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Résumé

Éditrice, Anne passe ses vacances dans sa villa de Quiberon, avec son mari Grégoire et plusieurs amis et amies. Il fait chaud, on est en petite tenue, on vit les uns sur les autres. À tout instant, on tombe sur des scènes coquines, vu que chacun couche avec chacune et chacune… avec chacune aussi ! Bref, on en vient à ne plus penser qu’’à ça. Là-dessus, Anne est convoquée à Paris pour piloter un nouvel auteur tchétchène, Sergo, une force de la nature. En un rien de temps ce mâle en rut va faire d’’elle une femelle soumise. Quelle surprise pour l’’orgueilleuse éditrice ! Et ce n’’est qu’’un début, Sergo s’’invite chez elle avec Souhane, sa copine, qui initie Anne aux caresses féminines ! Bouleversée, Anne se transforme en lubrique bacchante et tout le monde y passe, même son frère ! Elle s’’en souviendra de cet été d’’enfer……

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Chapitre premier

Je sortais de la baignoire lorsque Amaryse entra. C’était le principal inconvénient de la villa de Quiberon. Elle ne possédait qu’une salle de bains et, quand nous avions des invités, c’est-à-dire tous les étés, il y avait bousculade à l’heure de la toilette.

Et voilà que ça commençait dès le premier matin avec la dernière en date des copines de mon frère. Elle ouvrit des yeux comme des soucoupes et siffla :

— Ben dis donc ! T’as des nichons superbes…

Théo m’avait prévenue que sa dernière conquête, une de ses étudiantes comme d’habitude, était nature et directe. Malgré tout, je ne savais pas si je devais me sentir flattée par le compliment ou vexée par l’étonnement qu’elle manifestait. Je n’avais qu’une dizaine d’années de plus qu’elle et, à trente ans, mes seins se tenaient aussi bien que ceux d’une gamine qui venait de réussir son bac.

Elle proposa aussitôt de m’essuyer le dos. Pour être directe, elle l’était ! Mais je me prêtai sans complexe à son jeu en étant consciente de l’ambiguïté de mon attitude. Théo ne m’avait pas caché non plus qu’Amaryse était bisexuelle et qu’elle couchait aussi bien avec des femmes qu’avec des hommes. Pour ma part, je n’éprouvais pas d’attirance envers les femmes mais c’était peut-être ce qui me fit réagir de cette manière. Pour voir comment elle allait se comporter.

Au lieu des caresses plus ou moins sournoises que j’attendais et que j’étais prête à repousser avec fermeté, elle entreprit de me bouchonner avec vigueur. Tout en m’étrillant comme une jument au retour de l’exercice, elle ne se privait pas de commentaires.

— Ça commence à s’affaisser là, au niveau de la taille, si tu veux je te montrerai un mouvement de gym pour corriger ça… par contre ton derrière n’a pas un poil de cellulite, c’est pas si courant à ton âge…

Elle était comme mon frère, fanatique de la forme, des exercices physiques, de la vie saine et du naturisme. Elle avait aussi un don pour souffler alternativement le chaud et le froid : un compliment immédiatement suivi d’une critique sans oublier le rappel de notre différence d’âge, mais je la laissais me manipuler à sa guise sans répliquer.

— Tourne-toi un peu que je te sèche devant, dit-elle en me flanquant une claque sonore sur les fesses.

Je lui fis face docilement et elle passa la serviette sur le haut de mes épaules puis entre mes seins. À cet instant nos yeux se rencontrèrent. Son regard d’un bleu foncé était terriblement sérieux, ses lèvres à quelques centimètres de ma bouche, un peu entrouvertes, appétissantes.

Notre baiser fut soudain et profond. À travers le mince tissu de son tee-shirt la chaleur de son corps faisait durcir les pointes de mes tétons. Sa langue était douce et insidieusement autoritaire. Je revins très vite de cet éblouissement passager et je rejetai la tête en arrière en m’écartant.

