Acheter

Non disponible
7€50

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
4€49 Télécharger

Résumé

Jeune chinoise, Jenny débarque à Neuilly pour devenir une petite bonne dans une résidence de standing. Le jour, elle découvre la face cachée des locataires excentriques, obsédés sexuels pour la plupart. Elle s’aperçoit bien vite que les tâches ménagères ne riment pas toujours avec des corvées fatigantes, au contraire, et que les pauses coquines y sont vivement encouragées. La nuit, sous les toits, avec ses copines venues comme elle d’horizons lointains, pas question de s’endormir sur ses lauriers : Jenny reçoit la visite de ces messieurs en quête d’aventures extra-conjugales épicées, quand ce ne sont pas leurs épouses qui s’y mettent aussi. A force de se dévouer corps et âme, Jenny va devoir s’imposer et fixer les règles de ces jeux érotiques. Et quand une chinoise pas farouche se laisse aller à ses caprices, un vent de folie sexuelle ne tarde pas à souffler à tous les étages.

Débuter la lecture

CHAPITRE PREMIER

Jenny Lau avait dix-neuf ans lorsqu’elle quitta sa province du Hebei en Chine et les rizières de son village natal. Après deux ans de service militaire, elle avait rencontré un passeur qui lui avait fait miroiter le rêve d’une vie meilleure en Europe, moyennant finances. Après un long voyage dans un container, sur le pont d’un cargo en partance de Shanghai pour les Pays-Bas, Jenny débarquait à Amsterdam. Une fois sur place, elle travailla un an dans un club de gogo girls du red district, le quartier chaud de la ville, où elle exhibait ses charmes, nichons à l’air et string de rigueur, en cuissardes de cuir. Là, elle découvrit d’emblée que les goûts européens différaient de ceux plus traditionnels des Chinois. Les pourboires affluaient, il fallait que les videurs tiennent à distance les clients trop enthousiastes, prêts à la toucher. En un an, elle avait remboursé le prix de son voyage. Munie de faux papiers, elle mit alors le cap sur Paris, fascinée depuis toujours par la Ville Lumière. Une fois de plus, la filière s’occupait de tout, moyennant un pourcentage, pour trouver du boulot et un hébergement. C’est ainsi qu’elle atterrit chez Gaétan et Béatrice Chauvet, qui venaient de se séparer de leur petite bonne malgache, fainéante et chapardeuse selon leurs dires. Jenny n’oublierait jamais la première rencontre avec Béatrice.

C’était un soir de juin, la chaleur estivale plombait l’atmosphère polluée de Paris. En compagnie de sa « tante », en réalité une matrone chinoise qui dégotait du boulot aux exilés, munie de faux certificats de travail, elles avaient pris le métro jusqu’au pont de Neuilly, avant de terminer le trajet à pied à travers les grandes allées ombragées. Loin du tumulte de la capitale, c’était un quartier bourgeois, des villas à l’abri de grandes grilles et des résidences de standing. Sa tante lui avait fait répéter quelques phrases en français pour donner l’illusion qu’elle en possédait de solides notions. C’était en partie vrai, ayant commencé à potasser à Amsterdam. L’entretien se déroula dans l’appartement des Chauvet, un loft aux deux derniers étages d’un petit immeuble qui en comptait cinq. Sous les toits en zinc, des petites lucarnes ressemblaient à des yeux scrutant le quartier. Jenny ignorait en franchissant le hall que sa nouvelle vie allait se dérouler ici. Béatrice, la maîtresse de maison et propriétaire d’une galerie d’art contemporain, leur ouvrit avec méfiance.

