Dressage conjugal

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MERODACK Robert

Media 1000Simples murmures


BDSM


128 pages


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Résumé

Retrouvez chaque mois la réédition d’un volume de la collection Simples Murmures, dirigée à l’époque par le célèbre Robert Mérodack. Des textes licencieux, sadomasochistes, où tous les tabous sont mis aux oubliettes, ainsi que les victimes de maîtres aux mille perversions… Totalement introuvable ailleurs qu’en format numérique, aux éditions Média 1000 !

Dressage conjugal, un roman de soumission féminine signé Robert Mérodack !

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CHAPITRE I

– Combien de fois t’ai-je déjà interdit de venir me déranger pendant mon travail ?… Quand donc comprendras-tu que j’ai des clients qui ont pris rendez-vous et que je ne peux pas faire attendre ?

Claudine jouait nerveusement avec la courroie de son sac à main. Sans oser soutenir le regard de l’homme en colère, elle essayait pourtant de cacher sa gêne grandissante en refermant ses mains sur la lanière de cuir.

– Mais, chéri, tu… Mais chéri…

Elle ne réussissait pas à interrompre le flot de remontrances et répétait ces mots d’une voix de plus en plus implorante.

– C’est un cabinet médical, ici ! poursuivait-il d’un ton vif mais égal. Pas une alcôve pour cinq-à-sept…

Lorsqu’il eut achevé ses reproches, la jeune femme avait renoncé à parler. Piteusement, telle une gamine prise en faute, elle baissait son fin visage pour contempler les replis de sa robe. Avec une perfidie toute féminine, elle en profita pour relever insensiblement le tissu sombre du vêtement afin de dévoiler ses cuisses ravissantes, à la peau si blanche et si douce…

– Enfin, tu es là… murmura l’homme résigné. De toutes façons, dans un quart d’heure, je te mets à la porte. Et si tu viens encore ici à l’improviste, sans me prévenir, ton adorable petit popotin supportera les conséquences de ta désobéissance. Tiens-toi-le pour dit !…

– Oh ! s’exclama-t-elle avec une candeur émouvante en relevant ses grands yeux clairs vers la silhouette qui s’approchait d’elle. Je n’ai jamais reçu de fessée… Après tout, c’est probablement le seul pucelage que je pourrais t’offrir…

Pierre Rodan sourit. Et il se demanda si le ton employé par sa jolie visiteuse contenait plus de crainte que de défi insolent, La question était insoluble, ce qui n’empêchait pas l’aveu d’être touchant.

– Mais qui te parle de fessée ? Je ne mentionnais que ton croupion… Le fouet lui conviendrait très bien, tu as le cul ferme et potelé…

Et comme il riait presque en prononçant ces mots, elle lui sauta au cou avec passion, collant son corps chaud et souple contre la blouse blanche. Aussitôt, leurs bouches se rencontrèrent, écrasées l’une contre l’autre, langues humides et mêlées.

Tout en la serrant contre lui, Pierre entreprit de défaire la fermeture métallique qui courait tout au long de son dos, depuis le bas du cou, sous la masse blonde de la chevelure vaporeuse, jusqu’au creux des reins nerveusement cambrés. L’objet crissa avec un bruit acide.

Dès que ses mains eurent atteint l’échancrure, elles prolongèrent avidement dans l’ouverture pratiquée, remontèrent afin d’écarter le tissu soyeux, puis redescendirent immédiatement pour étreindre la masse ronde et tendue de la croupe.

L’arrière-train rebondi, ne tarda pas à s’animer sous la pressante caresse. Claudine agitait en tous sens son derrière frémissant, le jetait véritablement dans les mains qui le pétrissaient, ou bien tentait au contraire de leur échapper. Mais ce n’était alors qu’une hypocrite excuse pour plaquer son doux ventre plat contre la blouse blanche, avec une friction suggestive.

Malgré l’épaisseur des différents vêtements, elle pouvait ainsi déceler la précise forme oblongue du membre durci de son amant.

Soudain, elle s’éloigna un peu de lui, non pas au point de fuir la virile emprise de ses mains, mais juste assez pour parvenir elle aussi à déshabiller son partenaire. Leur hâte respective et leur proximité même ne facilitait pas l’opération. Se gênant mutuellement, ils emmêlèrent leurs bras, leurs manches, tous leurs habits bientôt, jusqu’à ce que, plus ou moins déséquilibrés, ils s’écroulassent enfin sur le divan, riant à gorge déployée.

