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Résumé

Dès son plus jeune âge, Ludivine ne pensait qu’à une chose : s’envoyer en l’air ; filles, garçons, tout lui était bon. On pouvait dire qu’elle avait bien mérité son surnom de « chaudasse. » Mais n’allez pas croire qu’elle était incapable d’amour… Cela se mange à tant de sauces, l’amour…
Après J’ai peur (La Musardine) Le Valet et Le Mange-femmes, Christophe Siébert vous dévoile un nouvel aspect de son talent. Laissez-moi vous dire qu’il n’a pas fini de vous surprendre !

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CHAPITRE PREMIER

Vendredi matin, je me suis encore une fois fait virer du cours d’allemand. Le prof nous insultait à moitié, il nous disait qu’on baignait dans l’enseignement comme des cornichons dans du vinaigre, alors comme je m’ennuyais et que j’en avais marre de l’entendre vociférer, j’ai tenté d’imiter le cornichon. Les bras collés le long du corps, un air idiot sur le visage, je me suis mise à osciller doucement sur ma chaise. J’ai hésité à baver. Il s’est interrompu comme prévu et m’a demandé ce que je faisais. Je lui ai expliqué. Tout le monde s’est marré, évidemment. Ils sont tellement cons, il ne leur faut pas grand-chose. Monsieur Couture, lui, ça ne l’a pas tellement fait rire. Il m’a ordonné d’une voix sèche de lui apporter mon carnet de correspondance et il a marqué un mot pour mes parents, que je devrais faire signer – moi je m’en foutais, j’étais majeure, ma mère n’avait rien à signer du tout, c’est ce que je lui ai dit et, dans la foulée, j’ai signé le carnet devant lui. Il est devenu tout rouge, m’a traitée d’insolente, a jeté le carnet à travers la salle (ça aussi ça a fait rire tout le monde, moi aussi, même si j’ai bien cru me prendre une baffe, ce qu’il n’avait pas intérêt à faire) et m’a crié de prendre mes affaires et d’aller en étude.

Moi, en étude, je n’avais pas tellement envie d’y aller. A la place, j’ai pris la tangente et j’ai été me promener en ville. Non pas que j’aimais vraiment ça, traîner dans les rues minables de cette ville sans intérêt, mais ça valait toujours mieux que de moisir en étude entourée de crétins qui peaufinaient leurs devoirs comme si leur vie en dépendait.

Les salles de classes formaient un U qui entourait la cour sur deux étages. Le dernier côté du rectangle était occupé par le hall d’entrée et l’accueil. Le cours d’allemand se trouvait à l’autre extrémité, à l’étage. Toutes les autres classes m’ont donc vue sortir de la salle, marcher le long de la coursive fatiguée, descendre l’escalier métallique à grand bruit – il fallait bien que je fasse mon petit spectacle de lycéenne en colère –, traverser la cour déserte et entrer dans le hall. Jordan m’a adressé un petit signe discret. J’ai fait mine de ne pas le remarquer. Jordan était bon élève ; ce petit signe, pour lui, c’était un geste de violente rébellion. J’étais sûre qu’en ce moment même il était tout rouge, et peut-être en érection. Je suis passée devant la pionne qui gardait l’accueil, elle s’est levée pour me dire un truc mais j’avais déjà poussé la lourde porte. Elle n’avait rien à me dire de toute façon. Ce genre de scène se produisait une ou deux fois par semaine depuis que j’étais majeure, c’est-à-dire depuis octobre dernier, et on était en avril. Leur seule possibilité aurait été de me virer, mais on ne vire pas une élève de terminale à deux mois du bac. C’était trop tard. Il valait mieux pour eux fermer les yeux et attendre que je disparaisse à la fac. C’était peu dire qu’ils espéraient tous que j’aie mon bac !