— C’est idiot de se laisser aller comme ça !

Elle ne répondit pas et fit valser le maillot informe qui lui servait de chemise de nuit. Je ne pus m’empêcher d’admirer sa poitrine. Ses seins étaient plus gros que les miens, plus haut placés et plus fermes. Mais le moment de trouble était passé et elle le savait aussi bien que moi.

En riant, elle m’attira en face du grand miroir mural.

— La blonde et la brune… il ne manque plus qu’une rousse pour que le trio soit au complet !

J’étais un peu embarrassée par ce qui venait d’arriver. Sa bonne humeur dissipa ma gêne et j’étais obligée de reconnaître que nos deux corps côte à côte ne manquaient pas de charme.

Elle était arrivée la veille avec Théo et n’avait pas encore eu le temps de bronzer. Sa chair très blanche contrastait avec ma carnation mate de brune comme ses cheveux blonds tranchaient avec ma crinière noire.

Ses formes également étaient un peu plus lourdes, plus voluptueuses que les miennes. Je comprenais que mon frère l’ait remarquée parmi ses étudiantes et qu’il en ait fait sa maîtresse. Malgré moi, j’étais troublée par l’atmosphère d’intimité qui s’était instaurée entre nous et par le contact de sa peau nue sur la mienne.

Elle avança une main en direction de mes seins mais je me dérobai en éclatant de rire.

— Allons ! Dépêchons-nous si nous voulons descendre à la plage avant midi…

 

En sortant de la salle de bains, je tombai nez à nez avec Alexis qui s’exclama d’un air faussement catastrophé :

— Malheur ! J’arrive une fois de plus trop tard pour partager ma douche avec toi !…

Je savais que je n’éviterais pas ses compliments exagérés, ses réflexions à double sens et les frôlements continuels dont il me gratifiait sous prétexte d’affection. Il était depuis trois ans l’associé de mon mari et prétendait être amoureux de moi.

Mine de rien, il m’avait coincée contre le mur et m’avait saisie aux épaules. J’acceptais ses privautés sans enthousiasme mais avec une pointe d’amusement et de perversité. Grégoire, mon mari, y trouvait son compte dans ses affaires et m’y encourageait tacitement.

— Mais il n’a jamais été question que je partage quoi que ce soit avec toi !

— C’est bien ce qui me désole… moi qui ai encore rêvé de toi cette nuit !

— Un rêve érotique je suppose ?

— Comment pourrait-il en être autrement ? Figure-toi que nous étions dans un train, plus exactement dans un wagon-lit, sur cette ligne qui traverse la Suisse pour aller en Italie…

— Tu as des rêves d’agent de voyage !

— Ne te moque pas, tu vas comprendre. Il y a énormément de tunnels sur cette ligne et chaque fois que le train empruntait l’un d’entre eux toutes les lumières du train s’éteignaient.

— Je ne vois pas le rapport avec moi.

— Si, car nous y étions tous les deux. Sagement assis comme des voyageurs normaux quand le train était éclairé et plongés dans un merveilleux délire érotique quand il se trouvait dans l’obscurité.

— Un merveilleux délire érotique ? C’est quoi ?

— On faisait l’amour dans toutes les positions possibles et imaginables…

— Je n’aime pas la gymnastique !

— Mais justement. Ça n’avait rien d’athlétique ni de difficile. C’était simplement fantastique. Je te possédais tendrement et notre plaisir n’en finissait pas. Un peu plus fort chaque fois qu’on passait sous un tunnel…

À cet instant, je pris conscience qu’Alexis s’était beaucoup rapproché de moi et qu’il caressait ma joue avec le dos de sa main. Je le repoussai gentiment.

— Oui, eh bien, à Quiberon il n’y a pas de tunnel et on va à la plage…

 

En regagnant la chambre, je pensais que ça allait être ainsi pendant près d’un mois. Promiscuité, frivolités en tous genres et flirts sans importance. L’habituelle comédie des vacances avec les stations obligées sur la plage pour les séances de bronzette et les passages incontournables au Vieux Briscard à l’heure de l’apéritif du soir.

