DRESSAGE A LA DEMANDE

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MASSEY Martin

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Broché / 122 pages


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Résumé

Kubjak, vient de l’Est. Il a peu de scrupules. Pourtant, à sa manière, c’est un honnête homme. Quelqu’un sur qui vous pouvez compter. Une épouse volage déshonore votre position de député, votre fille renâcle à l’étreinte paternelle, votre amante regarde d’autres femmes ? Aucun problèmes ! Kubjak se charge de la normaliser ou de la programmer selon vos désirs. Le prix du séjour est élevé, mais Kubjak a des frais : il a besoin d’un matériel adapté, d’engins de torture fiables, souvent fabriqués sur mesure, et d’un personnel qualifié.

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Une grosse ferme trapue au fond d’une vallée reculée. Le premier village se trouve à plusieurs kilomètres. On est en altitude. Parmi un chaos d’éboulis rocheux, des sapins sombres recouvrent les flancs abrupts des montagnes. Il neige depuis quelques heures. À l’entrée d’un chemin de terre encombré de chevaux de frise disposés en chicane, un panneau de planches mal ajustées annonce en lettres grossières, peintes au goudron :

La route creusée d’ornières profondes s’enfonce entre deux champs ceints de fil de fer barbelé. À intervalles réguliers, de petites pancartes rouges avertissent du danger : la clôture est électrifiée. Des traces de pneus récentes commencent à s’effacer sous une pellicule immaculée.

Le vent rabat en tourbillons rageurs la neige dans la vaste cour fermée par les dépendances. Une grosse Mercedes noire, immatriculée en Tchéquie, est garée devant l’étroit perron de l’entrée. À l’intérieur, à la place du passager, un homme, engoncé dans un épais manteau, un bonnet d’astrakan sur la tête, attend. Il n’accorde qu’un rapide regard à une jeune femme nue, un seau à la main, qui sort du bâtiment principal par une porte de service. Elle est grande et très mince, presque osseuse avec des seins lourds aux aréoles très pâles et d’une largeur excessive. Des flocons restent accrochés aux tétins longs et épais comme la dernière phalange d’un index. Ses yeux d’un bleu intense sont durs dans son visage aux méplats accusés. Elle frissonne dans les rafales de neige qui l’enveloppent. Des flocons glacés restent collés aux saillies de son corps. À mi-chemin, elle s’arrête, ramasse une poignée de neige qu’elle presse contre les lèvres gonflées, tuméfiées, de sa vulve rasée. Elle demeure ainsi pendant quelques secondes, jambes fléchies, cuisses écartées, avec une expression de vague soulagement. Par-dessus son épaule, elle jette un coup d’œil inquiet vers les étroites fenêtres qui percent la façade du bâtiment principal, et se remet en route.

Un garçon d’une vingtaine d’années paraît sur le seuil d’une remise. Il est vêtu d’une chaude canadienne, son pantalon de velours épais est enfoncé dans ses bottes. Le froid rosit ses joues à peine ombrées d’une barbe juvénile.

— Dépêche-toi, salope ! J’ai pas que ça à foutre de t’attendre ! Grouille !

Surprise, elle le rejoint en quelques enjambées rapides. Il la saisit par les cheveux, la précipite à l’intérieur. Elle tombe, s’écorche les coudes et les genoux sur le sol de terre battue. Le seau lui échappe. Une épaisse pâtée se répand. La porte se referme. Des aboiements s’élèvent. L’intérieur est aménagé en chenil. Des boxes grillagés séparés par d’étroites allées se succèdent jusqu’à un large espace cimenté, éclairé par deux rampes de néons. Le corps cyanosé par le froid, elle demeure prostrée.

— Debout !

Elle amorce un mouvement pour se redresser. Sa croupe s’entrouvre. À la fourche des longues cuisses, on aperçoit la vulve gonflée et violacée. Le gars ricane.

— Tu as pris ta raclée à la chatte ! Merde, Kubjak t’a pas ratée ! On dirait une paire d’aubergines ! Ça fait mal, hein ?

— Oui.

Le garçon shoote dans la croupe mouvante. L’impact écorche l’épiderme délicat. Projetée en avant, elle s’affale de tout son long, s’insurge.

— Salaud, tu n’as pas le droit de me frapper ! Je le dirai à Kubjak.

