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Résumé

Après quinze ans de mariage, Henri et Anne atteignent la quarantaine. Et le moins qu?on puisse dire, c?est que ce n?est pas la joie. Henri exerce un petit boulot d?agent d?entretien dans un collège, et sa femme, infirmière, le méprise pour ça ; de plus, elle se montre rigoureusement frigide. Heureusement, l?horizon de la grisaille quotidienne s?éclaircit pour notre homme. Coup sur coup, diverses rencontres vont mettre un peu d?animation dans sa vie sexuelle… Un roman qui aurait pu s?intituler :  » Les Bouchées doubles « , ou encore :  » Vive les épouses frigides, le monde appartient à leurs maris frustrés !  » Inutile de présenter Frédéric Mancini, un des plus féconds auteurs de romans érotiques post-modernes ; dans celui-ci, à son habitude, il s?est inspiré des confidences d?un de ses amis ; et il a laissé aller sa plume au gré de sa verve…

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CHAPITRE PREMIER

On arrivait à la fin du mois d’août. Le temps se rafraîchissait. Partis de Fontainebleau, Henri et Annie roulaient en direction du Sud-Ouest. C’est elle qui conduisait. Henri possédait son permis, mais n’avait jamais su tenir un volant. À un moment, il lui posa sa main sur la cuisse. Elle le repoussa. Il songea que, quinze ans plus tôt, elle aurait été enchantée.

Pendant la longue route ponctuée d’arrêts le long de l’autoroute, pour uriner, boire un café, fumer une cigarette, manger un morceau sur des aires impersonnelles, Henri réfléchissait. Il venait enfin d’obtenir sa mutation. Il exerçait le métier d’agent de service dans la fonction publique. Sa femme, ces derniers temps, lui jetait sans cesse au visage son manque d’ambition. Il avait entamé une première année de médecine, jadis – et voilà qu’il se retrouvait à laver à grande eau des sols dans des établissements scolaires.

Il aurait pu répondre à son épouse qu’après tout, infirmière, ce n’était pas forcément mieux. Elle aussi aurait dû s’efforcer de devenir médecin…

Cette année, Henri était enfin rattaché à l’académie de Toulouse ; Annie, elle, prendrait son nouveau poste à l’hôpital voisin de leur futur domicile. Le point noir, c’est qu’il faudrait cohabiter avec le beau-père qui n’avait pas bon caractère.

Henri observait Annie du coin de l’œil. Elle avait trente-neuf ans, un an de moins que lui. Il se sentait encore amoureux d’elle, malgré son éternelle froideur… Vers trois heures de l’après-midi, en approchant de Bordeaux, elle ralentit, s’engagea sur une aire déserte.

— Tu m’accompagnes aux toilettes ? Je n’aime pas aller seule dans ce genre d’endroit.

Il objecta qu’elle ne risquait pas grand-chose, les lieux étant déserts. Elle rétorqua que c’est justement quand il n’y a personne que le risque de mauvaise rencontre est le plus à craindre.

Il sentit le désir monter en lui au moment où ils se retrouvèrent dans les toilettes-dames. Il n’y avait personne, l’endroit était propre.

Plaqué contre la porte, il l’écouta pisser. Quand le bruit d’écoulement cessa, ce fut plus fort que lui, il pénétra dans la cabine.

Se collant à elle, il chercha sa bouche, lui posa les mains sur les seins, les déplaça vers les hanches. Elle le repoussa avec humeur :

— Qu’est-ce qui te prend ?

— J’ai envie de toi… Depuis combien de temps on ne l’a pas fait ?

— J’ai pas envie.

En même temps, elle tendait la main vers son pantalon. Ce n’était pas le geste de la femme qui a remarqué le désir de l’homme et veut y répondre, mais celui de l’épouse qui juge et qui humilie. Il aurait dû s’éloigner. Mais le désir lui tordait le ventre. Annie l’avait compris. Elle voulait juste le soulager – pour se débarrasser de lui.

Elle fouillait les vêtements à la recherche de la queue. Cela faisait combien de jours, de semaines, qu’elle n’avait eu ce geste pour lui ? Quand s’était-elle faite belle pour lui plaire la dernière fois ? C’est toujours lui qui quémandait. Elle était devenue une créature asexuée.

Elle tenait la queue dans sa main. La moue sur ses lèvres indiquait qu’elle faisait ça à contrecœur. À la limite, il aurait préféré y lire du dégoût ; ça aurait cassé son excitation.

Elle parut surprise de trouver le sexe aussi raide. Cela fit naître en lui un vague espoir : elle allait enfin comprendre qu’il avait envie d’elle. Mais bien vite, elle se retrancha dans une attitude d’infirmière. Ce qui était mort entre eux était bien mort…

Elle le masturbait d’un mouvement précis. Elle était attentive à ce qu’elle faisait, comme à l’hôpital, quand elle plaçait un pansement. Sauf qu’elle jetait parfois un regard alentour comme si elle craignait que quelqu’un survienne. Lui, elle évitait de le regarder.

C’était bon, même comme ça. Henri ne chercha pas à retarder sa jouissance. Il lui cracha son sperme dans la paume qu’elle présentait ouverte comme un plateau.

Ils roulèrent jusqu’à Pamios, sans échanger un mot. Elle lui avait fourni l’occasion de se vider. Mais cela n’avait pas calmé son désir pour autant. Ça l’avait plutôt mis en appétit. Il lorgnait ses cuisses. Pour être plus à l’aise, sur la deuxième partie du trajet, elle avait défait les boutons de sa jupe. Il apercevait, quand elle bougeait pour mieux se caler sur le siège, le blanc du slip qui couvrait sa motte. À un moment, il faillit lui demander de se garer sur une aire, de venir sur lui. Il s’imaginait en train d’écarter le slip, de se planter…

La sensation fut si intolérable qu’il dut enfoncer ses ongles dans le tissu de son pantalon…

 

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