Dressée au plaisir

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MERODACK Robert

ContraintesMedia 1000


BDSMpunitionSM


Broché / 160 pages


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Résumé

Estelle a déjà eu de nombreux petits amis, des deux sexes, ensemble ou séparément. Elle se croit libérée. Mais lorsqu’elle est kidnappée et séquestrée dans les caves du château de Cœur-Cognant, elle découvre que la libération des mœurs peut passer par l’asservissement, le viol, la souffrance, les humiliations. Réussit-elle à s’échapper ? C’est pour tomber dans un piège plus cruel encore que les tourments qu’elle subit quotidiennement. Alors, elle s’adapte. Elle essaie d’endurer les flagellations, les ligotages sophistiqués, les aiguilles dans les seins et autres taquineries… Car les habitants du château sont de grands enfants qui ont envie de rire et de s’amuser. Peut-être sera-t-elle invitée à partager leurs jeux, mais aujourd’hui, elle est victime et dressée au plaisir.
Bienvenue en enfer !

Débuter la lecture

À dix-neuf ans, Estelle irradiait de la beauté du diable. Pleinement femme et encore jeune fille, grande et solidement bâtie, dotée d’appas qui attiraient irrésistiblement les regards des hommes et même ceux de certaines femmes, elle venait de passer les vacances les plus folles qu’elle n’ait jamais vécues. Deux mois aux Canaries dans la villa somptueuse d’un artiste peintre, en compagnie d’une vingtaine d’autres jeunes gens de son âge.

Deux mois à vivre nue, le plus souvent, et à faire l’amour du matin au soir et du soir au matin. Parfois, ils allaient en boîte, ou regardaient des cassettes. Mais le sexe constituait leur activité principale. En arrivant, Estelle n’était pas tout à fait une oie blanche, mais en partant, elle avait fait l’amour dans toutes les positions avec des garçons et des filles, ensemble généralement, suçant celui-ci pendant que celle-là lui broutait la chatte, baisant à droite, branlant à gauche…

Certaines orgies avaient duré plusieurs jours. Chacun mangeait ou dormait quand il en avait envie mais, de toutes parts dans la maison, la fête continuait…

— Ce n’est pas la peine que je t’envoie dans cette pension en Suisse pour que tu ailles te faire sauter et fumer des joints avec des petits branleurs !

Quand elle revint à Paris, sa mère, Linda, lui fit une scène. Elle ne reprochait pas à sa fille d’avoir pris du plaisir à tout va, mais de ne pas avoir cherché un mari, de préférence assez âgé, et aussi riche que possible, évidemment. La richesse était, aux yeux de sa mère, la qualité fondamentale mais l’âge avait son importance, car « plus ils sont vieux, moins ils posent de problèmes »…

Après quatre mariages, Linda savait de quoi elle parlait.

— Mais, maman, c’étaient tous des garçons très bien et tous très fortunés…

— Là n’est pas la question. Encore que je t’aie déjà dit de te méfier des fils de famille. Comme ils n’ont pas gagné leur argent, ils le claquent dans des voitures de sport avec des filles faciles et finalement ils épousent l’une de leurs congénères… Et même s’il y en avait un dans ta bande qui méritait de t’épouser, le fait de t’avoir vue t’envoyer en l’air avec les autres l’aura définitivement découragé….

— Mais, maman, ils étaient tous allemands ou scandinaves… Je ne les reverrai jamais… Tu n’as pas à craindre pour ma réputation !

Estelle faillit ajouter que sa réputation ne pourrait jamais être pire que la sienne, mais elle préféra en rester là. Résolue à faire cesser cette discussion, elle alla s’enfermer dans sa chambre et claqua la porte. Elle s’allongea sur son lit en cherchant encore ce qu’elle pourrait bien dire à sa mère pour lui prouver qu’elle n’avait rien fait de mal, puis elle ne tarda pas à s’endormir malgré elle. Le voyage et cette scène l’avaient épuisée.

Elle se réveilla au milieu de la nuit et, ne parvenant pas à se rendormir, décida d’aller se passer une vidéo. Dans la salle de séjour, l’écran du minitel diffusait un reflet blafard. Il était déconnecté, mais Estelle put lire le dernier dialogue qui convenait d’un rendez-vous une demi-heure plus tard sur les Champs-Élysées. Estelle haussa les épaules : elle savait depuis deux ans déjà que sa mère rencontrait parfois des amants d’un soir sur une messagerie rose. Fais ce que je dis et pas ce que je fais ! Malgré sa BMW, celui-là ne deviendrait certainement pas son quatrième beau-père…

Estelle commença à fouiller dans les dernières cassettes que sa mère avait achetées et machinalement, appuya sur la télécommande. Il restait une cassette dans le magnétoscope qui se mit aussitôt en marche. C’était un film pornographique mais, tout de suite, et bien qu’elle n’en eût pas regardé beaucoup avec attention, Estelle s’aperçut qu’il ne ressemblait pas aux habituelles productions commerciales. L’image possédait une qualité exceptionnelle et, en même temps, il y avait des ombres et des mouvements de caméra maladroits qui suggéraient un film d’amateur.