Inexplicablement, j’en appréciais moins la perspective que les autres années. Tout en passant mon nouveau maillot de bain, plutôt sage, je me demandais si ça n’était pas un signe de vieillissement. Je conclus qu’il s’agissait simplement d’un moment de lassitude parce que tous nos invités étaient arrivés en même temps sans me laisser une minute de répit. Et je les connaissais déjà tous très bien.

Pour chasser cette mauvaise impression, il fallait le temps que chacun trouve ses marques et qu’on s’installe dans le rythme immuable des vacances à Quiberon.

D’ailleurs, Grégoire était déjà parti faire ses deux heures de vélo. Il reviendrait en disant que c’était super et que dès la rentrée il irait tourner tous les dimanches matins au bois de Boulogne. Il le disait tous les ans au mois d’août. Après, il n’en parlait plus.

J’avais encore un peu de temps avant que tout le monde soit prêt à descendre et je rêvassais devant ma coiffeuse quand Candice est entrée. Depuis trois mois, je ne pouvais pas empêcher un bref sentiment d’hostilité de me raidir chaque fois qu’elle apparaissait.

C’était pourtant ma meilleure amie, une amie d’enfance, mais j’avais découvert qu’elle était la maîtresse de Grégoire.

Oh ! Je n’attendais pas une grande fidélité de la part de mon mari, il ne me l’avait jamais promise et je savais qu’il ne résistait à aucun jupon. Mais de la part de Candice, j’estimais que c’était une trahison très déloyale.

— Aide-moi ma chérie ! Dis-moi quel maillot tu préfères ? Moi j’y arrive pas…

Elle tendait devant elle ses deux dernières acquisitions et je lui répondis, avec un sourire hypocrite, de les essayer pour que je me fasse une idée.

Bien entendu, elle ne savait pas que j’étais au courant de leur liaison et Grégoire non plus. Je tenais avant tout à garder les apparences sauves avant de décider quelle décision je prendrais, si j’en prenais une.

Elle s’est mise à poil en deux temps trois mouvements et est restée indécise avec ses deux maillots à la main.

Je l’observais attentivement sous mes cils baissés. J’avais beau me forcer pour être impartiale, je ne voyais pas ce que Grégoire lui trouvait de mieux que moi. Elle était jolie, ça ne faisait pas de doute, mais moi aussi et, comble de tout, elle me ressemblait un peu.

Ses cheveux étaient châtains, cuivrés et bouclés, pas noirs et raides comme les miens, mais pour le reste nous avions la même taille et les mêmes mensurations. La même allure générale également.

— Pourquoi tu t’es épilé le sexe comme ça ?

Elle a passé le bout de son doigt sur la mince ligne de poils qui restait sur son pubis.

— Tu vas voir, j’ai pris des strings ultra étroits…

Candice avait toujours tendance à choisir ses maillots de bain trop petits d’une taille ou deux mais ceux de cette année étaient à la limite de l’attentat à la pudeur. Il y avait à peine la place pour y caser trois poils en largeur.

— Ils sont bien tous les deux… seulement tu as l’air d’oublier que Quiberon n’est pas Saint-Trop. Tu vas te faire remarquer…

— Et alors ? Les vacances sont faites pour ça, non ?

 

Elle est sortie de la chambre sans avoir pris de décision. Non, décidément, je ne comprenais pas ce qui avait attiré Grégoire à ce point. D’ordinaire, il choisissait ses maîtresses plus jeunes et délicieusement idiotes. Vingt ou vingt-deux ans au maximum. Candice en avait dix de plus et elle ne parvenait pas à le dissimuler. En outre, elle était loin d’être bête.

Ce changement dans les habitudes de mon mari me tracassait un peu. Je ne m’étais jamais sentie en danger quand il baisait ses jeunes collaboratrices qui bavaient d’admiration devant lui. Il les oubliait aussi rapidement qu’il les avait séduites. Mais avec Candice, c’était une autre paire de manches.

