladys ouvrit la bouche sur un cri de stupéfaction muette, suffoqua le temps d’un instant puis s’arc-bouta sous la violence de son orgasme. A ses mouvements convulsifs du bassin, je devinai Vladimir se lâcher à son tour en longs jets de sperme brûlant. La bête avait terrassé la belle ! Fin du chapitre. Le vit énorme et luisant de l’illustre fornicateur se retira des moiteurs équatoriales avec un bruit de succion qui me remua les tripes.

Pendant le voyage du retour sur Marseille, Gladys ne lut point son magazine vantant les bienfaits des régimes sur-protéinés. Non, point de magazine cette fois car Gladys contemplait d’un regard absent le paysage qui défilait derrière la vitre de l’auto. Quand je lui demandai si mon cadeau de mariage lui avait plu, sa poitrine se gonfla de nostalgie.

J’en mouille encore Grégoire… en tout cas merci pour ce séjour instructif !

Il n’y a pas d’âge pour apprendre ! lui répondis-je avec tristesse. Je voulais te faire souffrir et c’est moi qui m’en suis pris plein les dents !

Attendons maintenant notre prochain anniversaire de mariage pour que nous profitions tous les deux des services du Manoir !

Il me tarde d’y être ! dis-je en lui effleurant les genoux de ma main droite.

Derrière mes paupières dansait en boucle la silhouette de Gladys se trémoussant sur le pal de ma vengeance. Ces images imprégnées de luxure me hanteraient pendant longtemps encore. Gladys m’avait révélé qu’en toute femme sommeillait une tigresse. À moi maintenant de dompter ma tigresse avant que l’envie ne lui prenne à nouveau d’aller forniquer avec un autre mâle dominant.

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