Estelle regarda la fin d’une scène très chaude. Une femme cagoulée et portant un corset de cuir autour de la taille fouettait à tour de bras deux garçons et deux filles nus et suspendus à une poutre. Soudain quatre hommes également cagoulés saisirent la fouetteuse et la disposèrent à quatre pattes sur une table. Aussitôt, deux d’entre eux lui écartèrent les cuisses et lui enfoncèrent des godemichés dans le vagin et dans l’anus. La caméra fit un gros plan de ces pénétrations, révélant des marques rouges et de grosses boursouflures sur toute la surface des fesses. Puis l’image fit le tour de la femme prosternée. Un autre homme lui avait retiré sa cagoule et elle absorbait goulûment toute la longueur imposante de sa verge.

Un hoquet saisit Estelle lorsqu’elle reconnut sa mère.

Partagée entre la révolte et la curiosité, elle s’assit sur le sol devant la télévision et regarda la bande jusqu’à la fin. Que sa mère ait parfois des aventures avec des hommes lui semblait naturel, même si elle les draguait au minitel. Et elle avait entendu parler d’orgies sado-maso, mais jamais, au grand jamais, elle n’aurait pu penser que sa mère puisse s’y adonner. D’ailleurs, quel plaisir peut-il y avoir à avoir mal ou à faire mal ?

Décidément, sa mère était bien mal placée pour lui faire la morale !

En proie à une profonde perplexité, elle éteignit la télévision, le magnétoscope et le minitel, retourna dans sa chambre et se rendormit, gardant comme dernière image consciente à son esprit le visage extatique de sa mère violée par des godemichés et le cul zébré de coups de fouets.

Le lendemain matin, sa première pensée concerna ce qu’elle avait découvert dans la nuit, sur la cassette vidéo. Allait-elle en parler, demander des explications ? Devait-elle plutôt se taire, considérer que c’était la vie privée de sa mère ? Mais elle se sentait directement impliquée elle-même, puisque sa mère prétendait lui dicter sa conduite… Ce dilemme la ramenait à la question de son indépendance. Tant qu’elle vivait loin de sa mère, en Suisse ou aux Canaries, tout allait bien. Mais sa mère refusait obstinément de lui louer un appartement, lui répétant sans cesse que, si elle voulait être indépendante, elle n’avait qu’à se marier ! Estelle n’avait aucune envie de se mettre la corde au cou : elle avait dix-neuf ans et elle était persuadée qu’elle avait encore à découvrir des milliers de choses plus intéressantes qu’un foyer conjugal, aussi doré qu’il soit ! A moins qu’avec cette découverte des sulfureuses distractions de sa mère, elle ne disposât désormais d’un moyen de pression suffisant pour obtenir l’appartement dont elle rêvait ?… Possible !… Et si sa mère ne manifestait pas le moindre regret devant le fait que sa propre fille, la chair de sa chair, puisse être le témoin de ses débauches, Estelle n’aurait plus qu’à travailler pour obtenir son indépendance.

Travailler, beurck, la honte ! Malgré la crise, elle était certaine qu’elle saurait convaincre n’importe quel patron hétérosexuel de lui donner un poste très intéressant et rémunérateur, mais quand même !

Il ne lui restait donc qu’à trouver la meilleure façon d’aborder ce sujet afin d’en tirer le maximum d’avantages. Après sa sortie de la veille, sa mère se lèverait tard, sans doute. Estelle disposait donc d’une bonne partie de la matinée pour y réfléchir. Tout en buvant son café, elle commença une liste de courses à faire en ville. Le plus urgent était d’aller à la teinturerie porter sa veste de cuir qu’elle avait tachée dans l’avion.

Une heure plus tard, comme elle sortait du magasin, une camionnette de livraison s’arrêta à sa hauteur. La porte latérale et la vitre du côté passager étaient ouvertes.

— Mademoiselle !

Zut, encore un dragueur ! Elle fit trois pas un peu plus vite, mais la camionnette roula lentement près d’elle.

— Mademoiselle ! Vous pourriez m’indiquer…

Estelle tourna la tête. Le chauffeur était un jeune homme brun, en blouse bleue, plutôt mignon. Comment refuser de le renseigner ?

Au moment où elle approcha le visage de la vitre ouverte, quelqu’un la bouscula, la projetant juste devant la porte latérale. Estelle poussa un cri mais, avant de comprendre ce qui lui arrivait, elle fut propulsée à l’intérieur de la camionnette qui repartit en trombe.

La porte latérale fut refermée dans un grincement de ferraille. Estelle perdit l’équilibre et tomba sur des cartons. Il y avait au moins deux hommes avec elle, mais elle n’eut que le temps d’apercevoir leurs silhouettes car un sac opaque glissa sur son visage et ses épaules, lui emprisonnant du même coup les bras.

