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Résumé

Comment Charles décida Marie-Claude, sa femme, à ?l’accompagner dans les boîtes échangiste, il n’aurait su se ?l’expliquer vraiment. Il en mourait d’envie, il lui en fit part, et elle accepta. C’est tout. Quand ils se présentèrent, la nuit, dans un vague night-club, quelque part dans une banlieue grise, ils ignoraient qu’ils commençaient leur descente aux enfers. Il n’y avait que Jean-Charles Rhamov pour donner vie à un ?personnage féminin de cette dimension. S’il est sombre, son univers n’en demeure pas moins un éblouissement érotique où se mêlent talons aiguille, bas à couture et lanières de cuir, dans un enchevêtrement de situations humiliantes et de gémissements voluptueux.

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CHAPITRE PREMIER

Comment décida-t-il Marie-Claude à l’accompagner dans les boîtes échangistes, il n’aurait su l’expliquer. Pourquoi accepta-t-elle ? Ça restera un mystère.

Un soir d’avril, il rentra comme à son habitude. Le soleil, encore haut dans le ciel, promettait déjà la douceur de mai. Des gamins remplissaient le trottoir de leurs cris stridents. Il jeta sa serviette dans l’entrée, embrassa Marie-Claude venue à sa rencontre. Sans plus attendre, il parla d’un nouvel établissement dont on lui avait parlé. Un vague collègue de travail, qu’il ne cita pas, lui avait relaté une expérience amusante, dans un lieu proche du centre-ville, en compagnie d’une secrétaire de l’entreprise. Il ajouta quelques détails dont son collègue avait parlé : piscine à l’intérieur de la boîte, population féminine plutôt dévêtue… Il s’étendit sur d’autres détails, ceux-là inventés, tels que des corps entremêlés, des femmes offertes par leurs amants à des étalons…

Marie-Claude le laissa parler avec une attention marquée. Il n’y avait rien dans son attitude qui puisse laisser croire à un quelconque intérêt pour la chose, mais pas non plus de désapprobation. Elle prit le discours comme une proposition, à mots couverts, certes, mais une proposition quand même, et l’accepta sans plus de cérémonie. C’est tout.

Elle-même, d’ailleurs, n’aurait peut-être pas expliqué les véritables raisons de son acceptation. Sans doute avait-elle perçu, bien avant que Charles n’en fasse état, la lassitude de leur couple. Sans doute aussi savait-elle depuis longtemps que le dernier ciment qui les liait consistait dans l’habitude qu’ils avaient d’eux-mêmes, avec son cortège de non-dits, de rancœurs inavouées, de conflits larvés. Elle avait conscience, depuis un certain temps, qu’un jour, il lui faudrait faire preuve d’imagination et payer de sa personne si elle ne voulait pas tout perdre.

 

*

*   *

 

Elle avait rencontré Charles à l’université. Il terminait des études de commerce ; elle tentait de faire illusion pour la deuxième année consécutive sur les bancs de la fac. Ce n’était pas de l’inconscience. Elle vivait sa situation comme une période initiatique d’où elle émergerait à l’âge adulte. De tout temps, elle avait fait confiance à sa bonne étoile. Son attitude nonchalante, sa façon d’éluder les choses avaient fini par lasser son entourage, par faire le vide autour d’elle.

C’est à l’occasion d’une soirée étudiante qu’ils se rencontrèrent. Les boucles blondes de la jeune femme, ce regard détaché qu’elle portait sur les êtres et les choses, le fait que, malgré son évidente beauté, elle paraissait seule, tout cela plut à Charles qui engagea une conversation banale à laquelle elle ne se déroba pas. Quelques minutes plus tard, sans trop savoir pourquoi, ils dansaient dans les bras l’un de l’autre. Aucun des deux n’aurait pu affirmer qu’il s’agissait d’un coup de foudre. Pas de choc violent ni de forte émotion. Simplement, ils avaient le sentiment de s’être rangés à l’évidence.

