CINE A MATEURS

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RAZAT Claude

BrigandineMedia 1000


polar



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Résumé

— Te laisser partir ? Tu plaisantes, grosse putain puante ! La farce ne fait que commencer !

À nouveau la caméra ronronna. Il revint vers elle, une cravache à la main.

— Tu vas payer tes immondes péchés par la souffrance, gueuse ! Je vais faire partir le démon de la lubricité de ta carcasse de chienne en rut !

Il la cingla au visage, puis aux seins, au ventre, la zébrant de rouge. Elle hurlait.

— Gueuse, se réjouit-il, vas-y ! Personne ne peut t’entendre et j’aime ça !

Il lui frappa les cuisses, lacérant les bas. Elle se raidit, essayant de résister à la douleur.

— Allons, s’impatienta Sidoine, gueule ! Je veux t’entendre hurler, femelle !

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L’homme regarda sa montre. Déjà cinq heures du matin. Il eut un frisson. Dehors, la nuit devait être glaciale. Il était épuisé. Il croqua une dragée de Kola Astier (antineurasthénique, régulateur du cœur, excitant du système musculaire, en vente libre dans toutes les pharmacies) et éteignit la lumière.

Dans l’obscurité, il ouvrit la dernière des quatre boîtes d’Ektachrome 16 mm inversible et, à tâtons, engagea les trente mètres de film dans la spirale de la cuve de développement.

La préparation pour le premier bain de révélateur était dans une petite bonbonne de plastique, qu’il se rappelait avoir posée à sa droite, sur la tablette. Il la prit, en versa le contenu dans la cuve et, dès que ce fut fait, se rendit compte de son erreur. La fatigue et l’énervement lui faisaient faire des conneries. Il venait de verser le révélateur chromogène, celui qu’on n’utilise qu’après le bain de blanchiment et la pause d’inversion.

Il étouffa un juron et, sans perdre une seconde, remit à l’aide d’un entonnoir le liquide dans son récipient. Il lui substitua le premier bain, espérant qu’il n’aurait pas eu le temps de faire effet. Il ignorait à peu près tout de la technique de laboratoire et ne savait pas quelles pouvaient être les conséquences de son erreur.

Le reste de l’opération se déroula sans incident et, quand il ralluma en mettant le film à sécher dans la soufflerie, il n’osa pas regarder si l’image avait souffert. Il verrait cela à la projection.

Il installa l’écran et l’appareil, colla bout à bout les trois premières bobines. Il enlèverait les amorces plus tard.

La dernière bobine étant sèche, il la scotcha à la suite des autres en évitant toujours, par une sorte de superstition, de la vérifier. Puis, en commençant par la fin, il enroula le film sur une bobine unique qu’il mit sur le projecteur.

Il s’aperçut que ses mains tremblaient et prit le temps de se verser un verre de scotch, qu’il but d’un trait avec une grimace. Sans glace, l’alcool lui brûlait l’estomac. Il se sentit pourtant mieux.

– On peut y aller, murmura-t-il pour lui-même.

Il éteignit, lança le projecteur.

Les premières images étaient terriblement floues et, avant de s’asseoir, il fit le point. Il n’était pas très adroit et ne parvint pas à obtenir une netteté totale. Peut-être le léger flou qui subsistait venait-il simplement de la prise de vue. Il renonça à faire mieux et concentra son attention sur l’écran.

On voyait en gros plan un portrait de Karl Marx, auquel succéda celui de Mao puis celui de Che Guevara. La caméra avait été tenue à la main par un amateur. Cela donnait une image tremblotante.

Il y eut ensuite un plan général, pris avec la caméra sur pied. Les portraits de Marx, de Mao et de Guevara étaient des posters fixés, en guise de décor, sur un mur devant lequel une fille se dandinait. C’était une fausse blonde assez vulgaire et trop dodue, genre poufiasse, qui devait avoir une vingtaine d’années. Elle regardait du côté de la caméra, paraissant écouter quelqu’un. Elle eut un petit rire et ses lèvres bougèrent. Le film n’était sonorisé d’aucune manière et l’on n’entendait, dans la pièce, que le ronron du projecteur, mais on devinait aisément qu’elle disait : « D’accord ! » ou quelque chose comme ça.