Me revint alors le passage de la lettre que j’avais trouvée dans la poche de son jean avant de le mettre à la machine. Plus exactement le feuillet d’une lettre qui s’était séparé du reste. Je le connaissais encore par cœur tellement il m’avait étonnée : « … ne trouve pas d’autre mot pour te dire ma béatitude quand tu m’as fait l’amour. Jamais aucun homme ne m’avait fait connaître, en me prenant, une telle plénitude. Ça n’était pas seulement ton sexe qui me pénétrait, c’était toi tout entier. J’étais le réceptacle comblé d’une furie de plaisir qui me ravageait sans rémission. Je ne me reconnaissais plus. Pour la première fois de ma vie je comprenais l’expression « perdre la tête » sauf que ça n’était pas ma tête que j’avais perdue. Tu m’as fait jouir je ne sais combien de fois et à la fin je n’avais plus la force de résister à des orgasmes qui m’épuisaient à me faire mourir. Ô Grégoire ! Je veux que tu me baises encore comme pendant la nuit de Biarritz. J’apprendrai à être pour toi une putain exemplaire et j’adorerai ton phallus comme un dieu solaire… »

Le feuillet s’arrêtait là, au milieu d’une phrase intello qui ressemblait bien à Candice. De toute manière, j’avais immédiatement reconnu son écriture. Mais ce qui m’avait plus que tout médusée, c’était l’image qu’elle donnait de Grégoire. Je le voyais mal en amant merveilleux.

Bien sûr, nous étions mariés depuis six ans et l’habitude avait émoussé la passion de nos débuts. Mais même à l’époque où j’étais folle de lui, je n’avais jamais vu en lui un amant tel qu’elle le décrivait. Il baisait de façon agréable, certes, mais il n’était pas le Casanova des temps modernes.

En fait, je posais peut-être mal le problème en me demandant ce que Grégoire trouvait à Candice. C’était plus vraisemblablement elle qui lui trouvait quelque chose qui m’avait échappé. Pas nécessairement sa technique pour faire l’amour mais sa capacité à éveiller une passion par exemple.

Il en était capable et ça pouvait à la longue se révéler plus dangereux pour moi.

J’en étais là de mes réflexions quand Théo est entré sans frapper, comme à son habitude. Et comme à son habitude également il était surexcité et intégralement nu. J’aime bien mon petit frère mais je dois reconnaître qu’il est un peu spécial.

— Dis donc, Annouchkette, on n’attend plus que toi et Amaryse demande si on peut se mettre à poil sur la plage ?

— On peut toujours mais les flics auront vite fait de vous rhabiller. Pourquoi vous n’allez pas sur les plages naturistes ?

— Parce que la nudité ne doit pas être confinée dans des espaces réservés. Elle est l’expression de notre être le plus profond et…

— Passe la main, Théo, tu veux bien… ça fait dix ans que j’entends tes discours et bientôt trente ans que tu m’agites ton petit bout de machin sous le nez…

— Comment ça, mon petit bout de machin ?

Il avait pris une pose théâtrale et un ton offusqué. Mon frère ne peut pas résister au plaisir de faire le pitre. Il a toujours pensé qu’il aurait dû être acteur au lieu d’enseigner la philosophie.

— Ben oui. Quand tu es en forme, je ne sais pas à quoi il ressemble mais tel qu’il est c’est un petit bout de machin. Alors Amaryse et toi, vous êtes gentils et vous mettez des maillots parce que sinon on aura des ennuis.

Théo s’est retourné sans un mot et il est sorti avec majesté. J’ai toujours trouvé que ses petites fesses rebondies avaient beaucoup de classe. J’étais sur le point de descendre pour aller à la plage avec toute la troupe quand Grégoire est arrivé.