— Te fâche pas, Béa ! C’était juste pour rigoler. De toute façon, j’ai eu de la promotion. Kubjak a trop de boulot maintenant, avec les deux nouvelles. Il m’a autorisé à vous botter le cul et à vous claquer la gueule à toutes quand c’est nécessaire.

Elle se relève avec lenteur, engourdie par le froid. Maugrée encore, tandis qu’elle frotte sa fesse endolorie où un large hématome commence à se former.

— Là, ça ne servait à rien !… J’obéissais.

— Fais-moi pas chier, conasse ! C’est moi qui décide quand c’est nécessaire ou pas ! Kubjak me fait confiance.

Elle hoche la tête avec une moue découragée.

— C’est dur. J’en ai assez parfois. Tu crois que ça va être long encore ?

Il hausse les épaules.

— J’en sais rien. Tu es en normalisation ou programmable ?

— Normalisation.

— Tu en es où ? Tu réagis bien ?

— Je ne sais pas. Kubjak ne dit jamais rien. En tortures, ça va, je commence à bien mouiller. Il n’a plus besoin de m’attacher. Mais je crois que je suis encore lente aux ordres.

Elle a un geste résigné.

— C’est ma nature. Je suis indolente. On ne peut rien faire à ça.

— Ouais, faut voir !… Chacun sa merde ! Moi, je suis là pour vous en faire baver ! Ramasse la bouffe des clebs !

Elle regarde le seau et l’épaisse bouillie renversée.

— Avec quoi ?

— Démerde-toi !

Il s’éloigne vers les boxes où les chiens s’agitent, se ravise. Un sourire mauvais lui tord les lèvres.

— Tu ramasses avec ta bouche et tu recraches dans le seau. Je veux plus en voir une miette par terre.

Il consulte sa montre.

— Tu as dix minutes.

— Salaud !

Une gifle fait ballotter sa tête.

— Fais gaffe, Béa, fais gaffe !

Elle secoue la tête, approuve.

— Oui, oui, excuse-moi, Éric Tu vois, je ne suis pas au point.

— Ouais, Kubjak a encore du boulot avec toi, c’est sûr. Allez, nettoie. Quand tu auras terminé, je te mettrai aux chiens. Hercule est énervé ce matin. Ça le détendra.

 

*

 

Aleksander Kubjak est un colosse de presque deux mètres. Une barbiche soigneusement taillée donne à son visage charnu une placidité trompeuse, démentie par son regard vif, à l’éclat dur. Il est vêtu sans recherche. Un pull à col roulé, renforcé de coudières, moule son gros ventre. Il a d’énormes mains pâles et grasses qui semblent sans force. Polonais, il a dirigé dans son pays une maison de correction pour filles, alimentée en pensionnaires par quelques membres haut placés de la police. Dissidentes politiques, fugueuses, délinquantes lui étaient confiées. L’établissement a fonctionné pendant quelques années, jusqu’à ce que le nouveau pouvoir en place s’y intéresse. Kubjak, qui parle français, s’est alors réfugié en Belgique, puis en Suisse.

Dans chacun de ces pays, il est parvenu à s’assurer la complicité occulte de personnages influents, favorables à ses procédés pour ramener les femmes dans le droit chemin. Sur leurs recommandations, des familles fortunées lui confiaient des filles dont les frasques risquaient de nuire à leur réputation, des maris s’en remettaient à lui pour châtier et dresser une épouse frivole ou volage. Certaines écoles privées lui envoyaient des élèves majeures dont il fallait briser l’esprit d’indépendance ou punir quelque faute grave.

Les services d’Aleksander Kubjak étaient chers, mais ses méthodes faisaient leurs preuves. Filles et femmes « normalisées », selon son expression, revenaient amaigries, épuisées, mais dociles et assagies, ou « programmées » pour se prêter aux fantaisies érotiques les plus déviantes. Les affaires de Kubjak prospérèrent jusqu’au jour où la jeune épouse d’un important homme d’affaires mourut d’un arrêt cardiaque au cours d’une séance de flagellation poussée. Le scandale fut évité. Aleksander bénéficiait de protections au plus haut niveau, et les autorités suisses ne purent rien prouver contre lui, mais il fut considéré comme indésirable et dut quitter le pays.