Claudine Burnier était blonde, de taille moyenne, et dotée d’une merveilleuse poitrine. Ses seins blancs et chauds, d’un volume assez imposant, s’accrochaient avec fierté sur son buste gracile, sans que leur poids ne déforme jamais leur rotondité presque géométrique. Mais ce jour-là, son amant était trop pressé pour s’arrêter à contempler l’aspect émouvant qu’ils présentaient, encore blottis comme des oiseaux frileux dans leur balconnet de dentelles. Le soutien-gorge, en effet, avait tout de suite rejoint les vêtements jetés à la hâte en direction d’une chaise voisine.

La mince culotte transparente y gaspillait pareillement ses fanfreluches. Et la jeune femme, entièrement nue, s’alanguissait déjà sur le divan, ronronnant à la manière d’une chatte amoureuse sous les caresses incessantes de Pierre Rodan.

Avec une rare dextérité, les doigts de l’homme effleuraient lentement la peau diaphane, réveillaient des frissons engourdis aux endroits les plus inattendus, les plus sensibles, ou encore, pressaient avec une brusque violence la fraise déjà dressée d’un sein, ou les lèvres fragiles au cœur des jambes déliées.

Après un premier abandon à ces voluptueux attouchements, Claudine entreprit d’écarter les derniers habits qui encombraient son compagnon. Il portait encore sa chemise, mais c’est surtout le pantalon qui importunait la jeune femme excitée.

Car, dans leur fougue précédente, elle n’avait pas pu attendre pour glisser ses doigts frais dans la braguette à demi déboutonnée et, s’infiltrant dessous le slip, elle avait empoigné la lourde colonne érigée. Mais, en s’abattant sur le divan, elle avait retiré sa main. Tout était à recommencer.

Elle s’énerva sur la ceinture, arracha presque une grosse agrafe imprévue, puis, avec une détermination nouvelle, plaqua ses paumes de part et d’autre de la taille pour abaisser le pantalon. Pierre Rodan se laissa faire complaisamment, allant jusqu’à se redresser pour lui faciliter la tâche.

À quelques centimètres de ses yeux scintillants de désir, elle fit donc jaillir la triple masse chaude. Le braquemart noueux explosa comme un ressort trop longtemps compressé. Sa tête luisante et violacée acheva de se décalotter au cours de cette apparition. Et lorsque le tissu eut descendu toute la longueur de la hampe, Claudine veilla à ce que l’élastique ne vienne pas comprimer les lourdes glandes poilues. Elle préféra les sortir elle-même, les soupesant de sa paume avec une précaution religieuse.

Puis tout s’accéléra. Les genoux largement écartés, relevés contre sa poitrine, la jeune femme accompagna du bout des doigts le bélier menaçant que Pierre Rodan dirigeait avec la précision toujours vaguement inquiétante d’un scalpel. Quand le champion congestionné effleura les poils blonds et frisés de son pubis, Claudine maintint elle-même ses grandes lèvres entrebâillées devant le sabre menaçant.

Indifférent en apparence à la lubricité complaisante de cet accueil, l’homme enfonça son membre, régulièrement, d’une seule progression irrésistible, dans la moelleuse cavité déjà tiède et poisseuse. Les chairs se tendirent tout autour de lui sans véritable résistance, mais avec une pétrissante souplesse.

Enfin la massive virilité atteignit le fond de la grotte, y frappa longuement. Tout le corps nerveux de Claudine se cabra sous le choc, en même temps que ses mains se recroquevillaient pour mieux griffer le dos de son amant.

– Ah, vas-y !… Défonce-moi… grinça-t-elle entre ses dents ivoirines. Ah… Je ne pouvais pas attendre, tu comprends… Ah, oui !… Ah, Pierre… Oh ! ne te retire pas trop… oh… oooh…

L’homme, en effet, se reculait, au point que seul le fer de sa lance demeurait engagé dans le brûlant chenal. Mais ce n’était que pour mieux perforer de nouveau, plus vite et plus intensément.

Il entreprit ainsi un majestueux mouvement de va-et-vient qui ne tarda pas à devenir frénétique. Claudine y répondit d’ailleurs de toute son énergie, projetant son ventre frémissant à l’assaut de la matraque tendue.

