Vendredi soir partie 1

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Frederic Gabriel


lesbien



À partir de quatre heures de l’après-midi, et alors que la journée se termine à cinq heures, tous les vendredis, c’est curieux comme la grande salle que nous partageons, à la Trésorerie, se vide rapidement. Quelques paroles, un baiser, un « bon week-end ! », et tout d’un coup il n’y a plus personne. La tâche m’est dévolue, de manière implicite, sans doute parce que je suis la plus jeune, de fermer. Je suis la dernière arrivée, ici depuis deux ans. Mais je me suis bien intégrée.

C’est donc ce que je fais, avec ma carte magnétique. Jusqu’à lundi matin, le local de deux étages restera une coquille vide. Le week-end c’est bien.

Le vendredi soir aussi.

Quand je sors, il est 16h30. Une belle fin d’après-midi de printemps. Je ressens ce soulagement qu’éprouvent à la fin de la semaine tous ceux qui travaillent. Ça fait du bien de pouvoir se détendre. Une semaine, c’est toujours long, et contrairement à la légende, aux impôts comme ailleurs, on est bien occupés.

Je remonte la longue avenue qui fend en deux la petite ville de deux mille habitants où je réside depuis ma mutation, et qui en constitue son axe principal. Petit à petit, la semaine se termine pour tout le monde, et on ressent, dans les attitudes, ce soulagement indicible qui m’a envahi aussi. Lundi matin est encore loin.

Je m’arrête pour regarder les vêtements exposés dans la vitrine d’un magasin. Celle-ci me renvoie mon reflet, celui d’une grande fille qui, avec ses talons doit atteindre le mètre quatre-vingt-quinze. Ça impressionne certaines personnes. Et fascine pas mal d’autres. Les hommes, je l’ai appris au fil des années, même si je n’ai que vingt-cinq ans, sont fascinés par les filles immenses. Je suis plutôt fine, mais j’ai quand même une poitrine et des fesses bien marquées. Mes atouts, à mon sens, ce sont mon visage, sans défaut, avec mes yeux myosotis, ma crinière blonde que j’entretiens soigneusement et mes jambes, que je trouve parfaitement dessinées, et que je mets en valeur, comme aujourd’hui avec des jupes courtes, ce qui ne manque pas d’en affoler certains, et pas seulement des hommes.

J’avance jusqu’à chez moi, glissant dans une petite ruelle pour me retrouver sur une large place. Dans le Sud Ouest, on arrive à trouver des locations à prix réduit, et j’ai eu la chance de trouver une petite maison en bon état, que le propriétaire me loue pour une bouchée de pain. On était partis sur trois pièces, mais finalement il m’a laissé toute la maison, alors j’ai pu m’installer à l’aise.

17h10. J’ai presque une heure pour me préparer. Tous les vendredis soir, on se retrouve, Cynthia et moi, et on sort ensemble.

Je me déshabille pendant que le bain coule. J’y verse des essences de pétunia. Comme certaines créatures fantastiques sont humaines le jour, et se transforment la nuit, je deviens le vendredi soir une bombe. Je ne néglige aucun élément de séduction. Certaines filles font tapisserie parce qu’elles ne savent pas se mettre en valeur. Il faut jouer avec tous les sens de l’homme, y compris l’olfactif.

Trempant dans la baignoire, je me caresse doucement en repensant aux vendredis précédents. Je garde un très bon souvenir de ce qui s’est passé là-haut, de cette initiative prise par je ne sais pas qui, sur laquelle tout le monde s’est aligné : une longue ligne de garçons au milieu de la salle d’accueil, et chaque fille présente devait aller se positionner devant le garçon qu’elle choisissait et lui faire une fellation. Il n’a pas fallu très longtemps, avant que toutes les filles présentes se mettent à genoux devant le garçon de leur choix et arrachent de son pantalon une queue bandée ou semi-bandée et se mettent à jouer avec.