Estelle n’était pas de nature à se laisser impressionner. Elle commença à se débattre en tous sens, donnant des coups de pieds devant et derrière elle, agitant les avant-bras pour chercher un point d’appui, ou un objet, ou n’importe quoi qui puisse lui permettre de se défendre. Mais ses efforts avaient peu de chances d’aboutir car, en plus des mains qui la saisissaient, les secousses du véhicule la projetaient de droite et de gauche sans qu’elle puisse se retenir.

Finalement, deux puis quatre mains lui saisirent les chevilles et les mollets et elle sentit qu’on lui passait les pieds dans des sangles de tissu épais pour la soulever. Quelques instants plus tard, elle se retrouvait les jambes relevées et ouvertes, entravées. Puis on lui serra autour de la taille une ceinture ou une autre sangle, peut-être, et elle se trouva alors à la totale merci de ces assaillants.

— Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Lâchez-moi !

Le sac qui lui recouvrait la tête était très épais, comme matelassé, et il sentait l’essence. En tout cas, il étouffait ses cris, ou bien le bruit du véhicule, son moteur vrombissant, les grincements métalliques de la carrosserie empêchaient les autres de l’entendre. Elle comprit bien vite que ce n’était pas la peine de s’époumoner. Le souffle court, se sentant impuissante, elle ne chercha plus à se débattre. D’ailleurs, elle pouvait tout juste se tortiller un peu en agitant les épaules. Mieux valait conserver ses forces pour une meilleure occasion…

On la kidnappait. Mais il faudrait bien s’arrêter quelque part, on n’allait pas la garder ainsi suspendue comme une carcasse !

Les secousses commencèrent à devenir plus rares, prouvant que la camionnette roulait maintenant sur le boulevard périphérique ou sur l’autoroute. À demi asphyxiée, Estelle sentit la sueur ruisseler sur son front. Elle essaya de trouver amusant le fait d’avoir pris rendez-vous chez le coiffeur cet après-midi…

Soudain, une main se posa sur son genou. Elle entendit des bruits de voix mais elle ne put comprendre ce qu’elles disaient. Les deux hommes devaient faire des commentaires sur leur victime. La main glissa jusqu’à sa taille et atteignit la ceinture du collant. Quelque chose de froid lui toucha le ventre. Un couteau !… Même si c’était effectivement une arme, ce dont Estelle n’avait aucune certitude, l’homme s’en servit uniquement pour trancher la taille de son collant qu’il déchira facilement ensuite. Sa culotte de soie subit le même sort.

Bientôt, les jambes de son collant roulées sur ses mollets, elle eut le bas du corps complètement nu et une, puis deux puis quatre mains lui palpèrent la chatte d’une façon à la fois brutale et caressante. Ses deux kidnappeurs profitaient de sa position pour explorer sans gêne ses organes intimes, mais ils ne voulaient pas lui faire mal.

Et si leurs intentions avaient été véritablement malveillantes, Estelle n’aurait rien pu faire pour les en empêcher. Alors elle chercha dans ces nouvelles sensations un dérivatif à l’angoisse qui menaçait toujours de s’emparer d’elle. Elle essaya de se dire qu’elle était encore aux Canaries, qu’elle fermait seulement les yeux et que ces doigts appartenaient à Helmut, à Yoric ou même à ce gros maladroit d’Olaf qui ne savait que baiser comme un marteau-piqueur…

Malgré elle, elle se tortilla, en souhaitant que ses agresseurs restent persuadés que ses mouvements étaient dus à la mauvaise suspension du véhicule. Mais ils ne durent pas s’y tromper, car deux doigts s’enfoncèrent dans sa chatte, et elle commençait à mouiller.

Soudain, la camionnette effectua un virage brusque et Estelle devina qu’ils avaient quitté les grandes routes pour prendre une voix secondaire, moins bien pavée et plus sinueuse. Tandis que deux mains lui maintenaient les cuisses aussi ouvertes que le lui permettaient ses liens, un doigt déjà humide de ses propres sécrétions s’enfonça brutalement dans son anus. Elle poussa un cri, à l’intérieur du sac, et elle entendit des rires moqueurs.

Les deux hommes venaient d’obtenir une réaction de sa part. Ils se réjouissaient qu’elle se montre si chaude, si disponible… Elle s’en voulut de trahir si facilement sa nature passionnée, mais qu’y pouvait-elle ? Et puis, en la découvrant enthousiaste à l’amour, ses ravisseurs allaientpeut-être la délivrer plus vite afin de profiter pleinement de ses faveurs, et cela lui donnerait peut-être une opportunité de s’enfuir…

Puis la camionnette roula sur du gravier puis s’arrêta, tandis que les quatre mains qui la palpaient semblèrent se désintéresser totalement du désir involontaire qu’elles avaient suscité en elle. La porte latérale grinça et les deux hommes descendirent, la laissant suspendue, le ventre nu, dans une position ridicule.

Estelle entendit des voix assourdies. Seuls les mots « …sans aucun problème… » lui furent intelligibles.