La fille commença à se déshabiller. Quand elle eut enlevé son pull, sous lequel elle était nue, il y eut un effet de zoom, hésitant et raté, saccadé, pour cadrer en gros plan sa poitrine. Obéissant sans doute à un ordre qu’on lui donnait, la fille se tourna légèrement pour être bien face à la caméra et se malaxa les seins. Puis il y eut un zoom arrière, aussi malhabile que le précédent, et l’image revint en plan général pendant que la fille dégrafait sa jupe.

Elle était en slip noir et en porte-jarretelles noir, avec des bas noirs et des escarpins noirs. Elle porta la main au porte-jarretelles pour le défaire mais s’interrompit, levant la tête vers la caméra. Elle rit à nouveau, fit un « oui » qui se lisait sur ses lèvres et descendit le slip sur ses cuisses, par-dessus le porte-jarretelles qu’elle conserva. Elle fit tournoyer le slip au-dessus de sa tête et le lança vers la caméra en riant encore, après quoi elle attendit, les bras ballants, l’air stupide.

Un zoom avant vers son pubis, mal cadré, révéla plusieurs gros boutons qu’elle avait sur l’aine, rougeâtres et peu ragoûtants. Il y eut un faux raccord et l’entrejambe de la fille parut sur l’écran, filmé de très près, caméra à la main. Le plan était légèrement plus flou encore que les précédents. Démesurément agrandie par la projection et éclairée trop crûment, la fente du sexe était singulièrement peu excitante. Les petites lèvres étaient violacées, les couleurs de la pellicule ayant été malmenées par le développement rudimentaire, et rappelaient un morceau de viande resté longtemps à l’étal d’une boucherie. Un doigt, dont l’ongle était agressivement verni de rouge vermillon, entra dans le champ par le haut de l’écran, s’insinua entre les replis, s’enfonça dans le vagin d’où il ressortit luisant d’humidité, gagna le clitoris qu’il se mit à caresser. Il n’était nul besoin de voir le visage de la fille pour deviner son total manque de conviction : elle se masturbait mécaniquement, sans le moindre abandon ni le moindre plaisir, et cela se sentait à la façon dont elle manœuvrait son bouton.

L’image repassa brusquement, sans raison, en plan général. La caméra avait seulement été rapprochée, dans un axe un peu différent de celui de tout à l’heure. La fille se caressait toujours mais, nouveau faux raccord, était désormais assise sur une chaise. Consciencieusement, elle fermait les yeux et rejetait la tête en arrière pour simuler la volupté, mais en vain.

Elle s’arrêta et, redevenue parfaitement inexpressive, attendit de nouvelles instructions en regardant du côté de la caméra. De dos, quelqu’un entra dans le champ. C’était de toute évidence l’opérateur, qui laissait sa caméra tourner seule. Il était vêtu d’une combinaison de motard, en cuir noir, et ses mains étaient gantées. Lorsqu’il se retourna, on put constater qu’il portait une cagoule, de cuir également. Il tenait un rouleau de cordelette, avec laquelle il entreprit de lier les poignets de la fille. Celle-ci les lui tendait obligeamment. Il était visible qu’elle se retenait pour ne pas éclater de rire et toute la scène avait un côté dérisoire, ridicule et minable.

Le cagoulard lui lia aussi les chevilles, puis la ficela sur la chaise. Sans doute dut-il serrer un peu trop fort, car elle fit une grimace et lui dit quelque chose. Il ne parut pas s’en soucier et elle gonfla ses joues en secouant la tête, comme font les enfants lorsqu’on les ennuie.

Quand elle fut attachée, il se releva et, dos à la caméra, fourragea dans son pantalon. Campé devant elle, il la prit par la nuque et lui plaqua le visage contre son bas-ventre. La fellation, qu’on devinait sans la voir, dura une dizaine de secondes puis l’écran devint opaque. C’était l’amorce marquant la fin de la première bobine.

