DRESSE A L’EFFROI

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MERODACK Robert

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BDSMpunitionSM


Broché / 160 pages


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Résumé

Les couloirs du château résonnaient de claquement de fouet et de cliquetis de chaînes. Souvent jaillis des mêmes lèvres les cris de douleurs alternaient avec les gémissements de plaisir. Un jour comme les autres pour Estelle, jeune fille délurée lancée malgré elle à la découverte des harmonies cruelles…… Un jeu entre adultes consentants, à l’abri des regards indiscrets… Et brusquement surgissent des caméras, et un visiteur excentrique, exigeant, avide de performances outrée et d’exhibitions scandaleuses, auquel elle est vendue, comme une esclave, pour de l’argent. Pour de vrai. Outre ce maître impitoyable, soucieux de son seul plaisir, Estelle doit affronter les jalousies de ses rivales aussi jeunes qu’elle, mais autrement vicieuses et déjà rompues aux plus complaisantes soumissions. Trahie, abandonnée, elle ne connaît plus aucune consolation. Juste la douleur sans cesse renouvelée et l’effroi permanent.

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La première fois qu’Estelle entendit évoquer le nom de Martin Quintana, elle n’y prêta pas une grande attention. Elle servait des digestifs et des boissons chaudes après le dîner, dans le salon bleu, en compagnie de Viviane, une jolie fille brune de vingt-sept ou vingt-huit ans, petite et gracile, et dont les seins généreux, presque disproportionnés, attiraient le regard.

Toutes deux portaient une tenue de soubrette modifiée pour convenir aux mœurs du château. Des manchettes de dentelle blanche recouvraient les bracelets de cuir de leurs poignets, unis par une chaîne qui cliquetait parfois sur le bord d’une table. À leurs chevilles, un mince lacet de cuir reliait des bracelets identiques. Cette entrave légère évitait le raclement sinistre des chaînes sur le sol, mais elle était tout aussi contraignante. Si elles ne prenaient pas garde à marcher à pas mesurés, le lacet avait tôt fait de se briser, ce qui leur valait, inévitablement, une punition.

Outre des bottines à talons Louis XV, noires, vernies, et la coiffe traditionnelle, elles n’étaient revêtues que d’un étroit tablier, noir à liseré blanc, accroché par des épingles à nourrice plantées sous la peau, aux sommets des mamelons, car ni l’une ni l’autre n’avaient les seins percés.

Tandis qu’elles faisaient leur service, évoluant en silence parmi les convives, Estelle saisit quelques bribes de la conversation.

– Martin a-t-il toujours cet épervier dressés demandait Linda.

Son interlocutrice, une grande jeune femme pâle, d’une trentaine d’années, aux cheveux châtain roux et aux gestes posés, fit une grimace à la fois amusée et un peu dégoûtée.

– Non, la pauvre bête est morte l’an dernier… C’est vrai que vous n’étiez pas ici quand il est venu en janvier… Il avait prévu d’ouvrir son expo de KalverStraat en lâchant un passereau dans la galerie, que l’épervier aurait ramené sur la table du buffet et déchiqueté devant les invités. Évidemment, on aurait servi des cailles rôties en guise d’amuse-gueulé Il n’avait plus le temps de trouver un rapace dressé, alors, il a profité de son séjour ici pour acheter toutes les poules noires qu’il a pu trouver dans les villages environnants et il a organisé une cérémonie vaudou… Connie jouait Mama Loï.

– Mes ancêtres ont dû se retourner dans leurs tombes, expliqua en riant une petite femme âgée, au fort accent américain. Mais je crois que c’est Mélusine qui a conservé le pire souvenir de cette aventure après s’être fait conduire par elle chez des paysans, au volant d’une Rolls blanche, Martin Quintana n’a jamais voulu mettre les poules dans le coffre, si bien qu’elles volaient partout et que Mélusine est rentrée couverte de fente ! Elle en avait jusque dans les cheveux…

L’épisode avait dû marquer la vie du château : Viviane, toujours prête à rire, réprima un gloussement qui. fit ballotter ses seins rebondis. Quelques gouttes de thé coulèrent à côté de la tasse qu’elle était en train de remplir.

– Eh bien, Viviane ! intervint Linda d’une voix sévère.

Pour autant qu’Estelle savait, Linda, sa mère, était la seule personne présente dans ce salon susceptible de jouer les hôtesses. Les cinq autres convives, trois hommes et deux femmes, se comportaient comme des visiteurs.

– Pardon, madame, dit Viviane en se mordant la lèvre.

– Tu demanderas à Ludovic de te donner deux coups de cravache sur les seins, et tu viendras nous montrer le résultat.

Des larmes surgirent aussitôt dans les grands yeux gris.

– Bien, madame… souffla-t-elle d’une voix mal assurée.

Quand les soubrettes se retrouvèrent seules dans le couloir, Viviane grinça entre ses dents.

– La garce !

– Eh ! C’est de ma mère dont tu parles, dit Estelle en souriant.