A sa mine pincée, Jenny sut d’emblée que Béatrice s’attendait à autre chose qu’une petite Chinoise en jupe plissée d’occasion et corsage à fleur un brin rétro, avec deux grandes nattes de jais, telles qu’elle en portait dans les jeunesses communistes. Malgré un soutien-gorge trop serré qui lui écrasait les seins, il était impossible d’en dissimuler la taille. Quant à son cul qui pointait sous la jupe pourtant sage, il lui donnait l’air d’une hôtesse de club de strip-tease, comme à Amsterdam. Pas maquillée, les joues halées par des années à patauger dans les rizières, elle avait l’air d’une paysanne jetée dans la grande ville. Autour d’un infect thé en sachet, Béatrice demanda à voir les mains de Jenny. Un an après son départ de la caserne, ses paumes avaient gardé la dureté acquise au fil des années à la campagne, ce qui lui donnait une poigne de fer. Ce détail plut à Béatrice, jugeant que c’étaient là des mains de travailleuse.

— Il ne faudra pas compter vos heures !

La tante s’empressa de la rassurer, affirmant qu’il n’y aurait aucun souci de ce côté-là. L’accord fut scellé, la Chinoise confisqua dans la foulée le contrat de travail de Jenny ainsi que son passeport, et moyennant aussi trente pour cent de ses gains à venir. Le lendemain, Jenny poussait la porte de la chambre de bonne, la dernière au fond d’un couloir étroit et mansardé. Elle songea à une tanière en découvrant ce qui était désormais son royaume. Neuf mètres carrés sous les toits de la résidence, avec pour seule lumière naturelle la lucarne qu’elle avait repérée de la rue. En été, c’était la fournaise, en hiver on y claquait des dents. Toilettes sur le palier, communes aux autres chambres toutes occupées par des jeunes femmes comme elle. Pourtant elle n’allait pas se plaindre, habituée à la promiscuité dans sa maison du Hebei, à dormir ensemble, ses sœurs et elle, sur un bas flanc. Ici Jenny était enfin seule : même à Amsterdam il lui avait fallu partager un studio avec d’autres gogo-girls. Pour économiser la maigre place, elle entassa ses affaires dans des boîtes en carton qui s’empilent jusqu’au plafond. Sous le lit, ses valises et ses chaussures. Sur une table bancale, elle installa le rice cooker, le cuiseur de riz, élément indispensable à tout Chinois, acquis à Belleville dans le quartier asiatique de Paris. Même si Béatrice lui avait expressément interdit de cuisiner dans la chambre, à cause des odeurs prétendait-elle, pas question de se priver de sa portion de riz quotidienne.

Son premier jour dans la résidence, Jenny s’en souviendrait longtemps. Sanglée dans une jupe grise qui lui couvrait les genoux, un chemisier blanc à col dur noué au col et des ballerines vernies qui lui faisaient mal aux orteils, elle était la parfaite petite bonne telle qu’on se l’imaginait dans les beaux quartiers. Pour faire le ménage ou le repassage, ce n’était guère confortable. Mais dès que Béatrice filait à sa galerie, elle se mettait nus pieds et enfilait un t-shirt à la place du chemisier, ainsi qu’un short en jean, souvenir d’un numéro de strip-tease. C’est dans cette tenue qu’elle fit enfin la connaissance de Gaétan. Haut fonctionnaire au quai d’Orsay, son travail l’obligeait à de fréquents déplacements à l’étranger. La quarantaine élégante, toujours en costume, même pour regarder la télé chez lui, il avait la dégaine d’un gentleman anglais, guindé sur les bords, les cheveux poivre et sel à la Richard Gere, la voix chaude du Sud-Ouest, avec cet accent que des années passées dans les cabinets diplomatiques n’avaient pas réussi à gommer. Les traits virils, un menton volontaire, il avait des yeux d’un bleu délavé qui donnaient l’impression qu’il était atteint de cécité. En réalité, Gaétan savait capter l’attention de son auditeur d’un simple regard. Dans les réunions internationales, il était paraît-il un redoutable négociateur.

Jenny en eut un échantillon quand il entra à l’improviste dans le dressing, où elle s’était attelée au repassage des effets de son épouse. Un œil sur MTV, elle se déhanchait en faisant glisser le fer à vapeur dernière génération, bien loin de celui qui marchait à la braise dans sa brousse natale. Avec son gros pétard qui tortillait au rythme des clips de Beyoncé ou de Shakira, c’était Amsterdam à Neuilly !

