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Résumé

« La fraîcheur de la lagune fit frissonner la jeune Célia. Elle était là, nue, immobile, cambrée sur ses talons, les seins pointés vers l’inconnu. Elle s’exécuta quand il lui ordonna de s‘étendre sur la pierre tombale et d’ouvrir en grand l’angle de ses cuisses. Quand son regard se fixa sur les cyprès alentours, elle se sentit prête au sacrifice. Le feu brûlait déjà au creux de son ventre. Au loin les clochers de Venise annonçaient le début de la nuit. La cérémonie pouvait commencer. »

Comme à son habitude, Jean-Charles Rhamov nous entraîne dans une succession de situations troubles, d’exhibitions humiliantes et d’accouplements voluptueux. Sa blonde héroïne, partie pour un simple voyage touristique, se trouvera rapidement guidée hors des sentiers battus par quelques érotomanes à l’imagination perverse.

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CHAPITRE PREMIER

Talons aiguilles, minirobe, minuscule sac de toile en bandoulière, et sa réticence à se mêler au groupe, tout donnait l’impression que la blonde s’ennuyait ferme. L’autre hypothèse, c’est qu’elle voulait se faire remarquer. Elle y réussissait… c’est ce que Charles pensait en la suivant dans les couloirs de l’abbaye.

La mini de la fille, guère plus longue qu’une tunique, dévoilait de longues cuisses brunes et musclées. Les hauts talons de cuir verni, noirs comme la nuit, lui donnaient une cambrure de fille de magazine. Ajoutez une paire de lunettes de soleil à large monture relevée au sommet du front. La visite de l’abbaye dans cette tenue ne pouvait qu’attirer les regards. D’autant que quand il avait fallu escalader la scala dei morti (l’escalier des morts), une rampe taillée dans le rocher, décorée çà et là de gisants au regard de pierre, inclinée à quarante-cinq degrés, Charles avait eu le bonheur de se trouver sur ses arrières. Il ne pouvait détacher ses yeux des cuisses féminines, priant le ciel qu’un mouvement plus ample que les autres dévoile une partie des fesses… ou davantage.

La Sacra di San Michele n’a rien d’une simple abbaye. Imaginez un étrange rocher aux parois verticales, surplombant l’entrée de la vallée de Susa, à quelques encablures de Turin. Si l’abbaye était devenue le symbole du Piémont, elle le devait à l’impression de puissance et de mystère qui se dégageait de son architecture.

Cela faisait plus de dix ans que les supérieurs de Charles l’avaient exilé dans cette contrée, pour une mission de la plus haute importance. Il avait tout de suite découvert l’endroit, mais les horaires d’ouverture ne lui avaient pas permis une visite. Et au début septembre, enfin, l’occasion se présenta. Il bâcla une réunion de travail pour profiter des derniers rayons de soleil sur les Alpes. À peine le temps d’effacer la Tangenziale – la rocade de Turin – et il filait, pied au plancher, en direction de l’abbaye.

Quand il arriva à la Sacra, après avoir avalé tous les lacets du col de Braida, il tomba sur un groupe de Français, qui descendaient d’un vieux Pullman. Il y avait là une quarantaine de personnes, peut-être plus, à l’humeur joyeuse, qu’il reconnut pour des Marseillais. Outre le bus, il nota une bonne douzaine de voitures d’immatriculation italienne.

Près de soixante personnes se pressaient au guichet. Ça parlait fort, se bousculait ; Charles dut jouer des coudes pour se frayer un chemin.

Une fois dans l’enceinte de l’abbaye, il remarqua la visiteuse. Frappé par sa tenue provocante, il se décida à la suivre. À ce qu’elle en laissait voir, sous sa robe-tunique de toile écrue, elle possédait un corps splendide. Mais la vraie question taraudante, c’était de savoir si elle était nue sous sa robe. La naissance des fesses qu’il eut le bonheur d’entrevoir dans l’escalier des morts ne leva pas ses doutes.

Il avait connu, par le passé, une amie qui oubliait souvent de mettre un string, et s’amusait à faire deviner sa nudité par le jeu des transparences. Situation qui ne manquait pas de troubler Charles et qui générait souvent des suites brûlantes. Mais cette fois, il n’avait pas affaire à une amie. Aucune complicité entre eux, sauf à considérer qu’elle l’avait choisi, et, sa modestie dût-elle en souffrir, il s’imagina que c’était le cas. Pouvait-il en être autrement, alors qu’elle lui jetait des œillades à peine voilées au hasard des couloirs ?