Viviane se radoucit.

– Oui, tu as raison… Ce n’est pas le moment de se laisser aller… Mais je pense quand même que c’est une garce de me faire fouetter par Ludovic. As-tu remarqué le mec avec la balafre ? Il est craquant, non ? Moi, je lui offre mes seins à fouetter quand il veut ! Et le reste avec, évidemment !…

Toutes les esclaves résidant au château se plaignaient des manières brutales, mécaniques, de Ludovic. Estelle avait déjà eu l’occasion de souffrir de ses mains, et elle comprenait l’angoisse de Viviane.

Quant à l’attitude de sa mère, Estelle avait eu l’occasion, en quelques jours, de considérer sous un angle nouveau…

Tandis qu’elles retournaient aux cuisines, leurs talons résonnant sur les parquets sonores, Estelle fut brusquement frappée de l’étrangeté de sa situation. Moins d’une quinzaine de jours plus tôt, elle était une adolescente comme les autres. Elle revenait de vacances. Deux mois à s’éclater joyeusement aux des Canaries. Mais à son retour à Paris, elle avait découvert une cassette vidéo montrant Linda, sa mère, au centre d’une orgie sadomasochiste. Tour à tour fouetteuse et fouettée. Cruelle et humiliée. Le lendemain, Estelle était kidnappée. par des hommes qui l’amenaient à Cœur-Cognant, une grande propriété cernée de hauts murs à l’abri desquels se déroulaient d’intemninables jeux de domination et de soumission. Et Linda participait activement à ces violences quotidiemes. Maintenant, en parcourant ce gigantesque couloir dans une tenue de soubrette obscène et un peu ridicule, Estelle s’étonnait de ne pas avoir deviné plus tôt le secret de sa mère.

Séquestrée, violée, sodomisée, fouettée, ligotée, elle avait reçu la promesse que rien ne lui serait infligé dont elle ne puisse guérir. Et que, le 30 septembre, elle pourrait partir librement, ou décider de partager les rites de cette étrange communauté de pervers. Durant tout ce temps, elle serait esclave, sans avoir la moindre chance de s’échapper. Elle avait déjà essayé et elle ne recommencerait pas.

– Écoute, qu’est-ce qui empêche que je te les donne, ces deux coups de cravache ? Avec un peu de chance, personne n’en saura rien.

Viviane lui lança un coup d’œil incrédule.

– Tu ferais ça pour moi ?

– Pourquoi pas ?

À dix-neuf ans, Estelle n’avait jamais frappé personne mais elle se doutait qu’on le lui demanderai un jour prochain : elle avait déjà vu des filles qui, tout en ne jouant jamais que des rôles d’esclaves, recevaient l’ordre de battre ou d’humilier une constant, voire quelqu’un qui tenait a priori un rôle dominant… Alors, commencer aujourd’hui ou demain, quelle différence ? Ce serait sa manière à elle de compenser la rigueur de sa mère.

Mais Viviane paraissait méfiante.

– Je veux bien… lâcha-t-elle enfin. Seulement dis-toi que, si la situation était inversée, je ne te rendrais pas le même service.

– Et pourquoi ?

– Parce que je ne suis pas maso, voilà pourquoi !… Si on se fait prendre, nous serons punies toutes les deux. Alors je tente ma chance parce que tu me le proposes et que, de toute façon, je n’y couperai pas, mais je trouve que la solidarité n’a aucun sens ici… Nous sommes là de notre plein gré : je ne vois pas pourquoi je risquerais de me faire punir pour une autre…

Estelle faillit répliquer qu’elle n’avait pas choisi d’être ici, mais la vérité était plus subtile. Amenée de force, certes, elle avait rapidement admis que la cruauté même de ces jeux rendait l’atmosphère extrêmement sensuelle et excitante, et elle avait librement accepté de vivre cette aventure jusqu’à la date convenue.

Elle haussa les épaules…

– Tu fais comme tu veux.

Viviane sentit son désappointement.

– Ne le prends pas mal… dit-elle en lui déposant un baiser furtif sur les lèvres. Je sais bien que tu veux te montrer gentille, mais j’aime que les choses soient claires…

Elles se turent pour s’engager dans le second couloir et seul le claquement de leurs talons hauts troubla silence. Ni l’une ni l’autre n’avaient le droit de parler sans permission et si elles croisaient quelqu’un, homme ou femme, occupant un rôle dominant, il serait en droit de les punir sur-le-champ, de la manière qu’il lui plairait.

Le châtiment pour de telles infractions était rarement sévère, mais ce n’était pas le moment de se faire prendre pour une broutille…

Elles ne croisèrent que Sylvie, la grande blonde, qui, elle aussi, transportait des boissons.

– Sais-tu où est Ludovic ? demanda Viviane d’un ton de conspiratrice.

– Je crois qu’il est avec Daniel à regarder le match à la télé

D’un mouvement de menton, elle désigna l’aile Ouest.

