Usine de textile partie 6

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Frederic Gabriel


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PARTIE 6

Dès lors, nous avons été poussés l’un vers l’autre par une faim que rien ne pouvait apaiser, une passion intense, et une complicité que je n’ai jamais plus connue depuis. C’est dans les jours qui ont suivi que s’est établie notre relation. Je ne l’ai plus vue pendant trois jours, puis un matin, sur le coup de dix heures, elle a débarqué au garage. Elle était habillée simplement, un pantalon noir moulant, une chemise, une veste. Elle m’a dit :

« J’ai besoin que vous jetiez un coup d’œil à mon moteur. »

J’étais dans le grand bureau, occupé à faire une liste de pièces que je devais commander. Elle m’a souri. Ce sourire qui, comme tout le reste, est gravé en moi, unique, que je n’ai jamais retrouvé nulle part. Elle a fermé la porte derrière elle, à clef. Le bureau était vitré, mais les vitres avaient été opacifiées. Elle est venue se caler juste devant moi, et elle a défait sa ceinture, puis son pantalon, le tirant jusqu’à mi-cuisses. Dessous elle avait un slip couleur chair, qui était couvert de tâches d’humidité. Elle m’a laissé le descendre et mettre à nu sa vulve. Elle était ouverte et du liquide avait déjà coulé d’elle.

« Je me touchais, et j’ai eu envie que ce soit ta langue plutôt que tes doigts sur moi. Fouille-moi avec ta langue et enfonce-là aussi loin que possible en moi. Je voudrais la sentir contre mon utérus. »

J’avais tellement envie d’elle ! J’aurais voulu que ce soit tout le temps, et si je n’avais plus pu bander, la faire jouir quand même avec mes doigts et ma langue, même si je savais me retenir de jouir.

Je l’ai léchée longtemps, ses jus, abondants, coulant dans ma gorge. Je voulais la boire jusqu’à la dernière goutte. En même temps, j’avais sorti ma queue de mon pantalon, dilatée à exploser, et je la frottais pour m’apaiser. Elle a fini par se dégager, et après m’avoir gainé d’une capote tirée de la poche de son pantalon, elle s’est emmanchée sur ma queue. On a fait l’amour comme cela, puis elle est repartie.

On faisait tout pour être prudents. Mais on ne l’est jamais assez. Il y a toujours quelqu’un pour vous voir. On se rencontrait subrepticement. Je devais souvent l’accompagner à l’extérieur, on en profitait. On a finalement trouvé une solution qui n’en était pas une. Elle m’a glissé un jour la clef d’une maison dont elle avait hérité de sa tante dans un village voisin, et qui n’était pas habitée. Elle était restée telle quelle avec tout le mobilier. On s’y retrouvait après qu’elle m’ait laissé un message. On y a connu des moments uniques qui restent en moi.

Il y eu un tournant au bout de trois ans. Un après-midi, je venais de la rejoindre, elle a pris ma queue dans sa bouche, mais, après m’avoir longuement sucé, elle ne m’a pas gainé d’une capote. Son regard dans le mien, elle m’a dit :

« Hier soir il m’a baisée. Son sperme est infertile, mais le tien l’est. Je veux que tu me remplisses de ta semence, et avoir un enfant. Il croira que c’est le sien, mais ce sera le notre. »

Pour la première fois, je me suis réellement vidé en elle…Elle est restée dans une position improbable, pour garder mon sperme en elle. Je ne pensais pas que ça marcherait. Pourtant, quelques semaines plus tard, son ventre a commencé à s’arrondir.

Elle était enceinte. De moi. Le père croyait à un miracle de la nature.

Jamais on n’a autant fait l’amour que dans ces mois-là. Comme elle le disait elle-même, « les hormones suractivent ma libido. » Il fallait trouver la bonne position à cause de son gros ventre, et j’avoue que faire l’amour à une femme enceinte m’excitait énormément.

L’enfant est né au bout de neuf mois. Le père était fier. Et je ressentais un sentiment étrange. Curieusement je ne me sentais pas dépossédé de mon rôle de père, car je n’étais pas sûr que je sois capable de l’allumer.

J’ai vu la petite fille grandir. Elle ressemblait beaucoup à sa mère, et peu à moi. Elle me la montrait régulièrement, et je ressentais un sentiment étrange. Mon amour pour la mère s’étendait à cette petite fille.

