Arrogante Gabrielle

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CARDWAY Carolyn

ContraintesMedia 1000


BDSMpunitionSM


Broché / 160 pages


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Résumé

Savez-vous que Gabrielle, cette grande fille plutôt plate, au charme sulfureux, à l’allure décidée, adore en secret se soumettre, souffrir, être humiliée ?
Jusqu’à présent, son frère lui a donné ce dont elle a besoin – les coups, les étreintes brutales, les excès en tous genres. Maintenant, ça ne lui suffit plus. Elle veut davantage. Et pire. Les voyous, les filles des rues, les hôtels interlopes…
Sa vie ressemble à une quête de la déchéance. Mais ne vous y trompez pas. C’est elle qui choisit et paie ses bourreaux. Car ce n’est pas une masochiste ordinaire, c’est une experte en mortification, une scientifique de l’auto-torture. Quel mérite aurait-elle à s’avilir si elle n’était pas si fière ?
Vous ne la connaissez pas ?
Eh bien, découvrez-la. Si vous n’avez pas peur d’être fasciné…

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I

Gabrielle marque un temps d’arrêt devant l’entrée du Parady’‘s Hôtel. Elle porte un gros sac de voyage en cuir. Elle y a rendez-vous pour une séance avec Benjamin. Un étudiant. Elle le rétribue pour qu’il la maltraite. Comme le sac est lourd, elle le change de côté pour soulager son bras. Elle songe à Sébastien, son frère. Il l’attend. A coup sûr agité, inquiet. Elle n’a pas téléphoné pour prévenir qu’elle rentrerait tard.

L’enseigne, écaillée, est à peine lisible sur la façade décrépie. Un taudis à l’image de ce quartier sordide de la périphérie.

Elle hausse les épaules et s’engouffre dans l’établissement. Sa présence en ces lieux est incongrue. Tout dans sa personne est ici une provocation. Grande – 1,80 m – un visage puissant aux traits sévères et réguliers sous des cheveux blonds, raides, coiffés au carré, une allure de diaconesse, ou de religieuse en civil. Lorsque nue, elle surprend dans le miroir le reflet de son long corps pâle, comme un grand insecte diaphane, Gabrielle se découvre efflanquée, fillettemontée en graine, à mi-chemin entre la gaucherie adolescente et la force du guerrier. Mais elle se sait belle, d’une grâce brutale, et trouve parfois des émotions enivrantes de la contemplation d’elle-même.

Le revers de cette médaille exige le sordide, l’abject, la dépravation… La banalité d’une relation ordinaire – l’amour, avec ses rendez-vous, ses aveux, ses scènes de jalousie, – n’est pas pour Gabrielle. Elle est condamnée aux excès à la mesure de son physique, de son orgueil, de son étrangeté.

Dans l’entrée, flotte une odeur d’eau sale, de tabac froid et de graillon. Trois jeunes blacks en survêtement, capuchon relevé, surgissent qui la regardent avec un air arrogant et surpris. Ils la bousculent. Elle doit se plaquer au mur pour les laisser passer. Le dernier, au passage, lui plaque une main au bas-ventre et tâte sans se presser avant de rejoindre ses copains. Gabrielle est troublée. Ce genre d’incidents n’est pas exceptionnel ici. Il lui est arrivé pire. Entre autres, le jour où elle a été tabassée, traînée au fond de l’entrée puante d’un immeuble et contrainte à la fellation avant d’être sodomisée, courbée sur une poubelle. Elle a eu des bleus un peu partout et mal à un poignet qu’elle s’est presque foulé lorsqu’elle a envoyé son poing dans la figure de l’un de ses agresseurs. Des punks bien éméchés, qui gloussaient comme des poules, avec des regards un peu fous… Ils lui ont fait payer cher son geste de révolte. Ou encore, une autre fois, lorsque trois jeunes paumés, cruels et vicieux, l’ont conduite de force dans une chambre. Ils se sont amusés avec elle pendant plus de cinq heures, sous les yeux de Benjamin qu’ils avaient ligoté sur une chaise… Gabrielle choisit souvent d’évoquer ces moments de violence pour accompagner ses masturbations.

Ici, les femmes, les filles sont plutôt des petites putes beurs ou blacks, en minishorts et cuissardes de vinyle, chemisier noué sous les seins, qui montent des clients, des zonardes qui restent là un jour ou deux pour se saouler, des punkettes crasseuses qui viennent se défoncer avec leur copain après une journée de manche fructueuse. Parfois, Gabrielle donne de l’argent à l’une ou l’autre de ces filles ou de ces femmes pour se faire frapper, ou pour les lécher entre les cuisses ou entre les fesses.