La lourde porte s’est refermée derrière moi en produisant un claquement sourd. Le lycée donnait sur un boulevard de l’autre côté duquel se trouvait l’école primaire. Quand je suis sortie, en face, c’était l’heure de la récréation. Le brouhaha des enfants parvenait jusqu’à moi, suraigu et pénible. Je me suis éloignée en direction du centre. Il n’y avait pas de circulation à part un ou deux poids lourds. Il n’y avait personne dans les rues. Juste quelques vieilles qui faisaient leurs courses en traînant leur cabas d’un magasin à l’autre et en bavardant comme des pies. Quand je passais près d’elles, elles me regardaient de travers. Elles n’aimaient pas la façon dont j’étais habillée. Elles se connaissaient toutes, elles parlaient de moi après que je sois passée, elles croyaient que je n’entendais pas. Elles trouvaient que je ressemblais à une pute. J’avais un chapeau, je trouvais ça sexe de porter un chapeau de feutre, le genre qu’on trouve sur le crâne du détective dans les vieux films. J’avais une veste rouge qui tombait à la moitié de ma jupe et une jupe assortie qui m’arrivait à mi-cuisse. Des bas résilles gainaient mes jambes. Mes cheveux bruns étaient coupés au carré, avec une frange sur le front. Le tour des yeux cernés d’un trait de khôl, les lèvres rehaussées de rouge. Je me fabriquais un regard vaporeux et une allure de salope pour emballer les mecs. Il n’y avait que ça à faire ici, emballer les mecs, pour tromper l’ennui. Je n’étais pas si salope que ça, enfin j’aimais baiser mais pas plus que tout un chacun. De toute façon, ici, les mecs n’étaient pas terribles. Des lycéens de dix-sept ou dix-huit ans, impatients, qui jouissaient toujours trop tôt, qui léchaient toujours trop vite, qui n’avaient qu’une idée en tête : se faire sucer. Leur trip ultime, leur fantasme numéro un, c’était ça : fourrer leur bite dans une bouche accueillante (et la mienne l’était) et cracher leur foutre sur un beau visage aux yeux amoureux. Quand c’était le moment, je savais rendre mes yeux humides de bonheur. Je simulais bien. Je m’emmerdais un peu en baisant, mais je ne m’emmerdais pas autant que si je n’avais pas baisé.

Un léger crachin s’était mis à tomber.

Je marchais dans les rues sans nulle part où aller. Je ne voulais pas retourner à la maison, je n’avais rien à y faire.

J’étais sur la place centrale, c’était jour de marché. Les vieilles, les vieux, quelques mères de famille bourgeoises, remplissaient leurs sacs et leurs paniers à provision. Il était presque onze heures. Les cafés qui bordaient la place étaient presque vides. Il n’y avait aucun jeune. J’ai traîné un moment sur le marché, d’un étal à l’autre. Ca sentait le fromage, la viande, la charcuterie, le pain. Ca sentait aussi beaucoup le parfum de vieille, le fond de teint et la laque. Et parfois enfin la crotte de chien.

Le ciel était gris, bas et lourd. La pluie n’allait pas tarder. Le nord de la France, c’est vraiment pourri. Moi ce que je voulais, c’était vivre dans le Sud, dans une ville où on ne peut pas regarder le ciel sans plisser les yeux. Ici, à midi, on peut regarder le soleil en face sans se brûler.

Je suis entrée dans un bistrot, le premier sur ma route. C’était un bar-tabac. Ca sentait le café et les cacahuètes. Au comptoir, il y avait deux ou trois vieux qui bavardaient et, dans la salle, quelques chômeurs qui grattaient tristement des Millionnaires. Je me suis installée seule à une table, loin de celles qui étaient occupées. J’ai commandé un chocolat et sorti un bouquin d’Histoire de mon sac et un bloc-notes. Pas pour bosser, sûrement pas, mais pour me donner une contenance. Je les connaissais, les chômeurs, ici, et même les retraités d’ailleurs. Toujours à l’affût de chair fraîche, d’une minette à draguer. Mais non merci. J’ai bu mon café, les minutes passaient.