C’était le début de la soirée, et une manière rapide de nouer des contacts. Comme souvent, les couples formés d’une manière un rien brutale se sont éparpillés un peu partout, se perdant dans ce qu’ils baptisaient le lieu de vie, ou bien partant à l’extérieur.

Je sors du bain, je m’éponge, puis je pars me préparer dans ma chambre. Par la fenêtre entrouverte je vois la colline qui surmonte la cuvette dans laquelle le village est établi depuis plusieurs siècles. Un an plus tôt, il n’y avait encore que des champs en friches, mais depuis, les choses ont radicalement changé. En quelques semaines, c’est tout le paysage qui a été bouleversé. On a défriché, puis, sur le terrain nu, sont apparus des engins de chantier, du matériel, et surtout ce qui constitue pour Cynthia et moi mais aussi pas mal d’autres filles, notre objectif depuis plusieurs mois. Le LIEU DE VIE. Il s’agit en fait d’un ensemble de cubes métalliques assemblés entre eux, ici une longue ligne avec deux bras, dans lesquels les ouvriers assignés au chantier mangent, dorment et se reposent. La plupart en effet vient de loin, et ne rentre pas chez eux le soir.

Ça a été quelques semaines après leur arrivée que les premières rumeurs ont commencé à courir dans la ville. Les ouvriers du site organisaient des soirées et ils attendaient des filles. Et ensuite, des photos ont commencé à circuler sur le Net. Alors on est montées nous aussi.

D’ici, c’est une sorte de patchwork de formes et de couleurs. Ils sont encore ici pour trois mois, et la structure de l’usine qu’ils construisent est à présent posée. Je me dis qu’il faut profiter de chaque vendredi.

Après un moment d’hésitation, je jette finalement mon dévolu sur une combinaison en spandex que j’ai achetée il y a quelques semaines dans un sex-shop à A… J’ai déjà repoussé de la mettre plusieurs fois en me disant qu’elle était trop osée… Je sens qu’aujourd’hui le moment est venu.

Bien entendu, j’abandonne l’idée de mettre le moindre sous vêtement. Ça ferait des marques. Je la passe sans mal parce qu’elle est souple. Il y a un long zip derrière, mais je suis souple. Je m’examine dans la glace, me préparant à être critique. Je suis agréablement surprise. Ça me donne une allure incroyablement sexy. Tous les hommes qui me verront auront la queue raide. Je suis l’incarnation de la féminité. C’est incroyable comme le spandex peut être révélateur. C’est mieux que d’être nue parce que ça fait ressortir ce que l’on appelle les charmes. J’en suis même troublée. Je m’arrose de parfum, me coiffe et me maquille.

J’ai remarqué qu’il y avait toujours un point zéro où l’excitation commençait et ensuite ça ne se calmait qu’aux premières heures de l’aube. Je suis là, assise face au miroir rond qui est contre le mur, je me peins, du mascara pour souligner mes yeux, du carmin sur mes lèvres et quelque chose monte, d’abord quasiment imperceptible, mais que pourtant je sens bien, moi qui suis habituée à mon corps. Ça se manifeste par un point dans mon ventre, qui s’élargit, à la manière dont mes tétons, excités par le latex, se durcissent, mais aussi parce que mon sexe, dont la matière, en opposition me renvoie la moindre réaction, se dilate et commence à couler. Ça n’est que quand je vais à la penderie pour choisir mes chaussures que je me rends compte que la combinaison me gaine comme un gant gaine une main, d’une manière qui me procure un plaisir subtil et suave, différent selon les parties de mon corps.

J’adore les chaussures et j’en ai une bonne collection. J’opte pour des escarpins avec des talons de neuf, dix centimètres, faits de lanières qui vont de la gauche à la droite du pied. Un dernier coup d’œil à mon image dans la glace. Je suis irrésistible, c’est certain, je ne rentrerai pas seule.