Un vieux moine les prit en charge. Un personnage sans âge, féru de spiritualité, mais qui posait problème par son français rudimentaire. C’est à sa suite qu’ils pénétrèrent dans les sous-sols de l’édifice. Par stratégie sans doute, la jeune femme se retrouva en queue du groupe. Les talons hauts n’ont jamais facilité la marche.

Charles la suivait dans le labyrinthe des salles, calquant son pas sur le sien. À un moment, il se trouva en situation de lui traduire les interventions du guide. Tactique d’approche cousue de fil blanc, mais qui avait fait ses preuves. Elle le remercia du regard ; ils se mirent à gravir ensemble les différents niveaux.

De temps à autre, le vieux moine tentait, sans conviction, de faire partager sa connaissance des lieux. Au sommet d’une tour, il s’étendit sur une vieille légende moyenâgeuse que Charles se fit un devoir de traduire, avec quelques approximations, à sa compagne de visite.

La légende faisait état d’un seigneur local, qui, de retour des croisades, avait eu des doutes quant à la fidélité de sa dame, la belle Alda. En ces temps reculés, les longues nuits d’hiver pouvaient prêter à tentation, surtout quand le mari quittait la seigneurie pour plusieurs années. Le seigneur fit part de ses soupçons aux moines de l’abbaye… lesquels proposèrent le jugement de Dieu. Il suffisait de jeter la suspecte de la plus haute tour… si des anges amortissaient sa chute, quatre cents mètres plus bas, c’est qu’elle n’avait pas failli à son devoir d’épouse. C’était alors pratique courante que de se ranger aux décisions du Tout-Puissant, et si on avait des doutes sur le principe, ça présentait l’avantage de régler les problèmes de manière radicale. Toujours est-il que l’anecdote du moine se termina de la meilleure des façons : la gente dame fut sauvée par une armée d’anges. Preuve qu’elle n’avait point fauté.

La traduction de Charles eut l’heur de plaire à la visiteuse : elle émit des remarques sur les mœurs de l’époque, qui laissèrent entendre au chevalier servant qu’elle n’était pas insensible à son charme.

Par signes, elle lui fit comprendre l’existence d’un compagnon, sans doute son mari, au sein du groupe. Elle le désigna d’un hochement de tête. Charles découvrit un énergumène comme on en voit partout. Il arborait la casquette d’une boisson anisée, et il émaillait la visite de réflexions qui se voulaient drôles.

Et comme le regard de Charles exprimait l’étendue de sa surprise : ce beauf « maître et possesseur » d’une pareille beauté… cette dernière lui fit connaître son ennui d’un haussement d’épaules. Sans doute n’appréciait-elle pas les vieilles pierres. Les abbayes, aussi haut perchées soient-elles, ne constituaient pas sa tasse de thé. Charles, la prenant en pitié, lui adressa des paroles rassurantes.

La fille lui portait sur les sens, mais quant à lui proposer la botte, l’endroit lui paraissait inconvenant. Il la suivait de couloirs en chapelles et de réfectoire voûté en chemin de garde, sans trouver l’occasion d’exprimer son désir. S’il avait eu connaissance d’une pièce discrète, aussi minuscule soit-elle, il se serait risqué à l’isoler du groupe et aurait tenté sa chance.

Charles avait perdu tout espoir, quand le hasard vint à son aide. Le labyrinthe des salles avait dû fatiguer la belle, car à peine s’étaient-ils engagés en file indienne dans un étroit escalier en colimaçon qui descendait aux reliques… elle fit un faux mouvement. Elle glissa, se retrouva assise maladroitement sur la pierre froide des premières marches.

La file indienne a cela de pratique que ceux qui ferment la marche se font oublier des autres. Ce fut le cas. Comme la jeune femme avait de la difficulté à se relever, Charles s’agenouilla pour lui porter secours. À ce moment, il perdit sa respiration, et son cœur sauta quelques battements. Sous ses yeux, à quelques centimètres à peine, il découvrait un trésor féminin sans voile.

Sous la robe ultracourte, la jeune femme ne portait rien d’autre que «le simple appareil d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil». Ainsi agenouillé, le jeune homme ne pouvait quitter des yeux le dessin enivrant des ourlets intimes. L’épilation intégrale le sidérait. Rien ne cachait la vulve, et le spectacle valait la peine. Il restait là, à se repaître de la vue de la motte rebondie et de l’entrebâillement de la fente bordée de fines lèvres d’un rose cru. Que cette fille est désirable ! songeait-il en tentant de reprendre ses esprits.