Lors de sa dernière visite, elle a croisé dans l’escalier une petite beurrette dont l’expression orgueilleuse l’a bouleversée. Sans réfléchir, Gabrielle lui a demandé de lui cracher au visage et de la gifler. La fille, à peine étonnée, a demandé cinq cents francs. Gabrielle a payé. Elle était restée ensuite au moins dix minutes assise sur une marche, les joues empourprées et ruisselantes de bave, le bas du corps secoué de tremblements, car ça s’était mis à jouir de soi-même en bas de son ventre.

Derrière le comptoir, de la musique classique s’échappe d’une radio. Le solo de flûte duPrélude à l’après-midi d’un faune, de Debussy. Gabrielle écoute avec attention jusqu’à ce que le patron apparaisse. Il est gros, pas rasé, avec des cheveux blancs et longs qui tombent en mèches jaunâtres sur sa chemise douteuse.

— Bonjour, vous ! Dites donc, ça fait la seconde fois ce mois-ci… Vous devenez accro pour de bon…

La voix est précieuse, avec des intonations délicates. Il lui tend une main petite, blanche, soignée. Il vient à Gabrielle avec ce sourire tiré des gens autoritaires qui ont appris à se dominer.

— Bonjour. Oui… On peut dire ça.

Elle pose son sac de voyage et sort un billet de deux cents francs. L’homme prend une expression roublarde.

— Ça sera… quatre cents à présent. Il y a les risques…

Gabrielle a un petit rire bref. Des « risques » !… Il semble oublier qui elle est… Le seul véritable risque pour lui, serait qu’elle fasse fermer ce taudis. Elle a suffisamment de relations pour cela ! Mais elle ne discute pas, et lui donne un second billet.

— J’aime payer.

— Oui…

Il fourre l’argent dans sa poche, mais ne donne toujours pas la clé. Il la regarde avec un air bizarre.

— Que voulez-vous encore ?

— Vous portez une culotte ?

Gabrielle éclate de rire.

— Oui.

— Venez, vous allez l’ôter… Ma femme est absente. De toute façon, ça l’exciterait… Elle est aussi tordue que vous… la classe en moins…

Gabrielle semble contrariée.

— Je n’ai guère de temps…

Il insiste. Gabrielle se rend compte qu’il ne donnera pas de clé avant qu’elle lui ait montré ce qu’il veut voir… Il sait ce qu’elle vient faire, quel contrat la lie à Benjamin, il a déjà assisté à certaines choses… Convié par Gabrielle d’ailleurs. Elle pourrait refuser, mais elle cède. Elle passe derrière le comptoir, et le suit dans une pièce qui, de toute évidence, sert à tout : cuisine, salle à manger et chambre à coucher. Dans le fond, derrière un rideau à demi tiré, elle aperçoit un lit mal recouvert.

— Vous n’avez pas d’autres pièces ? Vous vivez là avec votre femme ?

— Oui. Elle n’aime pas faire le ménage… Nous avons condamné le reste de l’appartement… Arlette est feignante, sale et conne… Mais c’est une salope extraordinaire… Je peux faire ce que je veux avec elle… Tout.

Gabrielle n’en doute pas. Elle ne demande pas de détails. Elle n’a jamais prêté beaucoup d’attention à l’épouse de l’hôtelier. Tout au plus l’a-t-elle entrevue. Une petite femme brune, maigre, sans grâce, Avec un visage vulgaire et des vêtements voyants…

L’homme se sert un cognac et s’assoit, accoudé à la table recouverte d’une toile cirée. Gabrielle reste debout, très droite, pendant qu’il l’observe.

Elle n’est plus très sûre d’avoir eu raison d’accepter. La prochaine fois, l’homme exigera plus… Gabrielle ne vient ici que pour se livrer à Benjamin, et connaître de temps à autre, par hasard, des moments durs ou sales ou humiliants… Elle imagine mal prendre une habitude avec l’hôtelier…

— Vous êtes gênée ?

— Oui. J’aime bien…

Il donne un coup de menton en direction de ses jambes.

— Bas ou collants ?

— Bas.

Il veut voir.

On est à la fin de l’automne, presque l’hiver, mais elle ne porte sous son manteau qu’un chemisier blanc et une jupe plissée bleu marine. Gabrielle aime avoir froid, c’est une façon de maintenir sa chair sous le joug de sa volonté. L’homme la regarde, attend sans impatience qu’elle montre… Elle se retrousse, coince l’ourlet dans sa ceinture de cuir et laisse retomber les bras le long de son corps. Elle est terriblement indécente ainsi : une grande fille toute simple qui s’exhibe… Elle possède ces longues jambes élégantes, quoique sans galbe, des femmes trop grandes… Les bas de coton blanc tiennent à un porte-jarretelles ordinaire, de satin rose, sans parure de dentelles. La culotte, elle aussi en coton blanc, un peu trop grande, bâille à l’entrejambes et laisse apercevoir la vulve pâle entre les cuisses creuses. L’homme rit, demande où on peut encore trouver des « trucs » pareils… Gabrielle sent la colère l’envahir sous la moquerie. Envie de lui envoyer un coup au visage… Mais elle se contient. Après tout, ce qui lui arrive, quoiqu’elle ne l’ait pas prévu, fait partie de ce qu’elle recherche dans cet antre…