— Ebony ! Il faut me recoudre mon pantalon sur-le-champ !

Interloqué, Gaétan s’arrêta dans son élan quand Jenny se retourna vers lui. Il ne s’attendait visiblement pas à découvrir une nouvelle employée de maison, la Malgache ayant été sacquée durant son absence. Avec le sang-froid qui le caractérisait, il se contenta d’attraper la télécommande pour couper le son de la télé, avant de d’adresser un sourire poli à la jeune fille.

— Pardonnez ma familiarité, j’ignorais votre présence dans cette maison ! Encore une lubie de ma femme !

Il lui tendit une main ferme, et elle le salua d’un bonjour timide. Gaétan étant bien plus grand qu’elle, Jenny remarqua que ses yeux lorgnaient ses gros nichons moulés dans le vieux t-shirt, avec l’air de ne pas y toucher. Son regard appréciateur descendit ensuite jusqu’à ses hanches rondes, puis sur sa croupe potelée mais ferme, un poil cambrée même, chose plutôt rare chez les Chinoises.

— Quelle coïncidence ! Figurez-vous que je reviens d’un voyage à Beijing !

A la grande surprise de Jenny, il se mit à lui parler en mandarin. Oh que des banalités, des phrases simples, mais ce n’était pas souvent qu’un gweilo, un étranger, pouvait articuler trois mots en chinois. Tout de suite, cela la mit en confiance. D’un coup d’œil, elle avait repéré la braguette ouverte de son pantalon, décousue sur le haut. Pour un modèle sur mesure, cela se voyait, elle trouva cela négligé. Embarrassé, Gaétan n’avait pas osé prononcer le mot « braguette », comme si c’était un mot sale.

— J’ai tiré trop fort, s’excusa-t-il, la mine piteuse. Et comme je n’ai pas envie de changer de costume…

Esquissant son plus beau sourire, d’une blancheur étincelante, ce qui retroussait ses lèvres charnues, Jenny baragouina dans son mauvais français, avant de s’éclipser dans sa piaule pour y quérir sa trousse de couture. Dans la campagne chinoise, coudre et faire la cuisine sont les deux tâches essentielles pour une fille. Au lieu de retirer son pantalon pour lui faciliter la besogne, Gaétan l’attendait debout près de la table à repasser. Tandis que Jenny enfilait le dé sur son doigt, il ne perdait rien de ses gestes. Pareil lors de la préparation du fil et de l’aiguille. Il semblait captivé par sa dextérité, par la façon dont elle humectait le fil pour l’introduire dans le chas. Il avait posé une main sur la table pour se donner une contenance. Jenny saisit la partie de la braguette décousue, ce qui en gênait la fermeture. C’était embarrassant pour elle de deviner la bosse de son sexe tapi dans le caleçon. Surtout qu’elle n’avait jamais vu de queues de Blancs en vrai. De la savoir endormie sous le coton la troublait, autant que le fait de n’avoir pas le droit à l’erreur pour cette opération, banale au demeurant. Si son travail déplaisait à Gaétan, il pouvait le dire à sa femme qui la virerait en retour.

Appliquée, Jenny commença en gardant un sourire de façade, accroupie devant lui, sans penser un instant qu’il en profiterait pour mater son cul. Ce n’est qu’après une minute qu’elle aperçut son reflet dans l’écran plasma éteint. Il n’y avait aucun doute sur le sujet, il avait bel et bien le regard fixé sur le haut de ses fesses, à l’endroit où le short bâillait un peu. D’apercevoir sa peau plus claire au creux des reins avait dû éveiller quelque chose en lui, car Jenny sentit que son sexe durcissait sous la braguette, rendant sa mission délicate. Son début d’érection déformait le devant de son pantalon, si bien qu’il lui fallait manier l’aiguille avec une précision accrue. Flattée de l’intérêt qu’il lui manifestait, elle tremblait néanmoins en craignant que son bout ne lui saute à la figure. Elle avait vraiment de drôles de pensées dans un moment pareil.