Ça s’est fini huit ans plus tard, de la manière la plus tragique qui soit. Un soir je la ramenais de T…Elle avait été y faire des courses. C’était la fin d’une magnifique après-midi du mois d’avril. Son mari est descendu et il a avancé vers nous. Il n’y avait rien sur son visage. Il s’est arrêté tout près. Il a regardé sa femme, a simplement dit :

« Sale putain ! »

Avant de tirer de la poche de sa veste une arme de poing. Il lui a tiré une balle en plein front avant que je n’aie pu faire quoi que ce soit, puis il a retourné l’arme contre lui, enfonçant le canon dans sa bouche et tirant.

Je n’ai jamais compris pourquoi il m’avait épargné. Cette question me hante encore. J’aurais du et voulu la rejoindre dans la mort.

Il a fallu les enterrer tous les deux. Elle avait une sœur que je ne connaissais pas, et qui lui ressemblait étrangement, elle habitait Paris. Elle est venue chercher l’enfant.Je ne l’ai jamais revue.

Je reviens ici, régulièrement, revoir ce passé qui n’est plus, cette belle période, si courte, trop courte, qui a donné du sens à ma vie. Nous étions amants, mais c’est certain, je l’aimais. Comme je n’ai plus jamais aimé depuis. Et sans doute m’aimait-elle aussi. Quelque chose nous avait rapproché, nous unissait.

Il a tiré de sa poche une photo prise en un autre temps. C’était elle. Une très belle femme. Juste derrière elle, l’usine en activité. Le contraste entre le passé et le présent étaient frappants.

Il s’est éloigné sans un mot.

Je devais repartir d’ici deux jours.

Ça a été le soir, alors que ma maîtresse montait et descendait sur ma queue, que le parallèle entre nos destins m’a frappé.

Il fallait espérer que ça ne finirait pas aussi tragiquement.

Et le lendemain que j’ai compris ce qui unissait présent et passé.

Parfois, on remarque des ressemblances physiques entre deux personnes, mais cela ne signifie rien.

Or mon amante ressemblait de manière étonnante à la jeune femme sur la photo.

Mais elle ne pouvait pas être sa fille. Elle avait trente ans, or la femme brune avait fini sa vie tragiquement il y avait cinquante ans de cela.

C’est un après-midi où elle était sortie que j’ai trouvé les albums photo et que je les ai feuilletés. Et j’ai compris.

Si elle n’était pas sa fille, par contre, elle pouvait très bien être sa petite fille…Sur l’album on voyait un homme dans et devant une usine textile, avec une femme bien plus jeune et un bébé. Ensuite, le bébé grandissait, devenait un enfant, puis une adolescente, et enfin une jeune femme, en compagnie de parents qui n’étaient pas ceux des premières photos. Et cette même jeune femme avait enfin un enfant. Qui à son tour devenait une adolescente. Que j’ai reconnu. La jeune femme dont j’étais l’amant depuis plusieurs semaines.

Je ne l’ai pas entendue revenir.

Tu l’as compris. On se ressemble étrangement. Plus qu’avec ma mère. C’est ma grand-mère. Et l’homme qui est là-bas, certainement mon grand père, même s’il n’en sait rien. Ma mère a été l’enfant de leur amour, un enfant que le mari a cru être le sien, dans une fertilité retrouvée. Je porte en moi cette histoire d’amour tragique. J’ai appris mon histoire à l’adolescence, et je suis venue ici plus tard, à l’âge adulte, en quête de ce passé. J’ai proposé à mon chéri qu’on s’installe ici parce que je voulais être proche de cette histoire d’amour, même si je n’en possède pas tous les éléments.

Elle a pris les albums photos et a été les ranger.

Mais pour le moment, il faut laisser le passé où il est. Viens, il nous reste peu de temps avant que tu ne partes ! Profitons de nos dernières heures…Nous, nous ne vivons qu’un simple rapprochement sous le signe du désir, et il n’y a pas d’amour, rien de passionnel entre nous.

C’est dans le train du retour que j’ai su, vraiment su, que ça n’était pas vrai, et que, si elle ne ressentait rien pour moi, ça n’était pas le cas pour moi.

Le passé et le présent se sont mêlés en moi et sont restés, longtemps.

Je n’oublierai pas cet été là. 

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