Sur les premières images qui réapparurent, les poignets liés de la fille étaient montrés en gros plan, puis ce furent ses chevilles. La caméra reprenait ensuite place sur son pied, au même endroit que précédemment, et le cagoulard revint après l’avoir mise en route. La position de la chaise avait été, par rapport à l’appareil de prises de vue, modifiée de manière à rendre bien visible le sexe de la fille, qui était attachée avec les genoux très écartés et immobilisés. Le cagoulard était muni d’un godemiché d’imposant calibre. Il le brandit devant le visage de la fille, qui eut instinctivement un mouvement de recul et rejeta la tête en arrière, mais il le rapprocha de ses lèvres et le lui mit de force dans la bouche.

La caméra était trop éloignée pour qu’on pût distinguer l’expression de ses yeux, d’autant que l’image était toujours un peu floue et que les couleurs « dégueulaient » horriblement, voilant régulièrement la pellicule de traînées tantôt rouges et tantôt pisseuses ; mais elle devait pleurer, car le maquillage de ses yeux se mit à ruisseler sur ses joues. Comme elle secouait follement la tête pour tenter de recracher l’olibos, le cagoulard la prit par les cheveux, l’immobilisant, et le lui enfonça profondément dans la gorge. Elle devint très rouge et, s’étranglant, fut secouée de nausées.

Il lui retira enfin l’engin de la bouche. Elle haletait. Quand elle eut repris souffle, elle se mit à parler et, à en juger par son animation, sans doute même criait-elle, engueulant véhémentement son bourreau.

Si tel était le cas, celui-ci n’en avait cure. Il était passé derrière elle et, se penchant, il présenta le godemiché à l’entrée de son vagin. Il l’y enfourna d’un seul coup vif, jusqu’à la garde. La fille dut avoir mal et hurla.

Le cagoulard revint vers la caméra et, sans l’arrêter ni la déplacer, zooma pour avoir en gros plan le visage sur lequel coulaient des larmes. Puis la fille eut une secousse, comme si on lui tirait violemment les cheveux en arrière, et on les lui tirait apparemment, et elle hurla encore.

Dans le silence de ce hurlement muet, qu’accompagnait seul le bourdonnement monotone du projecteur, l’homme qui visionnait le film eut un rire. Il s’amusait beaucoup et trouvait le programme à son goût. Il n’était même plus inquiet au sujet de la dernière bobine ; passionné par le film, il avait totalement oublié l’incident de tout à l’heure.

Le cadrage revint en plan général, légèrement plus resserré qu’au préalable, et le cagoulard refit irruption sur l’écran.

Il manipula longuement l’olibos, le faisant entrer et sortir du vagin selon des cadences variées. La fille, le regard dur, ne bronchait plus. Cela dura près de deux interminables minutes, mais l’homme qui regardait le film ne donna aucun signe de lassitude. Il se penchait en avant vers l’écran qui le fascinait et, le souffle court, ne perdait pas une miette du spectacle.

Pendant que passait devant l’objectif l’amorce séparant la seconde bobine de la troisième, il eut un « ah ! » à la fois impatient et ravi et, ouvrant son pantalon, en sortit sa verge. Il n’était pas vraiment en érection mais se mit néanmoins à se caresser, les yeux rivés sur l’écran.

Profitant de ce qu’il avait dû recharger la caméra, le cagoulard l’avait déplacée de quelques dizaines de centimètres. La fille était maintenant cadrée de trois quarts, en plan relativement rapproché mais qui la laissait voir tout entière. La bobine ne comportait qu’un seul plan fixe.

Le cagoulard, cette fois, apparut avec une cravache. La fille protestait énergiquement, remuant la tête en tous sens et parlant, si l’on en croyait les mouvements de ses lèvres, beaucoup et très vite. Cela aussi fit rire le spectateur unique du film, et il s’enfonça dans son siège pour jouir plus confortablement de la suite des évènements.