Et pour augmenter la puissance de cette furieuse cavalcade, elle s’accrochait au cou de Pierre Rodan et lui enserrait la taille de ses jambes galbées.

Ils ne parlaient pas, mais leurs râles amoureux suivaient le rythme de leurs gestes. Envahie, pénétrée, Claudine déchirait de ses ongles, heureusement un peu arrondis, le dos de son amant.

Mais cette stimulation cruelle était parfaitement inutile. Quand la verge gonflée occupait tout l’étau de sa fente distendue, lorsque les testicules massifs frappaient la base de ses fesses, son corps entier ondulait devant la puissance de la charge et demeurait pourtant suspendu, fermement enlacé à celui de son partenaire.

Bientôt, elle en vint à perdre la tête, grinçant des dents, secouée de gémissements électriques. La jouissance la submergea longtemps.

– Ahrr… ah… ahrr… étaient les seuls sons distincts qui franchissaient ses lèvres humides.

Dans la faible mesure qui lui était laissée, elle s’arc-boutait des talons à la nuque sous son amant qui l’écrasait encore, au rythme impitoyable de son propre plaisir.

Contre le goupillon de chair qui la taraudait sans répit, la crevasse intime du sexe de Claudine se crispait spasmodiquement, laissant sourdre une liqueur de plus en plus poisseuse, comme pour accélérer la vitesse déjà infernale du braquemart trépidant.

Soudain, Pierre glissa une main décidée entre le divan et la nerveuse croupe sautillante. En un instant, ses doigts s’infiltrèrent jusqu’au fond de la rainure moite. Son majeur atteignit le cratère et y pénétra aussitôt.

Complètement chavirée d’une irrésistible jouissance, la jeune femme palpitait aussi à cet endroit. Avec une brusque frénésie, l’étoile musclée se referma sur la phalange perforatrice, se détendit encore puis recommença avec une telle violence qu’on eut dit qu’elle désirait la sectionner.

L’homme, enfin, rejoignit sa maîtresse dans ce torrent de volupté. Et leurs souffles haletants se mêlèrent. Le poids de Pierre devint plus lourd à sa compagne, tandis qu’il libérait en elle de bouillonnantes giclées de sperme.

Toujours dans les bras l’un de l’autre, ils glissèrent sur le côté, rapprochés plus par leur mutuelle passion que par l’étroitesse de la couche. Ils demeurèrent ainsi quelques instants, s’embrassant avec tendresse. Brusquement résolu, Pierre Rodan se leva et ramassa ses vêtements.

– Allez ! je te chasse ! annonça-t-il gentiment. Puis il durcit sa voix. Dis donc, j’ai le dos écorché, espèce de petite hystérique !…

– Tu as peur que ta femme s’en aperçoive, hein ? répondit Claudine avec impertinence. Allez, avoue…

– Tu n’y es pas du tout. Ma chemise me fait mal, simplement. Et cela va me mettre de mauvaise humeur…

En même temps qu’il prononçait ces mots, il s’approcha d’un pas vers la jeune amante encore nue. Et, avant qu’elle ait pu comprendre ce qui lui arrivait, il mit un pied sur le rebord du divan et la coucha brutalement en travers de sa cuisse.

Immédiatement, une série de claques trépidantes crépita sur le postérieur vulnérable. Claudine se mit à gigoter fougueusement.

– Non ! non, nooon ! hurla-t-elle. Ce n’est pas juste… Si je t’avais vraiment fait mal, tu aurais crié sur le moment… Aie !… Tricheur ! Salaud !…

Mais ces irrespectueux qualificatifs eurent pour seule conséquence d’augmenter la vigueur de la main punitive. Avec la régularité implacable d’un métronome, Pierre Rodan laissa tomber sa large paume sur les pauvres hémisphères rougissants.

Claudine ne pouvait que frétiller des jambes, car le bourreau improvisé lui maintenait le buste penché en avant. Et aussi haut que les mollets de la victime fouettaient l’air, ils ne réussissaient pas à intercepter le bras de son cruel amant.

Vociférante, la chevelure défaite à force de secouer la tête, il lui fallut subir l’humiliant châtiment aussi longtemps que Pierre le désirait. Sous la cuisante douleur, les larmes lui venaient aux yeux et son unique consolation prenait la forme d’un gonflement progressif qu’elle sentait naître sous sa hanche.