Le Polonais choisit la France. Il acquit une propriété agricole inexploitée depuis longtemps, et se tint tranquille. Pendant quelque temps, la police eut l’œil sur lui, puis on l’oublia. Il se lança dans le dressage de chiens et engagea quelques collaborateurs. Des jeunes délinquants contraints, arrivés à leur majorité, de quitter leur foyer rural spécialisé. Kubjak les impressionnait. Autant par sa stature que par l’aura de vice qui se dégageait de sa présence. Tous reconnaissaient en lui un chef. Il savait réveiller et utiliser leurs tendances au mal que le travail des éducateurs n’avait fait qu’endormir. Il se fit assez vite une bonne réputation comme dresseur de chiens.

Les autorités se persuadèrent qu’il avait mis ses aptitudes à dresser les femmes au service de la race canine, et se désintéressèrent de lui. Il y avait des affaires plus urgentes à traiter. Par ailleurs, on préférait savoir quelques ex-délinquants en rupture de foyer, occupés dans une ferme perdue que lâchés dans la nature. Lorsque Aleksander Kubjak eut la certitude que la suspicion à son égard s’était dissipée, il prit contact avec des personnes qu’on lui avait recommandées avant son départ forcé de Suisse.

Quinze jours plus tard, il accueillait sa première pensionnaire. L’épouse d’un député en vue qu’il fallait détourner du goût qu’elle s’était découvert pour les femmes.

— Comprenez-moi, expliqua l’homme politique, je me contrefous qu’elle bouffe la moule de toutes les gouines de ma circonscription. Il y a longtemps que nous ne couchons plus ensemble ! Mais depuis quelque temps, elle passe ses nuits dans les boîtes de lesbiennes les plus louches. Cela pourrait finir par se savoir, et croyez bien que mes meilleurs amis en profiteraient sans états d’âme. Je compte sur vous pour l’orienter vers des distractions moins compromettantes pour moi.

Kubjak avait hoché la tête avec affabilité, puis il avait demandé à son interlocuteur pourquoi il ne divorçait pas. L’explication fut très claire : elle ne voulait pas en entendre parler et menaçait son mari se faire des confidences à la presse.

Kubjak avait très bien cerné le problème du parlementaire. Deux jours plus tard, l’épouse homosexuelle arrivait à la ferme. Après une raclée très technique qui la laissa à demi inconsciente, Aleksander la fit transporter dans le chenil. Attachée sur un chevalet bas, elle resta quarante-huit heures, croupe offerte à la lubricité des animaux. Ce ne fut que le début d’une normalisation qui allait durer six mois et coûter presque un million de francs au député. La « Maison Kubjak » était née et allait prospérer.

 

*

 

Une haute pièce où le jour pénètre mal par une étroite fenêtre. Des placards de bois sombre ressortent sur les murs blanchis à la chaux. Une table, un long banc et deux chaises ordinaires constituent le seul mobilier. Dans un coin, sur le sol recouvert de tomettes rouges, une serviette éponge douteuse traîne auprès d’une cuvette de tôle émaillée, remplie d’une eau trouble.

La lourde lanière déchire l’air avec un vrombissement grave. Presque un souffle. Impact. Un grognement sourd et bref. Le coup est précis, dur, sans pitié. Les fesses très blanches, grasses, tremblent. La fille punie, Jessica, est une fausse maigre. Dix-huit ans, très pâle, le visage morne, dur, encadré de cheveux blonds, longs et raides. Ses bras levés sont retenus par les poignets à une corde qui descend du plafond. Les liens s’incrustent dans la peau. Les mains gonflées sont bleu foncé. Virent au noir.

Parallèle aux cinq autres, une longue boursouflure écarlate gonfle aussitôt, semble prête à crever sous la pression du sang qui affleure. Kubjak laisse retomber son bras armé. Il se tourne vers le garçon qui assiste au supplice, les mains dans les poches de son jean. Franck. Un nouveau, arrivé la veille au centre de dressage. C’est un jeune dur au regard vif et crapuleux. Il regarde Aleksander avec une admiration non dissimulée. D’un coup de menton, il désigne la croupe meurtrie.

— Putain, Aleks, son cul saigne presque !

Un sourire sale étire les lèvres minces du colosse.

— Il saignera ! Ce n’est pas fini. Mais il faut attendre pour laisser gonfler les marques au maximum.

— Tu les tannes souvent comme ça ?

— Tant qu’elles ne sont pas normalisées ou tout à fait programmées, oui. Ici, les filles sont punies au fouet pour les fautes courantes. Dans les cas particuliers, il y a des châtiments adaptés. Tu apprendras vite à les mâter !