Mes règles se sont déclenchées à ce moment-là. C’était prévu, elles devaient arriver ces jours-ci, j’avais ce qu’il fallait dans mon sac. Je me suis éclipsée aux toilettes un court moment, le temps de m’enfiler un tampon. En sortant, je me suis aperçue que j’avais oublié de pousser le loquet. J’ai éprouvé un léger sentiment de honte en revenant m’asseoir à ma table, ainsi qu’un vague regret, comme si j’aurais bien aimé, au fond, me faire surprendre dans cette position peu avantageuse. J’ai terminé mon café et j’ai cessé d’y penser.

Mon bas-ventre me faisait mal. Mes règles étaient rarement douloureuses, mais, cette fois-ci, je dégustais. Je n’avais pas de cachet sur moi ; tout à l’heure, à MacDo, je pourrais sûrement en prendre un à une copine mais, pour cela, il fallait tenir jusqu’à midi. J’ai repris un café et, après l’avoir bu rapidement, j’ai quitté le bistrot. Il pleuvait, comme prévu. Les vieilles avaient sorti leur espèce de capote, je ne sais pas comment ça s’appelle, ces carrés de plastique transparent qu’elles se mettent sur la tête quand il pleut. Elles l’avaient toutes et on voyait à travers, déformés par la pluie, les reflets mauve ou acajou de leurs permanentes défraîchies. J’ai appelé un copain, un type plus vieux que moi, qui était au lycée technique. Coup de bol, il était chez lui et il avait du shit. Je lui ai proposé de passer, il a dit oui. Au moins, ça me permettrait de passer le temps jusqu’à midi. Nous étions sortis ensemble il y a un an ou deux, et nous continuions à baiser régulièrement – spécialement lorsqu’il avait de quoi fumer. En arrivant, je lui ai dit que j’avais mes règles, il m’a répondu que ça n’était pas grave. Son œil s’est éclairé. Il avait le même fantasme que tous les autres, et ça n’a pas manqué. Je l’ai sucé et j’ai reçu son sperme sur le visage. C’est lui qui s’est branlé à la fin, tandis que je flattais ses couilles avec la paume de ma main. Une fois le pétard terminé, il ne pleuvait plus. Grâce au shit, j’avais un peu moins mal mais je savais que l’effet anesthésiant ne durerait pas. Frank m’a proposé de rester mais j’ai préféré aller à MacDo et retrouver les autres. J’ai fait le trajet à pieds, en me tenant à l’écart des boulevards pour ne pas risquer de croiser ma mère. Elle rentrait à la maison tous les midis.

Ma mère était instit. Mon père s’était barré alors qu’elle était enceinte et on n’en a plus jamais entendu parler. Il ne me manque pas. Quand j’avais quinze ans, j’ai essayé de le retrouver. J’ai entamé des recherches sur Internet, j’ai écrit à des organismes, j’ai même pris contact avec un détective privé. Je n’avais pas les moyens de payer ce qu’il demandait, alors je lui ai proposé un arrangement en nature. J’étais pucelle à l’époque et je trouvais que c’était une manière très romantique de devenir une femme. Par chance, il a accepté. C’était un gentil garçon, tendre, pas du tout l’image de dur à cuire qu’il essayait de projeter. Il m’a baisée avec délicatesse et prévenance. J’aurais pu tomber plus mal. J’ai même joui. Il me limait en levrette contre son bureau, sans capote, alors il s’est fini dans ma bouche. C’était la première fois que je goûtais du sperme. L’enquête, par contre, n’a jamais décollé. J’ai cessé de le voir au bout de la troisième fois. Mon père, en réalité, je me rendais compte que je m’en fichais, ça n’était qu’un caprice, mais j’étais contente de cette expérience. C’est depuis ce jour que je m’intéresse aux garçons et que je les dévore les uns après les autres. Des fois, je me vois comme le cyclope dans Ulysse, qui bouffe tous les navigateurs égarés. Et d’ailleurs, comme lui, il y a un navigateur qui me nargue et que je n’ai jamais goûté. Philippe. Je l’aime, celui-là. Je suis amoureuse de lui mais lui, il est avec une autre nana. Je le harcèle, textos, MMS, lettres, e-mails, il doit connaître ma chatte par cœur même s’il ne l’a jamais vue en vrai. Il ne répond jamais. Ca me rend triste. Je pense souvent à lui, y compris quand d’autres types me sautent. Mais lui ne pense sans doute jamais à moi. Il vit le grand amour avec sa connasse, je ne fais pas partie du tableau.