— Il y en a pour longtemps encore ?

Sa voix s’était teintée d’impatience, feinte ou réelle, Jenny n’aurait su le dire. Toujours est-il qu’elle, si pudique d’habitude, sentait ses joues s’empourprer. Et la forte chaleur dispensée par le fer à vapeur n’était pas en cause. C’est qu’elle ne pouvait plus faire mine d’ignorer la queue qui menaçait pour de bon de jaillir à tout moment. Pour l’empêcher, il lui fallait user de ruse, pour que son action ne prête pas à équivoque. Le poignet cassé, elle appuya dessus avec le plat de la main pour tenter de l’aplatir. Tout en ayant l’air de ne pas y toucher, elle en avait presque fini avec cette braguette lorsqu’un incident se produisit. Une faute d’inattention sans doute, à cause du stress ou simple maladresse. Le résultat, c’est que son doigt avait dérapé et que l’aiguille avait transpercé le coton blanc du caleçon pour se planter dans la bite.

Gaétan poussa un cri qui lui vrilla les tympans et, de douleur, il appuya trop fort sur la table à repasser, entraînant la chute du fer allumé sur le tapis iranien hors de prix. Dans la foulée, une gouttelette de sang perlait à travers la braguette, rien de grave, suffisante néanmoins pour que cela alarme Jenny. De colère, car après tout cela n’était qu’une simple piqûre, Gaétan repoussa celle-ci avec un genou contre ses seins, l’envoyant à la renverse sur son derrière.

— Petite conne ! Même pas fichue de coudre une braguette ! On en reparlera plus tard, je vous le garantis !

Il quitta le dressing après un dernier regard à ses seins qui ballottaient sous le t-shirt alors que Jenny se relevait, vexée et alarmée par ses paroles. Si sa tante apprenait ses déboires, elle risquait de se retrouver à faire la plonge dans un restaurant chinois ou, pire, à bosser à la chaîne dans un atelier de confection clandestin. Dans sa précipitation, et malgré la morsure de l’aiguille, Gaétan bandait toujours, la queue tout entière à l’air libre. C’est la dernière image qui devait s’imprimer sur les rétines de Jenny, avant que l’odeur infâme de la laine brûlée ne l’alerte. Deux catastrophes en moins d’une minute, cela n’inaugurait rien de bon pour la suite de sa carrière.

 

*

*    *

 

Elle flippa tout l’après-midi. Son destin semblait lui échapper, elle attendait le retour de Béatrice avec fatalisme. Réfugiée dans sa chambre sous les combles, elle sursautait chaque fois qu’elle entendait l’ascenseur se mettre en marche. Vers vingt heures, elle eut un instant de répit quand Béatrice appela sur le téléphone sans fil à sa disposition pour la joindre dans sa piaule à tout moment, en dehors de ses heures officielles de service.

— Je dîne avec des amies, vous pouvez disposer ! Mon mari rentre tard ce soir, veillez à ce que tout soit en ordre dans sa chambre !

Elle raccrocha sans lui laisser le temps de lui avouer ce qui était arrivé dans le dressing. Quant à la chambre de Gaétan, elle était prête depuis le matin. Si cela avait étonné Jenny de savoir qu’un couple marié puisse faire chambre à part, elle était loin de savoir que cela présentait bien des avantages, qu’elle découvrirait plus tard. Un bruit de pas dans le couloir l’alerta. Ce n’étaient pas les chaussures d’une femme, comme celles des autres petites bonnes qui occupaient l’étage. Dès qu’on tapa à sa porte, Jenny su que c’était Gaétan qui venait de rentrer pendant que sa femme appelait. D’une voix éteinte, elle l’invita à entrer. Il fallut qu’il s’incline pour ne pas heurter son front contre le plafond de la piaule, une véritable maison de poupée. D’un regard circulaire, il parut inspecter les modestes effets de la jeune fille, à moins qu’il ne vérifiât la propreté des lieux.