Lorsqu’il la relâcha, Claudine n’eut même pas le temps de reprendre ses esprits, de se rendre compte que l’embrasement intense de sa mappemonde charnue avait irradié, à l’intérieur d’elle-même, pour enflammer insidieusement l’ensemble de son entrecuisse.

Avant de pouvoir prononcer un seul mot, elle se retrouva répandue sur le divan, clouée comme un immense papillon par la longue verge colossale. La chaleur alanguie de sa fourche fébrile, les sécrétions collantes qui y demeuraient, conduisirent la matraque virile tout au fond de la vulve accueillante.

Rodan se mit à torpiller avec une fureur mécanique et aveugle. Il lima ainsi la jeune femme consentante jusqu’à ce que l’orgasme le contraigne à répandre une seconde fois des flots impétueux de sperme épais dans l’antre élargie de l’intime cicatrice.

Étrangement, Claudine Burnier sentit le plaisir s’étendre en elle, puis régresser, puis revenir encore, sans qu’elle réussisse toutefois à jouir avec l’intensité qui lui était coutumière. Mais elle n’osa pas protester. Aussi rapidement qu’il l’avait renversée, pénétrée, défoncée, Pierre Rodan se retira de la conque ruisselante, se mit debout et commença à se rhabiller.

– Maintenant, va-t-en ! dit-il sans tendresse. Et si tu surgis dans ce bureau à l’improviste, pense que ton gros châssis fêlé ne vient d’avoir qu’un avant-goût de ce qui le menace réellement…

– Mon gros châssis !… tu pourrais être poli avec les femmes dont tu abuses… Elle protestait ironiquement mais s’habillait malgré tout avec un empressement docile. Quand te reverrai-je ?

– Demain. Je vais voir ton mari… Mais tu peux toujours téléphoner. À moins que ta curiosité intrépide ne t’incite à goûter du fouet…

– Tu es mon tyran préféré ! déclara-t-elle, soudain mutine. Mais prends garde que je ne me lasse un jour de ta domination… Je t’adore…

Et après avoir posé ses lèvres sur la joue du médecin, comme s’il avait été un frère, elle sortit du bureau.

Michel Burnier parcourait distraitement une revue technique. Depuis plus d’un mois, il était allongé, sur son lit ou sur un transat, une jambe presque entièrement dans le plâtre. Un ami de travail lui apportait régulièrement des dossiers. Il avait à portée de la main des livres et des journaux, et la commande à distance de la télévision. Mais si, durant les premiers jours de son immobilisation, il avait trouvé dans sa tâche et dans la lecture l’oubli relatif de son invalidité, il consacrait maintenant de plus en plus de temps à réfléchir à de petits faits d’apparence anodine.

Ce n’était pas encore très clair dans son esprit ou, tout au moins, il n’osait s’avouer à lui-même les fatidiques déductions. Et tant qu’il demeurait sur son lit, aucune preuve ne viendrait modifier son anxieuse inquiétude. Comment aurait-il pu être sûr que sa femme le trompait, ou bien restait chaste, au contraire ?

Il ne possédait aucun indice irréfutable de l’une ou de l’autre hypothèse. Juste des impressions, des ambiguïtés qu’il avait cru saisir. Depuis leur mariage, voici quelques années, ils s’étaient toujours fait parfaitement confiance ; et Michel était certain que, s’il lui avait posé la question, elle lui aurait répondu franchement.

Mais si elle niait ? Le problème était là. Car si elle prétendait qu’elle demeurait toujours une épouse fidèle, ou bien ce serait un mensonge, ou bien elle ne comprendrait pas comment il avait pu avoir ces doutes. Dans les deux cas, leur entente conjugale s’effriterait sur des soupçons plus ou moins justifiés.

Il ressassait une fois encore ces interrogations muettes, le regard perdu entre les lignes de sa revue, lorsque la porte s’ouvrit avec autorité. Peggy venait d’entrer. Tout juste âgée d’une vingtaine d’années, elle était l’infirmière attitrée du docteur Rodan.

Quelle chance, songeait Michel, d’avoir rencontré ce médecin exceptionnel, efficace, et d’une disponibilité qui ne semblait pas avoir de limite !

Peggy venait donc trois fois par semaine lui faire une piqûre, et masser éventuellement ses membres endoloris par l’inaction.