– Méfiez-vous quand même… ajouta-t-elle, se doutant bien que les deux filles s’apprêtaient à enfreindre les règles.

La grande cuisine était vide, d’un blanc un peu sinistre sous les néons blafards, malgré la batterie scintillante de récipients de cuivre qui couvrait la moitié d’un mur. Avec des mines de comploteuses, Estelle et Viviane s’assurèrent qu’il n’y avait personne aux alentours.

– Bon ! Quand faut y aller, n’est-ce pas ?…

D’un geste résigné, viviane alla décrocher une cravache de cuir suspendue près d’une porte et la tendit à Estelle d’une main mal assurée.

– Vise bien, surtout ! Et puis vas-y franco. Ludovic n’est pas le genre à frapper de travers. Il faut que ça ait l’air vrai.

Calant ses fesses contre la table, elle ramena les mains contre ses hanches. La chaîne qui reliait ses poignets faisait un pli dans le tablier, en travers de son ventre, et l’empêchait d’écarter les bras comme elle le désirait, mais elle parvint tout de même à crisper ses doigts sur le bord de la table et, après avoir pris une profonde inspiration, elle releva la tête vers le plafond, la poitrine tendue en avant.

Estelle fit siffler la cravache devant elle pour s’assurer qu’elle en évaluait bien la souplesse, puis elle se plaça de côté.

– Serre les dents !

Les seins de Viviane haletaient, soulevant le plastron du tablier piqué dans la chair. Heureusement, les gros globes d’ivoire bleuté offraient une surface immanquable : un coup mal asséné aurait pu arracher les épingles qui perçaient la peau granuleuse des aréoles.

Le cuir résonna d’une façon impressionnante dans le vide de la pièce. Une longue bande muge apparut sur les seins offerts, à peine interrompue par le sillon moelleux qui les séparait. Viviane expira comme une noyée qui sort de l’eau.

– Oh, la vache, ça fait mal !…

– Excuse-moi, mais…

– Ne t’excuse pas ! Recommence !… Et plus fort, cette fois. Ce coup était limite….

– Tu crois ? demanda Estelle qui pensait avoir frappé de toutes ses forces.

– Je crois pas, j’en suis sûre ! Allez ! Vas-y vite, avant que je me dégonfle…

Stimulée par la détermination de sa victime, Estelle cingla sans réfléchir, presque sans viser. Durant un instant, elle eut l’impression de voir la tresse de cuir s’incruster dans le volume même des seins.

Les yeux révulsés, les mains toujours crispées sur le bord de table, Viviane se dandina d’avant en arrière en grognant entre ses dents serrées.

– Pince-moi la chatte, pince-moi la chatte !

Encore surprise d’avoir fouetté si fort, Estelle demeura immobile pendant une seconde, comme si elle ne comprenait pas l’urgence de la requête.

– Prends-moi la choune à pleine main ! Vite !

Empoignant le pubis rasé de sa compagne, Estelle pressa cette motte charnue comme elle l’aurait fait d’un citron. Elle obtint un résultat comparable : elle sentit sourdre dans sa paume et autour de ses doigts un jus brûlant, liquide, à peine visqueux, qui s’écoula sur son poignet. Enhardie, fascinée, elle entreprit alors de malaxer le sexe de Viviane jusqu’à ce qu’il soit vidé de cette liqueur de volupté. Elle enfonçait ses doigts, tirait les lèvres poisseuses ou frottait habilement pour entretenir la jouissance.

Le souffle court, la brune hoqueta de plaisir durant plusieurs minutes.

Lorsqu’elle eut retrouvé son calme, Estelle se moqua gentiment.

– Heureusement que tu m’as dit que tu n’es pas maso…

Viviane fit une grimace boudeuse puis observa les deux lignes rouges qui ornaient sa poitrine. D’un index prudent, elle effleura le relief d’une boursouflure.

– Celle-là est vraiment belle… Je crois que ça passera…

Estelle allait raccrocher la cravache.

– Tu pourrais me dire merci, quand même…

– Je ne dis merci qu’à mes maîtres, répondit Viviane avec conviction. Maintenant, faut que j’y retourne…

Elle se dirigea vers la porte, mais Estelle lui barra le chemin en cinglant l’air de sa cravache, avec la vivacité d’une escrimeuse.

– Pas avant de m’avoir dit merci !

Durant quelques secondes, Viviane soutint son regard. Elle hésitait entre sa fierté et les conséquences d’un affrontement

– Tu seras punie, toi aussi !

– Et alors ? Un peu plus, un peu moins, tu sais, ça n’a pas beaucoup d’importance !… Nous sommes toutes ici de notre plein gré, n’est-ce pas ?

– Tu es bien aussi garce que ta mère ! marmonna finalement Viviane. Enfin… Je te remercie de m’avoir épargné un tête-à-tête avec Ludovic…

Feignant d’être pressée de retourner au salon ainsi qu’elle en avait reçu l’ordre, Viviane fit un pas de côté pour sortir, mais Estelle n’avait toujours pas replacé la cravache et elle la pointait en direction du visage de sa compagne.