Je réfléchissais à tout ça, et aussi à ma mère, en marchant sous la pluie. Je ne faisais plus attention au décor, ni à la pluie qui s’accumulait sur le bord de mon chapeau et dégoulinait devant mes yeux. Je pensais à la tristesse de ma mère, qui ne trouvait personne, qui ne baisait pas, et qui se désespérait de moi. Elle aurait voulu que je sois prof comme elle. Elle gardait encore espoir. L’année prochaine, si tout allait bien, je serais en fac de lettres. J’avais choisi cette filière par passivité. Ca faisait plaisir à ma mère, ça semblait plus facile que le reste. La seule chose qui importait, c’était que la fac soit loin, dans une autre ville, dans le Sud. Le reste n’était pas essentiel. Les horaires, les cours, les débouchés, tout ça me passait au-dessus de la tête. De toute façon, j’arriverais toujours à me débrouiller.

Quand je suis arrivée au fast-food, tous les autres étaient déjà là. J’ai été accueillie en héroïne. Ils étaient ravis de ma petite sortie, même si après ça Couture était tellement énervé qu’il leur avait collé un devoir à rendre pour la semaine prochaine, deux textes de quinze lignes à traduire, la poisse, et, rien que pour moi, quelques phrases supplémentaires à analyser. Il savait que je ne faisais pas les devoirs qu’il me donnait, de toute façon j’avais zéro de moyenne, je ne comprenais pas son obstination. Jordan était avec eux. Ca aussi, c’était la poisse. Avec ma douleur des règles qui revenait, c’était la dernière personne que j’avais envie de voir. J’ai essayé de l’esquiver mais nous nous sommes évidemment retrouvés l’un en face de l’autre.

Il me regardait avec son air de chien battu, à la fois content et triste ; j’avais déjà envie de l’envoyer au diable alors qu’il n’avait pas prononcé un seul mot. Les autres planifiaient une fête pour samedi. Jordan m’expliquait qu’il m’avait fait signe ce matin quand j’avais traversé la cour ; je n’avais pas envie d’être gentille alors je lui ai répondu que je le savais, que je l’avais vu, que je n’étais pas aveugle. Il s’est rembruni et concentré sur ses frites. Il a rougi. Je ne mangeais pas, je n’avais pas faim. Je bavardais avec les autres et je l’ignorais avec ostentation. Au bout d’un moment, il est revenu à la charge, me demandant cette fois pourquoi je ne mangeais pas, en ajoutant qu’il me trouvait un air triste. Est-ce que quelque chose n’allait pas ? « J’ai mes règles », j’ai répondu sèchement. Ma copine Lucie, qui avait entendu ma dernière réplique, pouffa dans son Coca. Jordan me regardait, interdit. Je n’avais plus envie de voir personne, ils me faisaient désormais tous chier, spécialement lui. Je me suis levée, Jordan aussi. J’ai annoncé que je rentrais chez moi dormir un peu, on se verrait ce soir à la Taverne. Jordan m’a pris les mains, je me suis dégagée, j’ai accéléré le pas jusqu’à la sortie en contournant le panneau « attention sol glissant » ; Jordan a glissé. Sa tête est devenue ridicule un instant et puis normale l’instant d’après, c’est-à-dire un peu moins ridicule. Dehors, il a tenté de m’embrasser. J’ai coupé court, un léger smack, on s’est dit « à ce soir », il m’a dit qu’il m’aimait et je n’ai pas répondu. J’aurais dû le larguer là, tout de suite. Ca aurait été bien mieux. J’ai manqué de courage, comme à chaque fois.