Elle portait ce jour-là un grand manteau enfilé par dessus sa blouse et qu’elle retira dès l’entrée, car il régnait dans la chambre une chaleur douillette.

– Bonjour ! Comment ça va ? lança-t-elle avec légèreté en s’approchant de son malade.

Michel lui répondit par un sourire peu enthousiaste. En fait, il ne souffrait physiquement que de son immobilité et de l’appréhension qu’il éprouvait toujours devant la seringue. Les questions sans réponse qu’il tournait dans sa tête justifiaient bien plus sa morosité persistante.

– Qu’est-ce que vous voulez qui m’arrive ? ironisa-t-il amèrement. La maison ne s’écroule pas, vous surgissez toujours à la même heure et aucun des collègues qui viennent me voir n’a la bonté de me laisser gagner une seule partie d’échecs…

La jeune fille fouillait dans sa sacoche ouverte et préparait la piqûre. Avec la résignation de l’habitude, Michel retroussa sa manche de chemise.

– Et votre charmante jeune femme, elle n’est pas là, aujourd’hui ? s’enquit l’infirmière sur un ton anodin.

– Aie !

L’aiguille venait de pénétrer la peau transparente, au creux du coude. Michel ne jugea pas utile de répondre.

– Bah ! reprit-elle devant son mutisme soucieux. Ne vous en faites pas… d’ailleurs demain on casse votre plâtre. C’est le docteur qui me l’a dit en regardant vos radios… Un peu de rééducation, et vous courrez comme un lapin !

Michel daigna lui sourire à l’annonce de cette bonne nouvelle. Puis Peggy déclara qu’elle devait lui masser le pied. Péniblement, il glissa donc jusqu’à ce que la moitié de ses mollets dépassent du bord du lit. Aussitôt, la jeune infirmière entreprit une savante rotation de l’extrémité engourdie.

Cette gymnastique n’était pas vraiment douloureuse, mais elle exaspérait toujours le patient par sa durée interminable. Comme si la jeune femme avait été très loin de lui, et proche en même temps, il se mit à la contempler avec une curiosité nouvelle et insistante, la détaillant d’un regard parfaitement impudique.

Jusqu’alors, Peggy lui était apparue très agréable à regarder, avec ses cheveux raides et courts et son nez un peu retroussé. Le corps ondulait gracieusement, les hanches trop généreuses peut-être, par rapport à l’étroitesse du buste. Elle n’a pas de poitrine, avait-il songé déjà, en une indifférente constatation. Mais ce jour-là, il la découvrit autrement. Était-ce dû à l’absence de Claudine, sa femme ? En tout cas, le plaisir visuel devenait plus intense. Que portait-elle sous sa blouse ? Il n’apercevait que le col d’un chandail aussi vert que ses yeux en amande. Et puis surtout, il se demanda brusquement qu’elle pouvait être sa vie : encore chez ses parents ? indépendante ? et dans ce cas, avait-elle un amant, un fiancé ?

Il n’avait jamais vu en elle qu’un membre du corps médical, devant lequel on se met nu sans la moindre pensée érotique, une fille jeune certes, mais déjà rendue distante et endurcie par le froid contact technique de corps vieux ou difformes, ou beaux même… quelle importance ?

Maintenant elle s’acharnait à frictionner le pied fragile de ses mains expertes et délicates, et Michel sentait se développer contre son propre ventre l’insidieuse brûlure de son membre excité.

– Parlez-moi donc un peu de vous, Peggy, demanda-t-il avec une apparente désinvolture. Et il poursuivit, comme une banalité : vous me tripotez de partout depuis plus d’un mois, et je ne connais rien de vous…

– Probablement parce qu’il n’y a rien à dire, répondit-elle d’un ton froid. Je ne vais pas raconter ma vie à chaque malade… Ma mère est Anglaise et j’aime le chocolat, cela vous suffit ?

Michel préféra ne pas insister. S’il ne désirait pas avoir l’air trop curieux, il lui fallait opérer autrement.

L’occasion lui en fut bientôt fournie. Afin d’effectuer plus aisément son travail selon un angle particulier, Peggy jugea plus opportun de chevaucher la jambe, en tournant le dos au malade.

D’un mouvement gracieux, elle se recula donc jusqu’à ce que l’extrémité inférieure du plâtre fut maintenue entre ses cuisses. Elle offrait ainsi à Michel Burnier une vue complaisante de son derrière tendu, lorsqu’elle se penchait dans l’effort. Il eut même la sensation que la chaleur de son entrejambe rayonnait au travers du plâtre et ranimait son mollet engourdi.