– Ne crois pas que tu vas t’en tirer ainsi ! Je veux que tu y mettes un peu plus de sincérité… À genoux ! Et tu me la joues humble ! Et tu me baises les pieds !

Viviane comprit qu’Estelle ne la laisserait pas s’éloigner sans avoir obtenu ce qu’elle voulait. Alors, elle s’agenouilla et pencha le visage vers le sol.

– Je te remercie, Estelle, d’avoir bien voulu me fouetter les seins…

Ses lèvres se posèrent sur le cuir noir d’une bottine.

– C’est bien… Nous sommes quitte. Mais j’espère qu’à l’avenir, si une situation identique se présente, tu sauras te montrer solidaire de tes compagnes de servitude…

– J’ai compris la leçon, dit Viviane en se relevant.

Elle singea un sourire en franchissant la porte de la cuisine puis, quand elle eut parcouru quelques mètres, elle se retourna et leva le poing en direction d’Estelle, le majeur dressé dans un geste obscène.

– J’ai compris la leçon, répéta-t-elle en criant presque, mais ça ne veut pas dire que je l’appliquerai !

Une demi-heure après le départ de Viviane, alors qu’elle rangeait du linge sous la surveillance d’Odette, Estelle fut rappelée dans le salon bleu. Elle s’y rendit aussitôt, un peu inquiète. Un détail imprévu avait pu les trahir. Ou bien Viviane elle-même aurait avoué le subterfuge, par contrainte ou par simple malice ?

Il régnait dans le salon une atmosphère de débauche paisible.

Viviane, débarrassée de son tablier de soubrette, était arc-boutée sur un pouf de cuir. De chaque côté, sa main était attachée à sa cheville ; tout son corps formait une roue. Le jeune homme à la balafre, à genoux derrière sa tête, lui enfonçait sa verge jusqu’au fond de la gorge tandis qu’un autre invité plus âgé, placé entre ses cuisses, lui garnissait le ventre de minuscules pinces en plastique multicolores qu’il disposait en arabesques symétriques. En le voyant, Estelle l’imagina en train de placer avec le même soin des soldats de plomb sur la maquette d’un champ de bataille célèbre : il mettait une telle gravité dans chacun de ses gestes ! Le ventre de Viviane, était-ce Austerlitz, Waterloo ?

Estelle remarqua aussi les longues lignes rouges qui couvraient le dessous de ses seins renversés par la position. Ils avaient dû utiliser un fouet, car les marques, courtes, avaient fait naître des hématomes bleus ou violets et, à trois ou quatre endroits, la peau tendre s’était déchirée. Le visage enfoui sous les couilles du garçon à genoux, Viviane respirait bruyamment en ondulant un peu des hanches chaque fois qu’une nouvelle pince lui mordait la chair.

La vieille Américaine, alanguie sur son fauteuil, observait la scène avec une attention fébrile. Fripée, hâlée, les mains couvertes de bijoux à la richesse tapageuse, vêtue de lourds vêtements chamarrés, Estelle lui trouva l’allure inquiétante d’une cartomancienne.

Plus loin, indifférents au sort de Viviane, les deux autres convives bavardaient avec Linda.

Estelle vint se placer devant sa mère, attendant qu’elle lui dise ce qu’on attendait d’elle.

– Lionardina voulait te voir…

C’était la jeune femme blême qui, tout à l’heure, avait parlé de l’épervier. D’une voix chaude et grave, presque masculine, elle demanda à Estelle de tourner plusieurs fois sur elle-même, puis de se livrer à quelques contorsions licencieuses, révélatrices, pour lui présenter ses seins, son ventre, ses fesses.

– Comment t’appelles-tu ?

– Estelle, maîtresse.

– Tu pleures facilement quand tu es fouettée ?

La jeune fille hésita une seconde. Quelle réponse cette femme attendait-elle ? Estelle était là pour plaire et elle cherchait à se conformer de son mieux aux désirs de ceux et de celles à qui elle devait donner du plaisir. Ignorant les goûts de cette inconnue, elle n’avait pas d’autre choix que d’être sincère.

– Non, maîtresse. Je ne crois pas…

Une ombre passa sur le front de Lionardina.

– Tu feras en sorte de pleurer pour moi… Attends-moi dans ma chambre à onze heures et demi. Tu peux disposer.

– Bien, maîtresse.

Estelle fit une rapide révérence et sortit, soumise et souriante, comme une fille bien élevée et soucieuse de faire honneur à sa mère, même si les bonnes manières qu’elle devait respecter ici étaient peu communes !

À l’heure dite, elle alla frapper sans appréhension à la porte de Lionardina. Comme il n’y eut pas de réponse, elle entra.

– Ah, quand même !

Assis devant un secrétaire, Daniel était en train de regarder l’image sautillante d’une petite télévision.

– Ce n’est pas la chambre de Lionardina ? demanda Estelle avec étonnement.