Quelque minutes se passèrent ainsi, puis des mains vinrent à nouveau la saisir. On libéra ses chevilles et elle fut mise debout, le sac l’aveuglant toujours. Moitié conduite, moitié soulevée, elle dut parcourir une certaine distance sur le gravier, monter des marches puis marcher dans une maison, et finalement descendre un escalier fait de pierres inégales.

On l’emmenait dans une cave, un cachot, un endroit froid et humide où elle pourrait demeurer séquestrée jusqu’à la la fin des temps ! Estelle sentit revenir la panique qu’elle avait à peu près réussi à combattre jusque là.

Enfin on lui détacha la sangle qui lui encerclait la taille et les bras et on lui dégagea la tête, tout en prenant bien soin de lui maintenir fermement les poignets.

Dès qu’elle sentit qu’on lui retirait enfin le sac qui lui recouvrait la tête et les épaules, Estelle chercha à se débattre.

— Que voulez-vous de moi ? Où suis-je ? Qui êtes vous ?

La lumière la surprit. Un projecteur l’éclairait violemment, de face, et la força à cligner des yeux. L’autre surprise vint du fait que les deux hommes qui la tenaient portaient des cagoules de cuir noir. Étaient-ce ceux qui l’avaient maîtrisée dans la camionnette ?

Indifférents à ses mouvements dérisoires et à ses protestations, ils lui retirèrent tous ses vêtements avec des gestes rapides et efficaces. Tour à tour, l’un d’eux la maintenait solidement d’un côté, tandis que l’autre retirait une manche, avant de répéter la manœuvre à l’envers. À aucun moment, elle n’eut la moindre chance de leur échapper. Lorsque ses vêtements, y compris son collant déchiré, ne furent qu’un petit tas de tissu sur le sol, ils lui retirèrent également tout ce qu’elle portait d’autre : sa montre, son bracelet, ses boucles d’oreille et même la petite barrette qui maintenait pourtant avec discrétion une mèche de ses cheveux bruns.

Impressionnée par tant d’efficacité, déroutée de ne pas obtenir la moindre réponse aux questions qu’elle répétait jusqu’à ce que les mots n’aient plus de sens, Estelle demeura silencieuse et cessa de lutter.

Les deux hommes s’en allèrent sans avoir proféré une seule parole, et la lourde porte de bois résonna sourdement lorsqu’ils la refermèrent. Estelle entendit qu’ils poussaient un pêne métallique, sans doute rudimentaire mais suffisamment épais pour qu’elle n’ait aucune chance de s’enfuir.

Puis le projecteur s’éteignit et une lueur orangée régna sur la cave, provenant d’une faible ampoule enfermée dans une petite cage métallique.

— Ne me laissez pas ! s’écria-t-elle pitoyablement en entendant s’éloigner les pas des deux hommes. Mais sa plainte n’eut, bien sûr, aucun effet.

Abandonnée, entièrement nue dans cette cave froide et humide, Estelle alla s’asseoir frileusement dans un coin en essayant de réfléchir. Heureusement, ce cachot sinistre était relativement propre. Il y avait de la poussière sur le sol cimenté mais aucune toile d’araignée. Et aucune ouverture !

Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Pour ne pas se laisser envahir par la peur, Estelle voulut se persuader qu’il existait un lien entre son kidnapping et la découverte des jeux sado-maso auxquels se livrait sa mère. En revenant de son aventure nocturne, sa mère s’était aperçue qu’elle avait regardé la cassette vidéo, et elle avait compris qu’Estelle était désormais au courant de son petit secret. Alors elle avait décidé de l’initier à ses propres débauches !

Sinon, elle avait tout à craindre… Le nombre de ses ravisseurs lui semblait tout de même un point rassurant : il valait sans doute mieux être kidnappée par des truands désirant une rançon que par un tueur en série dont la seule distraction aurait été d’étriper ses victimes…

Quelle rançon ? Même si sa mère vivait confortablement, elle ne possédait pas une fortune et Estelle ne pouvait pas imaginer que sa petite personne ne vaille pas davantage que tout l’argent que possédait sa mère… Et puis des bandits ne risqueraient pas de lourdes peines de prison pour des clopinettes !…

Découragée, plus déprimée encore par le froid que par l’inquiétude, elle resta prostrée et tremblante durant un temps qui lui parut interminable mais n’excéda peut-être pas quelques dizaines de minutes.

Enfin la targette de la porte grinça et le projecteur se ralluma. Les gonds émirent un crissement lugubre et un homme entra dans la cave. Aussitôt, Estelle se releva, serrant un bras sur sa poitrine et posant son autre main sur son pubis. Après avoir paradé toute nue pendant deux mois dans une villa des Canaries au milieu d’une vingtaine de personnes, elle retrouvait soudain la pudeur de ses treize ans, quand elle cachait jalousement les seins qu’elle n’avait pas encore…

Demeurant frileusement blottie dans son coin, et malgré son éblouissement, elle s’aperçut tout de suite que son visiteur n’était pas l’un des deux hommes qu’elle avait aperçus dans la camionnette, ni l’un des hommes encagoulés qui l’avaient amenée ici et dévêtue.

— Bonjour, Estelle…

— Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous mon nom ?