Sans voix, il tentait de se concentrer sur les chevilles féminines. Mais le mal était fait. Il n’était plus question pour lui de rejoindre le groupe avec sa grosse bosse au pantalon. Il aurait eu l’air ridicule de se promener ainsi. Elle suivait son regard qui passait de sa chatte glabre à son érection et en retour, lui souriait. Elle ne bougeait pas, gardant les cuisses grandes ouvertes et elle se plaignait d’un choc au coccyx.

La suite fut toute simple… Faisant semblant de vouloir s’intéresser à la douleur de la jeune femme, Charles approcha sa main de l’entrejambe. Pourquoi ses doigts se posèrent-ils sur le sexe tiède ? Pourquoi se mirent-ils à explorer les lèvres charnues et délicates ? Il se laissait simplement aller à des gestes qui le confortaient dans l’idée que la fille était faite pour l’amour. Ses doigts n’eurent aucun mal à se frayer un chemin entre les nymphes ruisselantes et, bientôt, ils disparurent dans le fourreau brûlant. Un doigt, puis un autre, et un autre encore… Elle était déjà prête, déjà ouverte à la pénétration, et nul doute que si la position avait été plus pratique, il aurait pu entrer la main entière ou presque. Et comme il entamait un va-et-vient appuyé, elle trouva la force de murmurer :

— Pas ici… Pas comme ça !

Alors, les doigts encore profondément enfoncés en elle, il la dévisagea avec surprise. Ce sursaut de pudeur l’amusait. Par-delà sa sensualité, elle gardait des airs de midinette : c’est peut-être ce qui faisait son charme.

Il se retira d’elle, caressa le ventre offert du revers de la main, comme on fait des flancs d’un animal, et l’aida à reprendre une position convenable. Alors qu’elle implorait déjà du regard quelque chose de plus que de simples caresses, il chercha une solution rapide. La chance lui sourit. Quelques marches plus bas, une échauguette leur tendait les bras. Une vague excroissance surgie de la pierre, qui offrait un abri ridicule, mais un abri quand même.

Il cessa de réfléchir. On n’entendait plus le brouhaha du groupe. Celui-ci avait disparu dans les entrailles de l’abbaye, et il y avait peu de chance qu’il remonte par le même chemin. L’occasion était trop belle. Il n’hésita plus, entraîna la belle dans l’encoignure. Il lui fallait apaiser le feu qui coulait dans ses veines…

À peine hors de vue, il retira le sac de toile qui gênait la manœuvre, retroussa la robe pour parcourir le corps avec fébrilité. Il prit possession du ventre féminin, caressa le renflement pubien, explora la vulve comme il l’avait fait précédemment. C’était chaud, tendre, la chair palpitait sous ses doigts. Il ignorait à cet instant ce qu’il allait faire. La situation permettait peu d’initiatives. Comprenant son hésitation, la jeune femme s’écartela à la limite du possible pour lui faciliter l’accès. Et comme elle se collait à lui, il percevait son souffle sur la tempe.

Toujours à l’aveugle, il dégagea le capuchon du clitoris, roula celui-ci d’un doigt habile. Il y a quelque chose de suave pour un homme à jouer du plus intime des organes féminins. Il s’esquive, il s’échappe, puis il s’offre à nouveau à la caresse, montrant sa volonté de se soumettre, puis il glisse sous le doigt, roulant à droite, roulant à gauche, dans quelque vaine tentative de repli avant de darder sa pointe dure vers le doigt qui le guide au plaisir.

Les muqueuses lubrifiaient maintenant sans réserve ; Charles plongeait sa main au creux le plus intime de la fille pour recueillir sa mouille. Il y eut d’abord un simple balancement des hanches, comme une vague fiévreuse, puis ce furent des halètements révélateurs. Et comme Charles torturait habilement le bouton, la jeune femme abandonna son ventre aux premiers spasmes du plaisir. Ensuite, elle se mit à jouir sans retenue. Qu’elle était belle comme ça… abandonnée à sa bestialité… sa folie… ses feulements rauques n’avaient rien d’humain…

— Et vous ? demanda-t-elle, quand elle eut repris conscience.