— Bonsoir ! Montrez-moi vos références, je vous prie !

Le pouls de Jenny s’emballa, cette fois il allait la mettre dehors pour de bon. Elle s’agenouilla par terre pour attraper un sac sous son lit, dans lequel se trouvaient les papiers. De le savoir derrière elle à reluquer la jupe de fonction qu’elle avait remise réveillait son trouble de l’après-midi. C’est d’une main tremblante qu’elle lui tendit son C.V. bidon, avec des lettres de recommandation concoctées par sa tante et ses acolytes. Gaétan s’assit sur l’unique chaise pliante pour les parcourir. En voulant croiser les jambes, il eut une grimace, souvenir de la piqûre de l’aiguille. Jouant l’infirmière dévouée, ayant acquis de solides notions en secourisme lors de son service dans l’armée rouge, Jenny le questionna pour savoir s’il voulait qu’elle aille chercher la trousse de secours dans la salle de bain de leur appartement.

— Inutile !

Son ton coupant n’incitait pas à insister. Pendant qu’il faisait mine de parcourir les feuillets sans un mot, Jenny ne savait plus où se mettre. Debout devant lui, telle une élève ayant rendu un mauvais devoir à son maître, elle s’attendait à ce qu’il sorte une tige en bambou pour lui en cingler les fesses, à l’instar de ses professeurs chinois. Mais en le voyant se masser l’entrejambe d’une main négligente, la mine concentrée sur mon C.V., elle fut prise d’une brusque inspiration. Quitte à être virée, autant que cela soit pour une raison valable. Elle s’agenouilla donc devant lui, après avoir mouillé ses yeux avec son pouce humecté de salive en douce, histoire d’avoir le regard brillant de larmes. La tête posée sur la cuisse de Gaétan, elle lui jeta un regard appuyé. Il ne la repoussa pas, lui tapotant d’emblée la tête d’une manière paternelle. Dans son esprit, Jenny se dit qu’il n’était peut-être pas si méchant que cela. Elle avait peut-être une dernière chance de se racheter. Il doucha son enthousiasme naissant en lui caressant la joue.

— Il n’y a que ma chère femme pour croire à ces sornettes ! Avouez donc que vous n’avez aucune expérience !

En guise de réponse, et pour cause de français défaillant, Jenny posa la main sur sa braguette. Gaétan ne dit rien, allongeant même les jambes en toute décontraction. Il se mit à lui caresser les cheveux en levant les yeux vers la lucarne, la mine songeuse. Lâchant les papiers, il ne protesta pas davantage lorsqu’elle tira sur le zip de la fermeture Eclair. Enhardie, excitée à la fois par sa propre audace et par ce qu’elle devinait, tapie là-dessous, Jenny ouvrit sa braguette en grand. Le menton calé sur son genou, un œil levé vers sa figure impassible pour vérifier qu’il n’allait pas la rejeter, elle avait bien l’intention de se faire pardonner. Le début d’érection qui déformait le slip – il avait dû changer de sous-vêtement avant de monter la rejoindre – réveillait une chaleur familière et agréable entre ses cuisses. Rien que d’effleurer cette bosse en train de grossir à vue d’œil lui donnait des frissons. Glissant un doigt sous la couture du slip, elle retint son souffle.

— Attention ! Le serpent va sortir ! dit-il.

Ce n’était pas de la prétention de sa part, Gaétan avait bel et bien une longue queue fine, un peu comme une asperge, avec un gland violacé au diamètre qui dénotait par rapport à celui de sa tige, un brin arquée. Quand elle jaillit hors du slip, elle claqua sur sa chemise. Jenny poussa un petit cri, pas simulé. Pour sa première bite de <gweilo>, elle était gâtée. D’instinct, elle la renifla en la tenant entre deux doigts : elle sentait le savon à la vanille. A croire qu’il s’était lavé avant de la rejoindre. Le pouce de Jenny glissa jusqu’à la racine, les couilles encore prisonnières du coton blanc. La petite marque rose laissée par l’aiguille, à peine visible, retint son attention. Elle souffla dessus, la bouche en cul-de-poule, un doux zéphyr qui ne fit qu’exacerber l’excitation de Gaétan. Sa queue se dressait toute seule à la verticale, les petits doigts de Jenny refermés autour. Jouant sur l’allusion au serpent, elle avait envie de lui extraire son venin…

Il aurait pu la repousser pour son audace, mais en la voyant l’incliner pour coller sa bouche pulpeuse à l’endroit de la piqûre, il ne dit rien, au contraire.