Je suis fascinée par ce mouvement migratoire du vendredi soir. Tout ce que le village (et ses environs) compte de filles et de femmes libres prend sa voiture, généralement en covoiturage, le développement durable c’est important, même dans des moments pareils, pour aller trouver un partenaire d’un soir. C’est un immense vivier car ils sont nombreux à travailler là-haut. De plus, il y a pas mal de renouvellement, car certains ont des contrats courts. Et puis, tout le monde en a conscience, il faut profiter de ce moment qui ne durera pas. Dans trois mois, le chantier sera fini, et les proies rares.

Avant de sortir, je m’enveloppe dans un imper. Il y a pas mal de vieux au village, je n’ai pas envie de provoquer des crises cardiaques, ni même des accidents sur la route en avançant jusqu’à chez Cynthia. J’imagine en souriant des conducteurs me matant et allant percuter une maison… Le peu que je montre peut quand même avoir un tel effet… Il suffit parfois d’un élément révélé…

Mes talons résonnent sur le sol. Je me sens belle et séduisante. Le spandex me caresse et mon sexe s’ouvre de plus en plus, et coule de plus en plus…

J’arrive devant chez Cynthia. Elle habite au troisième étage d’un immeuble rénové en plein centre ville. Je sonne à la porte, elle débloque la serrure. Mon cœur se remplit de joie à l’idée de la retrouver. On ne s’est pas vues depuis mercredi soir.

Je monte l’escalier. Elle est en haut, sur le palier, simplement en culotte. On se jette dans les bras l’une de l’autre. Sentir contre moi ses formes, sa chaleur, respirer son odeur me remplit d’une joie que ne me donnera jamais aucune queue d’homme. C’est elle que j’aime et personne d’autre, et nos sorties du vendredis soirs que sont que des amusements qui nous distraient. Quand nous sommes à quatre pattes, que deux garçons fouillent nos vagins et nos anus, nous nous regardons, complices, parce que nous savons que ce ne sont pas eux qui jouent avec nous, mais nous qui nous servons d’eux pour nous donner du plaisir.

On s’embrasse à pleine bouche, nos langues s’accrochant. Je sais que j’aurais beaucoup de mal à me passer d’elle. C’est curieux comme on peut côtoyer des dizaines de personnes avec qui on n’a pas d’atomes crochus, et puis soudain…On s’est fait une promesse… Quand le chantier sera terminé, on passera la soirée dans le lit de l’une ou de l’autre… Enfin c’est ce qu’on fait déjà en partie. Comme mercredi soir. Elle m’a envoyé un SMS avec un texte JE SUIS SEULE et une photo, son sexe ouvert à deux doigts. Je n’ai pas résisté.

Je recule et je défais l’imper. Le désir le plus cru qui soit se lit dans ses yeux.

Tu es vraiment magnifique.

Elle, elle est juste en sous-vêtements, culotte et soutien-gorge noirs. Elle est aussi grande que moi, je crois qu’on fait la même taille, mais elle est beaucoup plus opulente. Il doit y avoir quelque chose de masculin en moi, car ses formes pleines me fascinent. Je pose la main sur elle, et je la caresse. À travers le tissu de son slip, je sens son sexe s’ouvrir et suinter. Elle a un petit gémissement quand je frotte le capuchon de son clito. Ce dernier sort. Nous connaissons le corps de l’autre par cœur.

Pas maintenant, dit-elle, en reculant. Il faut qu’on parte.

Elle enlève tout, puis passe une robe en vinyle qui colle à ses formes voluptueuses. Si j’avais la queue d’un homme, elle serait toute dure. Je me contente de couler plus contre le spandex. Elle opte pour des bottes à talon aiguille, se retourne vers moi, me fait un clin d’œil.

Lundi soir, je suis libre. Ça te dirait que je la remette juste pour toi?

Je serai là.

On va rejoindre sa voiture. On voit passer plusieurs groupes de filles, entassées dans des véhicules divers. C’est le moment de partir.

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  1. Patrick le à
    Patrick

    Alors, le développement durable pour aller trouver le partenaire d’un soir doit être, je pense, intéressant pour une femme de savoir qu’un homme bande durablement pour décupler son plaisir. Et si elle se débrouille bien, elle le garde; comme cela, elle a toujours une verge développée durablement.

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