Elle fut surprise du calme de sa propre voix.

— Je m’appelle Alexandre, Alexandre de Cœur-Cognant…

Son apparence, plus encore que la particule, eut un effet rassurant sur la jeune fille. Il devait avoir vingt-cinq ou trente ans, grand et bien fait, souriant, et il n’avait assurément pas l’air d’un gangster. Il émanait pourtant de lui une autorité élégante qui la fit frissonner tandis qu’il l’observait des pieds à la tête.

— Où suis-je ?

Manifestement ravi de sa contemplation, l’homme avança la main vers le sein d’Estelle et, écartant son bras, saisit entre deux doigts le tétin durci par le froid. Il le manipula doucement durant quelques instants sans qu’elle ose faire le moindre mouvement.

— Mets les mains derrière ton dos.

Incapable de réfléchir, Estelle obéit à cette voix douce mais assurée, et elle eut un frisson dont la fraîcheur de l’endroit n’était sans doute pas la seule cause.

— Ne me faites pas de mal… murmura-t-elle.

L’homme leva son autre main et lui pinça ensemble les deux mamelons, d’une manière ferme mais pas assez forte pour provoquer la douleur.

Détends-toi, Estelle. Tu es chez moi et c’est ta mère qui l’a voulu…

Curieusement, bien que ses réflexions solitaires l’aient amené à penser qu’elle avait moins à craindre d’une manigance de sa mère que d’un véritable kidnapping perpétré par des inconnus, cette révélation la terrorisa.

— J’en étais sûre ! s’écria-t-elle, les larmes aux yeux. Elle veut me faire participer à toutes ces horreurs que…

— Suffit !

Alexandre avait à peine élevé la voix, mais ses doigts venaient de pincer brusquement les pointes fragiles de ses seins. La souffrance rayonna dans toute sa poitrine et pourtant, elle cessa aussitôt que les doigts se remirent à la caresser.

— Calme-toi… Il ne t’arrivera rien ici dont tu ne puisses guérir, tu as compris ?

Gardant toujours les mains docilement réunies dans son dos, Estelle hocha la tête en signe d’acquiescement. Alexandre se recula d’un pas.

— Répète.

— Il ne m’arrivera… rien dont je ne puisse… guérir, balbutia-t-elle, prête à éclater en sanglots.

Mais, avant qu’elle ne fonde en larmes, une gifle s’abattit sur sa joue. L’effet fut immédiat. Elle releva le menton et dévisagea son ravisseur d’un air de défi.

— Je savais bien que tu étais une nature !… Répète-moi ça encore !

Sans bien comprendre ses propres réactions, Estelle se tint bien droite, les mains toujours croisées sur ses reins, et répéta la phrase d’un ton plus assuré.

— Répète encore !… Encore !

Alexandre lui fit redire la phrase une douzaine de fois et, au fur et à mesure qu’elle la répétait, Estelle se sentait toujours plus assurée. Des larmes coulaient encore sur ses joues, mais ses yeux s’étaient éclaircis maintenant, et elle sentit qu’il s’établissait une confiance étrange entre elle et cet homme.

— C’est bien, dit-il finalement quand il fut certain qu’Estelle avait repris le contrôle d’elle-même. Mets-toi à genoux.

Il n’avait plus besoin de durcir la voix. La jeune fille obéit aussitôt..

— Les genoux écartés !

Estelle se sentit rougir.

— Laisse-moi t’expliquer quelques principes très simples… Tu vas rester ici jusqu’au 30 septembre, c’est-à-dire neuf semaines. Tu feras exactement ce que moi-même ou mes amis t’ordonnerons de faire. Sans hésiter, sans rechigner. Si ni n’obéis pas, ou si tu ne nous donnes pas entière satisfaction, tu seras punie. Tu recevras le fouet, le martinet ou la cravache, tu seras fessée, ou ligotée ou traitée comme nous l’entendons avec pour seule certitude que nous n’abîmerons jamais ton corps d’une manière durable. Tu es trop belle et trop désirable pour que nous abîmions ce dont nous pouvons jouir à notre guise. Tu as bien compris ?

Rougissante, Estelle hocha la tête.

— Réponds ! Et remercie-moi de ces compliments…

— Merci, monsieur. J’ai bien compris. Je dois vous obéir, sinon, je serai punie… Et il ne m’arrivera rien dont je ne puisse guérir…

En prononçant ces mots, Estelle se rendit compte qu’elle réagissait exactement comme sa mère le désirait. Elle plongeait tête baissée dans un piège qu’elle avait pourtant pressenti. Mais que faire d’autre ? Et puis, tout à l’heure, ou ce matin, enfin quand elle se demandait ce qu’elle devait faire après avoir découvert les vices de sa mère, elle réfléchissait dans l’absolu, alors que maintenant, elle était nue, séquestrée dans la cave d’un inconnu, humblement agenouillée devant lui, dans une pose vulnérable et indécente, et elle découvrait que ce ne serait peut-être pas si désagréable d’être l’esclave de cet homme…

— Appelle-moi « maître » ! continua Alexandre. Lors de ton séjour ici, tu découvriras les plaisirs et les tourments auxquels Linda, ta mère, s’adonne avec nous depuis des années…

— J’ai… j’ai peur…

— Quoi ?