— Sûr ! C’est plus marrant qu’au foyer où j’étais.

— Il n’y avait pas de filles, n’est-ce pas ?

— Pas une ! Juste la « pointe » avec les nouveaux et une grosse tante d’éducateur qui se faisait mettre à longueur de journée. Il nous suçait la bite aussi. Il y avait qu’à lui faire signe. De temps en temps, l’assistante sociale venait. Une vieille bique avec un pif de pochtronne et des verrues plein la gueule !

Il se tait, rit comme à l’évocation d’un bon souvenir, reprend.

— On a bien rigolé quand même avec elle. Elle faisait toujours gaffe de rester avec les éducateurs, mais une fois, on a réussi à la coincer dans une grange. On a sorti nos lames. Elle avait si peur qu’elle a pas moufté. On était cinq. On lui est tous passés dessus. Il y en a même qui l’ont pointée ! Quand on l’a relâchée, elle avait une gueule bizarre.

Aleksander éclate de rire.

— Elle avait pris son pied ?

— Peut-être, oui. C’est pas facile de savoir ce qui se passe dans la tronche des meufs. Toujours est-il qu’elle l’a bouclée et qu’on a pas eu d’emmerdes. Elle est revenue qu’une fois. Pas seule. Avec une assistante du juge. Un vrai squelette ambulant ! Elle nous regardait comme si on était de la merde. Elles devaient gouiner toutes les deux.

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

— Je sais pas. J’ai le flair pour ce genre de plan. Le Polonais dit qu’au centre, toutes les filles sont obligées d’avoir des relations homosexuelles. Et que celles qui se montrent réticentes changent vite d’avis. Un rictus crapuleux tord la bouche du garçon.

— Ça me déplaît pas ! Avant que les flics me rattrapent, j’ai passé trois jours avec deux clochardes qui squattaient un garage abandonné. Des vieilles. Crados et tout, qui puaient la pisse. N’importe, elles s’engueulaient pareil que des amoureux, elles se roulaient des galoches et elles se bouffaient la moule comme des malades la moitié de la nuit !

Il se tait, réfléchit un instant.

— C’est marrant, à poil, elles avaient l’air normal. C’était plus des clodos cradingues. Juste des vieilles qui se payaient une partie de rigolade. N’importe, ça me foutait une gaule pas possible de les voir faire. Elles étaient pas vaches ! Il y en avait toujours une pour se laisser pointer pendant qu’elle broutait sa copine. Elles acceptaient rien d’autre que la pointe !

— Tu as vécu !

Le gars, flatté, se rengorge. D’un coup de menton, il désigne la fille flagellée.

— Elle a fait quoi, celle-là ?

— Elle est arrivée en retard à la toilette. C’est une fille sale. Ça vaut douze coups. Encore six, et ce sera fini pour elle.

Pas un muscle du visage de Jessica ne bronche. Son regard vide d’expression fixe un point imprécis devant elle. Aleksander se déplace, explique.

— Il faut frapper dans l’autre sens pour écailler le cuir. Tu vas voir, ça va couler rouge ! Les marques sont à point, maintenant.

En effet, les boursouflures ont grossi, écarlates, surlignées d’un trait violacé. Kubjak prend le recul nécessaire. La longue et pesante lanière ondule, presque lente, s’abat avec lourdeur en travers des zébrures précédentes. Un râle bref échappe à la fille. Elle se mord la lèvre inférieure. Des lueurs orageuses assombrissent ses prunelles bleu délavé. À chaque croisement, la peau éclate. Des gouttelettes de sang se forment, grossissent, roulent jusque sur les cuisses animées d’un imperceptible frémissement. Franck remarque :

— On dirait que ça l’excite.

— Bien vu ! Tâte-la, entre les cuisses. Tu vas être étonné.

Le voyou s’approche. Jessica soutient son regard, puis écarte les cuisses. La main du garçon s’empare de la vulve épilée, l’ouvre, la fouille d’un doigt brutal.

— Elle est trempée.

— Normal, ça fait six mois que je travaille sur elle. Recule-toi. Elle doit en prendre encore cinq.

Les fesses de la fille tremblent sous le cuir qui les hache. Les sillons s’entrecroisent avec une régularité qui révèle une longue pratique. Trente-six points où les meurtrissures se recoupent et d’où le sang perle, ruisselle en filets sinueux.

Kubjak laisse tomber le fouet, recule pour contempler la croupe sanglante.