Peu à peu, un autre sentiment qu’elle connaît bien l’envahit : ça se met à prendre du plaisir, malgré elle, et c’est ça qui commande… quoi qu’elle fasse…

— Restez ainsi un moment…

— Ne soyez pas trop long, tout de même… Je dois me préparer pour… Il va arriver…

— J’ai bientôt fini. La prochaine fois, ça sera plus long. Je vous enculerai.

Gabrielle hausse les épaules.

— Inutile d’être grossier. « Sodomiser » fait tout aussi bien l’affaire ! Mais… pourquoi pas tout de suite ?…

— Non. Quittez votre slip.

Gabrielle se débarrasse de sa culotte avec des gestes simples. De fait, la nudité ne la gêne pas. Le pubis fait une saillie prononcée sous le ventre plat. La toison, très claire, peu fournie, ne masque rien de la vulve. Celle-ci est blanche comme le reste du corps. Seule la fente est rose vif. Des nymphes d’un rouge violacé, abondantes, épaisses et longues, en débordent. Obscènes.

Tandis que l’homme a les yeux rivés sur son sexe, Gabrielle se balance d’avant en arrière, comme quelqu’un qui s’ennuie.

— C’est bientôt fini ?

— Presque. Votre cul à présent.

Les battements du cœur de Gabrielle se font lourds. C’est toujours ainsi lorsque ses fesses sont concernées. Elle se tourne avec lenteur pour ne pas trahir son trouble, et soulève l’arrière de sa jupe.

Dans son dos, l’homme ricane.

— En fait, vous êtes une grande asperge… mais vous avez un genre.

— Merci.

— Les marques de votre dernière dérouillée ne sont pas tout à fait effacées…

— J’ai été flagellée de nouveau entre-temps… Ce sont des traces récentes qui s’estompent… Moins d’une semaine.

Il lui demande de se pencher en avant et de s’ouvrir. Gabrielle se courbe, ses longs doigts s’incrustent dans ses fesses et tirent, séparent sa croupe comme pour la fendre par le milieu. La raie, sous la tension, s’efface presque. Ce zèle n’échappe pas à l’homme qui esquisse un sourire satisfait.

— On dirait que vous aimez ça, montrer votre cul…

— Je suis très anale… Vous voyez bien ?

— Oui, mais tournez-vous un peu plus vers la lumière… Là… Parfait…

L’homme se penche, incline la tête pour mieux examiner l’orifice qui s’entrouvre, se creuse en entonnoir au centre d’un large cerne d’un rose intense, presque mauve foncé.

— On doit souvent vous enculer…

— Oui… Mais beaucoup d’objets aussi. Des godemichés… Et je m’entretiens, je me dilate avec mes doigts plusieurs fois par jour…

L’homme rit.

— Vous êtes frigide, n’est-ce pas ?

— D’une certaine façon, oui. J’ai des orgasmes très violents, mais c’est comme si ce n’était pas moi qui jouissais…

— Original !

Sous l’effet de contractions internes qu’elle ne maîtrisé pas, l’anus de Gabrielle s’anime, palpite, la raie se gonfle puis se creuse… L’homme devine l’excitation de son étrange cliente. Les muqueuses rose vif à l’entrée du vagin deviennent luisantes de sécrétions… Il surmonte son envie de toucher, de fouiller, de pénétrer. Il préfère se réserver pour une autre occasion.

Il la laisse encore un moment avec les fesses ouvertes, puis c’est fini. Elle se redresse, sa jupe retombe. Elle ramasse son slip, et ils sortent de la pièce. Gabrielle dépasse l’homme d’une bonne tête. Elle le regarde avec un sourire ironique.

— Ça vous a plu ?

— Pas mal… La prochaine fois que vous viendrez, arrangez-vous pour arriver plus tôt. Il faudrait que vous soyez à ma disposition pendant au moins deux heures. Je m’arrangerai pour que ma femme soit là. Je pense que vous ferez des choses intéressantes toutes les deux. Je vous ferai mal, si vous voulez.

— Je ne vous cache pas que je vais essayer de trouver un autre hôtel… Mais dans le cas où je serai obligée de revenir chez vous, nous ferons comme vous le désirez…

— Très bien… Je suis sûr que vous aurez beaucoup de peine à dénicher un établissement qui corresponde aussi bien à vos goûts !

— C’est très possible, effectivement…

Il lui tend une clé.

— La 54. Au cinquième. Tout au bout du couloir. Il n’y a que trois chambres de louées à l’étage. Les clients sont sortis… Vous pourrez crier.

— Merci.

L’homme lui adresse un clin d’œil.

— De rien. Pas trop fort quand même.

— Soyez tranquille. J’espère que vous n’avez changé ni les draps ni les serviettes.

— Bien mieux : le ménage n’a même pas été fait… C’était un couple qui est venu juste pour baiser. Ils sont partis il y a une heure… Ça vous va ?

— J’aime bien. La porte ne sera pas fermée à clé… Si vous avez envie de venir voir de temps en temps…

— Peut-être.

Gabrielle s’éloigne. Le pied sur la première marche, elle s’arrête.

— Faites tout de même attention. Quatre cents francs, c’est encore excitant, mais pas de nouvelle augmentation ! Compris ?

L’homme détourne les yeux, secoue la tête, et se penche derrière son comptoir.

 

La chambre est infecte, petite, sombre. Semblable à toutes celles de l’établissement. Le lino usé est tavelé de larges plaques noires, le lustre de pacotille répand une lumière jaune sur les meubles misérables. Sur le lit en désordre, les draps froissés se souviennent des corps qui ont sué, exulté et joui là. Gabrielle allume une cigarette, tire quelques bouffées, puis se déshabille.

La glace de l’armoire, au tain lépreux, lui renvoie son image. Les seins sont très petits, pointus comme ceux d’une fillette, mais avec de gros tétons, épais, fripés, obscènes au centre d’aréoles minuscules et crispées. Elle envoie à chacun une pichenette cruelle, car elle ne les aime pas. Je tiens de moins en mains longtemps… Quinze jours depuis la dernière séance. Avant, j’avais moins souvent besain. L’hôtelier a raison, je deviens accro...

Elle prend une des serviettes encore humides de la toilette des précédents occupants et l’étend sur la table bancale pour y disposer les instruments qu’elle a amenés dans son sac. Une paire de menottes ; une barre d’écartement réglable ; une cravache fine en cuir, cousue, souple ; un fouet mi-long ; trois godemichés de diamètres différents : six centimètres, neuf centimètres, et un jumbo de douze centimètres, qu’elle n’a encore jamais essayé.

Gabrielle contemple la panoplie, puis fume à nouveau, assise au bord du lit, les yeux dans le vague. Elle écrase sa cigarette, regarde sa montre : Benjamin ne tardera plus. Il est temps qu’elle se lave.

Installée sur le bidet ébréché qui ne dispense que de l’eau froide, Gabrielle se rince avec soin. De son index, elle sonde ses fesses, aussi loin qu’elle peut, remuant son doigt jusqu’à ce qu’une coulée d’eau claire et chaude s’échappe d’elle, reliquat du dernier lavement : elle s’est rincé les intestins trois fois avant de venir… Trois fois deux litres. C’est ce qui a été nécessaire pour que la restitution devienne aussi limpide que de l’eau de source. Gabrielle prend cette précaution depuis le jour où, au cours d’une séance, la peur de ce qu’elle allait subir a été si forte qu’une diarrhée puante lui a échappé.

Elle se sèche avec la seconde serviette sale qui est restée posée sur le bord du lavabo. Jambes fléchies, cuisses ouvertes, elle frotte sa vulve de plus en plus fort, avec une sorte de frénésie. Le souffle raccourci, jusqu’à ce qu’un spasme la secoue enfin, qui fait trembler ses jambes.

Si cette masturbation a calmé une urgence, elle n’a en rien apaisé sa détermination. Gabrielle vérifie encore que les instruments sont rangés avec soin. Satisfaite, elle prend dans son sac à main un petit bloc-notes dont elle arrache une page. De sa grande écriture hautaine, elle inscrit en lettres capitales :

 

DÉMOLIS-MOI

 

Puis elle fixe le papier sur sa fesse gauche, à l’aide d’une épingle de bureau qu’elle enfonce avec lenteur, par petits à-coups pour éprouver la satisfaction trouble de sentir la pointe d’acier progresser dans sa chair… Elle la plante jusqu’à la tête. Ensuite, elle s’installe sur le lit, prosternée, la croupe levée…

C’est ainsi que Benjamin la trouve un peu plus tard, lorsqu’il entre sans frapper. C’est un garçon brun, au visage étroit, aux yeux très noirs et rapprochés, âgé d’une vingtaine d’années. Il est plus petit que Gabrielle.

Il s’approche, lit le mot, sourit et tapote les fesses de Gabrielle qui demeure parfaitement immobile.

Il inspecte les instruments étalées, les manipule avec des gestes d’expert. La cravache retient son attention. Elle est mince… Souple et très dure. Parfait pour les seins… A-t-elle déjà été cravachée avec ce modèle ?… C’est la première fois qu’elle l’amène… En revanche, il connaît le fouet. C’est le préféré de Gabrielle. Il l’a souvent flagellée avec celui-là. Tandis qu’il examine le matériel, il entend la respiration de la jeune femme qui cache son visage dans ses bras repliés. Benjamin s’approche d’elle et, d’un pouce négligent, il entrouvre le vagin… Elle est large… très dilatée… Mouillée. Il enfonce trois doigts avec une maladresse calculée pour faire mal. Pas le moindre frémissement n’agite Gabrielle. Elle est endurante… Il remue à l’intérieur, fouille, cherche toujours plus loin. L’orifice s’évase sans résistance. Il ajoute un quatrième doigt.

— Combien y en a-t-il à présent ?

— Je ne sais pas… Trois, je crois.

La voix de Gabrielle est rauque, transformée.

— Non… quatre. Vous paierez cette erreur…

Il replie son pouce, le glisse dans le conduit et commence à introduire sa main entière avec un mouvement tournant. Il n’a pas à forcer beaucoup… Les chairs se prêtent sans mal à cette intromission. Une fois dedans, il ferme le poing et cogne au fond. Trois fois. Cette fois, Gabrielle gémit… Tout son corps tremble mais, loin de vouloir se dérober, elle donne des coups de reins, comme si ces première atteintes ne lui suffisaient pas. Benjamin recommence. Une seule fois. Un coup sec… Gabrielle ne peut retenir un cri d’assouvissement sauvage… Le garçon se fait alors plus doux… Il imprime à son poing un lent mouvement de va-et-vient. Totalement ouvert, le conduit n’offre plus aucune résistance. Une sécrétion abondante, limpide et grasse, le lubrifie… Gabrielle gémit, se tord sous le plaisir qui la gagne… Benjamin sent qu’elle va jouir… Ce qu’il ne veut pas… Il retire sa main du vagin d’un seul coup… L’orifice reste ouvert, bée de surprise avant de se rétracter avec lenteur, comme à regret…

— Il n’est pas question que vous jouissiez !

— Je t’en prie… Ne me laisse pas comme ça… Fouette-moi, sinon je ne pourrai pas tenir…

Il ricane. Remue l’épingle toujours plantée dans la fesse… Il s’apprête à la retirer, puis se ravise : elle restera jusqu’à la fin de la séance.

 

Gabrielle demande une pause pour fumer une cigarette. Benjamin accepte. Elle fume sans se presser, tandis que le garçon prend la cravache souple, la fait siffler autour de lui, avec impatience. Elle comprend, écrase sa cigarette et se lève.

— Nous pouvons nous y remettre.

Benjamin approuve d’un bref hochement de tête. La jeune femme se place au milieu de la chambre. Sans prévenir, il cingle sa croupe. Gabrielle se cabre sous l’impact. Il a visé l’épingle. Le papier se déchire… Il frappe encore jusqu’à ce que la note, déchiquetée, s’éparpille sur le sol… La peau pâle qui porte encore les marques de la précédente correction se couvre de zébrures rouges… Benjamin a la main lourde. Aux endroits où les coups se croisent, de petites gouttes de sang sourdent…

Gabrielle, saisie de fureur, se cambre pour envoyer ses fesses à la rencontre des coups qui pleuvent… Soudain, elle roule sur elle-même comme pour échapper à la dégelée, mais c’est en fait pour se retourner, cuisses ouvertes en grand. Elle soulève les reins pour tendre son sexe dans une invite sans pudeur. Elle halète.

— Frappe au milieu…

Benjamin hésite une seconde. Il ne faut pas laisser Gabrielle parvenir à l’orgasme. Elle le paye pour qu’il fasse un travail précis. Il fait un violent effort sur lui-même pour surmonter l’envie qu’il a de frapper cette vulve obscène, avec ces nymphes qui s’en échappent comme des lambeaux de viande crue. Ce n’est que pour finir qu’il la cravachera au sexe.

— Ça suffit !

Gabrielle, emportée par une transe masochiste, ne l’entend pas. Benjamin la redresse avec brutalité et la gifle. Deux fois. A la volée. Sous les coups, la tête de la jeune femme ballotte. Elle lève alors sur le garçon un regard hébété où la raison est absente. Mais un reste de conscience veille tout de même au fond de son esprit.

— Oui… tu as raison… Pas encore… Gifle-moi de nouveau, il faut que je redescende. Là, je suis trop partie…

Benjamin s’exécute. Du plat et du revers… Le visage, renvoyé de gauche et de droite, s’empourpre. Un éclair de rage passe dans le regard de Gabrielle. Les gifles sont le meilleur moyen qu’elle a trouvé pour se faire « redescendre » en cours de séance : son orgueil atteint prend alors le pas sur son masochisme.

— Ça va mieux à présent ? On peut continuer ?

Le ton de Benjamin est froid, indifférent. Il est parfaitement maître de lui-même. C’est, d’ailleurs, ce qui a décidé Gabrielle lorsqu’elle l’a rencontré. Son cynisme lui a plu. Cette voix douce aussi, mince, tranchante comme une lame…

— Oui. Merci. C’est bien…

Elle inspecte du bout des doigts les marques gonflées qui sillonnent ses fesses… Elle murmure pour elle-même : « Superbe… »… Benjamin l’entend mais ne fait aucun commentaire. Il prend les menottes.

— Bras dans le dos.

Gabrielle obéit. Le garçon referme les bracelets sur les poignets de Gabrielle. Assez resserrés pour que le métal s’incruste dans la peau fine. Au moindre mouvement, elle souffrira.

— J’aurais dû emmener le nécessaire pour que tu puisses me torturer… J’ai envie maintenant… Je croyais que la flagellation et les dilatations me suffiraient, mais je sens que ça ne sera pas assez…

Benjamin hausse les épaules.

— Il fallait prévoir… Tant pis pour vous… Étendez-vous sur le dos, cuisses ouvertes et relevées.

Gabrielle se place comme il le lui demande. Dans cette position, les menottes lui rentrent dans les reins, entament ses poignets. Gabrielle ferme les yeux. Elle se sent bien… Elle voudrait rester des heures dans cette situation inconfortable… Benjamin lui sépare les cuisses davantage, place la barre d’écartement, puis il boucle les colliers de cuir au-dessus des genoux. La longueur de la barre est réglable. Il l’allonge au maximum. Gabrielle est réduite à l’impuissance. Mais Benjamin n’est pas encore satisfait. Avec la corde de nylon, il attache les chevilles et les ramène en arrière pour les fixer aux montants du lit. La vulve et l’anus se présentent alors d’une façon qui lui convient.

Il commence par travailler à la main le vagin encore souple du fist-fucking. Sa main glisse sans mal dans le conduit lubrifié par d’abondantes sécrétions… Son poing fermé va et vient, d’abord avec modération puis de plus en plus vite, de plus en plus fort. Des gémissements commencent à échapper à Gabrielle… Le poing entre et sort avec des bruits mouillés de ventouse. Gabrielle est béante. Benjamin continue jusqu’à ce qu’il juge que le passage est fait. Il prend le godemiché de six centimètres de diamètre, le moins gros, et l’enfonce. L’objet glisse sans rencontrer la moindre résistance.

— C’est trop petit… Je ne sens rien… Prends plus gros…

— Taisez-vous !

— Fais ce que je te dis !

— Vous allez vous taire.

Ce n’est pas un ordre, mais une affirmation calme. Tandis qu’il maintient le godemiché calé dans le fond du vagin, Benjamin se déplace sur le côté et donne un violent coup de poing au bas-ventre, qui se répercute douloureusement à cause de la présence profonde du gode. La souffrance de Gabrielle est réelle.

Benjamin devient de plus en plus dur au fil des mois… Au début, il n’aurait jamais osé un tel geste. Elle apprécie d’être traitée de la sorte, mais elle craint en même temps de devenir dépendante de lui. Le payer pourrait ne plus suffire pour le tenir à distance… N’importe, elle verra plus tard. Dans l’immédiat, elle s’abandonne et elle se tait.

Très vicieusement, il manœuvre le gode pour maintenir et augmenter le tourment de Gabrielle qui gémit.

— Je ne veux plus vous entendre, sinon je recommence.

En dépit de ses six centimètres de diamètre, le phallus navigue aisément dans le vagin distendu. Benjamin ne l’utilise que pour donner des chocs au fond, contre le col de la matrice, afin de sensibiliser Gabrielle… Quand il estime que la jeune femme est à point, il prend le diamètre supérieur… Neuf centimètres. C’est très gros, mais il a déjà godé Gabrielle avec ce modèle. Il doit forcer pour l’enfoncer. Le conduit résiste un peu… Il pousse, change d’angle d’attaque jusqu’à ce que la tête de l’engin franchisse l’entrée. Les chairs sont entraînées vers l’intérieur… Il force encore. Gagne en profondeur… Près de la moitié est entrée. Le ventre de Gabrielle est animé d’une houle violente… Elle respire fort. Benjamin attend que le vagin se soit fait à cette présence, puis il entame un mouvement de retrait. La vulve suit, adhère à l’objet, se soulève comme une sorte de champignon obscène… Il ressort le phallus. Laisse l’orifice se refermer. Puis, il le replace, cette fois avec moins de mal. Il a un sourire satisfait… Benjamin recommence plusieurs fois de suite cette manœuvre, jusqu’à ce que le godemiché navigue sans à-coups dans le conduit élargi.

Il y aura bientôt un an qu’il l’écartèle de différentes manières. Le garçon est parfois dépassé par l’appétit de Gabrielle pour les dilatations. Elle veut toujours plus gros, plus long, plus rude. Souvent, Benjamin hésite à enfoncer dans son ventre ou entre ses fesses les phallus, les objets qu’elle apporte.

Cette fois, cet énorme godemiché de douze centimètres l’effraie un peu… Il ne lui a jamais mis aussi gros. Et s’il allait la blesser ? Si elle devait être conduite à l’hôpital en urgence ?… Il a entendu parler d’incidents de ce genre… Il aurait à coup sûr des ennuis avec la police… Même si la jeune femme lui a toujours affirmé que, dans une telle situation, elle saurait prendre ses responsabilités sans le compromettre. De toute façon, Gabrielle est autoritaire, déterminée dans sa quête de plaisirs irréguliers. Si elle veut cette énorme chose dans son sexe, il accédera à ses désirs comme il l’a toujours fait jusque-là…

Gabrielle est impatiente de passer au gabarit supérieur… Ce sera une expérience. Elle se sent suffisamment ouverte depuis quelque temps pour tenter cette grosseur.

Mais Benjamin veut qu’elle se taise, alors elle se retient d’exprimer son désir. Il lui a fait très mal lorsqu’il l’a frappée au ventre, avec le gode fiché à fond. Elle a peur qu’il recommence… même si une part d’elle-même le désire…

Enfin, le garçon retire le gode et se saisit du jumbo.

— Lubrifié ou non ?

— Mes sécrétions suffiront…

Il hausse les épaules, et présente l’extrémité de l’engin à l’entrée encore bâillante du vagin…

— Vous allez avoir très mal… Vous êtes sûre de vouloir prendre ça dans le ventre ? Peut-être serez-vous déchirée…

Ces atermoiements agacent Gabrielle qui s’emporte.

— Je m’en fous ! Enfonce… Débrouille-toi… Casse tout dedans s’il le faut…

Il commence à forcer… Attaque dans des directions différentes… La chair cède peu à peu. À l’intérieur, la saillie de la symphyse pubienne fait obstacle. Pour passer dessous, il pèse vers l’anus…

Gabrielle halète.

— Ça vient…

La résistance cesse d’un coup. Le phallus s’est soudain engagé dans le conduit Gabrielle pousse un cri perçant, se cabre, soulève les reins, se raidit. Ses cuisses tremblent qui veulent s’écarter davantage. La vulve est presque effacée tant elle est étirée… C’est monstrueux et superbe à la fois. La jeune femme, secouée de spasmes violents, pousse des grognements de bête. La jouissance déshumanise ses traits.

Benjamin, très calme, appuie sur la base du godemiché pour tenter de gagner en profondeur. Il n’éprouve plus aucune crainte. Déterminé, il va le lui mettre aussi loin que possible. Même si elle doit en crever !

Il parvient à introduire ainsi la moitié de l’objet. Il sent qu’il ne pourra pas pénétrer davantage. Alors, il le tire. La vulve réduite à l’état d’une bague de chair livide accompagne le mouvement. Puis parvenu presque au bord, il le réenfonce… Sans égard.

Un geignement continu s’échappe des lèvres sèches de Gabrielle. Dans la perspective de ses cuisses relevées, Benjamin peut voir son visage, déformé par une volupté ignoble, qui roule de droite et de gauche, emmêlant ses cheveux blonds collés par la sueur. La satisfaction d’être remplie au-delà de tout ce qu’elle a pu connaître jusque-là est telle qu’elle est dans une demi-inconscience…

Benjamin a peine à le croire, mais le conduit s’habitue à cette présence hors normes. Le phallus glisse avec de plus en plus de facilité, se couvre de sécrétions brillantes ramenées du fond du ventre. Elle jouit plusieurs fois avant de demander à l’étudiant de lui retirer l’énorme chose.

Gabrielle est épuisée. Mais il ne lui laisse pas le temps de récupérer. Le mot qu’elle avait épinglé à sa fesse était clair ! Il va la démolir, puisque c’est ce qu’elle veut. Mais elle devance son intention.

— Tu vas me flageller les seins… Ne me ménage pas. Tu me donneras dix coups supplémentaires après que je t’aurai dit d’arrêter. Attache-moi. Tu as compris : désobéis. Dix coups supplémentaires, cinq sur chacun après que je t’aurai ordonné de cesser. Ne me libère pas avant que ma colère soit retombée… C’est plus prudent. Tu sais que je suis plus forte que toi… Je pourrais te casser la gueule sans mal…

— Je sais. Debout ! Mains sur la tête !

Les yeux cernés, encore tremblante du plaisir qui l’a dévastée, elle s’exécute. Dans cette attitude, avec ses hanches étroites, ses seins quasi inexistants, elle évoque une fillette géante. Benjamin regarde un moment la panoplie disposée sur la table comme s’il hésitait à faire son choix. Il se décide enfin pour le fouet… Il le fait claquer pour en éprouver la souplesse.

— Ça va être très dur pour vous, avec celui-là… Il est dangereux… Vous vous souvenez de la dernière fois où je l’ai utilisé ?

— Oui.

La voix est basse, rauque, un peu tendue. Elle connaît ce fouet. Elle sait que le garçon a raison. Benjamin tourne autour d’elle. Il prend son temps.

— Vous commencez à avoir peur ?

— Oui. Ça vient… Rassurez-vous, je ne risque pas de faire sous moi… Je me suis vidée avant de venir. On peut laisser la peur monter au maximum.

— Très bien. Vous me direz quand vous serez prête. Elle ferme les yeux… Sa terreur augmente de seconde en seconde. L’adrénaline se déverse dans son sang. Son cœur cogne contre ses côtes. Parvenue au comble de l’angoisse, elle intime d’une voix sourde :

— Maintenant. Vite, avant que ça passe !

Le premier coup, lourd, puissant, s’abat en travers de la poitrine, sabre le sein gauche.

La douleur est atroce. Les yeux de Gabrielle s’agrandissent, mais aucun cri ne lui échappe.

Une rage froide saisit Benjamin. Elle a raison lorsqu’elle le traite de pute… Elle le paye pour la battre, elle le paye pour lui défoncer ses orifices, elle le paye pour la torturer… La lanière siffle, mord les mamelles minuscules, petits pis obscènes sur ce torse puissant. Des râles échappent à Gabrielle, qui expriment autant la souffrance que l’assouvissement masochiste. Elle devine dans la force de ces coups l’exaspération du garçon. Cette violence lui apporte ce qu’elle désire le plus.

Il ne s’appartient plus. Tandis que la lanière dévaste le devant de son corps, elle exulte.

— Oui… Défoule-toi ! Je suis pourrie… Anormale… Frappe-moi !… Gagne ton fric, petite putain mâle…

Benjamin perd toute retenue. Le fouet tombe en désordre sur le corps blanc. De longues marques boursouflées apparaissent. De petites gouttes de sang sourdent par endroits, là où les balafres se croisent.

Enfin, le souffle court, tremblant, Benjamin cesse de frapper. Gabrielle a glissé au sol, secouée de spasmes qui trahissent sa jouissance. Jamais encore, le garçon ne l’avait fouettée au sang. Il a un regard de mépris pour la jeune femme qui gît à terre.

— Ça va ? Vous avez votre compte ?

Elle lève les yeux. Une douceur inhabituelle éclaire son visage. Ses yeux brillent.

— Oui. C’était bien… Très bien même…

Il s’assoit au bord du lit. C’est fini… Elle va retourner près de son frère. Un monde où il n’a pas accès… Il va toucher l’argent qu’il vient de gagner…

Gabrielle, la tête penchée, examine avec soin les marques qui couvrent son corps. Elle cueille du bout de l’index une goutte de son sang, puis l’étalé sur sa bouche.

— C’est le seul genre de rouge à lèvres que je peux me permettre !… Cinquante-sept coups !… Je les ai comptés jusqu’au dernier… Pas mal. J’avais fait moins la dernière fois. Tu as bien travaillé…

Il ricane.

— Je suis un étudiant… j’ai l’habitude de faire des petits boulots pour gagner ma vie…

Les traits de Gabrielle se durcissent.

— Ne fais pas le malin… Puis, reconnaissante, peut-être, du plaisir qu’il lui a donné en dépit de lui-même, elle tempère la dureté de ses paroles.

— Tu n’as qu’à te dire que je suis malade. Benjamin a un petit rire de dérision.

— C’est ce que je pense, oui !…

Gabrielle hausse les épaules.

— De minuscules écorchures qui ne laisseront même pas de cicatrices. Tu devrais être habitué depuis que tu me travailles et que tu me flagelles ! J’ai vu des filles maso bien plus abîmées après une séance, et heureuses de leur état…

— Vous aimeriez ?

— Peut-être… Un jour…

— Quand vous voulez. Je peux vous détruire sans le moindre scrupule, si je suis certain de ne pas avoir d’ennuis ensuite.

Gabrielle hausse les épaules.

— Ne vous vantez pas… Vous avez vos limites…

L’étudiant ne répond rien. Il se promet de la laisser sur le carreau… Un jour… Pour de bon !

Elle lui donne son argent. Quelques instants plus tard, ils quittent le Parady’s Hôtel, et se séparent.

Gabrielle est assouvie pour un temps.

 

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