— J’ai peur… maître !

Alexandre rit joyeusement de son effort pour se conformer aux règles qu’il venait de lui énoncer.

— Tu comprends vite. Mais désormais, tu ne parleras que lorsque tu y auras été invitée… La peur est un sentiment naturel, et tu vas subir des épreuves qui ont de quoi effrayer les plus braves, mais dis-toi que tu vas vivre des expérience exceptionnelles et que tu en tireras de la fierté et du plaisir…

— Et que se passera-t-il… Oh ! Excusez-moi, maître !

— Je vais te punir, Estelle. Et pas pour ce que tu crois… Certes, tu viens de parler sans y avoir été invitée, mais je peux considérer qu’il s’agit là d’une insolence mineure, explicable par tout ce que tu viens de découvrir en si peu de temps… Non, je vais te punir parce que tu viens de minauder, de singer la soumission…

Il fit une moue comique.

— « Oh ! excusez-moi, maître ! », répéta-t-il d’une façon moqueuse. Tu es intelligente, tu te crois futée et tu te dis qu’en te conformant à quelques formules, ton charme de jolie petite salope fera le reste et que tu pourras m’embobiner à la première occasion… Je me trompe ? Réponds !

Estelle se mordit la lèvre inférieure. Elle n’en avait pas eu conscience mais cet homme avait parfaitement raison. Même si elle n’avait pas songé à ce qu’elle pourrait obtenir en endormant sa vigilance, elle avait cherché à le séduire, à aller au-devant de ses désirs les plus apparents pour conserver l’avantage sur lui, d’une manière ou d’une autre.

— Non, maître, vous ne vous trompez pas…

— Te rends-tu compte de la différence du ton que tu emploies, maintenant ?

— Oui, maître…

— Bien. Maintenant, pose-moi la question que tu avais commencée ?

Sincèrement soumise, Estelle avala sa salive et cligna des yeux.

— Je voulais savoir ce qui se passera quand je pourrais partir d’ici.

— Lorsque tu partiras d’ici, tu seras différente. Et libre de faire ce que tu voudras. Si tu veux faire ta vie toute seule, ta mère a prévu de te verser dix mille francs par mois pendant cinq ans. Et si tu prends goût à ce que nous allons te faire découvrir, tu pourras retourner vivre avec ta mère et partager ses aventures ou vivre ici ou ailleurs, avec l’un ou l’autre d’entre nous, à découvrir sans cesse de nouvelles expériences…

Estelle fut surprise d’apprendre que sa mère acceptait de lui donner de l’argent pour qu’elle soit indépendante. Il y avait pourtant une épreuve à subir, ou plutôt mille épreuves…

— Oui, parle !

— Vous et ma mère, vous vous attendez à ce que je me mette à aimer qu’on abuse de moi et qu’on me fasse souffrir, c’est ça, n’est-ce pas ?

— Qu’on abuse de toi, comme tu dis, me semble une expression un peu déplacée quand je songe à ce que tu as fait aux Canaries… Ah, oui, je ne te l’ai pas encore dit : non seulement je sais comment tu t’es distraite durant les deux mois qui viennent de s’écouler, mais j’ai même vu des cassettes te montrant en train de te faire mettre par tous les trous !

— Comment !

L’indignation d’Estelle était sincère. On l’avait filmée à son insu, et des inconnus avaient vu ces films. Mais elle découvrait surtout qu’elle était complètement manipulée : elle avait eu l’impression d’être obligée de guerroyer contre sa mère pour partir seule aux Canaries, elle croyait avoir joui de toute sa liberté en s’envoyant en l’air avec les autres occupants de la villa, elle pensait avoir découvert elle-même, fût-ce par hasard, la cassette sur laquelle on voyait sa mère jouer la vedette dans une orgie sado-maso… Et, en vérité, tout cela faisait partie d’un plan savamment conçu pour l’amener à se soumettre, dans ce cachot froid et humide, à des jeux pervers !

En échange, on lui promettait qu’elle deviendrait différente, qu’elle serait libre…

Et le pire, c’était que nue, à genoux devant Alexandre qui la contemplait en silence avec une délectation manifeste, et alors qu’il venait de lui annoncer qu’elle allait être punie, elle se sentait prête à le croire !

En tout cas, elle allait bien être obligée d’essayer.

— Je vois à cet éclat dans tes yeux que tu commences à comprendre la situation, dit Alexandre d’un ton narquois. Si tu as des réflexions à me confier, ou des questions à me poser, fais-le maintenant, car ensuite tu seras punie chaque fois que tu parleras sans permission…

Quel choix avait-elle ? Alexandre lui avait fait dire et redire qu’elle ne subirait aucun dommage sérieux, et la leçon avait porté.

— Non, maître, je n’ai pas de questions à poser mais…

— Oui ?