— Superbe !

Les yeux de Franck brillent d’un éclat malsain.

— Tu l’as bien amochée !…

Le colosse a un geste insouciant.

— Ce ne sont que des écorchures ! Il ne restera même pas de cicatrices. Jessica a subi pire que ça.

Il s’approche, saisit le menton de la fille et la contraint à lever la tête.

— N’est-ce pas, mon trésor ?

— Oui, maître.

Aleksander se tourne vers le jeune voyou.

— Ça te plaît ?

— Oui.

— Tant mieux. Ton travail devrait te convenir, alors. Il y a une douzaine de femmes ici. En programmation ou à des degrés divers de normalisation…

— C’est quoi, la normalisation et la programmation ?

— Tu comprendras vite. Mais dans tous les cas, il faut de la discipline. Je me charge du dressage, des punitions et des tortures. Toi et tes deux camarades, tout ce que vous avez à faire, c’est de maintenir la pression. Surveiller qu’elles font ce qu’elles ont à faire, et me prévenir dès que l’une d’elles, fait une connerie. Vous avez une certaine marge de manœuvres mais il y a des limites que vous devez respecter. Les autres t’expliqueront. En retour, vous pouvez vous amuser avec elles autant que vous voulez à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Si l’une d’elles se montre réticente, il faut me le signaler aussitôt.

Franck hoche la tête, impressionné par le calme et l’assurance de son patron. Kubjak lui désigne Jessica.

— Détache-la.

Franck dégage la corde de son attache. Les bras de la fille retombent. Les extrémités gonflées, congestionnées, sont violettes. Il desserre les nœuds, défait les boucles. Son regard croise par instant celui de Jessica. Les prunelles bleu pâle derrière les cils blonds baissés ne sont pas indifférentes. Elle secoue ses mains pour rétablir la circulation. Une grimace de douleur quand le sang afflue. Le Polonais s’approche, pose la main sur l’épaule de Franck qui regarde le corps blanc de la fille. La poitrine menue mais bien formée. Il avance la main, mais n’achève pas son geste. Aleksander l’encourage.

— Touche ! Fais ce que tu veux. C’est une femelle. Elle n’a aucun droit.

— Ouais, sûr ! C’est rien qu’une putain de meuf ! Il s’empare des seins qu’il pétrit avec maladresse. Les traits de Jessica s’adoucissent, puis retrouvent aussitôt leur dureté habituelle. Comme si elle se dominait pour masquer son plaisir. Une bosse significative repousse la braguette du jean de Franck. Kubjak éclate de rire.

— Tu bandes ! Très bien. Tu veux la baiser ? L’enculer ?

— Je sais pas. J’aimerais mieux une pipe…

— Comme tu veux. Assieds-toi.

Il désigne une des chaises, saisit la nuque de la fille.

— À genoux !

Elle ne résiste pas, se laisse tomber devant Franck. Elle baisse la fermeture éclair, extrait la verge d’une taille et d’une grosseur exceptionnelles. Jessica, la bouche déjà entrouverte, le masturbe avec un regard admiratif. Kubjak le félicite d’être aussi bien doté par la nature, puis il décoche un coup de pied dans les fesses meurtries de la fille.

— Suce, mon trésor !

Elle décalotte le membre, recueille du bout la langue une grosse perle incolore qui sourd du méat, et gobe l’énorme gland mauve. Les paupières à demi fermées, le garçon s’abandonne aux lèvres expertes de Jessica.

Kubjak hoche la tête avec une expression satisfaite, et sort sa verge. Elle n’est pas en érection, mais ses dimensions au repos sont supérieures à celles de Franck. Un manchon pâle, rosé, qui pend sur une vingtaine de centimètres. Les yeux du garçon s’écarquillent.

— Merde, Aleks, j’en ai jamais vu d’aussi grosse !…

Un sourire de fausse bonhomie éclaire le visage du colosse.

— Eh oui, Franck ! Tu vois, si nous avions joué à celui qui à la plus grosse encule l’autre, tu aurais perdu.

Le sourire disparaît. La figure semble prendre la densité de la pierre, et les yeux deviennent fixes, durs. La verge du voyou se rétracte, mollit en dépit des succions de la fille. Elle doit croire à une maladresse de sa part car son ardeur redouble.

— Tu comprends ce que je veux dire, mon petit Franck ?

L’intéressé hoche la tête.