Se redressant le plus doucement possible, il parvint à s’asseoir sans qu’elle s’en aperçût. Il se trouvait alors tout près d’elle, dans son dos, et pouvait sentir l’odeur de son parfum léger.

Presque involontairement, il avança la main vers l’endroit où la blouse se gonflait comme une large baudruche. Redoutant qu’elle se mette à protester avec véhémence, à l’ultime seconde, il hésita. À peine. Sa paume empoigna la partie basse d’une fesse, à l’endroit où la rotondité est la plus accentuée.

La chair était ferme et souple, et minces les vêtements sous la blouse, car il croyait déjà deviner la douceur fine de la peau.

Il avait accompli son geste, la main toujours en place, qu’il s’étonna soudain : non seulement Peggy n’avait pas murmuré, mais elle poursuivait sa tâche comme si elle n’avait rien ressenti.

Michel s’enhardit. De ses deux mains, il commença à pétrir les troublants globes symétriques. La jeune fille se déhancha presque insensiblement, mais n’eut aucune autre réaction de refus ou d’encouragement.

Continuant à étreindre l’un des hémisphères par dessus les habits, le malade glissa alors son autre main sous la jupe, rencontra sa culotte moulante, apprécia la finesse du grain avec le bout des doigts. Puis il reprit sa double flatterie, patinant maintenant toute l’étendue de cette croupe offerte sans pudeur.

Peggy demeurait toujours silencieuse, occupée à son œuvre, curieusement indifférente. Mais l’ondulation lascive qu’elle imprimait à son bassin prenait une amplitude plus grande. Elle tendait également son fessier charnu contre les paumes moites qui le pétrissaient. Brusquement, elle termina son massage professionnel. Ayant interprété sa complaisance manifeste comme une invitation à des caresses plus intimes, Michel, à l’instant précis où elle allait se dégager, insinua une main résolue entre la chair pulpeuse et le nylon du slip, suffisamment loin pour atteindre les abords de la raie profonde. Et, en même temps, il releva d’un geste autoritaire la jupe et le bas de la blouse. Peggy se dégagea avec aisance, mais assez rapidement pour ne laisser aucune chance à l’homme invalide de remettre la main sur elle.

– Je pense que vous serez content d’être libéré de votre plâtre, dit-elle très calmement en reprenant son manteau. Et elle ajouta en franchissant la porte comme si rien n’était jamais arrivé : Je vous souhaite une bonne soirée !… À demain !

Michel Burnier n’avait rien réussi à dire, encore bouleversé par ce qu’il avait vu. Dans l’envolée de la jupe, toute l’ampleur majestueuse du cul potelé lui était apparue. La peau semblait encore plus douce qu’il ne l’avait imaginée.

Et, sous la culotte parfaitement transparente, il avait discerné, avec une netteté troublante, six ou sept lignes d’un rouge presque noirâtre qui s’enchevêtraient en travers de toute la largeur de la mappemonde immaculée. Il aurait cru à un trouble visuel, tant cette découverte paraissait insensée, s’il n’avait longtemps ressenti à ses doigts, et même après qu’elle fut partie, le relief tragiquement précis de chaque boursouflure.

– Ah, chéri !… Quelle joie ! Sais-tu que je viens de voir le Docteur Rodan ? Il t’enlève ton plâtre demain… N’est-ce pas merveilleux ?

Claudine Burnier embrassa passionnément son mari.

– Peggy, l’infirmière, vient de me l’annoncer. Et où étais-tu ?

À nouveau, la jeune femme plaqua ses lèvres écarlates sur celles de Michel. Leurs langues fébriles s’emmêlèrent, tandis qu’elle s’asseyait près de lui.

– Enfin, on va pouvoir faire quelque chose qui ressemble à l’amour, sans ce maudit fardeau… Qu’est-ce qu’on va s’envoyer en l’air, hein, chéri ?… Remarque, j’espère que tu ne perdras pas l’habitude de me glouglouter l’abricot comme je te l’ai appris… Ton accident aura au moins servi à ça… En échange, je te mâchouillerai plus souvent la coquette… D’accord ?

Michel acquiesçait avec enthousiasme, tout en glissant ses mains tremblantes sous le corsage bien rempli. Il en saisit les deux fruits ronds, en agaça la pointe vite durcie, les patina de tous côtés.

Son épouse, gémissante, frémissante à cette caresse excitée, déboutonna rapidement le pantalon de son mari. Elle ne tarda pas à en ressortir avec habileté un braquemart imposant, présentement figé dans une magnifique érection. Sa petite main délicate parvenait à peine à en faire le tour. Dès qu’elle bougea ses doigts sur la hampe dressée, le large cône terminal émergea de l’enveloppe qui le protégeait comme un diable qui sort de sa boîte, Le gland luisait de l’éclat scintillant d’une fine pellicule baveuse.

Avec délicatesse, Claudine en effleura la pointe d’un index prudent, juste sur le pourtour légèrement plus rouge du méat. Toute la longueur de l’engin vibra de satisfaction.

– Cela va te manquer, ces brelottantes régulières que je te donne matin et soir… Tu les as si vite considérées comme l’un de mes devoirs, au même titre que le ménage et la cuisine…

En même temps qu’elle le taquinait, elle agitait sa main douce, d’un alternatif mouvement vertical au long du mandrin congestionné, tirant la peau jusqu’à toucher les lourdes glandes avec le tranchant de la main, ou bien l’agglutinant sous la couronne évasée de la base du champignon.

Déjà fortement excité par les jeux ambigus auxquels il s’était livré avec son infirmière, et surtout bouleversé plus qu’il ne s’en doutait encore par les cruelles traces de violence qu’arboraient le cul de Peggy, Michel ne résista pas longtemps aux habiles attouchements de sa femme.

Très bientôt la chaude colonne dilatée frémit contre la paume moite de Claudine ; et instantanément, ce frisson fut suivi d’un jaillissement de sperme, en grandes fusées glaireuses, distinctes et livides, qui retombèrent ensuite au milieu des poils frisés, et sur le mince poignet de la masturbatrice étonnée.

– Alors ! Me voilà donc privée de ma becquée ? railla la jeune femme. Tu aurais pu me prévenir, me dire que tu allais cracher ton venin. Je me serais penchée à temps, plutôt que de perdre tout ça…

Et, pour se consoler, elle lécha le côté de sa main, à la base du pouce et dessous son index, exactement comme un chat qui mouille le bord de sa patte. Puis Michel l’attira tendrement contre lui, la berçant, glissant une main sous sa robe, entre les cuisses fuselées, et ses doigts atteignirent la corolle secrète.

– Mais dis donc ! s’exclama-t-il brusquement, tu es toute mouillée ma petite salope… Ah, que je te reconnais bien là : ça t’excite de me branler, n’est-ce pas ?

Elle ne répondit pas à cette fatuité.

Bien que les mouvements qu’il pouvait se permettre fussent assez limités, Michel dévêtit son épouse, d’ailleurs tout à fait consentante, non sans couvrir de baisers passionnés chaque parcelle de peau soyeuse qu’il mettait ainsi à nue.

Quand elle fut toute déshabillée, l’orgueilleux calibre de son mari avait retrouvé une expansion prometteuse.

Étant donné son infirmité temporaire, la jeune femme vint s’accroupir au-dessus de lui, et, en quelques passes précises, s’empala délibérément sur le calibre vertical, pesant de tout son poids pour que la base de ses fesses vienne se poser sur les cuisses de son époux.

Alors, avec une légèreté sautillante, pliant ses jambes galbées avec une admirable souplesse, elle s’empila ardemment sur le membre viril qui occupait sa crique au point de la distendre.

Elle se relevait jusqu’à ce que le champignon poisseux demeure seul engagé dans la brèche déjà humide. Elle tombait presque durement, et engloutissait le braquemart, s’abandonnant à la pesanteur, comme une gamine sur un toboggan. Parce que la dernière jouissance de Michel garantissait une plus durable rigidité, elle caracola ainsi aussi longtemps que ses propres forces le lui permirent.

Le plaisir voluptueux l’envahit, en ondes toujours plus bouleversantes, lui retirant bientôt toute son énergie. Lorsque, essoufflée, perlée de sueur, étincelante de lubricité, elle glissa, après un bond ultime sur le goupillon ruisselant, celui-ci cracha, au tréfonds de sa cicatrice, une abondante giclée de liqueur bouillonnante.

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