— J’ai peur…

— De la souffrance, de l’humiliation, ou de ce que tu vas découvrir sur toi-même ?

— De tout ça, maître, dit-elle après un moment de réflexion..

— Et c’est tout ?

— Oui, maître.

— Eh bien, maintenant, lève-toi !

Frissonnante de froid autant que de peur, Estelle se redressa en se demandant avec anxiété quelle punition allait lui être infligée. Elle s’imagina suspendue par des chaînes à la voûte de la cave tandis qu’un brasero faisait rougeoyer des pinces de fer. Mais Alexandre s’approcha d’elle en souriant et d’un mouvement vif, lui encercla la taille de son bras tout en lui saisissant les poignets, et il se mit à lui donner une fessée !

À la première claque, sonore mais supportable, elle se sentit vexée. Il se moquait d’elle. Elle avait entendu parler du sadomasochisme comme d’une perversion à la mode, chargée de mystères sans doute peut-être un peu exagérés, mais qui évoquaient des valeurs attrayantes : découverte de soi, exercice de la volonté et autres concepts new age… En fait, elle se trouvait seulement entre les mains d’un attardé mental qui lui tapait sur les fesses ! C’était ridicule ! Dire qu’elle avait eu peur ! Elle voulut se dégager, mais Alexandre la tenait solidement.

Elle aurait pu protester aussi, mais sa fierté le lui interdisait. Après tout, elle venait de se mettre elle-même dans ce mauvais pas.

Les claques suivantes lui parurent plus sévères. Par réflexe, à deux reprises, et malgré sa résolution de rester stoïque sous ce châtiment enfantin, elle lança sa jambe en arrière.

Elle sentit ses fesses qui roulaient sous les coups. Brusquement, elle ne ressentit plus le froid de la cave. Même si la main d’Alexandre lui semblait petite par rapport à la surface de sa croupe généreuse, la chaleur qu’elle faisait naître à chaque nouvelle claque diffusait rapidement dans sa chair.

Bientôt, Estelle comprit qu’elle avait tort de considérer la fessée comme une punition anodine. Elle se souvenait vaguement des dernières fessées qu’elle avait reçues vers huit ou neuf ans comme d’une atteinte dont seule sa vanité avait eu réellement à souffrir.

Sa dignité souffrait encore aujourd’hui, assurément. Mais elle éprouvait également une véritable douleur, sourde, envahissante, lancinante, persistante, grandissante.

Elle ne voulait pas crier ni demander grâce. Alexandre allait bien finir par se lasser de ce jeu stupide !

Plus la fessée se poursuivait, plus Estelle avait du mal à se dire que c’était un jeu. Elle sentait ses fesses qui palpitaient. Ses jambes semblaient animées d’une vie autonome et dansaient derrière elle au rythme des claquades qui résonnaient longuement dans la cave. De plus en plus souvent, elle haletait ou glapissait et cela ressemblait de plus en plus à des cris mal contenus.

Brusquement, elle prit conscience que c’était l’érection d’Alexandre qui se pressait contre sa hanche. Il bandait ferme en la fessant. Si seulement il bandait assez pour ne plus pouvoir se retenir et lâcher sa purée dans son pantalon, cela le calmerait peut-être, et il mettrait rapidement un terme au châtiment…

Mais Alexandre était calme. Il frappait joyeusement, avec enthousiasme, avec la régularité d’un métronome et l’endurance d’un sportif.

Il la traitait comme une gamine vicieuse, et elle redevenait une gamine. S’il continuait ainsi, elle allait finir par craquer, par crier, par pleurer. Pour une fessée ridicule !

La douleur lui brûlait la chair, la souffrance était en train de consumer son amour-propre. Elle qui se croyait adulte, responsable, expérimentée après quelques parties de jambes en l’air sous les tropiques !

— Aïe !

Elle se mordit la lèvre mais c’était trop tard : elle s’était déjà trahie. Alors ce furent les larmes qui jaillirent à ses yeux. Elle parvint à ne pas crier, mais elle se mit à pleurer en silence. Elle était vaincue, il pouvait arrêter maintenant : il avait gagné, il avait obtenu ce qu’il désirait…

Mais Alexandre continuait à la fesser, visant une fesse, puis l’autre et au milieu et sur les côtés. Avec une énergie constante, impitoyable, sans se soucier de son cri misérable ni de ses sanglots.

— Pitié ! balbutia-t-elle.

Des perles de sueur lui coulaient dans les yeux et elle sentait ses cheveux décoiffés qui lui collaient au visage.

— Pitié… maître !… Pitié !

Un peu plus tard, elle hurla sans retenue, redoubla de sanglots, supplia. Mais Alexandre poursuivit la correction aussi longtemps qu’il en avait envie et, brusquement, il cessa et la lâcha. Elle tournoya dans une pirouette grotesque avant de tomber assise sur le sol.

— Merci, maître…

Elle dit cela humblement, spontanément, sans la moindre ironie.

— Allonge-toi.