— O.K., Aleks, compris. Pas d’embrouilles.

— C’est ça, pas d’embrouilles, comme tu dis. On travaille dans la clarté et la confiance. Tu n’aimerais pas que je t’encule, n’est-ce pas, Franck ?

La voix est douce, tranquille. Un flot de terreur pure noie le regard du garçon. Il dit encore, d’une voix étranglée :

— Ça ira, Aleks. J’ai compris.

— J’en suis sûr, Franck, j’en suis sûr.

Son regard tombe sur les fesses labourées de Jessica. Les boursouflures sont violet foncé, presque noires. Le sang a cessé de couler. Le colosse saisit sa verge et la dirige vers la croupe. Il pisse. Un jet puissant qui éclabousse la chair meurtrie, dilue les filets sanglants qui commençaient à sécher. Le liquide acide doit causer une intense cuisson car des plaintes inarticulées s’échappent de la bouche obstruée de la fille. Elle tortille son bassin. Un gros rire secoue Kubjak qui achève de vider sa vessie. Il expulse les dernières gouttes quand, Luc, un ancien, fait irruption. C’est à peine s’il a un regard pour la fille qui suce, agenouillée.

— Eh, Aleks, les gens que tu attends sont arrivés. Je les ai installés dans ton bureau.

Le Polonais rentre sa verge, ferme sa braguette.

— Tu as bien fait. Dis-leur que j’arrive.

Il se tourne vers Franck.

— Bon, je te laisse à ta pipe. Je dois réceptionner une nouvelle. Quand ça sera fini, ramène Jessica au réfectoire. Tu la surveilleras jusqu’à ce qu’elle ait tout nettoyé. Ensuite, tu lui feras sa toilette.

L’étonnement soulève les sourcils de Franck.

— Sa toilette ? Je croyais que j’avais juste à les surveiller.

Le Polonais émet un petit rire.

— T’en fais pas, ça va te plaire.

Il se penche sur Jessica.

— Tu lui expliqueras. Qu’il ne s’arrête pas avant que tu fasses une crise de tétanie. Ça t’apprendra à être exacte, compris ?

Un bon tiers de la verge engagée dans la bouche, elle secoue la tête avec des sons inarticulés.

 

*

 

Les fesses ruisselantes de pisse, Jessica suce le garçon avec une ferveur qu’elle ne cherche pas à dissimuler. Il grogne de plaisir, allonge les jambes. Elle cesse un instant, lève les yeux sur lui. Dans son regard, il y a plus que la simple soumission imposée par Kubjak. Elle lui prend les mains et les pose sur sa tête.

— Force-moi.

— Tu es salope…

— Oui, ça te plaît ?

Le visage du garçon se ferme. Une expression dure, méfiante.

— Lâche-moi avec tes salades ! Aleks t’a dit de sucer !

Elle n’insiste pas. Avec avidité, elle happe la verge, l’absorbe aussi loin qu’elle le peut. Franck lui appuie tout de même sur la tête, comme elle lui a demandé. Par à-coups, il s’enfonce jusque dans l’arrière gorge. La fille ne peut plus respirer. Son visage se congestionne, vire au violet. Des larmes débordent ses paupières, roulent sur ses joues. Dans un geste inattendu, elle joint ses mains à celles du garçon et ajoute ses pesées aux siennes. Elle suffoque, au bord de l’asphyxie. Les contractions frénétiques du gosier massent le gland de Franck. Sa verge se raidit, tressaute avec violence, augmente de volume. Sans autre issue, les épaisses giclées de sperme s’accumulent dans les fosses nasales, ressortent par les narines d’où elle s’écoule comme une morve blanchâtre. Elle en a jusqu’au bas du menton. Jessica faiblit. Ses bras retombent. Elle s’affale avec lenteur. Un halètement rauque soulève ses flancs.

Tandis qu’elle reprend son souffle et que son visage retrouve sa pâleur habituelle, le voyou l’observe avec un mélange de curiosité et de mépris. Elle se redresse sur un coude, pose sur le garçon un regard encore brumeux mais où se lit de la reconnaissance.

— Tu m’en as lâché une bonne ration…

— Tu parles trop pour une meuf. J’aime pas ça. Je le dirai à Kubjak Allez, au boulot !

Il enfourne sa verge encore dure dans son jean.

 

*

 

— Ça y est, c’est terminé.