Il y a eu des applaudissements, des exclamations diverses, quelques réflexions moqueuses. J’entendais les voix d’Amaryse et de Candice, de Théo et d’Alexis et, couvrant le tout, celle de Grégoire qui se vantait d’avoir fait environ le double de kilomètres que ceux qu’il avait effectivement parcourus.

— Ils sont partis, dit-il en entrant dans la chambre. Je leur ai demandé de ne pas nous attendre, on les rejoindra en amoureux…

Ça, c’était mon mari tout craché. Je savais ce que ça voulait dire. L’exercice l’avait mis en forme et il avait envie de faire l’amour. Ça tombait bien pour une fois. Après l’épisode avec Amaryse et le marivaudage avec Alexis, j’étais moi aussi dans d’excellentes dispositions.

Je l’ai observé alors qu’il revenait de la douche et qu’il se dirigeait vers le lit. Il commençait à s’empâter mais il était encore mince pour ses trente-sept ans et il avait toujours été beau. J’ai commencé à le sucer avant qu’il ait fini de s’allonger.

Sa queue était déjà gonflée mais pas encore raide. Tout en l’aspirant entre mes lèvres je pensais qu’il était inutile que je me pose la question de savoir si j’étais encore amoureuse de lui. Ça n’avait pas de sens. En revanche, je savais que j’aimais le sucer. Je m’y suis consacrée entièrement.

Quelques coups de langue suffirent pour qu’il me présente son meilleur profil. Une colonne de chair parfaitement rectiligne, d’une épaisseur égale tout du long, avec le prépuce qui recouvrait encore les deux tiers du gland. J’adorais la queue de ce salaud et je mouillais rien qu’à le voir bander. Je l’ai grignoté avec délicatesse pour faire descendre le capuchon de peau jusqu’à l’apparition de ma friandise préférée : la grosse prune rouge sombre et brillante de son nœud.

Il me disait souvent que j’étais la meilleure suceuse qu’il ait connue. Dans ses bons jours, il m’appelait « la reine de la pipe ». Je ne savais pas si c’était vrai mais ce jour-là, j’étais décidée à faire honneur à ma réputation. J’éprouvais sans savoir pourquoi une tendresse un peu triste pour lui.

Très vite, ses reins ont dansé leur danse habituelle. J’aspirais doucement ce qui pouvait entrer de sa queue dans ma bouche. Presque les trois quarts en ouvrant bien les mâchoires pour ne pas risquer de le blesser.

Quand j’ai fait frétiller ma langue sur le frein, il s’est mis à geindre de plaisir. Son râle rauque et lancinant m’excitait beaucoup. Quelques gouttes de liquide ­préspermatique ont perlé, donnant à ma salive une saveur salée. Je me suis mise à mouiller : les odeurs et les parfums du corps masculin ont toujours provoqué chez moi une très forte excitation.

— J’ai envie de te baiser en levrette !… Mets-toi à genoux…

J’ai adopté la posture qu’il affectionnait le plus. À quatre pattes, le visage dans l’oreiller, les cuisses très écartées et les fesses levées le plus haut possible. Il a eu la prévenance de me caresser un peu avant de me pénétrer mais dès qu’il s’est rendu compte que ma fente dégoulinait déjà, il y a dirigé la pointe de son membre.

— Je te préviens, je vais pas me retenir très longtemps !

J’avais très envie de jouir moi aussi et j’ai accueilli avec bonheur les grands coups de reins dont il me gratifiait. Sa prescience presque miraculeuse de l’instant où j’allais jouir me remplissait d’admiration depuis toujours.

Une fois de plus, il n’y a pas manqué et il s’est arrangé pour que nos deux orgasmes coïncident.