Épuisée, haletante, la poitrine encore secouée par ses sanglots, Estelle se laissa aller lentement en arrière jusqu’à ce que sa nuque rencontre le ciment. Puis elle écarta les jambes. Et sans la moindre honte, elle se frotta les yeux avec la base de ses paumes pour chasser ses larmes, comme fait un petit enfant, et elle regarda Alexandre debout au-dessus d’elle et qui, comme elle s’en doutait, était en train de se débraguetter.

— Oui… commença-t-elle. Mais elle se tut aussitôt. Elle n’avait pas le droit de parler sans permission. Sinon, elle était punie, et maintenant, elle savait ce que pouvait être une punition toute simple.

La bite d’Alexandre avait fière allure mais elle n’eut pas le loisir de l’admirer longtemps car il s’agenouilla entre ses jambes et s’engouffra en elle d’une seule poussée. Ce ne fut qu’à ce moment qu’Estelle s’aperçut que sa chatte suintait déjà d’impatience. Elle ne s’en était pas rendu compte, mais la fessée qu’elle venait d’endurer l’avait fait mouiller abondamment !

Quand la verge fut enfoncée complètement en elle, elle croisa les pieds autour des hanches d’Alexandre, et elle projeta son ventre vers lui. Aussitôt, elle se mit à jouir et à jouir encore, d’une volupté houleuse qui n’en finissait pas.

Même si parfois, lorsque ses fesses heurtaient le sol, leur meurtrissure faisait renaître sa douleur, Estelle trouva dans cette étreinte le plaisir le plus intense qu’elle n’ait encore connu.

Alexandre la baisa ainsi pendant de longues minutes, à longs coups de reins tour à tour lents et rapides, et il continua jusqu’à ce qu’elle crie. Quand il sentit qu’elle n’en pouvait plus, qu’elle était épuisée d’avoir joui, d’avoir souffert, d’avoir vécu tant de choses nouvelles en si peu de temps, il éjacula en elle, en longues giclées qui transformèrent sa chatte déjà poisseuse en un petit puits de foutre gargouillant.

— Tu aimes vraiment la queue, n’est-ce pas, ma salope ?

— Oui… oui, maître, j’aime la queue… dit-elle dans un souffle.

Estelle resta étendue sur le sol, scintillante de sueur dans la lueur violente du projecteur, attendant que son ravisseur lui dise ce qu’elle devait faire. Elle le vit se diriger vers la porte et crut d’abord qu’il allait s’en aller. L’idée de se retrouver seule à nouveau lui inspira un sentiment de détresse : qu’il puisse l’abandonner ainsi, encore pantelante de volupté, lui paraissait un traitement plus insupportable qu’une nouvelle fessée ou n’importe quelle autre torture qu’il voudrait lui infliger…

Alexandre sortit de sa poche une clé qu’il engagea dans une plaque métallique fixée sur le chambranle de la porte. Estelle s’attendait à entendre une sonnerie ou un mécanisme quelconque mais il ne se passa rien, et Alexandre revint nonchalamment vers elle.

— Debout, petite pute ! lui dit-il en lui donnant un léger coup de pied sur le côté de la fesse.

Même lorsqu’elle l’avait vu pour la première fois, jamais il ne lui avait parlé avec autant de froideur. Était-ce le plaisir qu’il venait de prendre avec elle qui l’avait ainsi transformé ? Que lui reprocher, après tout. Elle venait de lui prouver qu’elle aimait jouir, et qu’elle jouissait facilement… Elle était bien une fille facile, une petite pute, même s’il l’avait forcée.

Péniblement, elle se redressa. Tout son corps la faisait souffrir et chaque mouvement semblait exiger d’elle un effort surhumain. Quand elle fut assise, toute la douleur de la fessée revint ; elle n’avait subi qu’une fessée, une simple fessée comme on donne aux enfants… Qu’est-ce que ce serait quand il la fouetterait ainsi qu’il l’avait dit ?

Lorsqu’elle fut enfin relevée, un peu chancelante, la porte s’ouvrit et deux filles entrèrent, une brune aux cheveux courts et une grande blonde un peu maigre.

— Estelle, je te présente Odette… et Sylvie…

Les deux jeunes femmes portaient chacune un lourd tablier de caoutchouc noir qui leur protégeait le devant du corps et sous lequel elles étaient toutes nues. Sylvie, la blonde, tirait derrière elle un tuyau d’arrosage.

— Elles vont te récurer, tu en as bien besoin, continua Alexandre. Tu leur obéiras au doigt et à l’œil. Si elles ont à se plaindre de ta docilité, tu seras sévèrement punie, c’est compris ?

— Oui…

Brusquement, donner à Alexandre le titre de maître devant ces deux filles qu’elle ne connaissait pas parut à Estelle une épreuve affreusement humiliante… Il faut bien que je m’y fasse !…

— Oui, maître, reprit-elle en déglutissant.

Alexandre ne fit pas un sourire ni un commentaire pour saluer son effort. Désignant Estelle d’un mouvement du menton, il s’adressa aux deux filles.

— Nettoyez-moi ça !

Et il sortit sans un regard pour sa nouvelle victime.

 

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