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Résumé

Alexia fait la manche devant un grand magasin. David, un étudiant qui vit dans une famille bourgeoise, lui offre le gîte et le couvert – et plus si affinités. Ça tombe bien : ce ne sont pas les affinités qui manquent dans cette famille émancipée… Jusqu′où iront-ils ? Aux limites de la perversion. Mais y a-t-il des limites à la perversion ? On espère bien que non…

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Chapitre premier

Premier jour

Dans le lotissement bourgeois situé en périphérie de la ville, toutes les maisons se ressemblaient. Cependant, des détails subtils les différenciaient. La taille du gazon, la nuance de la couleur de la façade, un élément décoratif…

La maison des Guénin, de plain-pied, occupait le centre d’un jardin bien entretenu. Des arbres, une piscine modeste, des massifs de fleurs.

Patrick Guénin exerçait la profession de psychothérapeute. Sa femme Carole était titulaire d’une maîtrise de littérature contemporaine, mais ne s’en servait pas. Sa principale activité consistait à tenir la maison avec l’aide hebdomadaire d’une femme de ménage. Et elle jouait au bridge avec des amies le vendredi soir, faisait partie d’associations caritatives et culturelles… Le couple Guénin, au temps où leur sexualité flamboyait, avait eu deux enfants. L’aîné, David, suivait des études de médecine. A l’en croire, cela ne lui plaisait pas. Il avait malgré tout passé le cap de la première année. La cadette, Iris, redoublait sa terminale. Elle envisageait l’avenir avec noirceur. Elle finissait sa crise d’adolescence ; ses parents la laissaient cuver son nihilisme…

*  *  *

Après être sorti de l’appartement de Fana, sa prostituée préférée, David, détendu, marcha un moment dans la rue. Pas question d’aller en cours aujourd’hui. De toute façon, il ne serait jamais médecin. Aider les autres, tu parles ! Il ne mangerait pas de ce pain-là, lui. Ni aidé, ni aidant. Seul, tranquille. Autonome.

Il enfilait les rues habituelles, livré à ses pensées, indifférent au décor. Il lui restait trente euros en poche. En passant devant la Fnac, il fut déçu : ELLE n’était pas devant le magasin. Il aimait la regarder ; le soir, il lui arrivait de se branler en pensant à elle, en imaginant les courbes de son corps et ce qu’elle pourrait lui faire en utilisant ses mains, sa bouche.

Dans les rues commerçantes, les premiers clients remplissaient les boutiques ; les restaurants ouvraient.

Devant le Virgin, il la vit. Il l’observa de loin, gêné parfois par un passant qui traversait son champ de vision. Il la trouvait belle, mais il n’y avait pas que ça. Il lui trouvait un air de pureté. « J’aimerais bien l’aborder », se disait-il, mais pour quoi faire ? L’inviter à boire un verre ? La draguer ? Il en était incapable. De toute façon, les filles ne s’intéressaient pas à lui, les garçons non plus d’ailleurs. Lui, qui se rêvait en tombeur cynique, n’était qu’un branleur.

Il se dirigea vers la fille en cherchant de la monnaie au fond de sa poche.

Elle se tenait à genoux sur un sac Eastpack beige sans décoration. Très droite, les bras le long du corps, le regard dirigé droit devant elle. Son avant-bras se terminait par une main tendue, vide. A terre, près du sac, un mug contenait quelques pièces. Elle portait un haut de jogging à capuche, jaune pâle tirant sur le gris, qui aurait eu besoin d’être lavé, et un blue-jean sans détail particulier, hormis des traces d’usure aux genoux et aux chevilles. Aux pieds, des baskets blanches, sans marque. Un visage ovale, adolescent. Des lèvres pâles, bien dessinées, pleines. Des yeux bleu clair, avec une expression triste, lointaine. Ses longs cheveux bruns étaient attachés avec soin en queue-de-cheval. Elle devait y passer du temps, chaque matin. C’était peut-être son premier geste de la journée, peut-être le seul vraiment intime.

« Où vivait-elle ? se demandait David. Que faisait-elle de ses journées, une fois que la manche était terminée ? De ses soirées ? Avait-elle des amis, des activités ? »

Il observait les cheveux, la calotte parfaite qu’ils formaient au sommet de la tête. La couette passait par-dessus la capuche, tombait dans le dos. David l’imaginait, le matin, là où elle se trouvait, en train de prendre sa douche, de s’essuyer, et puis enfin, d’attacher ses cheveux, seul geste esthétique qu’elle pouvait se permettre. Elle ne se maquillait pas – presque pas. Certains matins, aujourd’hui c’était le cas, elle se mettait du noir autour des yeux, ce qui renforçait l’aspect inaccessible de son regard. La paume de sa main paraissait douce. Ses doigts à demi repliés donnaient à David envie d’y croiser les siens.