La fille regarda avec terreur la cravache se lever, brandie au-dessus d’elle. La lanière s’abattit brusquement dans le vide, surprenant la malheureuse qui, d’instinct, avait baissé la tête et rentré son cou dans les épaules pour se protéger.

Elle leva les yeux vers le cagoulard, hébétée, reprenant espoir : peut-être s’agissait-il, après tout, d’une mauvaise plaisanterie et de rien d’autre. Imagina-t-elle que les choses allaient en rester là et que son tourmenteur allait la libérer ? Elle se remit à pleurer et, secouée de sanglots nerveux, essaya de sourire – et son sourire était de ceux qui demandent grâce, humblement.

Les larmes l’empêchèrent vraisemblablement de voir venir le coup, car elle ne fit rien, cette fois, pour tenter de le parer. La lanière lui cingla le visage. Sa bouche s’ouvrit pour un hurlement fou. Et c’était, cette fille qui hurlait et qui hurlait sur l’écran sans qu’on entendît un son, quelque chose d’atroce et d’hallucinant, quelque chose qui, pourtant, n’arracha qu’un grognement de satisfaction à l’homme qui, de plus en plus excité, regardait cela dans la solitude d’une chambre miteuse transformée en laboratoire improvisé.

Une marque rouge barra bientôt le visage de la fille d’une pommette à la base de l’autre joue, laissant un sillon plus profond sur le nez.

La cravache s’abattit pour la deuxième fois et cueillit son sein droit qui, presque immédiatement, se zébra à son tour. Déjà, la lanière lui frappait les cuisses, puis le ventre. Le cagoulard se déchaîna et les coups se mirent à pleuvoir dru, avec une imprévisible et terrible précision, sur tous les endroits où la peau est particulièrement vulnérable et sensible.

La fille ne pouvait rien faire pour y échapper. Elle secouait vainement la tête, hystériquement, et ses cheveux volaient. Chaque coup lui arrachait un cri et son visage se tordait convulsivement sous la douleur.

Son corps était strié de pourpre. Un coup plus violent lui déchira la peau sur un mamelon et du sang perla.

L’homme qui regardait l’écran se masturbait frénétiquement.

La flagellation ne prit fin que lorsque le chargeur de la caméra fut épuisé et que défila l’amorce annonçant la dernière bobine.

L’homme continua à se masturber en attendant la suite et, glissant la main gauche dans la poche de son pantalon, il y caressa le couteau à cran d’arrêt qui, replié, s’y trouvait. Il émit une sorte de gloussement rappelant celui d’un fin gourmet qui, les hors-d’œuvre terminés, s’apprête à savourer le plat de résistance dont il sent déjà le fumet.

Tout de suite après l’amorce, du rouge apparut sur l’écran. Du rouge sale, inégalement réparti sur toute la surface de l’image en coulées plus ou moins sombres qui composaient un étrange ballet abstrait.

L’homme se leva, abasourdi. Une désagréable impression de vide lui vrilla les entrailles.

Subitement, il se rappela son erreur pendant le développement et comprit tout. La confusion entre les deux bains successifs de révélateurs avait été fatale ; il n’y avait rien sur la quatrième bobine.

Il se jeta contre l’écran, le frappant des poings et de la tête, et il se mit à pleurer.

– Raté, s’écria-t-il, c’est raté !

Il eut un gémissement sourd et fut consterné par une chose à laquelle, dans son désespoir, il n’avait d’abord pas songé.

– Tout est à refaire, balbutia-t-il. Il va falloir que je recommence avec une autre…

Il se maîtrisa, reprit ses esprits et, plein d’une résolution farouche, arrêta le projecteur d’où il arracha la pellicule gâchée.

Il fit un feu de vieux journaux dans la cheminée et l’y jeta. Quand le film eut flambé jusqu’au bout, il alla vers le lavabo et y versa le contenu des bonbonnes. Les deux révélateurs, le bain de blanchiment, le fixateur, tout y passa.

Alors, il enfila sa gabardine et sortit, fermant soigneusement à clef derrière lui.

 

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