Dès cet instant, ils ne se quittèrent plus et quelques mois plus tard, après que Charles eut obtenu son diplôme et eut intégré la direction d’une grande entreprise de transport, ils convolaient en justes noces à la satisfaction générale. Il était manifeste pour tout le monde qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.

Dès lors, leur vie se déroula au rythme des saisons, de repas de famille en vacances. Mais très vite, comme tous les couples qui ont sacrifié à des pulsions irrépressibles, la vie leur parut fade. Après deux ou trois ans de phrases convenues et de dîners sans fin chez beau-papa ou belle-maman, ils sombrèrent dans les habitudes. Charles restait tard au bureau pour définir un nouveau projet, ou pour terminer un compte-rendu urgent. Quant à Marie-Claude, elle s’attardait au club-house du tennis ou dans des thés entre femmes désœuvrées.

Ils s’ennuyaient.

Quand Charles engagea la conversation sur le nouveau club qui avait vu le jour en centre-ville, et sur les commentaires de son collègue, la jeune femme tendit l’oreille, prête à relever toute idée propre à secouer sa lassitude.

La suite se fit d’elle-même. Il la guida vers la chambre ; elle dégrafait déjà son chemisier, et ils roulèrent sur le lit dans un fou rire qui se mua rapidement en un silence fiévreux. Le feu des corps n’accepte pas la plaisanterie. Maladroitement, elle s’attacha à défaire la ceinture de Charles tandis qu’il s’escrimait sur les bretelles du soutien-gorge. Puis il l’embrassa avidement, glissant sa langue entre les lèvres. Maintenant, la jeune femme était quasiment nue. Le corps parcouru de frissons irrépressibles, elle aida Charles à faire glisser le string en s’arc-boutant.

Enfin, elle s’ouvrit en un geste d’abandon ; la main du jeune homme prit possession du sexe féminin pour entamer une série de caresses profondes qui eurent pour effet de lubrifier et d’élargir les muqueuses.

Charles releva le buste pour mieux apprécier la situation. La poitrine arrogante tendait ses pointes brunes ; le regard de Marie-Claude se faisait flou. Il malaxa les grandes lèvres, en prenant garde d’éviter le capuchon d’où émergeait le bouton rose. Il ne s’agissait pas de lui donner un orgasme rapide. Il fallait la faire languir, créer le manque, porter le corps à l’exacerbation jusqu’à ce qu’elle s’abaisse à quémander la délivrance. Il savait qu’elle ne résisterait pas longtemps avant de supplier et il jouissait déjà de la certitude de sa victoire. Il ne songeait pas à la pénétrer. Il voulait tirer d’elle des gémissements, des halètements, des cris de jouissance. Et il connaissait toutes les ruses pour parvenir à ses fins. Le corps de Marie-Claude n’avait pas de secrets pour lui.

La jeune blonde tenta bien de saisir le membre masculin pour s’en amuser, mais il se déroba à la caresse et poursuivit le travail de sape. Quand il devinait la jeune femme aux rives du plaisir, il diminuait la pression, ne jouait plus que par de légers effleurements justes aptes à contrôler l’excitation, sans procurer l’exutoire. Il pratiqua ainsi de longues minutes, jusqu’à ce qu’elle ne sente plus rien. Les terminaisons nerveuses, usées de tant d’attente, ne réagissaient plus au malaxage masculin. Les lèvres s’asséchèrent bientôt et il sut qu’il avait à changer de stratégie. Le sexe est un combat où seule la reddition de l’autre présente un intérêt.

Il s’attacha dès lors à tourmenter habilement la belle poitrine, faisant saillir les tétons durcis entre ses doigts. Puis il revint au centre de la féminité et décalotta le clitoris. Avec délicatesse, il débuta une lente stimulation du fragile organe féminin jusqu’à percevoir le retour du liquide tiède qui inondait l’entrejambe de Marie-Claude. Satisfait de sa technique, heureux de constater une fois de plus la réaction du corps de la jeune femme à ses caresses, il ralentit le mouvement, modéra le supplice des mamelons écarlates.