– Si, mais je dois m’occuper de toi avant qu’elle n’arrive, affirma le garçon en se relevant.

D’un pas, il fut sur elle et, sortant une petite fiole de sa poche, il lui arrosa le mamelon droit.

– Tu es bien docile, n’est-ce pas ? Tu ne vas pas faire de difficultés ?

Ces questions commencèrent à inquiéter Estelle.

– N… non… Qu’est-ce que vous allez me faire ?

– Tais-toi.

Le liquide de la fiole, tiède d’avoir séjourné dans les vêtements du garçon, lui échauffa rapidement tout le sein. Il dégageait une forte, odeur d’alcool. Daniel retira alors l’épingle à nourrice qui retenait encore le plastron du tablier d’Estelle. Une petite goutte de sang perla et elle éprouva un picotement vif. Puis l’autre épingle fut aussi habilement retirée.

Il lui ôta ensuite sa coiffe et ses manchettes de dentelle.

– Maintenant, je vais enlever tes bracelets…

Estelle les portait depuis son deuxième jour au château et cette annonce accrut son anxiété. À quelques reprises, on avait remplacé ceux-ci, de simples sangles épaisses garnies de trous rivetés, par d’autres bracelets ou d’autres entraves plus sophistiquées, mais on les lui avait toujours remis ensuite. Ils étaient devenus pour elle le symbole de sa condition, la preuve qu’elle avait un rôle à joueur ici, même quand elle était seule et aurait pu se sentir libre…

Il n’y avait aucun accessoire de contrainte visible dans la chambre, et Daniel ne se serait pas exprimé ainsi si cette mesure n’avait pas eu un caractère exceptionnel. Quel nouveau supplice allait-elle donc devoir subir ?

– Mets-toi à genoux là-dessus.

Daniel désignait le secrétaire. Il n’allait quand même pas se pencher pour lui délivrer les chevilles ! Tandis qu’il faisait cliqueter ses clefs contre le cadenas, Estelle songea pour la première fois aux statuts étranges des garçons comme Daniel, Ludovic ou Edmond, qui faisaient office de garde-chiourme. Ils avaient un essaim de jolies filles nues et dociles à leur disposition, mais ils devaient aussi effectuer un certain nombre de tâches fastidieuses.

À quatre pattes sur le meuble, elle lui présenta ses fesses à quelques centimètres du visage, ce qui, pour beaucoup d’hommes, auraient été une situation très excitante, mais Estelle songea que Daniel aurait peut-être préféré regarder tranquillement la fin du match…

– Allonge-toi par terre.

D’un bond, maintenant intégralement nue, Estelle obéit. Daniel s’avança au-dessus d’elle et défit la ceinture de son pantalon. Elle s’attendait à ce qu’il la prenne rapidement, furtivement, pour son seul plaisir, mais il s’agenouilla près d’elle et commença à la caresser. Pendant une seconde, la jeune fille se demanda s’il se passait vraiment une chose grave, qu’elle devait redouter, puis sa sensualité lui fit tout oublier.

Daniel lui embrassait les seins, lui pétrissait la nuque, la choyait avec volupté, sans violence, sans rien exiger. Elle frémit quand il lui explora le ventre et, les cuisses déjà ouvertes, elle attendit impatiemment l’instant où il allait la pénétrer.

Dès qu’il fut en elle, elle éprouva un soulagement apaisant, puis une envie réelle. Le plaisir apparut. Elle sentit monter sa jouissance. Lançant les jambes autour de la taille du jeune homme, elle s’accrocha à son cou et projeta son ventre vers lui, pour qu’il puisse la pénétrer plus intensément.

– Oh, oh ! s’écria-t-il.

-Qu’est-ce qu’il y a ?

Daniel ne répondit pas. Il s’immobilisa Il restait toujours enfoncé en elle et bougeait à peine. Cette interruption fit renaître l’inquiétude d’Estelle. Son plaisir reflua, comme la vague qui creuse le sable sous les pieds en se retirant et donne l’impression qu’on va perdre l’équilibre.

Le garçon ne semblait pas impatient de jouir. Il ressortait sa verge jusqu’à ce que seule la pointe de son gland reste posée à l’entrée du vagin, puis il revenait peu à peu à l’intérieur, aussi loin qu’il pouvait, et reculait encore. Avec une lenteur exaspérante. Soudain, Estelle comprit son jeu : il entretenait son excitation, mais il ne voulait pas qu’elle jouisse !