J’ai marché sans me presser jusqu’à la maison. Ma colère retombait un peu. En fait, j’avais hâte d’être à ce soir, me bourrer la gueule, danser, sortir avec des mecs. Un vent frais chassait la mauvaise odeur de la ville. Les rues étaient un peu plus remplies. Les gens retournaient travailler, ils faisaient la gueule. Les clochards se foutaient d’eux. C’étaient des clochards de la vieille école, trois pulls l’un sur l’autre, des chaussures qui montraient les dents, une peau burinée par trente hivers passés dehors, rougie par les hectolitres de gros rouge.

Mes ovaires me lançaient un peu moins. J’ai reçu un SMS de Jordan, une niaiserie romantique à laquelle je n’ai pas répondu.

Une fois à la maison, j’ai écrit à Philippe. Je lui ai raconté brièvement l’anecdote du cours d’allemand, je lui ai parlé de ma chatte qui avait envie de sa queue, j’ai pris une photo de mes seins. J’avais de beaux seins larges et laiteux, souples, avec des mamelons clairs. Je lui ai envoyé tout ça. Il n’a pas répondu, évidemment. J’ai dormi.

Ma mère est rentrée vers dix-huit heures, l’air crevé. Elle m’a embrassée puis est allée dans la cuisine, où elle a bu un whisky Coca avant de préparer le repas du soir. Je suis remontée dans ma chambre. Je suis restée au téléphone avec Lucie jusqu’au dîner, que nous avons mangé en silence, ma mère et moi. Nous n’avions rien à nous dire, c’était la télé qui faisait la conversation. Moi, je ne l’entendais même plus. J’y étais trop habituée pour y prêter attention et, de toute façon, la télé ça ne me branchait pas. Toujours les mêmes conneries, toujours les mêmes fadaises. Je faisais face à l’écran et ma mère était de côté. Nous n’avions jamais changé de place, l’arrangement datait de mon enfance. A cette époque, la télé, c’était important pour moi. Maintenant, je suis toujours en face mais je ne la regarde pas tandis que ma mère se dévisse la tête pour ne rien rater du journal télévisé. Nous pourrions intervertir mais je crois que nous n’osons pas. C’est tellement distendu, déjà, entre nous, alors admettre que nous devrions nous réorganiser en fonction de la télé, ça serait un constat d’échec terrible. En plus, je connaissais ma mère : elle n’aurait jamais admis qu’elle regardait la télé au repas du soir. La télé était allumée pour moi, ou à cause de moi – c’est-à-dire parce que je ne parlais pas –, mais certainement pas en fonction de son envie à elle. Elle, elle était au-dessus de tout ça. La télé, c’était vulgaire, c’était pour les gens vulgaires, ou alors Arte, ou alors certains documentaires animaliers.

Après le repas, je me suis préparée. Ma mère me demanda, rituellement, ce que je comptais faire ce soir, et je lui ai répondu la même chose que d’habitude : sortir avec les potes. Alors que j’étais dans la salle de bain, je l’entendais débarrasser. Quand je terminais de m’habiller (manteau noir de chez Jennyfer, bottes montantes qui épousaient le galbe de mes mollets et fermée par un Zip très excitant), je l’ai entendue s’affaler sur le canapé. Quand j’ai été l’embrasser pour lui dire au revoir, la télé était encore allumée mais il y avait un livre à côté d’elle. Je lui ai demandé à mon tour, rituellement moi aussi, quel était son programme pour ce soir, elle m’a répondu qu’elle était épuisée, qu’elle allait juste lire quelques pages et aller se coucher. Je suis sortie. Je savais très bien qu’en rentrant, j’avais une chance sur deux de la retrouver à la même place, la télé encore allumée, le livre fermé à la même page, et un dernier whisky Coca à moitié bu posé sur la table basse.

 

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