Son regard glissa vers les seins. Dans cette position, ils tendaient le coton du jogging fermé. Mais David avait quelquefois vu ce jogging ouvert, et en dessous, un T-shirt noir sans motif. Les pointes de ses seins, libres dessous… Il ne s’y connaissait pas tellement en tailles de bustes féminins. Ces nichons-là pouvaient tenir au creux de la main. Dans le sillon du milieu il pouvait glisser un doigt. Il pensait à ça et il bandait. Il contemplait les seins, les imaginait nus. Leur peau avait la même pâleur que celle du visage. Les mamelons étaient de la même couleur que la bouche. Il imaginait le ventre plat, le dos, les cuisses, et entre les cuisses. Les fesses, c’était difficile, il ne l’avait jamais vue qu’à genoux. De plus, le jogging débordait sur le cul, masquant pratiquement tout dans les plis du coton. Il avait envie de s’astiquer. Il se tortillait pour tenter de masquer son érection.

Un vieux type donna une pièce à la fille, puis entra dans le magasin. Ça brisa la rêverie de David. Il n’avait pas vu combien le vieux con avait donné. Ça le mit de mauvaise humeur.

Il s’avança. En entrant chez Virgin, il se pencha pour déposer une pièce d’un euro au creux de la main de la fille. Il prit soin d’effleurer la paume. Souple, légèrement moite. Un coup d’œil aux ongles courts, bien taillés, ronds. La brève vision des doigts repliés sur sa bite, de la main qui s’active, du mouvement souple du poignet, fit revenir son érection.

Dans Virgin, il feuilleta des bandes dessinées sans y penser vraiment, regarda les nouveautés musicales, les derniers films sortis en DVD. Des choses l’intéressaient ; il n’avait plus assez d’argent pour les acheter de toute façon ; il faudrait en redemander à son père. Le cul ou la culture, songea-t-il, il faut choisir. Pour avoir les deux, le cul et la culture, il faut être médecin, il faut réussir ses études – aller en cours, pour commencer. C’est mal parti…

Quand il sortit, la fille tourna la tête vers lui, sourit. Elle le regarda droit dans les yeux. Son regard était franc. Elle lui adressa la parole ; là, il se rendit compte qu’il n’avait jamais entendu le son de sa voix, alors qu’il la croisait presque chaque jour depuis deux mois.

— Tu as cinq minutes ? Je peux te parler ? J’ai quelque chose à te dire.

Sa voix était assurée. Il restait sidéré. Elle eut le temps de se lever, d’enfiler son sac, de ramasser la monnaie, de la mettre dans la poche. Elle glissa le mug dans le sac. Il dit « oui bien sûr, tu veux quoi ? ».

— Pas ici devant tout le monde. Tu m’offres un café ?

Elle avait un regard malicieux, presque enfantin. Il avait envie de l’embrasser. Il dévora son cul du regard. Il était encore plus beau que dans ses fantasmes. Son cœur battait à cent à l’heure. Sa queue lui faisait mal à force de frotter contre son jean.

Ils allèrent en terrasse du premier bistrot, prirent deux cafés. Ici, elle ressemblait à une lycéenne normale, qui bosse et ne fait pas trop la fête. Il se dit que tout le monde devait les prendre pour un couple de jeunes amoureux ; l’idée lui plaisait.

— T’habites une grande maison, non ? demanda-t-elle. Tu as l’air plutôt bourge, avec tes fringues et tes manières. Je me trompe ?

— Non, c’est vrai.

— Je te vois tous les jours, t’es toujours là à me mater, tu es amoureux de moi ou quoi ?

Il ne savait pas quoi répondre.

— Tu as envie de moi ? demanda-t-elle. Tu veux me baiser ? Tu veux sentir ma bouche partout sur toi ?

Sa voix était devenue plus basse, le ton plus pressant. Il y eut un silence. Elle rit. Il rougit, à deux doigts de dire oui.

— Je plaisante, rassure-toi.

Mais son regard, trouva David, exprimait exactement le contraire. Il ne savait pas quoi dire ni penser. Il essaya de composer un visage neutre, blasé. Il bougea pour tenter de déplacer son érection.

Elle se pencha vers lui, posa brièvement ses lèvres contre sa bouche, pressa.

— Est-ce que tu voudrais bien m’inviter à dormir chez toi pendant quelque temps ? Je te demande ça à toi parce que tu as l’air… gentil… de tenir à moi aussi…

Elle avait une voix légèrement rauque, fragile.