Comment devait-elle réagir ? Devait-elle le laisser s’agiter en elle, jusqu’à ce que ce soit lui qui ne puisse plus se retenir ? Ou bien essayer malgré tout de jouir, de voler son plaisir ? C’était la première fois qu’une telle chose lui arrivait et elle se sentait désemparée. Elle avait connu des garçons égoïstes qui ne songeaient qu’à leur sacro-sainte éjaculation et lui avaient donné l’impression de se branler en elle comme si elle n’existait pas. Et puis d’autres, plus prétentieux ou plus anxieux de leur virilité, peut-être, qui s’acharnaient à la faire jouir comme s’ils allaient gagner une médaille. Selon le garçon — et et les circonstances — elle y avait parfois trouvé son compte. Et puis, elle avait eu des amants plus âgés, plus subtils, avec lesquels « faire l’amour » était une découverte, une rencontre dont elle n’avait pas forcément retiré ses orgasmes les plus saisissants, mais qui lui avait donné d’autres satisfactions…

Elle n’avait pas de repère pour ce qui lui arrivait maintenant. Daniel était-il en train de profiter de sa position pour s’offrir un avantage en nature ? Personne ici ne le lui reprocherait. Mais alors pourquoi se souciait-il tant de sa jouissance, à elle ? Qu’Estelle ait des orgasmes ou non, il pouvait la baiser aussi longtemps qu’il en avait envie…

Elle était là pour obéir, se laisser faire, donner du plaisir. Elle renonça à lutter.

Puisque Daniel la manipulait si bien, elle n’avait qu’à s’abandonner. Elle jouirait peut-être, mais elle n’allait pas s’acharner à atteindre une volupté qui lui serait refusée au dernier instant.

Le jeu continua, Daniel la caressait, l’échauffait, l’enflammait jusqu’à à ce qu’elle soit prête à suffoquer, puis il s’interrompait et la maintenait suspendue au bord de l’orgasme. C’était épuisant, oppressant, presque désespérant.

Estelle sentit bientôt son estomac se nouer dans un mélange d’agacement et de volupté contrariée. Quand Daniel, toujours au-dessus d’elle, s’immobilisa un instant pour lever le poignet et regarder sa montre, elle éprouva une nausée.

Le garçon la serra doucement contre lui, dans un mouvement de tendresse. Elle se détendit peu à peu, mais il la lâcha brusquement, se dégagea d’elle et se releva.

– Tu ne veux pas… ? Tu…

Elle s’assit, le bras en avant, dans un geste misérable pour le retenir. Elle sentit un sanglot gonfler sa poitrine. Mais Daniel ne répondit ni à ses balbutiements ni à son geste. Il se reculotta rapidement, s’y reprenant à deux reprises pour ranger sa pine encore raide dans son pantalon. Puis il prit la petite télévision qui clignotait toujours sur le secrétaire dans un faible concert de voix nasillardes, puis il se dirigea vers la porte de la chambre.

La vue troublée de larmes, Estelle aperçut une longue silhouette se découper sur la lumière du couloir. Lionardina.

– Voilà, c’est fait, dit simplement Daniel.

– Je vous remercie… dit la femme à la voix chaude.

– De rien… Bonsoir, Madame…

– Bonsoir, Daniel…

Donc, il l’avait baisée sur ordre. Ou plutôt, il l’avait excitée sur ordre ! Ce n’était pas parce qu’elle lui plaisait, ni même parce qu’il en avait envie. Il devait l’exciter jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, qu’elle se sente une loque. Et il avait accompli sa mission, avec une efficacité irréprochable.

Estelle se mordit la lèvre. Dans un dernier sursaut de dignité, elle aurait voulu cacher sa découvenue. Mais ce fut en vain, des sanglots la saisirent.

– C’est bien, Estelle, c’est bien… dit Lionardina en se penchant sur elle.

D’un doigt délicat, elle essuya une coulée de larmes et lui tendit les mains pour l’aider à s’asseoir sur le bord du lit.

La salope ! C’était pour ça qu’elle avait demandé à Estelle si elle pleurait facilement ! Elle avait envie de la voir pleurer, et elle avait fait en sorte d’obtenir exactement ce qu’elle voulait !

Maintenant qu’elle comprenait comment et pourquoi elle avait été manipulée, Estelle aurait voulu se ressaisir, utiliser sa rancœur, sa frustration, pour sécher ses larmes et priver ainsi cette femme de ce qu’elle aimait tant, mais ce fut l’inverse qui se produisit.

Elle se mit à pleurer, réussit un instant à se retenir, puis pleura plus encore.

Finalement submergée de sanglots, tremblante, hoquetante, morveuse, elle s’abandonna dans les bras de Lionardina.

Estelle n’était pas spécialement attirée par les femmes et trouvait infantiles les mignardises lesbiennes, mais elle n’en éprouvait pas de dégoût. Jusqu’à présent, elle avait surtout fait l’amour avec d’autres filles à seule fin de provoquer des garçons : spectateurs de la scène ou absents mais avertis ils tombaient d’autant plus amoureux d’elle qu’ils étaient frustrés. Pour de telles bravades, sa partenaire lui importait peu.