 

Quand nous sommes arrivés sur la portion de plage de Ker Aude que nous occupions depuis des années, j’ai remarqué le regard noir de Candice sur Grégoire. Elle n’était pas dupe de notre manège et elle se doutait qu’on venait de faire l’amour. Je n’étais pas mécontente de la rendre un peu jalouse. Une femme capable d’écrire au mari de sa meilleure amie : « j’apprendrai à être pour toi une putain exemplaire et j’adorerai ton phallus comme un dieu solaire » devait bien s’attendre à éprouver quelques désagréments de temps à autre. Ne serait-ce qu’à cause de son style boursouflé…

Chacun s’était arrangé au mieux pour la rituelle séance de bronzette. Alexis, réfugié sous un parasol, dévorait une revue de droit international, Grégoire matait en douce les nanas de moins de vingt ans, mon petit frangin laissait brunir ses fesses et Amaryse, le soutif dégrafé et le slip descendu au milieu de la touffe adressait des sourires angéliques aux mères de famille qui la considéraient d’un oeil furibard.

La sonnerie de mon portable me tira d’une douce somnolence.

— Allô oui ? Jean-René ? Il fait beau à Reggio di… d’accord, d’accord, j’écoute…

Jean-René était le directeur littéraire de la maison d’édition où je travaillais comme attachée de presse. Il passait ses vacances dans le sud de l’Italie et un mail du grand patron venait de l’avertir de l’arrivée imminente à Paris de Sergo Ordjonidzé, notre grand coup éditorial de la rentrée.

Il n’avait pas besoin de me faire un dessin pour que je saisisse l’importance de la nouvelle. Sergo Ordjonidzé était un Tchétchène qui combattait les troupes d’occupation russes. Il nous avait fait parvenir des fragments d’un manuscrit sur la situation dans le Caucase et les agissements des occupants. Jean-René en était resté sur le cul.

Le texte s’annonçait comme une véritable bombe. Truffé d’informations inédites et bourré de révélations fracassantes sur ce qui se passait réellement. En totale contradiction avec toutes les thèses officielles et, ce qui ne gâtait rien, avec une incontestable qualité littéraire.

Le grand patron voulait en faire le livre vedette de la rentrée. Et voilà que l’auteur débarquait le lendemain à Roissy sans avoir prévenu personne.

— Alors c’est toi qui le réceptionnes ? demandai-je à Jean-René.

— Justement. Non. Je te téléphone d’une clinique où je suis immobilisé avec la jambe dans le plâtre. Le grand patron est à L.A. Laetitia est injoignable et Pierre-Denis crapahute quelque part dans le bush australien. Il n’y a plus que toi. Il faut que tu sois demain à trois heures à Roissy, un vol en provenance de Bratislava…

— Il ressemble à quoi, le génie des Carpathes ?

— Pas les Carpathes, le Caucase. Et figure-toi que je ne peux pas te dire à quoi il ressemble, personne ne l’a jamais vu.

— Comment je fais pour le reconnaître ?

— Tu te débrouilles. Et tu te débrouilles aussi pour l’installer. C’est une histoire de trois ou quatre jours. Ici, les toubibs disent que je pourrai prendre l’avion à la fin de la semaine. Je m’en occuperai moi-même à ce moment-là…

En un sens, c’était assez agréable de quitter Quiberon pour retourner à Paris. Ça romprait un peu la monotonie des vacances. Grégoire bougonna comme à son habitude et les autres voulurent tout savoir de ce mystérieux combattant de la cause tchétchène que je présentais déjà comme la révélation littéraire de l’année.

Malheureusement, hormis son nom, je n’en connaissais rien. Et j’en connaissais encore moins sur la Tchétchénie. J’étais même incapable de dire où elle se trouvait précisément. Quelque part du côté du Caucase d’après ce que Jean-René avait dit.

Vu le temps qu’ils mirent à la retrouver en consultant la carte de notre Petit Larousse illustré, le soir juste avant le dîner, les autres ne paraissaient guère plus calés que moi.

La seule chose qui me chiffonnait, c’était que Grégoire et Candice allaient avoir tout loisir de s’envoyer en l’air pendant mon absence. J’espérais qu’ils se montreraient assez discrets pour ne pas me couvrir de ridicule.

 

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