Il ne répondit pas. Il ne pouvait cacher les signes extérieurs du désir qui déformaient son pantalon. Observant sa conquête avec indécision, il tendit l’oreille… le silence. Les visiteurs avaient sans doute poursuivi leur route dans le labyrinthe de pierre. Il risqua un œil vers le haut de l’escalier, puis vers le bas… abandonnant toute prudence, il détacha sa ceinture, sortit un sexe déjà luisant. Il fallait faire vite. Il demanda à la belle de se tourner et, quand les fesses rebondies se tendirent vers lui, il s’en saisit à pleines mains pour les ouvrir en grand. Alors, elle guida la queue à deux doigts vers la fente ; de l’autre main, elle écarta ses lèvres ruisselantes. Il s’enfonça en elle sans rencontrer la moindre résistance.

Immédiatement, il apprécia sa douceur. Nul besoin de forcer pour que le gland se fraye un chemin dans le fourreau. Elle était déjà prête à s’accoupler. Tout son corps réclamait à nouveau le plaisir. Ses muqueuses encore congestionnées accueillirent la bite, ce fut elle qui donna le signal de l’assaut. Elle cambra les reins, tendit la croupe comme une chienne en chaleur, imposa son rythme.

Charles s’agrippait fermement aux hanches ; il plongeait et replongeait sa queue dans le vagin dilaté jusqu’à entendre le clapot révélateur des fièvres féminines. Alors il redoubla d’ardeur, frappant du bassin la courbe opulente des fesses, et, alors qu’il atteignait le point de non-retour, déjà perdu dans les premières contractions du plaisir, elle le récompensa par un nouvel orgasme. Plus flamboyant, plus dur aussi que le précédent, et il ne dut qu’à son sens de l’équilibre de ne pas chuter avec elle sur la pierre froide de l’escalier.

Quand il revint à lui, elle étalait, sur ses cuisses, le liquide poisseux que son ventre expulsait. À ce moment, Charles réalisa le risque qu’il avait pris. Un brouhaha montait de l’escalier. Le groupe revenait vers eux. Il tenta de se composer une attitude naturelle. Quant à la jeune femme, elle récupéra son sac, le jeta sur l’épaule, tira à la hâte sur l’ourlet de sa robe.

Parvenu à leur hauteur, le moine les gratifia d’un regard plus noir que l’enfer. Mais il poursuivit sa route en silence. Ils prirent son pas, se fondirent dans le groupe.

L’étreinte n’avait pas duré plus de cinq minutes ; il n’en restait rien, sauf quelques traces luisantes à l’intérieur des cuisses féminines. Quand le jeune homme descendit l’escalier des morts pour retrouver l’air libre, ce n’est pas un, mais une multitude d’anges qui le soutenait… Quant à l’amante furtive, elle avait repris sa place dans le groupe, comme si de rien n’était.

En parvenant au parking, alors que Charles rêvait encore de sa bonne fortune, il se passa quelque chose d’imprévu. Il s’apprêtait à ouvrir la portière de sa voiture, une Alfa-Romeo de grosse cylindrée qu’il avait négociée à son loueur habituel à l’aéroport de Turin, quand il entendit hurler dans son dos. Il se retourna, et, sans trop comprendre, vit sa jeune conquête, cheveux au vent et vernis noirs à la main, courir vers lui à grandes enjambées. Elle contourna la voiture, ouvrit à toute volée la portière passager, s’engouffra dans le véhicule en clamant :

— Démarrez vite ! Mon mari est derrière !

En effet, l’homme à la casquette Ricard gesticulait sur le parking, le regard sombre et l’air vindicatif. La fille nettoyait hâtivement la plante de ses pieds… sans autre forme de procès, il se jeta au volant, enclencha la première. L’Alfa GT rugit de toute sa puissance, disparut à mi-pente dans un nuage de poussière. L’homme à demi fou gesticulait toujours à l’entrée du parking dans l’odeur âcre du caoutchouc brûlé.

— Mes bagages ! hurla-t-elle, rappelée à la réalité.

Charles, embarrassé, tourna les yeux vers elle.

— Mes bagages ! reprit-elle en se tordant le cou pour tenter d’apercevoir le bus.

Charles comprit, freina brutalement au bas de la pente.

— Ils sont restés dans le… ?

Elle hocha la tête.

— Tu veux qu’on fasse machine arrière ? On peut encore les récupérer.

Un silence passa.

— Non ! C’est trop tard…

Laissant passer un autre silence, elle ajouta sur le ton de la fatalité :

— Il fallait bien que je le quitte un jour… C’était un triste con !

Charles songeait qu’il en est toujours ainsi des femmes. En quelques phrases lapidaires, elles balayent des années de vie commune. Les hommes sont plus veules, qui se contentent souvent de jouer avec les apparences pour éviter des décisions hâtives.

 

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