Deux aventures homosexuelles l’avait rapidement ennuyée : dans les meilleurs instants, elle n’avait ressenti que le soulagement d’une démangeaison. Quand elle faisait ses études en Suisse — encore quelques mois plus tôt — une fille de sa classe avait dit, avec une grimace de mépris, pour désigner l’union visiblement intime entre deux de leurs camarades : « Ce sont des guenons qui passent leur temps à s’épucer… ». Estelle trouvait inconvenant de se moquer des goûts des autres. D’ailleurs, pour réagir ainsi, cette fille devait se sentir à la fois attirée et dégoûtée par les amours saphiques. Concernée, en tout cas. Mais l’image lui semblait décrire assez bien la futilité méticuleuse des brèves liaisons qu’elle avait vécues.

Cette nuit-là, le fait de se dire qu’elle y était forcée donna à ses étreintes avec Lionardina un piquant imprévu. Il n’y avait pas de témoin à provoquer et à aucun moment, Estelle ne ressentit l’agaçant conformisme d’une ressemblance obligée. Elles étaient toutes deux femmes, partageant quelques similitudes de plus que si elles avaient été de sexe différent. Elles étaient deux êtres humains à jamais distincts, qui existaient chacune par elle-même, chacune dans sa peau, chacune dans sa tête.

Lionardina était la maîtresse et Estelle l’esclave. Une convention inéquitable mais qui permettait d’aller rapidement à l’essentiel.

Très vite, l’esclave eut l’impression qu’il y avait dans leur face à face d’autres enjeux qu’une simple nuit de volupté.

Quand ses sanglots se furent calmés, Lionardina la fit asseoir sur le sol, à ses pieds, parmi les kleenex bouchonnés et encore humides de ses larmes, et s’accoudant elle-même sur le lit, elle lui posa une série de questions.

Depuis combien de temps était-elle ici ? Avait-elle été esclave auparavant ?

– Non, jamais.

Avait-elle déjà été vraiment amoureuse ?

– Oui, une fois, lorsque j’avais huit ans…

Croyait-elle être déjà passée à côté d’une grande histoire d’amour ?

– Peut-être, mais je suis passé à côté, alors je ne le sais pas…

– Aimes-tu être esclave ?

Un premier sourire éclaira le visage d’Estelle. La question l’embarrassait, mais elle commençait à se sentir en confiance avec cette grande femme paisible.

– Si vous voulez parler de ce qui m’arrive ici, j’ai l’impression de suivre un stage… Il y a beaucoup de choses ennuyeuses, mais je sais que ça ne durera pas longtemps. Si ça se trouve, quand je serai plus vieille, enfin, dans deux ans, ou dans dix ans, je penserai peut-être à mon séjour au château avec un brin de nostalgie…

– Y a-t-il quelqu’un que tu considères comme ton maître ?

Estelle se mit à rougir. La question la dérangeait. Toutes les filles avec lesquelles elle avait discuté avaient un maître, ici ou ailleurs. Même quand elles étaient seules ou punies, même quand elles devaient écarter les cuisses pour des inconnus, elles pouvaient dédier leur obéissance, leur servitude, à quelqu’un qu’elles aimaient. L’amour justifiait leur soumission.

– Non, je n’ai pas de maître. Je suis l’esclave d’une idée…

Lionardina cligna des yeux avec étonnement.

– Que veux-tu dire ?

La jeune fille nue se referma. Avait-elle trop parlé ? Pouvait-elle se confier à cette inconnue ? Depuis des jours, outre des formules rituelles, elle n’avait prononcé que des banalités furtives avec les autres filles. En fait, depuis le soir où elle avait appris l’histoire des occupants de ce château. La plupart du temps, ce qu’elle subissait ou ce qu’elle devait faire lui évitait de réfléchir, mais il lui restait encore tellement de questions à poser…

– Ma mère fait partie du groupe qui a mis sur pied cette organisation, vous le savez ?

– Oui, bien sûr…

Estelle essaya de sourire.

– Ça peut paraître étrange, mais j’ai l’impression d’être la fille de famille qu’on forme à gérer le domaine… Je ne suis pas esclave par amour, mais par devoir filial !

Un rire de gorge, sensuel, communicatif, saisit Lionardina,.

– Je comprends… dit-elle enfin. Raconte-moi ce qui te plaît, parmi tout ce que tu subis…

Estelle se sentit soulagée de changer de sujet. Mais il existait désormais entre elle et cette femme une complicité nouvelle. Elle ne se sentait pas le droit de lui servir les réponses toutes faites qui avaient satisfait d’autres inquisiteurs. Alors elle lui avoua ses plaisirs les plus forts.

– Je crois que j’aime bien être immobilisée… Ce qui arrive ensuite a moins d’importance, même si c’est quelque chose que j’aimerais sans être attachée…

– Comme d’être fouettée ?

– Par exemple…

– Où préfères-tu être fouettée ?

– Je ne sais pas… Sur les fesses sans doute…

– Les seins ?

D’un geste instinctif, Estelle ramena un bras sur sa poitrine, comme pour se protéger. Alanguie sur le lit, ses yeux verts brillant dans la lumière douce de la chambre, Lionardina s’amusa de cette réaction.

– Eh bien, tu aimes être fouettée sur les seins ?