Tandis qu’elle nettoyait le réfectoire, Franck ne l’a pas quittée des yeux une seconde. Elle a débarrassé la grosse table de ferme, rangé les chaises, lavé le sol carrelé de tommettes rouges. Il parcourt la pièce, inspecte tout.

— Ça va.

Elle a un petit rire moqueur.

— Tu t’y connais en ménage ?

Il se renfrogne.

— Autant que toi ! Et tu tombes mal, au foyer, avant que je maque les nouveaux, c’était moi qui nettoyais la salle à manger après bouffer !

— Pourquoi on t’avait placé ?

— Je me suis embrouillé avec une prof qui me faisait chier. Un jour, je lui ai éclaté la gueule.

Une expression de fierté sur sa jolie mine de gouape arrogante. Il précise :

— Elle a fait trois jours d’hosto, cette salope ! Jessica minaude.

— C’est mal de battre un professeur !…

Il se bute, l’air mauvais.

— Elle avait qu’à pas me faire chier.

Jessica le regarde avec une indulgence qu’elle ne cherche pas à cacher. Gêné, il détourne les yeux, ajoute avec un geste désabusé :

— De toute façon, tous les vendredis soirs, mon père me demandait un coup de main pour dérouiller ma mère. Fallait bien. Elle avait toujours fait une connerie dans la semaine. C’est une vraie baleine, et lui, il est plutôt freluquet. On était pas trop de deux. Elle nous suçait la bite pendant qu’on regardait la télé. Léger. Juste pour qu’on garde la gaule sans qu’on crache. Elle savait y faire. Quelle salope ! Après le film, elle savait ce qui l’attendait. Elle se désapait sans qu’on ait rien à lui demander, et on s’y mettait, moi et mon père. Qu’est-ce qu’on lui filait ! Fallait juste éviter la gueule. Elle bosse à la sécu. À l’accueil. Un coquard, ça fait mauvais effet. On rigolait comme ça jusqu’à deux, trois heures du mat’. Vers minuit, on faisait une pause-café et on grignotait un morceau, puis on recommençait à la bourrer.

Elle hoche la tête, impressionnée par ces confidences.

— Sûr qu’après ça, éclater une prof, ça t’a pas dérangé !…

— B’en, oui.

Franck a un rire niais. Ils restent un moment sans rien dire. Un silence auquel le garçon met fin avec un geste agacé. Il demande :

— C’est quoi ces conneries de programmation et de normalisation ?

— Avec la normalisation, une fille est bonne à tout. Une vraie carpette ! Comme moi, par exemple. On y passe toutes. La programmation, c’est en plus. La fille est spécialisée dans certains trucs. Il y a une phrase à dire, différente pour chacune, et la fille obéit comme un robot. On se voit faire, mais on peut pas s’empêcher. Moi, quand je serai normalisée, je dois être programmée pour me foutre à poil. Juste ça. Mais c’est plus terrible que ce qu’on pourrait croire. Tu te rends compte, mon maître n’aura que la phrase à dire et je quitterai mes fringues n’importe où. En pleine rue, au ciné, chez des gens !

— Putain, c’est dingue ! Et ça te plaît ?

— Ouais. Il y une partie de toi qui t’appartiens plus. C’est super excitant. Viens, je vais te montrer pour la toilette.

Elle le conduit par un dédale de couloirs jusqu’à une étroite porte métallique.

— C’est là.

Elle l’ouvre. Une bouffée d’air glacé les enveloppe. Des tourbillons de neige pénètrent dans le corridor. C’est une minuscule courgette. Le sol cimenté disparaît en partie sous une couche blanche. Au mur sont accrochés des tuyaux d’arrosage enroulés en boucles régulières. Il y en a des verts et des rouges. Jessica explique :

— Les rouges, c’est un mélange d’eau, de savon liquide et de désinfectant. Les verts servent à rincer. C’est de l’eau avec de l’alcool. Chaque matin, après qu’on a fait le lit, on se retrouve là pour la toilette. On se lave par deux. L’été ou au printemps, ça va. Mais l’hiver, comme en ce moment, c’est très dur. Au moins au début. Après, on est si gelées qu’on sent plus rien !

— Vous êtes combien, ici ?

Elle hausse les épaules.

— Une dizaine en moyenne. Mais ça change souvent. Il y en a qui arrivent, d’autres qui partent.

Le voyou approuve avec des hochements de tête. Il frissonne.

— Merde, on caille.