— Ah ! La pharmacopée chinoise ! Des millénaires de tradition !

Son langage poétique passait bien au-dessus de la tête de la jeune Chinoise. Seule comptait cette belle queue blanche dont elle était en train d’aspirer la chair avec gourmandise. Avec le pouce, elle en profita pour lui chatouiller le gland dénudé, parfaitement dessiné, un peu comme une fraise Tagada dont elle raffolait. De son côté, sous sa nonchalance d’homme blasé, Gaétan n’était pas en reste. Une main sur sa cuisse, il se servit de l’autre pour dégrafer le corsage de Jenny. Juste deux boutons, c’était un gentleman, avant de glisser ses doigts jusqu’aux seins. On aurait entendu une mouche voler dans la chambre, chacun occupé à faire connaissance avec l’autre, sans un mot. Planter ses quenottes sur la grosse veine qui palpitait le long de la queue, écraser son bout entre ses doigts, ou bien écraser ses couilles sous le slip avec son menton, Jenny ne savait plus où donner de la tête. Il n’était plus question pour elle de se faire pardonner, mais plutôt d’explorer une bite de Blanc.

— Tu es plus douée pour ça que pour la couture !

En dépit de sa méconnaissance du français, le passage au tutoiement n’avait pas échappé à Jenny. Encouragée par cette soudaine familiarité, elle s’enhardit, le léchant jusqu’à finalement engloutir son gland. En levant ses yeux bridés sur lui, elle le sentit fondre dans sa bouche. La chaise grinçait sous son poids, les doigts de Gaétan pelotaient ses seins sans vergogne, pinçant les bouts épais à travers le soutien-gorge. Il perdait peu à peu de son air affecté, les yeux dans le vague, chantonnant ce qui ressemblait à une comptine chinoise. Son séjour à Beijing l’avait visiblement marqué, Jenny se demandait qui avait bien pu lui apprendre cette berceuse, et dans quelles conditions… Consciencieuse jusqu’à la fin, elle veillait à ne pas baver sur son slip ou sur son pantalon. Sa bouche coulissait maintenant de haut en bas, jusqu’à la moitié environ de sa queue, et sous sa langue, elle parvenait à la plier un peu contre ses joues. Elle aurait volontiers prolongé ce petit jeu, lui aussi sans doute, si elle ne l’avait vu soudain tressaillir sur son siège.

— Arrête de bouger !

La nuque tendue, les traits aux aguets, il écoutait ce qui se passait dehors, la chambre de Jenny donnant sur la rue.

— La voiture de ma femme ! Il faut que je descende !

Il se leva d’un bond alors qu’il était encore prisonnier de la bouche de la jeune fille. Celle-ci n’eut d’autre choix que de le lâcher, sous peine de lui mordre la bite et de le piquer pour la seconde fois de la journée. Il se rajusta à la hâte, retrouvant en un clin d’œil son aplomb.

— Pour tes références, cela fera l’affaire !

Il détala dans le couloir, et Jenny se précipita à la fenêtre, juste à temps pour voir la grille du parking s’écarter sur le passage d’une Smart. Le retour inopiné de Béatrice l’étonnait, mais elle était rassurée. Après ce qui venait de se passer entre eux, son mari n’allait pas cafarder sa bêtise de l’après-midi auprès de sa femme. Et puis leur petite affaire n’était pas terminée, elle ne lui avait pas encore fait cracher son « venin »…

 

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *