Attouchements sans douleur

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SOLEDAD Gilles

BrigandineMedia 1000


polar



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Résumé

Il suffisait de refermer la porte sur elle et on était sûr de la retrouver à la même place au retour. Elle mangeait, dormait, et se laissait baiser sans réagir. Tout paraissait lui sembler normal. Elle n’était pas très intéressante. Elle s’appelait Sylvia. Peut-être. Peut-être aussi qu’elle s’appelait Monique, Nicole, ou même Josette. Personne, d’ailleurs, ne le lui avait demandé. Tout le monde se foutait bien de son nom de baptême, comme de son patronyme, autant que de la chemise qu’elle ne portait pas. Simplement, elle avait énoncé ce prénom, d’une voix terne, la veille ou l’avant-veille, au moment où Man avait engouffré son monstrueux mandrin entre ses lèvres minces :

— Je m’appelle Sylvia… Gulp !

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– Putain de merde de saloperie d’étuve ! gronda Micky, en épongeant son front du revers de son poing ganté. La sueur s’étala sur l’os plat, le cuir du gant se refusant obstinément à l’absorber.

Il lâcha le guidon, au beau mitan d’un virage négocié façon cascadeur, et glissa sa main libérée entre ses reins arqués et le ventre extra-plat de Maryvonne.

– Qu’est-ce t’as, mon chat ? miaula l’amazone accrochée à ses endosses. Une poussière dans l’œil ?

Elle hurlait. La vitesse de l’engin déportait sa voix vers l’arrière.

– Sois pas grossière, tu veux ! Déjà que j’ai le cul en feu, si en plus tu m’écorches les oreilles !…

Maryvonne gloussa et sa tête blonde roula contre l’aisselle du garçon, sur les dorsaux saillants. On n’en distinguait pas grand-chose à cet instant, sous le casque, mais le fait est que la nature avait été spécialement généreuse pour la gamine. Maryvonne était née casquée : une frimousse mignonnette de starlette, qui n’attendait qu’un imprésario un peu marie pour être découverte et, passée la nuque étroite et délicate, une silhouette à l’avenant. Un vrai rêve de week-end, pour n’importe quel vieux beau un peu féru de ballets roses !

Malheureusement, le deuxième ni le troisième âge ne passionnaient Maryvonne. Elle était encore trop jeune pour se plier aux inévitables compromissions que son peu de fortune et son physique lui réservaient. Pour le moment, Micky et sa 750 suffisaient à remplir sa vie.

– Tu ne veux pas qu’on s’arrête un peu ? J’en ai marre, d’avoir les fesses collées au cuir ! (elle minauda, très chatte). Y’a de plus jouissives façons de s’en servir, t’avoueras ?

– T’as vu la tronche du paysage ?… Et tu voudrais qu’on campe dans ce coin pourri ? Que je te saute à l’écolo dans un coin de potager ? Tu m’as bien regardé ?

– Pourquoi pas ? J’ai rien contre ! Tant que tu me sautes ! Je me suis encore jamais fait verger dans un verger ! Ça peut être drôle, non ?

– Ben, va falloir ronger ton frein, ma gueule ! Parce que moi, c’est pas mon kif, l’amour à la lampe de poche…

– Au prochain coin sympa, alors ! D’ac ?

– O.K., grogna Micky, en donnant les gaz. La meule abordait une longue ligne droite, la première depuis plusieurs kilomètres de pénibles virolos. Le gros cube brama comme un cerf à l’hallali, et un vent frais siffla à leurs oreilles. Micky sentit Maryvonne se coller à son corps plus étroitement.

Il frémit des épaules, un peu agacé. C’était bien le moment de penser à ça : les six cents bornes qu’il avait dans les cannes l’avaient mis H.S. et, comble de bonheur, ses hémorroïdes toutes neuves recommençaient à le tenailler. Le cuir et la transpiration n’arrangeaient rien à l’affaire. On a beau être jeune et beau, les petits soucis de l’existence ne vous sont pas épargnés pour autant ! Il jura entre ses dents serrées. Il se souvint qu’il avait oublié d’emporter son intrait de marrons d’Inde.