Cela dura un long moment, pendant lequel le ventre féminin fut amené de nombreuses fois aux limites du supportable. A chaque instant, quand il le décidait, Charles ramenait sa compagne sur les berges de la conscience en brisant le rythme délicieux. Vint ensuite une phase où elle perdit la notion de son corps tant l’exacerbation des sens et l’absence de jouissance avaient fait d’elle un tison brûlant. Cessant d’être une femme, elle devint femelle et ferma les yeux, balançant les fesses, projetant sa vulve vers la main de l’homme en haletant.

Une fois de plus, certain d’avoir vaincu, Charles cessa toute action. Il maintint toutefois un reste de fièvre en gardant une main en cocon sur les lèvres brûlantes.

La tension retomba. Le rythme cardiaque se fit plus régulier. Le jeune homme reprit son souffle avant de se glisser contre elle, dans un corps-à-corps langoureux. Il savait maîtriser les phases de tendresse, et même en pareil cas, il continuait à maintenir la fièvre sexuelle. Il semait de baisers l’épaule nue de Marie-Claude, se perdant parfois jusque sous les boucles blondes, au ras de la nuque. D’une main, il soupesa le galbe d’un sein ; de l’autre, il éprouva la délicatesse de la peau à l’intérieur des cuisses, évitant machiavéliquement les parties plus sensibles.

La jeune femme se laissait faire, espérant une suite. Elle savait d’expérience qu’en quelques manipulations précises, elle aurait pu se procurer l’extase, son corps étant à bout. Mais elle n’ignorait pas non plus que Charles se vexerait, qui considérait l’orgasme de sa compagne comme une chasse gardée. Elle se devait à lui et n’avait pas à le priver de cette prérogative. Elle attendit donc qu’il veuille bien lui octroyer le plaisir.

Mais il était dit qu’il ne se presserait pas. Il changea de tactique.

— Tu imagines quand un autre homme te prendra ?

Elle ne sut quoi répondre, cherchant une logique à la question.

— Quand tu seras dans la boîte dont je t’ai parlé… tu imagines ce qu’il te faudra faire sans pouvoir reculer ?

Disant cela, il reprit doucement possession de son intimité, débuta un lent massage des nymphes.

— Tu te vois à demi-nue au milieu d’une piste de danse, sous les regards des autres ?

Il cessa de parler, accentua sa masturbation. Il encercla de ses doigts le capuchon du clitoris, s’activa dans un va-et-vient aux conséquences humides.

— Continue ! murmura-t-elle.

Réclamait-elle un surplus de tendresse, ou l’incitait-elle à poursuivre son discours ? Dans le doute, il prit le seul parti valable. Il appuya davantage ses caresses et se remit à parler. Il décrivait, sans y être jamais allé, une boîte de nuit où se mêlaient des couples, dans un enchevêtrement de corps ruisselants de sueur. Il évoquait les râles de plaisir des femmes sous les assauts répétés d’éphèbes musclés. Il s’emportait dans des propos lyriques sur les rapports lesbiens, émaillant son discours de mots tels que « nymphomanie » ou « saphisme », pour s’attarder sur quelque image à caractère SM, décrivant par le menu des caresses salaces et des orgasmes sans fin.

Marie-Claude buvait les paroles de Charles. Elle n’était plus qu’un brûlot avide de plaisir. Le jeune homme avait pris possession de son sexe et ne mesurait plus ses efforts pour amener sa victime à l’orgasme. Il était parvenu à l’oubli de soi-même. Il oubliait les crampes qui torturaient son bras.

Enfin, elle vibra. Perdue dans une fièvre qu’elle ne maîtrisait plus. Elle se laissa emporter par une vague plus forte, hoqueta son plaisir durant de longues secondes dans des gémissements rauques, des contractions désordonnées, avant de s’abattre, à demi inconsciente sur le lit.

Charles l’admirait, la gorge serrée par le spectacle qu’elle avait donné de son extase. Enfin, à bout de souffle, il s’allongea sur elle, glissa son membre dans le fourreau. En quelques va-et-vient, il explosa, puis ferma les yeux à son tour, comme pour se fondre en elle.

Dehors, le soir tombait ; on entendait des cris d’enfants au bout de la rue.

 

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