Son gros pull est insuffisant pour le garantir du froid que Jessica supporte sans mal en dépit de sa nudité.

— T’es pas gelée ?

Elle abaisse son regard sur son corps cyanosé. Surtout aux cuisses et aux seins.

— Si, mais j’ai l’habitude !

— Vous êtes toujours à poil, ici ?

— Non, les punies, c’est tout. Sinon, on a un uniforme.

— Ouais ! N’empêche, je comprends que tu sois arrivée à la bourre !

— C’est pas ça ! Je me branlais. On doit le faire tous les matins. Dès la première sonnerie. On a cinq minutes pour jouir, pas plus. J’ai cru que j’aurais le temps d’y arriver. J’y étais presque quand il y a eu la deuxième sonnerie. Là, on doit se lever, qu’on ait fini ou pas. Je me suis terminée quand même. Toutes les filles étaient debout. Il y en a une qui a mouchardé à Kubjak. Il m’a mise tout de suite en punition sans passer par la toilette.

— Quelle salope !

— Non. Elle a eu raison. Nous dénoncer les unes les autres, ça fait partie de la normalisation. Comme nous mentir, pas tenir parole ou être lèche-cul pour avoir quelque chose. Plein de trucs comme ça.

— Je vois. Des vraies pourries !

— Ouais. Mais pas toutes. Il y en a qui…

Elle se tait soudain. Les yeux du voyou brillent d’une lueur de suspicion crapuleuse.

— Il y en a qui quoi ?

— Des conneries ! C’est rien ! Vaudrait mieux que tu me laves, sinon on va se demander ce qu’on fout.

Elle s’avance au milieu de l’espace exigu, indifférente aux flocons qui l’enveloppent, pose ses mains sur sa tête.

— Commence par le vert. Tu arroses partout, même la figure.

— O.K.

Il déroule le tuyau, ouvre le robinet jusqu’à ce qu’un jet mince et tendu percute le mur proche. Il corrige le tir, vise le corps de la fille qui tressaille. Elle ferme les yeux. Il commence par la figure. Les traits se déforment sous l’impact. Les lèvres se retroussent sous la pression. La mixture détersive bouillonne contre les dents serrées, s’engouffre sur les côtés. Les joues gonflent, palpitent à un rythme accéléré. Puis il descend vers les seins qui se creusent, fuient sous le choc de la barre liquide. Une expression de souffrance se peint sur le visage de la fille mais elle ne se dérobe pas. Elle se tourne d’un côté et de l’autre pour présenter ses aisselles tapissées de poils blonds. Sous l’anus pâle, le vagin bâille dans un étirement de plis roses. Elle se tourne, se penche jusqu’à ce que ses mains s’appuient sur le sol, regarde Franck par-dessus son épaule.

— Dedans aussi. Rétrécis le jet pour augmenter la pression et vise mes trous !

Il manœuvre l’embout de la lance. Le jet pénètre sans mal le vagin. Pendant une fraction de seconde, on pourrait croire que la cavité de chair est sans fond. Que tout le corps de la fille va être rempli. Puis l’eau ressort en cascade.

— Ça va, comme ça ?

— Oui. Mais passe à mon cul. Je ne vais plus pouvoir tenir longtemps, et il faut encore me rincer.

— D’accord.

Un infime mouvement du poignet suffit pour que le jet percute l’anus qui se creuse, puis s’entrouvre peu à peu. L’eau savonneuse se rue à l’intérieur, envahit le rectum. Elle doit remonter plus loin car cette fois le liquide est absorbé pendant de longues secondes avant que Jessica se redresse, les mains crispées sur son ventre ballonné. Un masque douloureux crispe ses traits. Tout son corps est bleuté, parcouru de larges marques violacées dues au jet.

— J’ai mon compte par-là. Rince-moi jusqu’à ce que je tombe raide avec les bras et les jambes qui tremblent. Tu auras qu’à me traîner dans le couloir, et avertir quelqu’un. N’importe qui, sauf Kubjak.

La voix de la fille est faible. Elle est au bout de la résistance physique.

— Tu vas crever !

— T’occupe, fais comme je dis.

— D’accord. Putain, c’est dingue, ici. Vous êtes tous barges, mais qu’est-ce qu’on se marre ! C’est encore plus chouette que d’éclater ma vieille !

Il change de tuyau. Moins d’une minute plus tard, une crise de tétanie terrasse la fille.

 

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