– Oui…

– Et la motte ?

– Davantage, peut-être… Mais ça dépend comment…

– Relève-toi et ouvre le lit.

D’un bond, Lionardina sauta à terre et déboutonna son corsage. Une large auréole humide marquait encore le tissu là où Estelle avait appuyé son visage en larmes. Elle retira aussi sa jupe et apparut vêtue d’un body sombre, presque de la même teinte que ses cheveux.

– Allonge-toi et mets les mains sur la tête.

Estelle obéit. Elle ressentait tout juste l’appréhension de la curiosité.

Lionardina vint se placer au-dessus d’elle, à genoux sur le lit et, tout de suite, se mit à lui caresser le visage du bout des doigts, avec des gestes doux et précis, comme l’aurait fait une aveugle.

Estelle ferma les yeux, laissant les mains effleurer ses épaules, empoigner les seins, courir sur son ventre, l’intérieur de ses cuisses.

Encore épuisée par la frustration de son étreinte avec Daniel, puis par sa crise de larmes, Estelle se sentait bien peu réceptive. Elle inspira profondément, espérant s’abandonner mieux.

Les mains de la jeune femme revinrent vers sa poitrine et agaça les pointes qui durcirent aussitôt.

– Tu aimerais que je te les pince vraiment fort ?

– Oui, maîtresse…

En revenant au jeu, aux rôles convenus, cela serait sans doute plus facile.

Lionardina commença à lui faire rouler les mamelons entre pouce et index, d’une pression ferme mais gentille.

Elle allait jouer ainsi durant quelques instants, chercherait peut-être à susciter chez son esclave des gémissements de plaisir, ou au moins d’impatience, puis elle pincerait. Très fort. Pour la forcer à crier, à réagir, à jouir peut-être.

Mais Estelle se sentait encore crispée, tendue, craintive.

Brusquement, elle se rendit compte à quel point la peau des mains de sa partenaire était rude, rugueuse. Cela ne semblait pas être une caractéristique de sa peau, provoquée par une maladie ou une carence, mais plutôt les stigmates de meurtrissures ou de brûlures. Des zones parfaitement lisses alternaient avec des callosités acérées. Était-ce la conséquence d’un accident ? L’effet d’un travail dangereux ? Estelle se souvenait avoir vu travailler un graveur d’eau-forte dont les mains étaient constellées de brûlures d’acide, malgré les gants spéciaux.

La jeune fille eut un gémissement, presque à son insu. Lionardina commença à alterner des pressions plus fortes et des caresses.

Quand elle lui pinça les tétins, dans une tenaille électrisante, Estelle glapit puis cria, et des larmes revinrent à ses paupières. Elle s’amollit.

La femme rousse profita de son abandon pour la manipuler et l’examiner attentivement, centimètre après centimètre, comme si elle cherchait le défaut d’une poupée.

Estelle trouva interminable cette inspection silencieuse, mais elle s’y prêta docilement, sans poser de questions. Finalement, les doigts de Lionardina se fixèrent sur son ventre, parcourant le sillon avec légèreté, du clito à l’anus, effilant le bord des grandes lèvres, dépliant les nymphes ou les roulant pour en faire de curieuses pointes. De temps à autre, un doigt bu deux s’aventuraient dans le vagin ou forçaient le sphincter, toujours furtifs, précis, imprévisibles.

Lionardina fit jouir Estelle quand elle le voulut, comme si elle savait se servir d’elle aussi parfaitement que d’une machine.

Ensuite, dégrafant elle-même l’entrejambe de son body, elle attira contre elle le visage de son esclave.

Estelle déploya toute sa science pour la faire jouir à son tour, mais elle eut l’impression que Lionardina s’énervait et qu’elle ne parviendrait pas à lui donner plaisir. Elle lui caressa les cuisses et les fesses, tout en lui léchant la vulve avec dévotion. Un moment, cherchant une nouvelle manière d’être tendre, elle ramena les mains sur le ventre de sa maîtresse et voulut monter vers les seins, sous le tissu sombre.

D’un geste presque brutal, Lionardina lui écarta les mains et rabattit sèchement la pointe de son body jusqu’à la lisière de ses poils. Lui saisissant les cheveux, lui pressant la nuque, elle lui écrasa le visage contre son sexe et, comme Estelle, à demi asphyxiée, déchaînait sa langue et ses lèvres, elle eut un orgasme bref, mécanique, qui ne parut pas l’apaiser vraiment.

Elle sourit pourtant à Estelle.

– Ne t’en fais pas… C’était bien. Ragrafe mon body, veux-tu ?

Plus tard dans la nuit, Lionardina fit encore jouir Estelle en la caressant ou en lui bequetant le minou, et elle s’offrir elle-même à ses caresses et à sa langue. Elle y trouva une volupté plus complète mais, bien que cela se passât dans l’obscurité, Estelle ne put jamais la toucher plus haut que sa toison bouclée ou le sommet des fesses.

 

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