Il déglutit. Il ne dit rien. Elle s’approcha de lui. Il avait encore son haleine, son goût, qui flottait sur les lèvres. Elle posa une main sur sa cuisse, remonta presque à l’entrejambe.

— Je serais très reconnaissante, tu sais… Une semaine, deux peut-être…

Elle prit son visage à deux mains, ses pouces aux commissures des lèvres. Ses mains étaient fraîches, d’une moiteur excitante. Elle colla sa bouche à celle de David. Les langues se mêlèrent. Elle avait un goût de pomme. Elle caressa ses joues, interrompit le baiser. Remonta la main juste assez pour rencontrer l’érection.

— C’est d’accord ? Une chambre d’amis, rien de plus. Et je viendrais te voir le soir… Te tenir compagnie… On discutera, on fera ce que tu veux… Qu’est-ce que tu en penses ?

Evidemment, c’était d’accord. Ils prirent une bière pour fêter ça. Il n’avait plus assez d’argent pour payer ; alors, elle l’aida.

Ils ne rentrèrent pas directement à la maison. Ils flânèrent un moment le long des quais. Il voulut lui prendre la main, la taille, l’embrasser encore, mais elle se déroba.

— Plus tard…

Elle souriait d’un air toujours légèrement ironique qui excitait David.

Ils parlèrent, de lui surtout. D’elle, il n’apprit pas grand-chose, à part son prénom. Elle s’appelait Alexia. C’était un nom bizarre pour une SDF. Elle lui fit signe.

— Tu m’accompagnes aux toilettes ? J’ai quelque chose que je voudrais te montrer.

Ils traversèrent la salle, il y avait surtout des vieux, sans doute les clients réguliers. Ils entrèrent ensemble dans les toilettes. Alexia entraîna David dans la cabine marquée d’un pictogramme féminin. Elle enleva son T-shirt. David déglutit.

— Ils sont beaux ?

Elle avait une poitrine ferme, jeune, la peau était pâle, les tétons pointaient. David avança la main pour les saisir. Malgré leur petite taille, ils étaient lourds, élastiques. Elle sourit, se pencha pour l’embrasser ; la langue glissa dans le cou, elle s’agenouilla d’un mouvement coulé, défit la braguette, prit David en bouche. Il poussa un soupir – il ne s’y attendait pas ! La bouche d’Alexia était d’une douceur exquise. Profonde, elle engloutissait la bite de David avec volupté, n’en faisait qu’une bouchée tandis que ses mains s’affairaient sur ses couilles. David aima le contraste de température entre ses couilles en sueur et les mains fraîches d’Alexia. Il éprouva un plaisir nouveau : c’était la première fois qu’on le pompait gratuitement. Ses seuls rapports, jusqu’à présent, avaient été avec des putes. Alexia ne le travaillait pas du tout avec la langue. Elle le suçait, l’aspirait, le branlait avec ses lèvres. Une main passa entre les couilles, griffa amicalement le périnée, arriva au cul. David sentit un doigt lui frotter l’anus, forcer – il se dilata de surprise, une phalange entra, l’ongle taillé en rond frotta à l’intérieur ; un frisson électrique explosa dans ses reins, il crut que ça y était.

Alexia dut le croire aussi, elle le sortit de sa bouche, frotta le gland, et puis toute la queue, entre ses seins. Caressa le gland de la pulpe du pouce. Excita le méat dilaté avec un téton que David trouva moelleux. Et là, ça vint pour de bon. David eut un frisson qui lui parcourut tout le corps et ses jambes se coupèrent, il lui fallut se tenir au mur. Il soupira comme s’il cherchait sa respiration. Alexia frotta plus fort sans branler, laissa venir, gicler, couler ; elle en prit sous le menton et vers la bouche, et surtout sur les seins. Elle murmurait « regarde, regarde » à David, et il n’en perdait pas une miette, de son foutre sur cette peau accueillante, blanc d’abord, puis translucide à mesure qu’il séchait.

Elle se releva, l’embrassa encore, colla sa poitrine humide de sperme contre lui.

— Je suis à toi, dit-elle. Toute à toi.

Ils sortirent des toilettes. Il avait encore le souffle court. Ils allèrent se promener. Ils bavardèrent de choses insignifiantes. L’essentiel avait été dit.

Ils arrivèrent à la maison vers dix-huit heures ; tout le monde était là. Il faudrait convaincre le père et la mère, mais David ne s’en faisait pas. La charité chrétienne, les lois éternelles de l’hospitalité… et surtout, la possibilité de paraître plus généreux que les voisins !

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