Les seins de Maryvonne s’écrasèrent plus sérieusement sur ses reins. À travers la double épaisseur des combinaisons de cuir, Micky percevait très nettement leur volume et la souple fermeté de leur chair. Ces nibars étaient incontestablement le meilleur atout de la donzelle, en dépit du sentiment de dégoût que les deux énormes globes lui inspiraient. Leur inhumaine et monumentale excroissance vous sautait littéralement aux yeux quand elle consentait à en dévoiler le mystère. Chose rare ! En effet, sa poitrine n’avait, jusque-là, inspiré que tourments à Maryvonne. Quoi qu’elle fasse pour la faire oublier, elle avait toujours l’affreuse impression qu’on ne voyait de sa personne que ces deux horribles monticules, gonflés à l’extrême limite du point de rupture, et qui menaçaient constamment de se faire la paire, comme deux montgolfières délestées. Aussi était-elle avare de cette richesse non souhaitée, en qui elle voyait plus un feu vert pour les violeurs qu’un don du ciel. Elle n’en parlait que par allusions voilées, et ne les confiait aux soins de Micky que dans les moments d’extrême débordement. En dehors de ces douces agonies et de ces chavirements où elle n’avait plus sa tête, elle prétendait volontiers que ces deux objets n’avaient, purement et simplement, aucune existence réelle.

Par ailleurs, et peut-être par contrecoup, elle se montrait aussi prodigue du reste de son corps qu’elle était économe de ses seins.

N’empêche que, qu’elle en soit ou non consciente à cette minute, Micky les sentait bien, ces putains de lolos, qui se pressaient contre son dos sans vergogne, et il aurait donné cher, tout d’un coup, pour pouvoir se les sucer peinard, en touriste, l’air de rien. L’arrière-goût amer du nœud de vipères de ses hémorroïdes en perdait subitement de l’importance !

Le paysage était en train de se transformer de manière imperceptible : la lande gagnait du terrain, et grignotait l’interminable bocage qui les accompagnait depuis une bonne centaine de bornes. L’habitat aussi se modifiait. De grosses fermes closes, clairsemées, farouchement isolées les unes des autres, prenaient la place des vilaines copies de maisons traditionnelles, qui défilaient depuis Lorient, serrées l’une contre l’autre sans interruption. Une bouffée d’air salé, pleine d’odeurs de varech, cingla les narines de Micky. Le sourire du garçon s’épanouit avec ses naseaux :

– Ça sent meilleur, par ici ! On devrait trouver la grande bleue, un peu plus loin…

– C’est là qu’on s’arrête ? hurla Maryvonne, par-dessus son épaule.

– Si tu veux ! On peut se faire une plagette, pour la nuit ? Banco ?

– BANCO !

Une dizaine de kilomètres après Quimper, ils quittèrent l’autoroute par la bretelle de Riec-sur-Belon. La meule traversa la petite bourgade sans faire détaler le moindre mammifère. Les cafés étaient fermés, les volets clos et les lumières éteintes. La lueur livide de la télé n’éclairait même plus la ville. Ils passèrent devant un relais gastronomique, reconnaissable aux quelques Mercedes garées devant son porche. Les derniers clients enfilaient précipitamment leurs caisses aux vitres fumées, repus, dignement pompettes, le ventre étranglé par la sous-ventrière. La moto rugit, et la nuit l’effaça.

La route s’étrécissait. Elle n’était plus qu’à grand-peine carrossable. Ils laissèrent derrière eux un port de plaisance surplombé d’une forêt de trois-mâts endormis, au bout d’une ria escarpée. À nouveau, la route, parfaitement déserte ! Et, soudain, Micky décéléra. L’engin continua sur sa lancée un court instant, et pila près d’une haie de genêts. Micky coupa les gaz, laissa à Maryvonne le temps de poser le pied à terre, puis descendit à son tour et installa le gros cube pour la nuit, sur sa béquille.

Il souffla, les bras en croix comme pour une oraison :

– Et voilà, ma poule ! Un havre pour la nuit ! C’est pas choucard ? Tu peux descendre les valoches.

En fait de valoches, ils n’avaient pas tripette, hormis, dans les fontes, une paire de duvets, et un calebard de rechange par tête de pipe, vu qu’ils n’étaient partis que pour cinq jours. Maryvonne fit craquer ses genoux ronds, et se déplia, plus chatte que nature. Tout en terminant d’ôter son intégral, elle fit deux pas dans la direction de Micky, la hanche sinueuse. Elle était mince et souple, et elle aurait pu passer pour fluette, n’eût-été l’impressionnante avant-scène qui semblait rendre malaisé l’équilibre de sa démarche.

– Tu vas me faire l’amour ! Ici, toute de suite ! J’en peux plus ! Huit heures que j’ai cette selle entre les cuisses, qui me fait l’effet d’un vibromasseur géant ! Mets-toi à ma place !

– Holà ! Minute ! Facile à dire ! On ne prend pas si aisément la peau d’un autre !

– Je ne plaisante pas, Micky ! Tu ne te rends pas compte ! Les trépidations de cette meule bouleversent mon moi profond ! La faute à qui ?

Elle avança le ventre vers Micky, et bougea lentement contre lui, en geignant. Micky enfouit ses doigts dans l’épaisse tignasse brune, dont le casque avait aplati les boucles, et d’où montait vers lui un parfum fauve. Il lui prit la bouche, ébouriffant la crinière à pleines mains. Les lèvres de Maryvonne brûlaient. La langue de Micky en caressa de la pointe les contours fermés, et se glissa entre elles, cherchant le contact. Il aspira à pleine bouche leur haleine tiède. Maryvonne haletait, plus émue qu’elle ne voulait se l’avouer. C’était, comme à chaque fois, une espèce de surprise que Micky lui fasse autant d’effet. Les mains du garçon quittèrent sa taille et remontèrent le long de son buste, vers les globes défendus. Il manqua de peu coiffer de ses mains les seins arrogants, mais se retint à temps, en soupirant légèrement. Ses mains retombèrent, et étreignirent la fille aux hanches. Maryvonne n’avait plus de squelette. L’émoi lui donnait des genoux de guimauve. Elle se sentait molle et moite. Elle se cambra et ses fesses se logèrent d’elles-mêmes dans les paumes ouvertes de Micky. Elle sentit qu’elle mouillait. Micky pelotait ses fesses comme si c’étaient des nichons : avec une infinie délicatesse !

Il se rendit compte qu’elle était presque nue. Sa combinaison de cuir était roulée sur ses cuisses. Le cul qu’il caressait n’avait plus de cuirasse. Les pointes de ses seins étaient longues d’une phalange de nourrisson. Sa langue aurait pu s’y enrouler. S’il avait osé !

Maryvonne était mouillée de sueur : une chaude et suave odeur femelle montait de son ventre et de ses aisselles, affolante. Le nœud de leurs langues se dénoua et Maryvonne, écartant ses longues cuisses, passa son index dans sa fente, et porta le doigt humide de sa toison aux lèvres de Micky, qui le suça complaisamment, avec lenteur et retenue.

– C’est bon, hein, mon chéri ? Tu aimes, mon goût ? Déshabille-toi, je veux te sucer !

– Attends, grogna Micky, un peu enroué.

Il marcha vers la moto, tira les duvets des fontes, et descendit vers la mer ; Maryvonne le suivit, silencieuse, le souffle court. Un muret de béton dérobait la plage aux regards. Une haute villa noire dominait le cap, vingt ou trente mètres plus loin. Un mur élevé, couvert à son sommet de tessons de verre, leur cachait le rez-de-chaussée. Apparemment, aucune lumière ne filtrait des fenêtres aveugles. Micky installa les duvets au pied du muret de béton, se défit de sa combinaison et s’agenouilla. Sa queue était énorme et dure. La lune était pleine. Le seul bruit audible était le ressac régulier de la mer sur le sable. La bouche de Maryvonne se glissa sous son membre, et le mordilla doucement. Ses genoux frôlaient la hanche de Micky. Elle s’empara des couilles du garçon et les fit rouler dans ses paumes. Ensuite, elle les massa de la pointe de sa langue. Micky se crispa, frémissant. Maryvonne, du coin de l’œil guettait fiévreusement les premiers signes d’un possible orgasme. La verge de Micky tendait le cou vers la Polaire. Maryvonne patienta. Il fallait que le béton prenne bien. Quand il fut enfin temps, elle accola sa joue à la queue vibrante, et la fit glisser dans sa bouche. Elle en joua un moment de la pointe de la langue, la rejetant d’un coin de sa bouche à l’autre, avec des mimiques de gavroche, comme les voyous s’amusent de leurs cigarillos.

– Tu ne peux pas savoir comme j’aime l’odeur de tes couilles, mon chéri ! souffla-t-elle. Ça me rend dingue ! Complètement dingue !

Sa langue lissa l’estoc de la verge durcie, lentement. Puis elle se risqua à la prendre de taille, le long de la protubérante veine bleue qui palpitait sous la flamberge de chair qui bientôt creuserait sa plaie. Le membre était chaud et doux. Il vibrait sous ses lèvres. La bouche en cœur, elle y déposa un baiser.

Micky, les mains croisées sous la nuque, la regardait jouer. Il releva la tête et considéra Maryvonne avec un sourire moqueur.

– Qu’est-ce que tu cherches, exactement ? Tu veux me faire marronner, salope ? Mais j’ai tout mon temps, moi ! Toute la nuit devant nous, on a ! Prends ton temps, si tu veux, ma chatte !

Maryvonne lui rendit son sourire. Du plat de la main, en appuyant sur sa poitrine, elle obligea Micky à se rallonger.

Quand il eut repris sa position initiale, elle engloutit sa verge entre ses lèvres.

 

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